Sortie des fossiles : pour les Émirats arabes unis, le nucléaire incontournable - L'EnerGeek

Sortie des fossiles : pour les Émirats arabes unis, le nucléaire incontournable

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Pour embrasser la transition énergétique, les Émirats arabes unis (EAU) plébiscitent l’énergie nucléaire. Avec le lancement de son premier réacteur nucléaire civil, ainsi que les nombreux programmes en cours pour promouvoir les énergies renouvelables, Abou Dhabi aspire à se positionner comme pionnière de la transition énergétique dans une région marquée par la dépendance à la manne pétrolière. Après l’ouverture en août dernier de la première centrale nucléaire arabe, qui doit couvrir 25 % de la consommation énergétique du pays, les premières ventes d’électrons ont démarré en avril et alimentent déjà le réseau électrique national.

Le premier site nucléaire civil de la région

Le premier site nucléaire civil du Golfe entre officiellement en action avec la première vente d’électrons en provenance de la centrale de Barakah dans la région occidentale d’Abou Dhabi, la capitale des EAU. À terme, les quatre réacteurs produiront 5600 mégawatts, soit un quart de la consommation totale des Émirats. Une révolution dans un pays dont l’économie et l’indépendance énergétique ont été historiquement liées à l’exploitation pétrolière. Et qui, comme la plupart des pays du Golfe, est dans la tête de liste des pays du monde en termes d’émissions de CO2 par habitant.

Mais les EAU ont entamé la sortie de la dépendance pétrolière et gazière plus tôt que leurs voisins, bien que le pays reste le 7e plus grand producteur de pétrole brut et d’autres hydrocarbures liquides au niveau mondial. Ainsi, le secteur ne représentait en 2017 que 13 % du PIB national, contre 23 % en Arabie saoudite, 36,6 % au Koweït, 21,8 % pour Oman et 14 % au Qatar, selon les données de la Banque Mondiale. Les EAU ont réinvesti massivement les profits tirés de cette rente pour diversifier leur économie dans le tourisme (Dubaï), l’industrie, le private equity via leurs fonds souverains, ou l’économie du savoir par le biais de partenariats avec des centres universitaires étrangers.

Ce recours au nucléaire s’inscrit dans le plan ambitieux de transformation du mix énergétique à l’horizon 2050. Aux côtés de la centrale de Barakah, le projet titanesque du parc solaire photovoltaïque Muhammad bin Rashid Al Maktoum devrait entrer en plein service dans les prochaines années : l’objectif serait de produire au maximum près de 5000 mégawatts d’ici 2030. La stratégie nationale énergétique à l’horizon 2050 est claire : réduire, par l’action conjointe du nucléaire et des énergies renouvelables, l’empreinte carbone de la production d’électricité nationale de 70 %.

Ce plan, le plus ambitieux de la région, n’en est pour autant pas le seul. Depuis la chute historique des prix du pétrole en 2014, la fragilité et la vulnérabilité du modèle économique des États-rentiers des monarchies du golfe ont été mises en lumière. À cette époque, ces pays ont vu les revenus de leurs exportations et leurs recettes publiques diminuer. À l’instar des EAU, plusieurs pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite avec Vision 2030, ont donc adopté des plans pour réduire leur dépendance à la manne pétrolière et éviter de se trouver dans une situation similaire à celle du Venezuela, dont la stabilité économique est largement dépendante du cours international du pétrole.

L’inévitable transformation des pays dépendants des énergies fossiles

En dehors du cas du Golfe arabique, la nécessité d’un dépassement des énergies fossiles se renforce sous la pression internationale et scientifique et l’épuisement annoncé des ressources. Longtemps cantonnée aux pays du Nord, la préoccupation de la réduction des émissions est devenue internationale, au vu des projections alarmantes d’augmentation de la température et de ses conséquences transversales encore en partie méconnues.

De plus en plus de pays se dotent ainsi d’ambitions et de programmes forts pour réduire la part des énergies fossiles dans leur mix énergétique et se tournent volontiers vers l’atome pour réussir ce défi. Ils se basent pour beaucoup sur le rapport spécial du GIEC, commandé suite aux accords de Paris en 2015 et rendu public en 2018 sous le nom de « Réchauffement de la planète de 1,5 °C », prenant appui sur quelque 6000 études existantes.

Ce rapport met notamment l’accent sur la nécessité d’augmenter la part du nucléaire : quel que soit celui des quatre scénarios présentés, la hausse « nécessaire » de la production liée au nucléaire serait comprise entre 59 à 106 % d’ici 2030 et entre 98 et 501 % d’ici 2050 pour respecter les objectifs ambitieux des Accords de Paris. En moyenne, le groupe d’experts affirme qu’il serait nécessaire de multiplier par six la production nucléaire mondiale — ou d’augmenter dans des proportions considérables les sources d’énergie renouvelable.

Le choix stratégique des Émirats arabes unis n’est pas un cas isolé pour les pays fortement émetteurs et producteurs d’énergies fossiles. Dans son programme de décarbonation de son mix électrique, la Pologne a annoncé un plan d’investissement de 33 milliards d’euros pour construire les premières centrales nucléaires du pays (avec la première centrale opérationnelle en 2030) ainsi que 29 milliards d’euros dans l’éolien offshore, le tout à l’horizon 2040.

