Pourquoi et comment renforcer l’acceptabilité de l’énergie éolienne ?

Pourquoi et comment renforcer l’acceptabilité de l’énergie éolienne ?

énergie éolienne

Avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), les énergies renouvelables montent en puissance. Conséquence de cette transition énergétique favorisant les énergies décentralisées, le syndrome Not In My Back Yard (NIMBY) se développe… Ainsi, de nombreux collectifs citoyens s’organisent pour protester notamment contre le développement des énergies éoliennes. Aussi, le 19 décembre 2019, le ministère de la Transition écologique et solidaire a lancé un groupe de travail pour assurer « un développement harmonieux de l’éolien ».

Quelle acceptabilité pour les éoliennes ?

Dans son rapport sur l’acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique, Julien Aubert estime que « l’opinion publique est trompée sur le véritable impact de la politique éolienne et photovoltaïque ». Pourtant, une enquête de Harris Interactive pour France énergie éolienne (FEE) réalisée en 2018 rappelle que « les riverains d’éoliennes attribuent plus que l’ensemble des Français la plupart des qualificatifs positifs attribués aux éoliennes ». Ainsi alors que les Français sont seulement 44% à considérer que l’énergie éolienne « à un impact minime sur le paysage », 51% des riverains des éoliennes partageraient cette affirmation.

Toujours est-il que de nombreux collectifs s’opposent à l’implantation des éoliennes, reflétant ainsi le développement du phénomène NIMBY. Ce dernier se concrétise par une forme d’engagement collectif, qui exprime en réalité une agrégation de demandes de compensations, émanant d’individus se sentant lésés. A cet égard la notion de « préjudice visuel » est caractéristique, l’évolution de la jurisprudence des contentieux en la matière montre la montée en puissance des revendications des riverains, et surtout leur prise en compte par les autorités judiciaires.

Les raisons de la colère : un vent de révolte souffle sur l’énergie éolienne ?

Pour Thibault Guilluy et Tiphaine Auzière, le développement de l’éolien dans le Pas-de-Calais menace les pêcheurs. D’ailleurs, lors des assises de l’économie de la mer 2019, un séminaire était organisé sur ce thème. Avec la montée des préoccupations environnementales, et le souci de protéger la biodiversité, des compensations économiques et écologiques doivent parfois être envisagées.

De son côté, dans une tribune publiée le 6 décembre 2019, Philippe de Villiers souhaite tirer la sonnette d’alarme face à « la prolifération des éoliennes » qui vont selon lui « défigurer les paysages de notre pays ». De même, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a relayé des pétitions pour demander « l’arrêt du développement de l’éolien » dans sa région. Auprès d’Emmanuel Macron, il plaide notamment pour développer le solaire et la méthanisation dans sa région.

Le gouvernement propose des solutions pour les éoliennes

Pour répondre à ces demandes protéiformes, Élisabeth Borne a annoncé le 19 décembre 2019 des mesures pour renforcer l’acceptabilité de l’énergie éolienne avec la mise en place d’un groupe de travail. À l’écoute des territoires, le gouvernement souhaite apporter des réponses aux préoccupations de la population, alors qu’en 2019 « un nouveau record a été battu puisqu’en moyenne 7% de la consommation française a été couverte par de l’éolien, avec des pics allant jusqu’à 30% ».

Concrètement, 3 axes de travail structurent les réflexions des pouvoirs publics. D’abord, des mesures devront permettre de maîtriser les risques et les nuisances (balisage nocturne, bruit, démantèlement, recyclage et bilan carbone). Ensuite, les autorités auront à cœur de renforcer l’acceptabilité des installations en travaillant sur l’image de l’éolien, ce qui passera notamment par une analyse paysagère des dossiers éoliens. Enfin, le gouvernement s’engage à « mieux répartir les projets éoliens sur le territoire ». À cet effet, un groupe de travail sera donc constitué avec les collectivités locales, les filières professionnelles et les associations ; des propositions précisent sont attendues pour le printemps 2020.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Le sondage que vous citez concernait 500 personnes. Il a été réalisé sur demande de FEE, est il crédible ?
    Le rapport Lecornu ,du ministère de l’écologie s’inquiète du taux élevé de recours: 70%. Le taux le plus élevé de l’industrie. La mise en place de ce groupe de travail confirme le problème.

