Le rapport de RTE sur la neutralité carbone invite à miser sur le nucléaire ET les ENR - L'EnerGeek

Le rapport de RTE sur la neutralité carbone invite à miser sur le nucléaire ET les ENR

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Ce lundi 25 octobre 2021, RTE a remis son rapport sur les différents scénarios de mix électrique permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2050 en France. Il explore six options, et, si le développement des EnR intermittents est jugé indispensable pour électrifier tous les usages, investir massivement dans le nucléaire (14 nouveaux EPR) est le scénario à la fois le plus économique et le plus sûr technologiquement.

Selon RTE, pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France doit s’appuyer sur l’électricité, via un mix de nouveau nucléaire et d’EnR

Après 2 ans de travaux, 40 réunions techniques et pas moins de 4 000 contributions, RTE a enfin remis au président de la République, ce 25 octobre 2021, son rapport sur les implications d’un système électrique permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2050 : il détaille six scénarios avec une part plus ou moins grande de renouvelables et de nucléaire. Un rapport d’une ampleur inédite en Europe.

Sa première conclusion est sans surprise : pour décarboner son mix énergétique, la France devra s’appuyer massivement sur l’électricité, et réduire drastiquement sa consommation énergétique. Les énergies fossiles représentent encore, en 2020, 63% des 1 600 TWh consommée en France, contre 25% pour l’électricité (449 TWh). Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, l’électricité devra couvrir 55% des 930 TWh d’énergie consommée, soit 645 TWh.

L’électrification est en effet le principal levier pour décarboner de nombreux secteurs (transport, bâtiment, industrie), soit directement, soit via l’usage d’hydrogène vert produit par électrolyse de l’eau. Le défi est donc d’augmenter fortement la production électrique, sans avoir recours à de nouvelles centrales thermiques, en sachant qu’une majorité des réacteurs nucléaires en activité seront arrivés, en 2050, en fin de vie, même en les prolongeant au maximum (60 ans), et que le potentiel hydro-électrique français est presque entièrement valorisé.

RTE a donc défini six scénarios de neutralité carbone, allant de 100% de renouvelables en 2050 (avec sortie du nucléaire), jusqu’à la construction de 14 nouveaux EPR d’ici 2050. Et la conclusion de RTE est sans appel, et loin des positions idéologiques réclamant un tout-nucléaire ou un tout-renouvelable : “Si nous voulons être à l’heure des objectifs climatiques en 2030 puis 2050, à un coût maîtrisé et sans prendre le risque d’être exposé à des technologies encore peu matures, nucléaire et énergies renouvelables devront s’entendre dans les prochaines années”, affirme ainsi Xavier Piechaczyk, le président du directoire de RTE.

Les EnR : indispensables, mais trop coûteuses seules

Le premier enseignement de ce rapport est en effet que, même dans le scénario N03, qui propose le développement le plus massif possible du nucléaire (prolongation de 60 ans des réacteurs de seconde génération, construction volontariste d’EPR 2 et de SMR), l’atome n’atteindrait que 50 GW de capacité en 2050, soit environ 50% des besoins électriques à cette date.

Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France n’a donc pas le choix : elle doit investir largement dans les renouvelables, en particulier pour la période 2020-2035 (puisqu’il faudra au moins attendre 2035 pour voir un nouveau réacteur nucléaire entrer en service), cruciale selon le Giec.

En revanche, le scénario de 100% renouvelables en 2050 semble irréaliste. Il nécessiterait en effet un développement des EnR plus véloce que les pays européens les plus rapides sur le sujet. Et surtout il imposerait d’énormes coûts associés, ainsi que la construction d’entre 40 et 60 nouvelles centrales thermiques au biogaz.

Certes, les coûts de l’éolien et ldu photovoltaïque sont en chute libre. Mais leur variabilité impose, s’ils deviennent majoritaire dans le mix électrique, de très lourds investissements pour assurer la stabilité des réseaux électriques (via l’équilibre constant entre la production et la consommation) et la régularité de l’approvisionnement.