Ainsi, que ce soit les EAU sortant de la dépendance pétrolière ou la Pologne à tradition minière, l’évolution de pays historiquement liés aux énergies fossiles est palpable. Via les énergies renouvelables et la hausse de la part du nucléaire, ces pays semblent déterminés à préparer l’après-fossile. Un engagement dont la centrale nucléaire de Barakah est assez symbolique.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Ho oh oh!!!
    Ça c’est le genre d’articles qui va pas plaire à tous les bouffons extrémiste pro- ENRi.

    Mais que vont ils répondre à ça ?
    Un petit exemple ci-dessous:

    – le giec est incompétent !
    – les ENRi sont très efficaces et pour pas cher et n’ont jamais eu besoin de subventions !!
    – les ENRI sont tout à fait capable de produire à la demande et de réaliser du suivi de charge
    – le nucléaire ne marche pas, émets du CO2 et est intermittent et est totalement incapable de faire du suivi de charge.
    – les ENRi ont facteur de charge très élevé qui dépasse les 80% en moyenne sur une année pleine.
    – Les ENRi ne produisent pas de déchets, d’ailleurs lorsque des pales d’éoliennes sont enfouies sous terres, elles se biodégradent en l’espace de 3 semaines, 4 maximum.
    – Les panneaux photo-voltaiques ne contiennent ni terres rares ni métaux lourds.
    – les ENRi sont très bien acceptés et il n’y a jamais eu aucun recours pour empêcher où retarder des projets.
    – bla bla bla bla…….

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  • Les élucubrations puériles et coutumières d’un importun ne devraient pas empêcher les commentateurs raisonnables d’échanger leurs propos.

    Une étude britannique d’avril 2018 indiquait un coût de production de 51 $/MWh (42 €/MWh) pour le réacteur Barakah-4. Cette étude indiquait que le coût de construction moyen pour les quatres réacteurs était de 60% plus élevé que celui du 4e réacteur.

    En pondérant le coût de la construction dans le coût total de production, on peut raisonnablement en déduire que le coût moyen de production pour les quatre réacteurs (la centrale) est voisin de 65 $/MWh (53 €/MWh). Coût extrêmement bas comparé à ceux de l’EPR ou de l’AP1000 (127 $/MWh à Vogtle – USA).

    Par ailleurs, EDF et Jinko ont gagné un appel d’offres pour un parc solaire de 2.000 MW à Abu Dhabi, au tarif de 13,5 $/MWh (11 €/MWh). C’est cinq fois moins cher du kWh qu’avec ce nucléaire, pour le même pays.

    On dira que ce sont des subventions massives avec lesquelles EDF va encore s’en mettre plein les poches.

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  • Les propagandistes du nucléaire aiment bien citer en boucle une présentation de quatre “modèles illustratifs” du SR1.5 du GIEC (2018).

    Ce qu’évitent soigneusement de citer ceux-ci, c’est que dans le même tableau et pour les mêmes “modèles illustratifs”, le GIEC indique que les énergies renouvelables compteraient pour 25% à 60% de la production d’électricité en 2030 – et pour 63% à 81% en 2050. Donnée malheureusement “oubliée” par les propagandistes précités.

    A un autre endroit de ce rapport de 2018, le GIEC dit que les énergies renouvelables produiraient de 70% à 85% de l’électricité en 2050 (haute confiance) : “renewables are projected to supply 70–85% (interquartile range) of electricity in 2050 (high confidence)”

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  • Le GIEC n’a jamais déclaré que le nucléaire était nécessaire pour parvenir à l’objectif climatique fixé par ses instances politiques, bien que certains de ses participants l’aient fait à titre individuel.

    Sur les 89 scénarios retenus par le GIEC parmi plusieurs centaines, certains envisagent une proportion variable de nucléaire et d’énergies renouvelables. D’autres excluent tout nucléaire pour parvenir au même résultat.

    Concernant la production d’électricité, le GIEC donne les valeurs médianes et les valeurs extêmes de ces scénarios, ces dernières étant très disparates. Par exemple, pour le nucléaire en 2050, la production d’électricité irait de 3,09 EJ (860 TWh) à 115,8 EJ (32.200 TWh) pour une médiane à 22,64 EJ (6.290 TWh) – [EJ = exajoule].

    L’agence atomique mondiale estime soit 2.930 TWh, soit 5.760 TWh en 2050 : 5,7% ou 11,2% de la production totale d’électricité.

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  • Voyons de plus près ce que dit exactement le GIEC dans son rapport de 2018 pour la production d’électricité, seul secteur qui concerne le nucléaire.

    Pour les années 2020 – 2030 – 2050, la production d’électricité (valeur médiane des 89 scénarios) serait (en exajoules EJ) :
    – pour le total de la production mondiale : 100,09 EJ (27.800 TWh) – 120,01 EJ (33.340 TWh) – 224,78 EJ (62.440 TWh).

    – pour le nucléaire : 10,84 EJ (3.010 TWh) – 15,49 EJ (4.300 TWh) – 22,64 EJ (6.290 TWh), ce qui ferait respectivement 10,8% – 12,9% – 10,1% de l’électricité totale.