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  • est-il vrai que pour être livré sur le réseau d’Enedis, le courant doit être suffisamment stabilisé, (avec des sinusoïdes régulières) et donc que EN DESSOUS DE 6 EOLIENNES GROUPEES DE MOYENNE PUISSANCE, CE COURANT PRODUIT NE PEUT ËTRE INJECTE SUR LE RESEAU NATIONAL DONC EST PERDU ???
    POURQUOI LE MEGAWATT EOLIEN MARIN EST-IL ACHETE A 180 EUROS AU LIEU DE 48 EUROS, PRIX MOYEN NATIONAL ??

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  • Le meilleur moyen de faciliter l’acceptabilité des nouveaux ENR est certainement de faire cesser la propagande du lobby nucléaire orchestrée par L’EDF et organiser l’information avec publication de la liste des accidents graves auxquels on a échappé par chance plus que par maîtrise. Ajoutez la liste des mensonges éhontés au bénéfice du nucléaire comme les modifications forcées de notre mode de vie pour cause de mise en adéquation avec les exigences du nucléaire, notamment sa production rigide inadaptée aux besoins fluctuants d’électricité, en particulier dans les cycles bien connus des alternances jour/nuit, mais aussi de la semaine et des mois de l’année impactés aussi bien par la période estivale que par le rythme des saisons.

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  • Pour les 6 éoliennes ce n’est encore qu’une fake news de plus….. mais ne vous inquiétez pas on vous en inventera 1000 autres avant que les populations ne comprennent que les éoliennes ce n’est pas Satan. Mais de toutes les façons l’injection doit être sinusoïdale à 50 périodes et le nombre d’éoliennes n’a rien a y voir

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  • Pour l’éolien marin c’est une autre fake news car il n’y a pas encore d’éolien marin en France, ce n’est qu’en cours de construction. Mais le MWh nucléaire de l’EPR Anglais est déjà négocié à 110 € avant même le début de construction.

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  • Il faudrait donc interdire toute opinion favorable au nucléaire . Pourrait on faire de même avec le lobby éolien ?
    Qui sait s’il y a, en France, plus d’anti eoliens ou d’anti nucléaires ?

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  • Depuis 20 ans, nous payons les subventions aux promoteurs éoliens. Aucun effet sur nos émissions de CO2. Quand allons nous faire d’autres choix ? Pitié, sortons de l’éolien.

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  • Bien entendu ce groupe de travail comprendra des représentants des associations de sauvegarde des paysages . Sinon on serait tenté de penser qu’il ne s’agit que d’une nouvelle initiative du lobby éolien .

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  • Au risque de décevoir tout le monde et en réponse à Rochain: force est de constater qu ‘à ce jour (pour la France )les 10000 éoliennes n’ont pas permis d’arrêter un seul de nos 58 réacteurs , et croyez bien que je le déplore. Ce qui est sûr , c’est que les +ou – 5% d’électricité éolienne produite nationalement équivaut à l’export , cette revente d’électricité “verte”sert finalement à la continuité du nucléaire et à éponger les frais de cette dernière. idem pour la CSPE, qui sert toute l’industrie, et le nucléaire vante sont label “sans CO2″( ce qui est aussi une escroquerie)
    Bien entendu aucune diminution de la consommation à l’horizon…
    Voilà donc où nous mènent les progressistes centralisateurs: les pales des éoliennes brassent les radionucléïdes .
    Pourtant avec un programme de chauffe eau solaire thermique généralisé aussi bien en ville qu’en ruralité , on pourrait arrêter plusieurs réacteurs ….Mais l’autonomie et l”émancipation ne sont pas au programme visiblement ,
    Alors éolien et/ou nucléaire : NOUS N’ACCEPTERONS JAMAIS. et nous refusons ce chantage.

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  • Le meilleur moyen de répondre à la question de l’évolution climatique est certainement de faire cesser la propagande du lobby éolien orchestrée par les industriels Allemands et les ONG actionnaires telle que greenpeace, WWF (cf. Fabien Bouglé : éoliennes) de supprimer les subventions énormes engagées par l’état français (rapport AUBERT 2019 n°1990 de l’assemblée nationale) et organiser l’information avec toute la transparence requise, avec publication de la liste des accidents d’éoliennes et des cas de pollutions observées (visuelle, sonore, infrasons, électriques) Ajoutez la liste des mensonges éhontés au bénéfice der l’éolien comme les modifications forcées de notre mode de vie pour cause de mise en adéquation avec les exigences du vent (changement de compteurs), notamment sa production complètement aléatoire et inadaptée aux besoins d’électricité, la relance de centrales à énergie carbonée pour compenser les manques la gratuité du vent… L’aptitude des proéoliens a renversé les arguments est hallucinante.