Entre les nouvelles interconnexions, les outils de flexibilité et de pilotage de la demande, les moyens de stockage (STEP, batteries…) et de nouvelles centrales thermiques à hydrogène ou biogaz, la facture s’avérerait très lourde. Elle serait beaucoup plus raisonnable en développant de nouvelles capacités nucléaires.

Les scénarios les plus compétitifs impliquent de construire de nouveaux réacteurs nucléaires

“Les scénarios comprenant de nouveaux réacteurs nucléaires apparaissent plus compétitifs”, résume ainsi RTE. Le gestionnaire du réseau de transport estime le différentiel de coût annuel à 10 milliard d’euros entre un scénario de construction de 14 nouveaux EPR (avec une prolongation des réacteurs actuels jusqu’à 60 ans et des investissements d’importance dans les EnR) et un scénario à 87% de renouvelables s’appuyant essentiellement sur des grands parcs éoliens et photovoltaïques (sans nouveau nucléaire, en prolongeant les réacteurs actuels jusqu’à 60 ans).

Dans le cas d’un scénario avec davantage d’EnR diffus (photovoltaïque en toiture par exemple), le différentiel gonflerait même à 14 milliards d’euros. Cette évaluation s’appuie sur les coûts des EPR 2 estimés par EDF.

Mais même en supposant que tous les nouveaux EPR aient un coût final équivalent à celui de Flamanville, dont la facture a explosé, – un scénario très peu probable, les EPR 2 conçus par EDF et Framatome étant beaucoup plus « simples » et normalisés que le prototype de Flamanville -, le scénario s’appuyant sur 14 nouveaux EPR et des SMR resterait plus économique que le moins cher des scénario favorisant les EnR.

Mais la bonne nouvelle du rapport, c’est que ces scénarios sont réalisables sans une explosion des coûts, en particulier de l’électricité. “Le système électrique demain devient plus coûteux, et c’est normal, car il est plus gros et l’électricité devient dominante. Mais dans nos calculs de référence, quand on rapporte au MWh consommé, nous sommes entre quelques pourcents et 30% pour certains scénarios” à horizon 2060, détaille RTE. Le scénario N03 (avec 50% de nucléaire) ne dépasserait ainsi pas les 15% de hausse par MWh.

De lourds investissements à prévoir, qui seront largement rentabilisés par les économies réalisées

Certes les investissements demeurent importants, de l’ordre de 750 à 1 000 milliards d’euros sur 40 ans. Mais ils permettraient de réduire progressivement les importations de combustibles fossiles, soit des économies rapidement nettement supérieures à ces investissements. Le coût de l’électricité sera également plus stable. Par ailleurs, une neutralité carbone signifie aussi une meilleure qualité de l’air, et des dépenses liées à la pollution (notamment de santé) bien plus faibles.

RTE reconnaît certes que ce rapport s’appuie sur des prévisions sur l’économie, la démographie et le coût des technologies et des matières premières qui n’ont rien de garantis. Pour autant, les ordres de grandeur restent valables, et les comparatifs entre les différents scénarios crédibles.

RTE conclue enfin sur la nécessité d’agir le plus vite possible : “Il y a urgence à décarboner nos usages, il y a urgence à électrifier l’économie car cela sert la décarbonation. Il y a aussi urgence à prendre les orientations sur notre futur mix électrique. Car plus tôt ces orientations seront prises, plus vite nous serons en ordre de marche vers nos objectifs climatiques. Si on ne les prend pas maintenant, on aura probablement du mal à être au rendez-vous de la neutralité carbone à horizon 2050, ou encore de la réduction des émissions de 55% d’ici 2030 que prévoit l’Union européenne”, explique ainsi le patron de RTE Xavier Piechaczyk.  

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Le scénario 2022 Négawatt, plus global et complet et moins axé sur la surconsommation/survente d’énergie par les opérateurs, au bénéfice de la population, vise à miser sur plus d’efficacité énergétique et de sobriété, moins sur l’électrique (44% du total énergétique) et à 100% sur les renouvelables !