    En réalité, la production d’électricité nucléaire a été de 2.796 TWh en 2019 et proche de 2.700 TWh en 2020. Atteindre 4.300 TWh de nucléaire en 2030 n’est tout simplement pas possible : il faudrait avoir augmenté de 50% la capacité nucléaire en dix ans.

    Que valent les affirmations du GIEC dans ce domaine ?

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  • La centrale de Barakah pose de multiples problèmes de conception, sécurité interne et externe, enrichissement, environnement local, ressource en eau et biodiversité spécifique locale, contexte géopolitique régional, coûts de revient etc

    Risques régionaux

    Le Qatar, avec qui les Emirats avaient coupé toutes relations officielles depuis 2017, et l’Iran, considèrent la centrale de Barakah comme une menace pour la paix régionale. Le site est d’ailleurs situé à quelques centaines de kilomètres de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr qui lui fait face sur l’autre rive du Golfe Persique.

    L’Iran n’avait pas hésité à cibler avec succès en septembre 2019 des installations majeures du pétrolier Saudi Aramco.

    L’intensification des tensions régionales augmente la vulnérabilité des nouvelles infrastructures énergétiques

    Il n’est pas exclu derrière toutes les déclarations que les EAU envisagent un jour de se doter de la bombe atomique dans une course à l’armement avec l’Iran.

    Au-delà de cette question, cette centrale pourrait devenir une cible privilégiée des ennemis militaires des EAU. Les rebelles houthistes au Yémen affirment ainsi avoir frappé le chantier de la centrale avec un missile, en septembre 2017.

    Il serait difficile d’intercepter des avions de chasse ou de tirer des missiles sol-air à temps pour intercepter une frappe entrante. Il a été impossible de stopper des missiles basse altitude sur d’autres sites. Cà l’est encore plus concernant des missiles hypersoniques qui se développent, dont les prix baissent avec la robotisation et certains drones peuvent également faire des dégâts critiques.

    Risques liés aux changements climatiques

    Le transport des matières radioactives est une autre source de préoccupations : une attaque pourrait provoquer de forts rejets radioactifs à proximité immédiate d’importants centres de population.

    Il y a aussi vulnérabilité de la centrale de Barakah face au changement climatique (et en particulier à l’élévation du niveau de la mer) et aux températures extrêmes qui pourraient affecter son système de refroidissement.

    Risques de conception

    Des défauts de conception : depuis que Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) – une filiale de KEPCO – s’est rendu compte que le coût des principales caractéristiques de conception de sûreté améliorées rendrait l’APR1400 moins compétitif, ils ont choisi de ne pas les inclure. Après cela, KEPCO a pu réduire considérablement sa concurrence. Areva qui était sur les rangs a ainsi comparé le réacteur coréen à une voiture sans airbags ni ceintures de sécurité.

    La décision de ne pas inclure de défense supplémentaire dans le bâtiment de confinement du réacteur de Barakah est importante, car il s’agit d’une fonction conçue pour se défendre contre un rejet important de pollution radioactive en cas de crash accidentel ou délibéré d’un grand avion ou d’attaque militaire, de défaillance du système de refroidissement d’urgence du cœur du réacteur etc

    Pour ces raisons et d’autres, les réacteurs de Barakah ne répondent pas aux critères d’une centrale nucléaire de Génération III + plus avancée.

    En octobre 2018, Emirates Nuclear Energy Corporation (ENEC) d’Abou Dhabi a publiquement reconnu la fissuration du béton dans les bâtiments de confinement de deux des quatre réacteurs. La réticence de l’ENEC à révéler des détails en dit long sur la transparence de la nouvelle construction.

    Un problème similaire a été détecté dans l’unité 4 de la centrale nucléaire de Hanbit à Yeonggwang, dans la province de Jeolla du Sud, en Corée du Sud – indiquant un problème sous-jacent de contrôle de la qualité qui implique de futurs problèmes de sécurité.

    Dans l’APR1400, lorsque la soupape est ouverte, de l’eau de refroidissement a fui pendant le démarrage. Cette défaillance des équipements clés du premier APR1400 opérationnel et d’autres APR1400 en construction en Corée du Sud et aux Émirats arabes unis met en lumière la capacité de la société nucléaire coréenne à maintenir des normes de qualité et la capacité relative des Émirats à fournir une réglementation nucléaire adéquate.

    La construction en Corée des deux premières unités du modèle APR1400 a été retardée en raison de la découverte d’une falsification à grande échelle des documents de contrôle de la qualité pour plus de 2000 composants nucléaires.

    Les procureurs ont découvert que des milliers de pièces avaient été installées dans des réacteurs nucléaires sud-coréens, étayées par de faux documents de sûreté. L’enquête du KHNP s’était transformée en une enquête approfondie sur la corruption, la collusion et la falsification. 68 personnes ont été condamnées et les tribunaux ont infligé un cumulatif de 253 ans de prison.

    Cela peut peut-être aider à expliquer pourquoi la Corée du Sud démantèle son industrie nucléaire, ferme les anciens réacteurs et met au rebut les nouveaux réacteurs, les sociétés d’énergie publiques étant réorientées vers les énergies renouvelables.