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  • NEFASTES EOLIENNES
    En FRANCE métropolitaine les EOLIENNES (énergie très intermittente) sont devenues un POISON.
    Le système électrique « nucléaire – hydraulique » ronronnait sans rejeter de CO2 même avec un peu d’éoliennes ; maintenant avec son gavage à fortes doses dans le réseau, l’éolien est devenu un poison pour :
    – le climat puisque le gaz est utilisé pour combler son intermittence ; en France plus d’éoliennes c’est en conséquence plus de gaz brûlé (429 gr de CO2/kwh)
    – la rentabilité du nucléaire que nous obligeons de ralentir à ses dépens au gré du vent favorable aux éoliennes, alors que ce nucléaire est essentiel notamment à la lutte contre le réchauffement climatique en étant la seule énergie de base, non carbonée, toujours disponible. Les éoliennes avec leur puissance installée mais bien aléatoire font illusion et si nous leur sacrifions le nucléaire il faudra le remplacer par le gaz,
    et pour :
    – les paysages (de jour, de nuit) et les territoires : bétonisation, nouvelles lignes …
    – le budget des français grevé par les milliards d’Euros de subventions octroyées annuellement à l’éolien (plus de 100 milliards d’euros déjà engagés) et aussi par les coûts indirects engendrés : adaptation du réseau et priorité d’accès donné à l’éolien, nouveaux contrats pour pallier l’intermittence …
    – la biodiversité, …
    Et nous continuons à ériger des éoliennes sur le sol français ! L’exemple allemand où les innombrables éoliennes font monter le prix de l’électricité mais pas baisser le taux de CO2 du kwh montre qu’il faut arrêter cet immense gâchis.

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  • Bon, vous avez l’air presque tous d’accord, mais je souhaiterais quand même souligner ceci :
    – “le budget des français grevé par les milliards d’Euros de subventions octroyées annuellement à l’éolien”
    Lors des derniers appels d’offre, l’éolien sort à 65,4 € / MWh, soit presque deux fois moins cher que ce coutera l’électricité sortie de l’EPR anglais d’Inkley point C…
    – ” le gaz est utilisé pour combler son intermittence”
    Ben, en fait, en France, on n’a jamais utilisé aussi peu de fossile pour faire de l’électricité que depuis que les Enr se développent…
    D’ailleurs, la majeure partie des centrales gaz en France fonctionnent pour la réserve primaire, qui peut certes être utile si les prévisions Enr ce sont plantées (c’est très marginal), mais qui reste à mi puissance pour garantir l’équilibre offre demande en cas de déconnexion d’une centrale nucléaire ou d’une ligne haute tension…
    De plus en plus c’est des systèmes à batteries qui joueront ce rôle sans émettre de CO2.

    Le nucléaire produit de l’énergie en émettant peu de CO2, pour autant :
    – La France est le seul pays au monde à produire les 3/4 de son électricité de cette manière.
    – Ce n’est pas du tout généralisable, à la fois pour des questions de coût, de prolifération nucléaire, de capacités technologiques et de contrôle, de ressources en uranium (ne me parlez pas du Thorium, on verra si un jour on l’utilise sans uranium), de sismologie / géologie, d’acceptabilité, etc…
    – Le suivi de charge est compliqué, relativement facile après une recharge, il devient de plus en plus dur au fur et à mesure que le combustible se consomme, et que donc le taux de bore baisse pour maintenir la réaction. La France est a peu près le seul endroit au monde ou on fait faire du suivi de charge aux centrales nucléaires.

    Donc vous pouvez cracher sur la transition allemande, mais aujourd’hui leurs forts investissements dans l’éolien et le photovoltaïque ont permis de rendre ces filières concurrentielles dans le monde entier. Alors certes j’aurais priorisé la fermeture des centrales à charbon sur les centrales nucléaires, mais quoi qu’il en soit ils ont à mon sens été beaucoup plus efficaces que nous pour développer des alternatives aux énergies fossiles.
    Leurs industries s’en portent d’ailleurs très bien, ils ont une place de choix dans l’éolien, et si ils ont perdu la bataille de la production de panneaux solaires proprement dite, c’est eux qui fournissent les usines PV du monde entier en machines.