    Quant à elle, l’étude RTE souligne à juste titre que “les nouveaux réacteurs nucléaires sont des actifs caractérisés par une forte intensité capitalistique et des durées de construction et de vie longues. Par conséquent, leur compétitivité dépend fortement de leur coût de financement, c’est-à-dire de leur coût de rémunération du capital. Des conditions de financement défavorables résultant par exemple d’une absence de soutien public ou un accès plus difficile à des financements européens seraient de nature à augmenter le coût complet de la production nucléaire, avec un effet qui se répercuterait sur le coût total du système électrique. Dans le cas où cette différence porterait sur 3% de coût du capital, le coût d’un scénario comprenant de nouveaux réacteurs serait équivalent à celui du scénario « 100 % renouvelables » présentant le meilleur bilan économique, c’est-à-dire celui fondé sur de grands parcs (M23)”

    Et vus les prix du nucléaire retenus dans l’étude par rapport aux prix annoncés des EPR2 et dérives intrinsèques à ce type de lourdes infrastructures et alors que l’on peut constater les prix des stockages régulièrement en baisse, on a certainement du souci à se faire quant au bilan économique final du nucléaire comparées aux renouvelables qui se développent au plan mondial donc ont encore des possibilités de baisse de prix comparées plus fortes que le nucléaire.

    Ce serait donc intéressant de faire modéliser un scénario optimal et totalement indépendant par des universités y compris d’autres pays ou un organisme complètement indépendant (externe) comme çà se pratique de plus en plus souvent dans le monde (plus de 200 études et modélisations scientifiques sur le sujet) car il y a quelques différences notables

    En outre et comme toujours, dans les 2 études, il ne peut être tenu compte notamment de plusieurs avancées technologiques en cours de développement qui peuvent assez substantiellement changer la donne, surtout d’ici 2050, donc ces scénarios peuvent vieillir assez vite.

    Etude et modélisation négaWatt :

    L’association Négawatt qui regroupe 1500 spécialistes de l’énergie dans toute la France, des relais dans chaque région et une quinzaine d’autres en Europe, et qui milite à juste titre depuis 20 ans pour baisser en valeur absolue la surconsommation d’énergie, et donc mécaniquement les émissions de gaz à effet de serre, publie une nouvelle version de son scénario amplement modélisé qui doit permettre à la France de respecter ses objectifs nationaux, européens et internationaux.

    Ce dernier s’inscrit dans une démarche globale de soutenabilité. Il vise à répondre aux impératifs énergétiques et climatiques, tout en orientant vers une société plus durable, plus équitable et plus résiliente, en traitant également les enjeux de biodiversité, de précarité, de pollution de l’air etc.

    “Nous partons des engagements fixés par la loi française, les directives européennes et les négociations sur le climat, résume l’ingénieur énergéticien Stéphane Chatelin, directeur de l’association. Nous devons diviser par deux notre consommation d’énergie finale en 2050, réduire d’au moins 55% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et tout faire pour limiter la hausse de la température mondiale à 1,5°C d’ici la fin du siècle”.

    Ce document propose une trajectoire pour atteindre la neutralité carbone à 2050. Elle s’articule autour de trois aspects pas suffisamment pris en compte dans les scénarios habituels que l’on pourrait qualifier de plus “commerciaux” qui privilégient toujours trop la surconsommation d’énergie et dont l’approche n’est pas assez globale et complète : sobriété, efficacité et énergies renouvelables.

    La limitation des impacts environnementaux et sociaux et la réduction de la pression sur les matières premières passent par une profonde transformation de nos modes de consommation et de production d’énergie et de biens matériels.

    Le scénario négaWatt 2022 fournit un plan de sortie de crises : il vise à diminuer significativement l’ensemble des impacts environnementaux et des risques technologiques associés à notre système énergétique trop énergivore.

    – Prioriser les besoins essentiels dans les usages individuels et collectifs de l’énergie par des actions de sobriété (supprimer les gaspillages, contenir l’étalement urbain, opter pour des alternatives à la voiture, réduire les emballages, etc.)