    Il est important de noter que plusieurs pièces défectueuses ont également été installées dans la centrale des Émirats arabes unis.

    Risques de dissémination

    Environnement géopolitique tendu : Les États du Golfe craignent que leurs voisins n’utilisent leurs programmes nucléaires civils à des fins militaires

    Les intérêts militaires nucléaires ne sont pas les seuls moteurs du soutien à l’énergie nucléaire civile, mais la technologie à double usage peut constituer un facteur complémentaire important.

    La réalité est en effet que les nouvelles centrales nucléaires peuvent fournir une couverture pour développer et fabriquer des armes nucléaires. Que cette capacité soit transformée en armes réelles dépend en grande partie de l’inclination politique et les responsables saoudiens ont clairement indiqué à plusieurs reprises qu’il y avait une autre raison à leur intérêt pour la technologie de l’énergie nucléaire.

    En 2017 le Royaume saoudien a envoyé une demande d’informations aux fournisseurs internationaux pour la construction de deux centrales nucléaires, et un ensemble d’accords parallèles a été signé pour le petit réacteur modulaire (SMR) de conception coréenne KAERI. Une motivation importante de l’intérêt du Royaume pour les SMRs peut être liée au niveau élevé de technologie nucléaire qui en résulte

    L’Arabie pourrait envisager d’enrichir de l’uranium à l’avenir pour alimenter son projet de programme électronucléaire – le ministre saoudien de l’Énergie notant ouvertement que l’enrichissement ouvre la possibilité de prolifération militaire.

    Comme l’a fait remarquer un ancien haut fonctionnaire du département d’État américain: je ne les ai pas entendus dire à haute voix: «Nous voulons poursuivre l’enrichissement pour avoir une option d’armes nucléaires», mais je pense que c’est assez clair dans leur esprit.»

    Bien que les EAU aient accepté de mettre pleinement en œuvre les obligations de la Convention de l’AIEA sur la sûreté nucléaire en développant leur programme pour les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, il reste la possibilité que les Emirats décident également de développer des capacités avancées du cycle du combustible nucléaire, conduisant à risque de prolifération militaire. Un problème sera le sort du plutonium séparé et si le retraitement à l’étranger encouragera les Émirats arabes unis à utiliser des combustibles à base de plutonium à Barakah. Ces combustibles à oxyde mixte (MOX) frais contenant du plutonium, posent un risque de prolifération plus grave que le combustible usé ou les combustibles faiblement enrichis en uranium et jusqu’à 30% des cœurs des réacteurs Barakah APR1400 peuvent être chargés avec du combustible MOX avec des modifications mineures.

    A noter que l’ENEC a renouvelé son protocole d’accord sur la gestion du cycle du combustible nucléaire avec Techsnabexport (Tenex), filiale de la société nucléaire d’Etat russe ROSATOM. Tenex fournira également 50% de la capacité d’enrichissement de Barakah, facilitant davantage l’émergence d’un canal de retour potentiel pour les Emirats afin d’obtenir des technologies avancées du cycle du combustible nucléaire

    Risque de diffusion de technologies

    De plus l’Institut d’études sur la sécurité nationale suggère qu’il existe toujours un risque que les Emirats puissent partager leurs connaissances avec d’autres pays qui ne sont pas liés à un régime de non prolifération, y compris la Turquie et la Jordanie.

    Risques terroristes

    Certains groupes armés peuvent considérer les opérations militaires des EAU comme une raison de cibler le nucléaire

    Une attaque terroriste nucléaire potentielle peut être de plusieurs types. Il y a deux cibles principales dans une centrale nucléaire pour une attaque terroriste: le réacteur lui-même et les piscines de stockage du combustible usé retiré du réacteur. Une attaque contre le réacteur pourrait rendre le cœur critique ou entraîner une perte du liquide de refroidissement qui évacue la chaleur du cœur du réacteur.

    L’activité terroriste au Moyen-Orient a accru l’inquiétude quant à la nécessité de mieux sécuriser les matières radioactives à haut risque, y compris le risque d’attaque, de sabotage ou de détournement d’un transporteur de matière nucléaire.

    Risques liés aux transports de matières radioactives et aux stockages

    Une augmentation significative du transport maritime de matières radioactives dans et à travers le golfe Persique se produira avec la mise en service de Barakah. Les transports maritimes comprennent l’hexafluorure d’uranium jusqu’aux barres de combustible finies, les déchets radioactifs et le combustible nucléaire irradié (INF). Les déchets de haute activité (HLW) et la cargaison INF sortiront de la région.

    Les déchets de moyenne activité et les déchets de faible activité devront être stockés dans les Émirats – présentant un potentiel cible terrestre et maritime majeure, qu’ils soient directement intentionnels ou non intentionnels, naufrage, défaillance de l’équipement et du matériel, et à la suite d’une action hostile. De tels incidents peuvent se produire dans les ports, les approches et en mer. Les forces très élevées pendant les événements de collision ou de percussion peuvent être suffisantes pour briser le confinement des contenants de déchets nucléaires et, si elles sont suivies d’un incendie, les températures soutenues impliquées pourraient entraîner un rejet important de radioactivité dans l’air, le panache de feu fournissant simultanément un mécanisme de dispersion efficace en dont un rejet radioactif très important pourrait être délivré directement à une population humaine.