    Pendant ce temps, qu’a fait la France ? 3 chantiers EPR à pertes dont un finalement en fonctionnement en Chine… EDF en miettes, Areva liquidé à la découpe, le Creusot repris par Bolloré qui fait des faux certificats de conformité, Bouygues qui à recours au travail au noir à Flamanville…

    Qu’ils sont bêtes ces teutons…

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  • Façon de dire qu’ils sont cons, ces français !
    Lors des derniers appels d’offre, l’éolien sort à 65,4 € / MWh, quand le prix du marché est de 50€. Ça fait bien 15€ en plus aujourd’hui.
    Inkley point n’existe pas encore. Les accords commerciaux ne sont pas les factures d’électricité.
    La France a juste 30 ans d’avance sur l’Allemagne pour ce qui est de la décarbonatation de son électricité. Il y a belle lurette que la France utilise peu d’énergie carbonée pour l’électricité.
    Il est vrai qu’avec une production éolienne globale de 5% d’électricité, et avec 11% d’hydro-électricité répondant instantanément à la demande, la situation en France est encore gérable assez facilement. Ce n’est apparemment plus le cas en Allemagne, malgré une surcapacité potentielle importante.
    Que le gaz soit en réserve pour la production électrique est bien naturel dès lors qu’il s’agit de répondre à l’ajustement fin de l’offre à la demande, Je suppose qu’en Allemagne, le gaz en en réserve pour les centrales à charbon ! Ce retournement d’argument est tout de même un peu fort !
    Les batteries, les batteries, voilà bien un argument étonnant ! Les batteries sont-elles faites avec l’air du temps et de l’eau fraîche ? ça fait depuis Volta qu’en attend la pile qui marche toute seule et pour l’éternité. Il y a pourtant une solution : la matière. La fabrication de plutonium à partir d’uranium est typiquement une façon de stocker de l’énergie et ce pour des centaines d’années.
    La France est le seul pays à avoir ¾ de son électricité d’origine nucléaire. On ne dispose pas des réserves de charbon de l’Allemagne et ce choix s’avère aujourd’hui très vertueux !
    Pour ce qui est du CO2, Les chinois ont une vingtaine de réacteurs en construction et deux EPR ont récemment démarré. Cela leur permettra peut-être d’améliorer sérieusement la qualité de l’air, ce que ne fait pas l’Allemagne malgré le développement considérable des parcs eoliens.
    Le suivi de charge est l’adaptation de la production à la demande. La France ayant choisi de se libérer des sources d’énergie carbonée il est naturel qu’en produisant 80% de l’électricité, on cherche à moduler la production en fonction de la demande. L’autre solution consiste à brûler du gaz ou du charbon ! Il est vrai que le suivi de charge avec de l’éolien, c’est pas du coton !
    En France, on n’a pas encore conchié la totalité de nos paysages, mais on a déjà engagé plus d’argent pour soutenir l’éolien que pour construire un parc nucléaire complet produisant non pas 5 ou 10% de nos besoins mais 80%. Beau résultat ! Peut-être est-il urgent de ne pas se presser dans le don de subventions aux puissances financières ?
    L’industrie nucléaire souffre de deux maux violents, le premier est d’être piloté depuis de nombreuses années par des ministres anti-nucléaires avérés, le deuxième est de voir tous ses bénéfices pillés par les gouvernements successifs pour cause électorale.

    Je vous rejoins quelque part sur la conclusion finale. Dans un marché de dupes, il y a un voleur et un couillon. Peut-être est-ce le moment de sortir du marché avant qu’il ne soit trop tard.
    En ce qui concerne le nucléaire, nous avons 7000 ans de production électrique sur étagère. Ce n’est pas durable mais ça permet de voir venir. On sait même faire le réacteur qui va bien pour ça.
    Il existe une expression de la sagesse populaire qui dit qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
    Les choix de la transition tels qu’il sont ressentis au fond de nos campagnes est qu’on jette le bébé et qu’on garde l’eau sale, en disant au moins l’eau ne s’enrhume pas. Mais on risque fort d’y perdre des sourires.