    – Diminuer la quantité d’énergie nécessaire à la satisfaction d’un même besoin grâce à l’efficacité énergétique (isoler “efficacement” les bâtiments, améliorer le rendement des appareils électriques et des véhicules, etc)

    – Privilégier les énergies renouvelables pour leur faible impact sur l’environnement et leur caractère inépuisable. Ce sont des énergies de flux, par opposition aux énergies de stock, fondées sur des réserves finies de charbon, pétrole, gaz fossile et uranium (dont le bilan d’émissions se dégrade fortement au fil de son exploitation, point souligné dans différentes études scientifiques que l’on oublie trop souvent de rappeler et pour cause)

    Le caractère fini des ressources naturelles, et notamment des matériaux, est également pris en compte. Pour cela, le scénario négaWatt (énergie) est désormais couplé au scénario négaMat (matériaux et matières premières), qui évalue l’évolution possible des consommations de matériaux en intégrant des hypothèses de sobriété, d’efficacité et de substitution par leurs équivalents d’origine renouvelable. Il est également couplé au scénario Afterres 2050 de transition agricole, sylvicole et alimentaire réalisé par l’association Solagro.

    Les discours sur une décarbonation de l’économie qui passerait avant tout par l’électrification des usages a le vent en poupe. Or ce n’est ni possible, ni suffisant. L’électricité aura toutefois une part prépondérante dans la consommation finale totale d’énergie : 44 % en 2050. En matière de transport par exemple, un simple changement de motorisation poserait de multiples problèmes, comme le manque de cobalt ou de lithium. Ou comme le maintien d’une mauvaise qualité de l’air (qui n’est pas liée uniquement aux émissions à l’échappement) estime négawatt.

    Transports-Mobilité

    – Portés depuis plusieurs décennies par un développement intense du trafic routier, le secteur des transports représente en France le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre. La très forte dépendance à la voiture individuelle et au transport routier de marchandises peut et doit être considérablement réduite. La majorité du parc automobile est aujourd’hui thermique. D’autre part, on a tendance à utiliser l’avion pour réaliser des trajets là où le train est beaucoup plus efficient (selon l’Ademe, un voyage de 500km en avion émet 115 kg de CO2 contre 865 grammes en TGV). Pour diminuer les rejets de CO2 du secteur, il faut donc repenser la manière dont on se déplace. Tablant sur une réduction des déplacements contraints (domicile-travail), une relocalisation de la production de marchandises, une augmentation des taux d’occupation des voitures et de remplissage des poids lourds, le scénario négaWatt estime lui qu’en 2050, les véhicules 100 % électriques ne dépasseront pas 60 % du parc (le reste en hybride biogaz)

    Le parc de poids lourds bascule du pétrole vers le gaz renouvelable (74 % en 2050), l’hydrogène (14 %) et l’électricité (12 %).

    – Investir massivement dans les transports en commun et les infrastructures cyclables (important bénéfices et gains de santé chiffrés) et abandonner tout nouveau projet routier
    – Instaurer une redevance kilométrique sur le fret routier afin de financer le fret ferroviaire.
    – Augmenter le prix de l’aérien (éco-contribution sur les billets d’avion, fiscalité du kérosène, etc.) et interdire progressivement l’ensemble des vols intérieurs lorsqu’une alternative ferroviaire existe.
    – Interdire la publicité pour l’aérien et les véhicules soumis au malus écologique.
    – Mettre fin aux ventes de véhicules essence/diesel au plus tard en 2035.
    – Promouvoir une réglementation européenne visant à limiter l’impact environnemental des batteries et la consommation de matières premières associées
    – Investir massivement dans les transports en commun et les infrastructures cyclables, et abandonner tout nouveau projet routier ou aéroportuaire.
    – Réduire la vitesse maximale autorisée sur autoroute (110 km/h)

