Exercice de sûreté nucléaire de grande ampleur à la centrale de Civaux - L'EnerGeek

Exercice de sûreté nucléaire de grande ampleur à la centrale de Civaux

La centrale nucléaire de Civaux en Poitou-Charentes a vécu une expérience inhabituelle mardi dernier. Le réacteur numéro 11 s’est emballé et les autorités locales accompagnées d’EDF ont déployé leur plan d’urgence en cas de crise majeure sur la centrale. Pas de panique toutefois, le réacteur 11 est totalement fictif et il ne s’agissait que d’un exercice qui s’est avéré concluant.

Le scénario, échafaudé par l’ASN, l’Autorité de Sûreté Nucléaire, a été tenu secret jusqu’au dernier moment afin de tester dans les circonstances les plus réalistes possibles le plan d’urgence mis en place par la préfecture et EDF en cas de crise sur le site de Civaux. Ce plan met en jeu une chaîne d’intervention complète allant du personnel de la centrale aux habitants des communes voisines, en passant par la gendarmerie, les pompiers et même les journalistes.

Dans un premier temps, la crise a été gérée en interne par le personnel de la centrale. Ces derniers ont dû mettre en place le protocole en cas d’accident survenant sur un réacteur afin de garantir un confinement optimum. Toutefois, au milieu de la matinée, la crise s’est avérée trop grave pour pouvoir être gérée : la centrale a donc dû fictivement relâcher des rejets radioactifs dans la nature.

Mise en place d’un Centre Opérationnel Départemental

La préfecture est alors entrée en jeu. Dès l’annonce d’une crise potentielle sur la centrale, un Centre Opérationnel Départemental a été mis en place. Son rôle est de centraliser toute l’information afin de pouvoir prendre les mesures les plus efficaces et informer les médias et les populations. De concert avec la préfecture, les forces de secours (pompiers et gendarmes), l’Autorité de Sûreté Nucléaire, la protection civile (Croix Rouge…), les directeurs des services de l’Etat (DREAL, DDT…), les collectivités voisines et même Météo France travaillent main dans la main pour mettre en place un plan d’action protégeant au maximum la population.

Le centre opérationnel peut ensuite choisir entre 3 périmètres d’intervention selon la force des vents et la nature des rejets radioactifs constatés : 2, 5 ou 10 km autour de la centrale. Le dernier choix représente la prise en charge de 19 commune soit environ 23 000 habitants. Ces derniers sont d’ores et déjà tous en permanence muni de pastilles d’iode qu’ils reçoivent chaque année.

La pression médiatique a également fait partie du test de mardi dernier. Des agents préfectoraux ont donc été formés pour s’adresser aux médias et ont reçu les appels de journalistes à propos de l’accident fictif. Rien n’a été laissé au hasard.

Tous les dispositifs testés et décris ici ont exigé la participation de 200 personnes, la moitié à Paris et l’autre moitié sur place. Il ne s’agissait que d’une simulation, aussi aucune mesure n’a été réellement prise quant à la circulation, le confinement des populations ou encore une évacuation d’urgence. Ce type d’exercice se produit tous les 5 ans. Si le risque d’accident est infime, il est toutefois nécessaire de pouvoir réagir très rapidement dans l’éventualité où cela se produirait.

Crédits Photo : Rainer Lippert

Rédigé par : La Rédaction

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