    Risque sur les ressources en eau

    La région du Golfe est l’une des plus pauvres en eau au monde. Avec peu de ressources en eau douce et de faibles précipitations, de nombreux États du Golfe dépendent du dessalement, où le sel est retiré de l’eau de mer. Le Moyen-Orient possède 70% des usines de dessalement du monde – principalement en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn. L’Arabie saoudite est le leader mondial de la production et de la consommation d’eau dessalée, avec un projet d’expansion estimé à 24,3 milliards de dollars jusqu’en 2020.

    Les 250000 km2 du golfe ressemblent plus à un lac d’eau salée qu’à une mer. Il est peu profond, à peine 35 mètres de profondeur en moyenne et presque entièrement clos. Les quelques rivières qui alimentent le golfe ont été barrées ou détournées et le climat chaud et sec de la région entraîne des taux d’évaporation élevés. Avec des sources d’eaux souterraines épuisées ou inexistantes et le changement climatique entraînant des températures plus élevées et moins de précipitations, les États du Golfe prévoient de presque doubler la quantité de dessalement d’ici 2030.

    Il s’ensuit que toutes les usines de dessalement du Golfe (et, par conséquent, l’eau potable de l’État du Golfe) seraient exposées à un risque considérablement accru. En outre, au cours des dernières décennies, il y a eu une nette augmentation de la prolifération d’algues «à marée rouge» dans le golfe.

    Risques liés à la prolifération d’algues

    Un colmatage des systèmes de filtration d’admission par l’accumulation de biomasse d’algues de marée rouge, ou des pannes similaires peuvent être attendues à Barakah.

    Risques de pollution durable

    Les régions du golfe Persique sont largement identifiés comme des zones maritimes à faible débit. Alors que certaines eaux de surface ont une durée de rinçage de plus de 3 ans, les eaux de surface du secteur sud du golfe, y compris le Koweït et l’Arabie, les secteurs du Qatar et des EAU ont un temps de rinçage plus long de plus de 5 ans. Les eaux de fond très salines et denses du golfe ont un temps de rinçage d’environ 6 ans. Le golfe est une zone maritime exceptionnellement peu profonde, et les eaux territoriales côtières des EAU font partie des zones les moins profondes du golfe, avec moins de 20 mètres de profondeur. Ainsi, tant les rejets radioactifs opérationnels normaux que la pollution résultant d’accidents ou d’incidents à Barakah resteraient dans l’environnement marin du Golfe pendant une période de temps considérable. Les rejets radioactifs marins de la centrale nucléaire de Barakah comprendront un large cocktail d’au moins 60 radionucléides, avec des demi-vies allant de la courte à la très longue. Les rejets liquides ne seront pas à l’état stationnaire, mais seront «pulsés» avec de grandes fluctuations d’intensité et d’échelle de temps. La plupart des rejets radioactifs liquides, y compris le tritium, seront solubles, ce qui entraînera un risque de transport radioactif et d’incorporation dans les vasières des eaux interstitielles. Ils constituent une menace de pollution importante, en particulier dans les sédiments profonds, comme le strontium-90, dont la demi-vie est d’environ 28 ans. Le plutonium-239, en raison de sa densité élevée et de sa demi-vie de 24100 ans, serait transporté de manière plus complexe, persistant dans les sédiments profonds pendant des millénaires.

    Risques durables impossible à traiter sur la biodiversité et l’alimentation

    Les environnements de lagunes, d’anguilles et de mangroves représentent un écosystème crucial, qui favorisent pépinières et aires juvéniles importantes pour une très large gamme de vie marine du Golfe, y compris les espèces qui soutiennent la vie humaine. Les vastes habitats de mangroves des EAU poussent sur et dans les sédiments côtiers et les vasières. Ces environnements sédimentaires sont remarquables pour leur capacité à séquestrer une gamme de polluants, y compris la radioactivité, et il est largement admis que les dépôts de sédiments fins agissent comme un puits pour les concentrations de ces polluants qui augmentent et se concentrent au fil du temps. Les fines particules organiques d’argile fournissent un matériau sur lequel les radionucléides peuvent s’adsorber; conduisant à la fois à un transport à longue distance dans la colonne d’eau et à une éventuelle reconcentration dans les sites de dépôt et d’accrétion éloignés du point de rejet. Pendant les périodes de dépôt et d’incorporation rapides, les polluants sédimentaires adsorbés peuvent également être séquestrés dans les dépôts sédimentaires où – isolés de la lumière du soleil, de l’oxygène et de l’activité biologique – ils restent comme une source toxique non dégradée rejetée si ces sédiments sont perturbés par l’action des tempêtes, onde de marée et événement sismique. Étant donné que le transport maritime des radionucléides rejetés par la mer est bien connu pour s’étendre à plusieurs centaines de kilomètres à partir de la source ponctuelle de pollution, le rejet de matières radioactives des 4 EPR à Barakah entraînera inévitablement une dose alimentaire humaine provenant des fruits de mer contaminés. Le transfert mer-terre de la radioactivité marine – via les inondations côtières pendant les ondes de tempête, les super marées et via les embruns et les aérosols marins – s’est avéré s’étendre à au moins 10 miles à l’intérieur des terres à partir des côtes et générer à la fois une inhalation humaine et une alimentation contaminée. Par conséquent, tout accident impliquant soit une fuite en mer de type Fukushima LOCA (accident de perte de liquide de refroidissement) du liquide de refroidissement du réacteur, des eaux des piscines de refroidissement ou des eaux de refroidissement d’urgence, ou le lessivage ou les retombées de type Tchernobyl du matériel du panache aérien sur la surface de la mer, présentent un risque important – avec un impact conséquent sur la pêche, le tourisme et la santé publique dans toute la zone.