    Bâtiments

    En France, le bâtiment représente plus de 40% des consommations d’énergie. La généralisation et la massification des rénovations énergétiques au niveau bâtiment basse consommation (BBC) ou équivalent est nécessaire pour réduire les besoins d’énergie dans le parc bâti existant. Pour mener à bien cette immense tâche, la formation des professionnels du bâtiment à la rénovation BBC est indispensable et le financement d’un grand programme de rénovation complète et performante des logements est un chantier prioritaire. Générateur de centaines de milliers d’emplois, il permettra de garantir à tous les Français un habitat sain, confortable, et peu coûteux en énergie. Il permettra enfin d’éradiquer la précarité énergétique (12 millions de personnes concernées en France dont 8 millions en précarité énergétique “électrique”)

    Aujourd’hui des programmes de rénovation sont engagés mais ne sont pas forcément efficace. Comme le rappelle Thierry Rieser, président d’Enertech, qui présentait le scénario, on a tendance à réaliser une rénovation “par geste” et non l’envisager comme une rénovation globale pour atteindre le niveau label BBC.

    Mesures prioritaires :

    – Réorienter l’ensemble des financements dédiés à la rénovation vers le niveau BBC
    – Mettre en place des dispositifs simplifiés de financement permettant à chaque ménage de financer ses travaux, notamment grâce aux économies d’énergie réalisées
    – Rendre progressivement systématique, lorsque les offres techniques et financières sont adaptées et disponibles, la rénovation des maisons individuelles à l’occasion du changement de propriétaire ou de locataire et la rénovation des copropriétés lors des ravalements.
    – Faire évoluer le décret tertiaire pour favoriser les rénovations BBC.
    – Renforcer la formation de l’ensemble des acteurs du bâtiment à la rénovation complète et
    performante

    Industrie et biens de consommation – Des produits durables et réparables, des stratégies industrielles vertueuses

    Le scénario négaWatt est un scénario de relance industrielle vertueuse. De nouvelles stratégies industrielles peuvent être établies, fondées sur les besoins des citoyens et respectueuses des populations et de l’environnement.

    Dans ce cadre, une relocalisation en France et/ou un développement de certains secteurs industriels est possible et souhaitable. Cette relocalisation est un levier industriel et écologique: elle permet de réduire notre empreinte carbone et de créer des emplois qualifiés.

    Mesures prioritaires :

    – Allonger la durée de vie des équipements, notamment par une augmentation de la durée légale de garantie, une meilleure réparabilité et un réemploi facilité. Pour certains secteurs ou cet allongement est inefficace ou n’a pas lieu d’être (textile par exemple), réglementer les volumes mis sur le marché.

    – Réduire l’impact environnemental des biens de consommations. Fixer des objectifs de recyclage et se donner les moyens de les atteindre en investissant dans des filières de collecte et des centres de tri performants, compétitifs et innovants. Financer ces filières par une éco-contribution intégrée au prix des produits neufs et tracer la provenance des matériaux et des produits semi-finis pour orienter le consommateur.
    -Inciter à la décarbonation des procédés industriels notamment dans l’industrie lourde (acier électrique, aluminium secondaire, etc.), par des normes portant sur le contenu CO2 en analyse de cycle de vie pour le bâtiment, le transport et les infrastructures
    – Financer les investissements nécessaires à la décarbonation des procédés et garantir la compétitivité de ces investissements par des mécanismes adaptés
    – Réguler les consommations énergétiques des opérateurs du numérique

    Agriculture – sylviculture – alimentation

    Le secteur agricole est faiblement consommateur d’énergie mais fortement émetteur de gaz à effet de serre (en raison notamment de l’élevage). La mutation des systèmes agricoles est indispensable pour mener à bien toute transition énergétique.

    Mesures prioritaires

    – Élaborer une politique de santé publique en faveur de la transition alimentaire
    – Renforcer les aides au maintien et au passage en agriculture biologique, généraliser les paiements pour services environnementaux
    – Mettre en place une stratégie de forte réduction des intrants de synthèse (engrais azotés et produits phytosanitaires).

