Pétrole : prudence de l'OPEP+ face à la relance de la demande - L'EnerGeek

Pétrole : prudence de l’OPEP+ face à la relance de la demande

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Il a fallu deux jours d’âpres négociations pour que l’OPEP+ parvienne à un accord sur sa production de pétrole. Mais, ce mardi 5 janvier 2020, les 13 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs dix pays partenaires ont annoncé qu’ils augmenteraient très légèrement leur production en février et en mars, de 75 000 barils par jour. Une attitude prudente, rendue possible par des efforts de l’Arabie Saoudite, la pandémie du Covid-19 pesant toujours sur la relance de la demande.

Covid-19 : une relance incertaine de la demande de pétrole

Le consensus fut, une nouvelle fois, compliqué à trouver. Ce lundi 4 janvier 2020, les 23 membres de l’OPEP+ se sont réunis en visioconférence pour statuer sur l’évolution de leur production de pétrole. Pour rappel, l’OPEP + regroupe les 13 membres de l’OPEP, menés notamment par l’Arabie Saoudite, la Libye, l’Algérie, l’Iran, l’Irak ou le Venezuela, ainsi que 10 autres gros producteurs de pétrole, notamment la Russie, le Mexique ou le Kazakhstan. Cette alliance, créée en 2016, vise à limiter la production des 23 pays membres pour maintenir des cours du pétrole aussi élevés que possible.

Or, l’OPEP+ s’était entendu, en décembre 2020, pour réinjecter 500 000 barils par jour (bpj) supplémentaires en janvier 2021. La réunion de ce 4 janvier devait statuer sur les mois de février et de mars 2021. Mais les discussions se sont prolongées de 24 heures, et il a fallu attendre le 5 janvier 2021 en fin de journée pour qu’un accord soit officialisé.

La situation est en effet particulièrement complexe du coté de la demande mondiale en pétrole. Certes, l’Agence Internationale de l’Energie estime qu’elle devrait atteindre 97 millions de bpj en 2021, contre 91,2 millions en 2020 (pandémie oblige) et 100 millions en 2019. Pour autant, si la reprise économique chinoise a fait redémarrer la demande de pétrole, la situation sanitaire de l’Europe reste fragile, et les reconfinements ne plaident pas pour une hausse massive de la consommation.

De plus, le transport aérien de passagers demeure dans une crise profonde, et de nombreux plans de relance occidentaux font la part belle aux véhicules électriques et à l’hydrogène, fragilisant les perspectives de consommation de pétrole à moyen terme.

OPEP+ : l’Arabie Saoudite accepte de réduire sa production de pétrole pour satisfaire la Russie et le Kazakhstan

Face à cette situation incertaine, deux positions se sont opposées durant cette réunion de l’OPEP +. La Russie et le Kazakhstan plaidaient pour une nouvelle hausse de 500 000 bpj dès février 2021. En face, l’Arabie Saoudite et plusieurs membres de l’OPEP, dont l’Algérie, refusaient d’ouvrir trop largement le robinet, par crainte d’un effondrement des cours : “le niveau d’incertitude reste très élevé dans le monde. Ne risquons pas de mettre en péril ce que nous avons réussi pour un bénéfice court mais illusoire”, pointait ainsi le ministre de l’Energie saoudien Abdelaziz ben Salmane, à l’ouverture de la réunion, le 4 janvier.

Au final, l’OPEP+ est parvenu à un compromis, grâce un effort particulier de l’Arabie Saoudite. Le royaume a ainsi accepté de réduire sa production à 8,25 millions de bpj en février et mars 2021, soit une baisse de 75 000 bpj par rapport à janvier 2021. En contrepartie, Russie et Kazakhstan pourront bénéficier d’une petite hausse de production de 75 000 bpj en février, puis de 100 000 bpj en mars, correspondant peu ou prou à leurs demandes initiales. Au total, la production des 23 membres de l’OPEP+ augmentera donc légèrement, de 75 000 bpj en février 2021, puis à nouveau de 50 000 bpj en mars 2021 (soit 125 000 au total par rapport à janvier 2021).

Les cours du pétrole approchent actuellement les 50 dollars par baril de WTI américain, proches de ceux de mars 2020. Les analystes tablent sur un maximum de 60 dollars cette année au mieux. La situation est d’autant plus fragile pour l’OPEP+ que la remontée des cours a relancé la production du pétrole de schiste américain, durement touché durant le premier semestre 2020, et que la Libye et l’Iran pourraient augmenter leur production à l’export dans les mois qui viennent.

Rédigé par : La Rédaction

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