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  • Il ne vous aura pas échappé que la question du réchauffement climatique est une question mondiale, et que donc ce qu’il est important d’évaluer, c’est la capacité des différentes technologies à offrir des solutions permettant de réduire les émissions mondiales.
    Pour ce qui est de l’électricité, il existe plus ou moins trois voies :
    – La méthode américaine : substituer le charbon par du gaz, ça baisse les émissions par kWh d’un facteur ~2, mais sur le long terme ça ne permet pas d’éviter la catastrophe climatique. De plus quand on le fait en maintenant un coût de l’énergie bas pour ne pas transiger avec le lifestyle, ça incite à ne rien changer coté consommation.
    – La méthode française : développer le nucléaire à fond. Ça permet à la France d’être un des pays avec l’électricité la moins carbonée, cependant c’est cher si on intègre les sécurités post Fukushima, et ça ne peut convenir qu’à très peu de pays (capacité technique, risque, acceptabilité, prolifération des armes nucléaires). De plus le temps de développement de ces projets, leur coût, et l’incapacité des fabricants à mener de nombreux projets de front, font que cette solution n’est pas à l’échelle de l’enjeu global. Au mieux, la France peut faire son colibri et dire j’ai fait ma part en regardant la forêt bruler.
    – La méthode allemande : Développer à fond les énergies renouvelables. Ça a permis de faire baisser le coût de ces technologies et de les rendre concurrentielles avec les énergies fossiles dans la plupart des pays du monde. C’est exportable presque partout, ça ne fait pas peur, ça fonctionne aussi bien sur de petits réseaux ruraux que sur la base de parcs industriels. C’est a mon sens avec la sobriété énergétique l’un des principaux leviers qui pourraient nous permettre d’éviter la catastrophe climatique.
    Ce qui m’agace le plus chez les idolâtres du nucléaire français, c’est leur acharnement à dénigrer le solaire et l’éolien.

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  • @Seb

    “La méthode allemande : Développer à fond les énergies renouvelables.”

    Non, ce n’est pas ça. La méthode allemande, c’est :
    – D’une part, réduire le nucléaire, et mettre en place à la place du photovoltaïque, de l’éolien, et du gaz.
    – D’autre part, réduire le charbon, et mettre en place à la place du photovoltaïque, de l’éolien, du gaz, et des nouvelles centrales à charbon plus efficaces.

    La première partie de la stratégie est stupide, car elle conduit à une forte augmentation des GES.
    La seconde stratégie, permet de faire encore mieux que le facteur 2 entre le charbon et le gaz, puisque les centrales à gaz sont moins utilisées que dans la stratégie américaine. Par contre, c’est plus cher, car il faut remplacer une source unique par un doublon (renouvelable + gaz).

    Je n’aurais rien eu à dire à la stratégie allemande si ils avaient décidé de fermer les centrales à charbon (et pas les centrales nucléaires). Mais ce n’est pas ce qui a été fait. Et les émissions de CO2 électriques allemandes, qui auraient pu être améliorées par l’apport du gaz et des renouvelables, ne se sont pas améliorées… (ça reste incomparablement plus que la France, malgré tous leurs efforts).

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  • “L’industrie nucléaire souffre de deux maux violents, le premier est d’être piloté depuis de nombreuses années par des ministres anti-nucléaires avérés, le deuxième est de voir tous ses bénéfices pillés par les gouvernements successifs pour cause électorale.”