    Risques nucléaires

    Il existe un certain nombre de risques radiologiques distincts dans une centrale nucléaire, notamment les produits de fission et l’inventaire activé du combustible et du cœur du réacteur, le stockage de combustible irradié et les déchets radioactifs. Les risques opérationnels des centrales nucléaires peuvent être regroupés de la manière suivante: réacteurs nucléaires, piscines de stockage de combustible irradié, entrepôts de déchets radioactifs, usines de traitement, transport du combustible irradié et livraison de nouveau combustible.

    Par conséquent, le risque pour les personnes et l’environnement en cas d’accident ou d’incident majeur est très important. Cependant, comme les accidents peuvent être déclenchés par des processus auxquels un réacteur nucléaire n’est pas conçu pour résister, des conditions de défaut peuvent se produire en cascade. Faute de prévoir la cascade d’accidents imprévus «hors dimensionnement», «la réglementation du risque nucléaire s’est avérée limitée.

    Les ensembles d’impacts combinés à Barakah ont la capacité de déclencher de graves conséquences environnementales, sanitaires, économiques, institutionnelles et politiques. Les événements peuvent interagir de manière imprévue, il n’est pas possible de prévoir tous les modes de défaillance possibles, en particulier pour les accidents au-delà de la conception. La clé de l’analyse de la sûreté nucléaire est l’évaluation probabiliste des risques (PRA). Le risque dans une PRA est défini comme un résultat préjudiciable possible d’une activité ou d’une action. Dans une PRA, le risque est caractérisé par deux grandeurs: l’ampleur (gravité) de la conséquence défavorable possible et la probabilité d’occurrence de chaque conséquence. Mais la PRA s’est avérée structurellement limitée dans sa capacité à saisir les conséquences d’un accident nucléaire en cascade au-delà de la conception. Cela signifie que les modèles PRA à arbre de défaillances en chaîne d’événements ne peuvent pas prendre en compte les relations indirectes, non linéaires et de rétroaction courantes pour les accidents majeurs dans les systèmes d’ingénierie nucléaire complexes.

    Le coût de l’ignorance de cet axiome de bon sens peut s’avérer catastrophique sur le plan radiologique. La réalité est qu’un accident nucléaire majeur est toujours possible et, malheureusement, loin d’être improbable.

    Le Qatar a indiqué qu’un panache radioactif résultant d’un rejet accidentel de Barakah pourrait atteindre sa capitale en cinq à treize heures et qu’une fuite de rayonnement aurait un effet dévastateur sur l’approvisionnement en eau de la région en raison de sa dépendance à l’égard des usines de dessalement.

    Le Qatar est également préoccupé par le fait que l’absence de toute coopération internationale avec les États voisins en matière de planification des catastrophes, de santé et de sécurité et de protection de l’environnement, constitue une menace sérieuse pour la stabilité de la région et de son environnement.

    Responsabilité nucléaire : des coûts potentiels largement dépassés en Europe et plus encore dans le Golfe

    Le coût d’un accident ou d’un incident nucléaire majeur dans le Golfe serait considérable. Une estimation récente du coût de l’accident de Tchernobyl, basée sur une analyse approfondie de la littérature, place le passif à minima à 700 milliards de dollars américains.

    Les accidents de réacteur dépassent de loin l’effet combiné des risques de marché, de crédit et d’exploitation. En Europe, les conventions de Paris et de Bruxelles sur la responsabilité civile nucléaire garantissent que les exploitants nucléaires sont désormais responsables des premiers 700 millions d’euros d’un accident, le gouvernement national concerné ayant la possibilité d’ajouter un maximum de 500 millions d’euros supplémentaires. envers les passifs de la société nucléaire. Collectivement, d’autres États signataires de l’UE pourraient contribuer à hauteur de 300 millions d’euros supplémentaires, ce qui pourrait porter le total disponible à 1500 millions d’euros pour un accident donné.

    La responsabilité requise (6,09 billions d’euros), basée sur une estimation du dommage maximal moyen et de l’écart correspondant, et la prime d’assurance qui en résulte, sont nettement plus élevées que les ressources financières actuellement légalement requises dans l’UE. Les coûts futurs de l’assurance de dommages et de la responsabilité dépasseraient les ressources financières actuellement requises de plusieurs ordres de grandeur.