    Énergie – Vers un mix énergétique 100 % renouvelable

    Les énergies renouvelables étant quasi indéfiniment recyclables sont les sources d’énergie les moins impactantes pour l’environnement, en plus d’être sans risques ni déchets majeurs. À l’échelle française comme mondiale, elles sont indispensables à la transition énergétique. En France, elles peuvent être mobilisées sur l’ensemble du territoire et répondre à la totalité des besoins du pays. Leur déploiement représente une véritable opportunité économique et industrielle, génératrice de nombreux emplois non délocalisables

    Le scénario mise sur une option 100 % renouvelable, avec de l’éolien terrestre et en mer, du photovoltaïque et de l’hydraulique. Exit en revanche l’idée de nouveau nucléaire, tandis que l’ensemble du parc existant pourra être mis à l’arrêt d’ici 2045

    – Éolien

    Première source d’énergie en 2050, la production éolienne terrestre et en mer croît de façon soutenue. En 2050, le parc terrestre est multiplié par 2,1 par rapport à 2020, pour atteindre un total d’environ 19 000 éoliennes (soit seulement le double du nombre actuel). En mer, un peu plus de 3 000 éoliennes sont installées

    – Biomasse solide : Le bois utilisé pour l’énergie augmente de près de 50 %. Utilisé sous forme de bois bûche, plaquettes ou granulés, il est un co-produit ou un résidu des filières de production de bois-matériau, au stade de la sylviculture, des industries de transformation, ou de la consommation. Il n’y a pas de sylviculture dédiée au bois énergie.

    Biogaz : Le potentiel de production de biogaz est issu du scénario Afterres. Ce scénario ne consacre pas de terres à la seule production d’énergie :
    – Le biogaz est produit par méthanisation à partir de résidus de cultures, de déjections d’élevage, de biodéchets et de couverts végétaux. Ces derniers assurent des fonctions agroécologiques et sont généralisés sur la quasi-totalité des terres arables en 2050
    – Les installations de méthanisation jouent également un rôle clé dans la transition agroécologique, notamment dans la substitution de l’azote de synthèse (actuellement produit à partir de gaz fossile) par de l’azote d’origine biologique.

    Le scénario négaWatt vérifie heure par heure jusqu’en 2050 l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité. Cet équilibre est rendu possible par la complémentarité des sources de production, par une certaine flexibilité de la consommation et par des dispositifs de stockage de l’énergie. En valorisant les excédents d’électricité renouvelable qui apparaissent dans le scénario à partir de 2030, le power-to-gas rend possible une augmentation des puissances installées d’éolien et de photovoltaïque, et contribue ainsi à la sécurité du système électrique. Outre l’avantage de pouvoir être stockés, le méthane et l’hydrogène renouvelables ainsi produits s’ajoutent au biogaz issu de la méthanisation pour répondre à de nombreux besoins : se déplacer, alimenter l’industrie, se chauffer, produire de l’électricité, etc.

    La consommation d’énergie primaire est divisée par 3 d’ici 2050 et la production d’énergies renouvelables est multipliée par 3. Grâce à l’efficacité et à la sobriété, la consommation d’énergie primaire devrait passer de 2 600 TWh en 2021 à 1 060 TWh en 2050. La consommation est couverte à 96 % par des énergies renouvelables. L’électricité devrait représenter la moitié de la consommation énergétique primaire totale en 2050, soit 530 TWh. En 2045, le dernier réacteur nucléaire est fermé.

    “Actuellement on a une pointe de consommation électrique élevée d’environ 100 GW”, dit l’ingénieur énergéticien Stéphane Chatelin. “Dans notre scénario modélisé, elle passerait à 60 GW, ce qui est bien plus facile à fournir que 100 GW”

    Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à notre consommation d’énergie sont divisées par 28.
    Les émissions de méthane (CH4), provenant essentiellement du secteur agricole, sont divisées par 3.
    L’ensemble de nos émissions de gaz à effet de serre est divisé par près de 9.
    La transformation des systèmes agricoles et sylvicoles envisagée dans le scénario Afterres2050 favorise la fonction de puits de carbone des sols cultivés et des forêts, ce qui permet en 2050 de compenser les émissions restantes de gaz à effet de serre et ainsi d’atteindre la neutralité carbone.

