La Farn : vers une sûreté nucléaire unique au monde

La Farn : vers une sûreté nucléaire unique au monde

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Le nucléaire suscite de nombreuses peurs dans un climat qui s’est particulièrement tendu depuis plusieurs années. La catastrophe de Fukushima et les attentats perpétrés en France depuis 2012 constituent de sérieuses menaces à prendre en compte pour la sûreté du parc nucléaire français. Des mesures ont été prises par EDF et les autorités afin de prévenir et de contenir – le cas échéant – tout incident de grande ampleur. La Force d’intervention rapide nucléaire (Farn) est le fer de lance de cette riposte et fait de la France le pays le plus sûr dans le domaine nucléaire.

Comment imaginer l’impensable afin d’être prêt à y faire face s’il se produit ? Cette simple question montre l’ampleur de la difficulté à laquelle sont confrontées les équipes d’EDF. Comment assurer une sûreté maximale des centrales nucléaires françaises ? Les risques bien connus depuis des décennies continuent de faire l’objet d’études pour y apporter une réponse parfaitement efficace.

La Farn doit faire face à la nature…

Au lendemain de Fukushima, EDF a annoncé la création de la Force d’intervention rapide nucléaire (Farn) avec pour objectif d’intervenir en moins de 24 heures sur tout site nucléaire en France gravement accidenté. La réponse trop lente et pas assez efficace donnée dans les premiers jours post-catastrophe de Fukushima a été à l’origine de la réflexion d’EDF et de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). En effet, le cas de la centrale japonaise a révélé deux failles importantes auxquelles pouvaient être théoriquement exposées les réacteurs nucléaires en France. D’une part, une catastrophe naturelle d’une ampleur largement inhabituelle et d’autre part des équipes d’intervention incapables de gérer une situation de crise hors-norme.

La force du séisme au Japon (magnitude 9 sur l’échelle de Richter) et le tsunami qui a ensuite endommagé une partie de l’équipement de secours font partie de ces phénomènes impensables qui se sont finalement produits successivement et dans un laps de temps très court. La leçon a été rude, mais désormais, ce type de scénario est pris en compte par EDF et des exercices sont régulièrement réalisés dans l’ensemble des centrales en plus des inspections programmées et celles inopinées faites par l’ASN.

Ainsi, début décembre 2017, la centrale de Paluel a vu les équipes de la Farn intervenir au cours d’un exercice où était simulée une violente tempête de vent et de neige empêchant la centrale d’envoyer de l’électricité sur les lignes à haute tension. Autre difficulté qui montre que l’improbable entre aujourd’hui dans l’ADN de la sûreté nucléaire, la centaine de personnes mobilisée ne pouvait pas pomper d’eau de mer pour refroidir les réacteurs en raison du naufrage d’un bateau au large du site.

En tout sur l’année 2017, 6 exercices de grande ampleur ont été réalisés comme à Civaux, Bugey ou Cattenom. Mais aussi à Flamanville en novembre où une inondation provoquée par un séisme était simulée. Depuis sa constitution en 2012, la Farn a étoffé ses effectifs et son expertise pour désormais réunir 300 personnes réparties entre quatre centres régionaux et le PC situé à Levallois-Perret. La difficulté des exercices s’accroît régulièrement pour parer à toute crise d’envergure et pour s’assurer que les délais seront tenus. Le personnel peut arriver sur n’importe quel site accidenté en moins de 12 heures et entrer en action en moins de 24 heures. Soit un laps de temps au cours duquel les équipes de la centrale touchée peuvent répondre efficacement à des besoins urgents. Capables de fournir de l’électricité, de l’eau en grande quantité, des bateaux, des pick-up, camions et tout matériel de base, la Farn est une force d’élite toujours prête à intervenir lorsque les moyens habituels sont dépassés.

… et aux hommes

Les équipes de la Farn sont à la pointe dans le domaine de la sûreté nucléaire et permettent à la France de compter sur un personnel formé et équipé. Un atout d’autant plus important que les menaces qui pèsent sur le parc nucléaire ne sont pas seulement naturelles. La malveillance humaine peut aussi avoir des conséquences lourdes de conséquences. Des mesures draconiennes sont donc prises en amont avec par exemple plus de 100 000 enquêtes administratives réalisées chaque année sur le personnel des centrales nucléaires et les sous-traitants amenés à travailler sur les sites. Les installations sont sans cesse améliorées pour résister à des intrusions et des actes volontaires de malveillance. Les travaux réalisés dans le cadre du grand carénage prennent aussi en considération ces nouveaux éléments.

De plus, le Peloton Spécialisé de Protection de la Gendarmerie (PSPG) créé en 2009 est la garantie d’une réponse rapide lors de toute tentative d’intrusion. Plusieurs tentatives ont été lieues en 2017 par Greenpeace, une ONG anti-nucléaire et si parfois quelques individus ont réussi à pénétrer dans l’enceinte du parc, ils ont toujours été interpellés avant d’accéder à une partie nucléarisée du site. La France est un modèle en termes de sûreté et de sécurité pour tous les pays nucléarisés et se donne les moyens humains et financiers de le rester.

© Photo : EDF – BONY BRUNO

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • « Selon le vice-amiral Georges-Henri Mouton, interviewé dans le film, « Sécurité nucléaire : le grand mensonge », le secret défense cache d’énormes vulnérabilités face à d’éventuelles attaques commandos terrestres et entre autres cyberattaques ».

    Le film montre comment l’industrie nucléaire, aujourd’hui souvent déficitaire et surendettée, peine à mettre en œuvre des mesures efficaces – et forcément coûteuses – face au risque terroriste :

    https://www.arte.tv/fr/videos/067856-000-A/securite-nucleaire-le-grand-mensonge/

    .

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  • Le président de l’Autorité de Sûreté nucléaire reconnait lui-même qu' »un accident majeur comme ceux de Tchernobyl et de Fukushima ne peut être exclu nulle part dans le monde, y compris en Europe » (Le Monde, 22 avril 2016).
    Risques d’attentats, de cyberattaques, accident climatique de grande ampleur, drones, attaques venant de l’intérieur du site…. FARN, unités de gendarmerie : des moyens importants sont déployés, mais tous ces dispositifs restent dérisoires face à un accident majeur.

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  • bonjour, l’année tragique de fukushima a mis en route les FARN , à l’époque les groupes électrogènes avaient été amenés en camions mais pas de route et trop de vent pour les hélicoptères, lorsque l’équipe a enfin pu approcher le site, les câbles et la connectique n’était pas identiques, le personnel ne connaissait pas les procédures manuelles et l’emplacement des équipements (valves etc …), les documents papiers étaient introuvables (pas de courant, d’informatique, de lumière ….) le pire a été d’apprendre que la région avait eu un tsunami d’une telle ampleur auparavant mais que le japon avait « oublié »

    encore pire, normalement les systèmes de la centrale auraient du vider les piscines de stockages des barres de combustibles : cela n’a pas fonctionné, heureusement car ce « bug » a évité une explosion atomique : le combustible en dehors de l’eau ne se refroidie pas, chauffe et …

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