    Dans ce contexte, une catastrophe nucléaire dans la région du Golfe semble non assurable, en raison d’une combinaison de difficultés méthodologiques d’estimation de la probabilité d’occurrence des dommages, de la taille insuffisante du pool de risques et de l’ampleur des dommages maximums potentiels. La question reste ouverte de savoir si les États du Golfe victimes seraient en mesure d’engager des poursuites judiciaires contre le pays responsable

    Risques liés à une toxicité plus forte

    Les quatre réacteurs nucléaires APR1400 de Barakah utiliseront un régime de combustible à «haut degré de combustion» – dans lequel les barres d’uranium restent plus longtemps dans le réacteur et sont brûlées à une température beaucoup plus élevée que dans les réacteurs conventionnels. Mais comme les déchets des réacteurs seront nettement plus radioactifs que le combustible usé conventionnel, cela signifie que chaque mètre cube de combustible usé à forte combustion sera nettement plus toxique et produira beaucoup plus de chaleur que le combustible nucléaire usé conventionnel. La sécurité dépendra de l’élimination efficace et continue de la puissance thermique importante du combustible usé à forte combustion, nécessitant des pompes supplémentaires, des approvisionnements en électricité de secours et des approvisionnements en eau de secours: tous les systèmes sont vulnérables aux pannes mécaniques ou aux perturbations délibérées.

    De plus, le combustible usé à combustion élevée et densément compacté nécessitera des absorbeurs de neutrons supplémentaires et une plus grande protection contre les rayonnements pendant l’encapsulation et le stockage. Les plans des EAU pour la gestion des déchets nucléaires sont encore émergents, impliquant le développement d’un programme national tout en explorant les options régionales et travailler sur une stratégie à plus long terme.

    En pratique, le combustible nucléaire irradié s’accumule sur place à Barakah, stocké dans les bassins des réacteurs pendant une période pouvant aller jusqu’à 20 ans, ou transféré vers un stockage à sec plusieurs centaines de milliers d’années

    L’élimination permanente des déchets nucléaires reste un problème profond et, jusqu’à présent, non résolu.

    Bien qu’il existe des plans de stockage géologique en profondeur pour les déchets nucléaires et que la construction d’installations de stockage géologique soit en cours en Suède et en Finlande, le stockage en profondeur reste à prouver et aucun pays n’a encore établi d’installations permanentes pour le stockage des déchets radioactifs de haute ou de moyenne activité qui continue de s’accumuler dans le stockage temporaire.

    Risques climatiques pas assez intégrés

    Le Panel international sur le changement climatique rapporte que les événements extrêmes du niveau de la mer qui se produisaient une fois par siècle se produiront chaque année sur de nombreuses côtes d’ici 2050

    Les centrales nucléaires côtières, telles que Barakah, sont de plus en plus vulnérables à l’élévation du niveau de la mer, aux ondes de tempête, à la pénétration des marées, à l’inondation des réserves de réacteurs et de combustible usé et à l’îlotage nucléaire, de nombreux scénarios de changement climatique pourraient bien se produire plus rapidement que prévu. L’adaptation de l’énergie nucléaire côtière, telle que Barakah, au changement climatique pourrait bien entraîner une augmentation significative des dépenses de démantèlement et de stockage des déchets radioactifs. La nature basse de la zone côtière des EAU souligne la vulnérabilité de Barakah à l’élévation du niveau de la mer induite par le changement climatique.

    Les eaux côtières des Émirats arabes unis ont déjà des températures de surface et de fond de la mer élevées et la tendance semble toujours à la hausse. Les eaux des EAU sont encore plus sensibles, en raison du faible tirant d’eau et des temps de rinçage lents. Le système marin du Golfe présente des conditions océanographiques sévères – notamment, la température de la mer la plus élevée du monde avec des maxima saisonniers entre 34 ° C et 36 ° C, ainsi que des fluctuations saisonnières anormales d’environ 20 ° C et une eau de mer hypersalée. Ainsi, malgré l’installation de grands échangeurs de chaleur et de condenseurs, les futurs régimes mondiaux de températures induites par le chauffage pourraient contribuer à réduire de plus en plus le refroidissement du réacteur à Barakah.

    Lobbying nucléaire pour vendre sans scrupules sans tenir compte des différents paramètres locaux

    Les risques réseau également sous estimés

    Les arguments en faveur de l’énergie nucléaire au Moyen-Orient n’ont jamais été solides, et comme les systèmes électriques de l’État du Golfe sont relativement petits, les entrées importantes du réseau électrique nucléaire risquent de surcharger et les pannes de courant – particulièrement inquiétantes pour les réacteurs nucléaires de Barakah dont l’exploitation sûre dépend d’un approvisionnement électrique extérieur sûr.

    Une énergie nucléaire non compétitive

    Plus important encore, les investissements du marché dans les centrales nucléaires se sont avérés non rentables – cela vaut pour toutes les fourchettes plausibles de coûts d’investissement, de coût moyen pondéré du capital et de prix de gros de l’électricité – le nouveau nucléaire ne progressant qu’avec des subventions gouvernementales très importantes. Les investissements nucléaires génèrent des pertes financières importantes, avec une valeur actuelle nette moyenne pondérée d’environ moins 4,8 milliards d’euros.