    Les actions de sobriété et d’efficacité menées dans tous les secteurs permettent d’envisager une baisse globale de la consommation de matériaux. En parallèle, la substitution de matériaux non renouvelables par des matériaux biosourcés combinée à l’augmentation des taux de recyclage permet de réduire encore plus fortement la consommation de
    matières premières extraites de la croûte terrestre.

    Gains économiques et en terme d’emplois

    Les décès évités par l’activité physique supplémentaire peuvent être évalués en unités monétaires en utilisant les valeurs recommandées pour le calcul économique public en France. On aboutit alors à un gain de 38 milliards d’euros par an, en moyenne sur la période 2021-2050, par rapport à aujourd’hui. Un bénéfice se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards d’euros peut également être attendu grâce à la forte réduction de la pollution atmosphérique.

    Pour les consommateurs, la transition énergétique est également synonyme de davantage de résilience face aux évolutions du prix de l’énergie, et de baisse de leur facture énergétique.

    Les investissements nécessaires à cette transition (rénovation des bâtiments, évolution des véhicules et des pratiques de déplacement, etc.) sont rentables à court, moyen ou long terme.

    Enfin, la transition énergétique proposée est synonyme de créations d’emplois, comme l’ont montré les analyses globales faites sur les scénarios négaWatt précédents. À titre d’exemple, dans le scénario 2022 ce sont plus de 250 000 emplois supplémentaires qui peuvent être créés dès 2030 dans le secteur de la rénovation des bâtiments (300 000 en 2040), et près de 90 000 dans les énergies renouvelables (135 000 en 2040).

    Plus la France persévérera dans son modèle actuel, plus il lui sera difficile d’atteindre les objectifs fixés dans ce scénario, préviennent les ingénieurs énergéticien. « Nous avons aujourd’hui un objectif de diminution de 5 % des émissions de gaz à effet de serre par an. Si l’on avait commencé il y a vingt ans, il serait moins élevé. Si l’on ne fait rien pendant encore dix ans, le rythme pour atteindre la neutralité carbone en 2050 sera quasiment impossible à tenir»

    https://negawatt.org/Le-scenario-negaWatt-2022

    .

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  • Negawatt a toujours été fâché avec les chiffres et cela continu, ce qui compromet énormément la crédibilité du propos. ..La consommation d’énergie primaire est divisée par 3 d’ici 2050 et la production d’énergies renouvelables est multipliée par 3. Grâce à l’efficacité et à la sobriété, la consommation d’énergie primaire devrait passer de 2 600 TWh en 2021 à 1 060 TWh en 2050. La consommation est couverte à 96 % par des énergies renouvelables. L’électricité devrait représenter la moitié de la consommation énergétique primaire totale en 2050, soit 530 TWh. En 2045, le dernier réacteur nucléaire est fermé.. .En 2019 la France domestique consomme 3000 TWh d’énergie primaire si on compte les imports on est à plus de 4500 TWh, je précise cela car Négawatt veut réindustrialiser la France, ce qui est bien, mais cela va nécessité de l’énergie. Il est facile et nécessaire de diviser par 3 ce chiffre en développant l’électricité produite sans machine thermique. Donc il faut produire en France en 2050 de l’ordre 1500 TWh . Ils se répartissent en énergie restant sous forme thermique et produite avec de l’énergie primaire et de l’énergie électrique qui est une énergie finale. Etant moi aussi ingénieur de l’énergie depuis 40 je peux affirmer que cette réindustrialisation plus les transferts d’usages vont représenter 800 TWh d’électricité en France en 2050 plus 700 TWh d’énergie primaire (souvent de la chaleur). Bien évidemment pour produire 800 TWh d’électricité il va falloir des EnR ET du nucléaire.

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