Bilan de la semaine du climat de l'ONU - L'EnerGeek

Bilan de la semaine du climat de l’ONU

Bilan de la semaine du climat de l'ONU

La semaine dernière, l’ONU organisait sa semaine du climat à New-York. L’occasion de faire un point sous forme de d’appel à la mobilisation. Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a appelé les dirigeants du monde entier à ne pas relâcher leurs efforts en faveur de la transition énergétique. Il espère notamment que les investissements des Energy Compacts vont permettre d’accélérer sur les énergies vertes et un meilleur accès à l’énergie dans le monde.

L’ONU alerte sur l’urgence de la défense du climat

L’ONU a dévolu une semaine entière, du 20 au 26 septembre, pour faire le point sur l’état du climat mondial. Le sommet intervient dans un contexte sensible, alors que la sortie de la crise sanitaire débouche sur une accélération de la production industrielle. Les experts constatent déjà une nette reprise des émissions de gaz à effet de serre. Et pour l’instant, le monde d’après ressemble à s’y méprendre avec l’ancien. “Si les nations riches ne s’engagent pas dès maintenant à lutter contre les émissions de CO2, le monde est sur la voie désastreuse d’un réchauffement de 2,7 degrés d’ici la fin du siècle.” C’est presque le double que le 1,5 degré sur lequel l’Accord de Paris était fondé.

Comme l’a souligné Antonio Guterres, on observe quand même quelques signes encourageants. “L’an dernier, la part des énergies renouvelables dans la production mondiale d’électricité s’est hissée à 29%”. Le secrétaire générale de l’ONU constate aussi que “dans la plupart des pays, le solaire photovoltaïques est désormais la source d’énergie la moins chère.”

Décarboner les énergies et sortir du charbon

Mais pour sauvegarder le climat, l’ONU estime que la décarbonation des énergies doit s’accélérer. Antonio Guterres a plaidé pour une sortie du charbon, qui doit commencer par ne plus construire de nouvelles centrales à charbon. Plus précisément, l’ONU plaide pour que les états membres de l’OCDE sortent du charbon d’ici 2030. Et l’organisation estime que les autres pays devraient à leur tour sortir du charbon, au plus tard à l’horizon 2040.

Pour compenser la fin du charbon, il a plaidé pour les énergies renouvelables. D’après lui, il faut multiplier par quatre la capacité de production des énergies solaire et éolienne. Pour cela, les états doivent soutenir d’importants programmes d’investissements dans les ENR.

Electrifier le monde

Parmi les sujets prioritaires de l’ONU, Antonio Guterres a évoqué l’accès à l’énergie dans le monde. L’ONU ambitionne de réduire de moitié le nombre de personnes privées d’accès à l’électricité. Le sujet est d’importance, et il concerne en priorité l’Afrique. Sur le continent africain, le CAIRN estime que 50% de la population n’a toujours pas accès à l’électricité. Et si le potentiel dans les énergies renouvelables est bien là, le continent manque de leviers de financements pour soutenir ses investissements. Pire : en mai dernier, la Chambre de l’Energie Africaine a partagé sa consternation suite à la publication du Plan Net Zéro de l’AIE. La question africaine était tout simplement absente de la feuille de route de l’Agence.

Mais l’accès à l’énergie ne concerne pas seulement l’électricité. D’après les chiffres d’Antonio Guterres, encore 1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à des solutions propres pour cuisiner. En Inde, le gouvernement a déjà pris les devants. Depuis le début des années 2000, le pays a consenti de gros investissements pour équiper les ménages modestes d’appareils de cuisson fonctionnant au GPL pour remplacer les fours à biomasses traditionnels, trop polluants. Mais le pays n’a pas encore réussi à supprimer tous les foyers ouverts. Et ailleurs dans le monde, d’autres zones, notamment en Asie, sont également concernées par cet effort contre la précarité énergétique.

Les Energy Compacts : 400 milliards de dollars pour le climat

Si l’ONU a voulu rappeler aux états membres leurs responsabilités en matière de climat, elle compte aussi sur le secteur privé. Au total, les états et les entreprises doivent se mobiliser grâce aux Energy Compacts. Ces engagements publics des états et des entreprises sont reconnus par l’ONU. Ils visent à développer des initiatives pour la transition énergétique. Au global, ils vont représenter 400 milliards de dollars d’investissements sont déjà annoncés.

Concrètement, plusieurs états ont déjà communiqué leurs objectifs. Le Nigeria fait de l’électrification sa priorité. Le pays compte raccorder au réseau électrique 5 millions de foyers d’ici 2023 en privilégiant l’énergie solaire. Il compte aussi proposer des alternatives aux 30 millions de foyers qui utilisent encore les réchauds ouverts à biomasse. De son côté, l’Allemagne veut se concentrer sur l’essor des ENR dans son mix énergétique. L’état fédéral souhaite atteindre 30% d’énergies renouvelables dans sa consommation finale d’énergie d’ici 2030. Et la part d’énergies renouvelables doit atteindre 65% de sa consommation électrique d’ici 2030. L’Allemagne se mobilise aussi sur la question de l’hydrogène. Le gouvernement mobilisera 7 milliards d’euros pour soutenir son marché interne, et 2 milliards d’euros supplémentaires pour des partenariats internationaux.

Le secteur privé a également communiqué sur ses engagements. ENRI a ainsi profité de la semaine du climat de l’ONU pour annoncer son premier Energy Compact. L’énergéticien s’engage à augmenter de plus de 15 GW sa capacité d’énergies renouvelables d’ici 2030. Il ambitionne aussi de diminuer ses émissions nettes de GES de 25%.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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