    Le solaire et l’éolien plus compétitifs

    Compte tenu de toutes les hypothèses concernant les paramètres d’incertitude, l’énergie nucléaire, à ce jour, reste non rentable. Les nouvelles centrales nucléaires coûtent 2,3 à 7,4 fois plus cher que l’éolien terrestre ou le solaire PV par kWh, et prennent 5 à 17 ans de plus entre la planification et l’exploitation. Ainsi, l’énergie nucléaire semble avoir un sens économique limité pour les États du Golfe – et en tant que royaumes désertiques, ils disposent de certaines des meilleures ressources d’énergie solaire au monde, l’énergie solaire ayant à la fois des coûts d’investissement inférieurs et des coûts de production inférieurs à ceux de l’énergie nucléaire. Par exemple, l’Arabie saoudite a récemment triplé son objectif en matière d’énergie renouvelable et a soumissionné avec succès pour des projets à grande échelle dans l’énergie éolienne et solaire, avec un consortium dirigé par l’ACWA, basé en Arabie saoudite.

    Dans le monde et dans le Golfe, le sort du nouveau nucléaire est inextricable face aux renouvelables et si l’on ne considère qu’une partie du cycle de vie nucléaire (construction, exploitation, démantèlement de la centrale), le nucléaire fournit une valeur moyenne de 66 grammes de CO2e / kWh – 20% des émissions d’une centrale électrique au gaz.

    Ainsi, même sans tenter d’internaliser le très lourd fardeau d’émission de la gestion des déchets radioactifs, le nucléaire est nettement plus intensif en carbone que l’énergie renouvelable.

    L’AIE a conclu qu’un billion de watts d’énergie renouvelable (1,3 térawatts) sera inst dans le monde entier au cours des cinq prochaines années – plus que la totalité de la capacité de production actuelle de l’UE – et d’ici 2023, les énergies renouvelables représenteront un tiers de la production totale d’électricité dans le monde.

    La Banque européenne pour la reconstruction et le développement a également déclaré que les énergies renouvelables sont désormais la source d’énergie la moins chère, compétitive par rapport aux combustibles fossiles, même en tenant compte des subventions efficaces aux combustibles fossiles.

    Comme l’a noté Nobuaki Tanaka, ancien chef de l’AIE et défenseur de longue date du nucléaire: «L’énergie nucléaire ne peut pas rivaliser avec l’énergie solaire», il est trop cher et «absolument non compétitif»: Asahi Shinbun (2018)

    https://www.nuclearconsult.com/wp/wp-content/uploads/2019/12/Gulf-Nuclear-Ambition-NCG-Dec-2019.pdf

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  • @ énergie +.
    Sérieusement, il faut que vous prenniez vos médicaments 💊.
    Voir avec votre médecin traitant pour qu’il rajoute du prozac sur votre ordonnance parce que la ça devient de pire en pire.

    Bon courage et soyez fort !!!

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  • A-t-on besoin d’un tel laïus de plus de 300 lignes pour dire que le nucléaire présente des dangers particuliers dans cette région, une fois prise en compte sa situation géopolitique explosive ?

    Ou pour dire qu’ici, comme bien souvent ailleurs, ce rêve du nucléaire repose en grande partie sur des raisons de prestige et de suprématie régionale, avec parfois des arrières-pensées militaires.

    Ou encore pour constater que le nucléaire n’est pas un moyen économique de produire de l’électricité dans un pays si ensoleillé et sans hiver.

    Lors du dernier appel d’offre photovoltaïque de 1.500 MW à Abu Dhabi, gagné par EDF associé à JinkoPower en avril 2020, le tarif d’achat était de 13,5 $/MWh (11,1 €/MWh). Un peu plus tôt, pour un appel d’offre PV de 800 MW au Quatar, Total et Marubeni avaient emporté la mise avec un tarif de 15,6 $/MWh (12,8 €/MWh). De faramineuses “subventions” qui ne serviront qu’à engraisser tous ces investisseurs privés.

    En mai 2016 déjà, un projet de 800 MW avait été attribué à Dubaï pour 29,9 $/MWh (24,5 €/MWh). Une installation mise en service en plusieurs étapes entre l’été 2018 et celui de 2020. Avant que Barakah ne produise le moindre kWh, le solaire PV produisait déjà pour deux fois moins cher.

    Aujourd’hui, avec des coûts de production solaire PV inférieurs à 15 $/MWh et du terrain disponible en abondance, coût PV sans doute moins cher qu’avec du gaz ou du charbon, ce pays n’a pas besoin de nucléaire cinq fois plus coûteux.

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  • Merci Gibus pour ta synthèse cela m’évitera un long laïus. Evidemment pour ces pays le nucléaire c’est du prestige pour dire ”moi aussi j’y ait droit” phrase fameuse en France. Mais comme une hirondelle ne fait pas le printemps un réacteur ne veut pas dire tout nucléarisé.

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  • A Alain Capitaine
    Il ne s’agit pas d’ un seul réacteur, mais de 4 réacteurs de 1400 MW chacun (pour un total de 5600 MW). Mais bon, tout n’est pas (et ne sera pas) pour autant, nucléarisé, aux émirats arabes unis. Il y aura un bouquet diversifié pour réduire progressivement, le plus possible les énergies fossiles .

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