    Malheureusement, elle souffre de beaucoup plus de maux que deux, et bien pire que ceux que vous dites. A ce que j’en vois :
    – un problème de compétence en réalisation : les entreprises, avec une vision à trop court terme, et plus assez de pratique, n’ont pas su conserver les compétences pour faire le boulot. D’où des problèmes en usine ou sur chantier,
    – Un problème de compétence de l’ASN : A force de vouloir avoir à l’ASN des gens qui n’ont jamais travaillé dans le nucléaire, pour être certains de leur indépendance, on arrive à avoir des gens qui perdent la vision d’ensemble, et se réfugient dans des procédures, des paperasses, etc. Si bien que la partie “gestion documentaire” de la gestion de projets comme les EPR est devenue un vrai enfer.
    – un problème d’axe franco allemand. L’EPR était censé être à la base un réacteur franco allemand, ce qui a conduit à des concessions mutuelles sur le design, aboutissant à une conception beaucoup trop complexe. Si on avait simplement fait un modèle évolutionnaire par rapport à nos anciennes centrales, tout aurait été beaucoup plus simple
    – un problème de modèle unique : nous n’avons jamais cherché à nous diversifier dans d’autres filières que la filière REP avec sécurité active et réacteur aérien (et celle au sodium, qui a été lâchée par les politiques). Pourtant, d’autres filières pourraient être intéressantes (sécurité passive, réacteur enterrée, eau bouillante, réacteur à haute température, etc.). Du coup, on risque fort de passer à coté des solutions d’avenir, à force de rester monotechnologiques
    – un problème de culture EDF, qui fait que le nucléaire ne peut servir QUE à faire de l’électricité. La cogénération nucléaire serait pourtant nécessaire pour le pays. Mais ça n’est pas dans la culture EDF, donc on oublie,
    – Et enfin, le principal problème, le secteur du nucléaire souffre d’une désinformation hallucinante, qui mine son acceptabilité sociale (la plupart des français pense que le nucléaire est un des responsables du réchauffement climatique !!!)

    “En ce qui concerne le nucléaire, nous avons 7000 ans de production électrique sur étagère. Ce n’est pas durable mais ça permet de voir venir. On sait même faire le réacteur qui va bien pour ça.”
    Ca n’est pas renouvelable, vous voulez dire… Mais quand on parle de plusieurs milliers d’années, ça commence à être durable…

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  • . . . et si les éoliennes se (re)transformaient en moulins :
    au pied de chaque éolienne une usine (ou plusieurs)
    avec des applications encore plus valorisantes . . . – bois broyé pour pellets, farines, concassages divers de cailloux, presses, tours, fraiseuses, aléseuses et autres machines outil . . . triturations et autres déchiqueteuses d’ordures ménagères ainsi que d’autres utilisations mécaniques directes sans passer par l’électricité. Dans les périodes de calme éolien l’installation reste opérationnelle sans coup férir. (ceci a existé bien avant le passage à l’électrique)

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  • Le problème du nucléaire est son manque de transparence, EDF dissimule ses dysfonctionnements, il faut que ce soient des ONG qui lancent les alertes (sur les fuites notamment). Regardez la série Tchernobyl et vous serez sidéré par le manque de transparence du lobby nucléaire (EDF, état…), tout le monde se rappelle que le nuage de Tchernobyl n’est jamais passé en France.
    De plus, le prix du nucléaire n’est pas représentatif car il n’intègre pas l’énorme coût du traitement des déchets qui n’est pas résolu, ni celui du démantèlement qui n’est certainement budgétisé à sa juste valeur, comme l’EPR, 3Md€ au départ, 19 Md€ aux dernières estimations (cours des comptes). Ce qui est génial c’est que c’est encore le contribuable qui va payer la différence, et çà ne se retrouvera pas sur le prix final, sinon il deviendrait dissuasif !!!!
    Avec les ENR ont n’aura jamais un Tchernobyl ou Fukushima. Qui peut garantir que l’on n’aura jamais de risque sismique ou attentat qui nous fera “sauter” un réacteur ? Et là on pourra pleurer! Je n’ai pas envie de laisser çà en héritage à mes enfants…

    Pourquoi la France reste t’elle le seul pays au monde à vouloir faire du tout nucléaire, ou presque ? Lobby EDF ?
    Alors que le reste du monde part de plus en plus vers les ENR, de toute façon, leur prix étant de plus en plus compétitif, le débat n’est plus nécessaire, la transition se fera naturellement.
    Peut être que l’on aura la fusion en 2050 !!

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  • Dans la baie de Saint-Brieuc, un consortium hispano-britannique souhaite ériger le long du rivage 62 éoliennes de 207 m de hauteur. A proximité des réserves natura 2000, face au Grand Site du Cap Fréhel, en plein gisement de pêche durable à la coquille. Les financiers promoteurs bénéficient d’un prix garanti de 155 € le MWh (plus de 3 fois le prix de marché). Au départ, en trichant, ils avaient obtenu un prix de 220 €, mais on leur a retiré le pot de confiture. Les moulins seraient fabriqués par Siemens, les fondations métalliques en Espagne, les câbles de liaison seront italiens, les navires d’installation néerlandais. Les Français prendront en charge tout ce qui coûte : notamment le raccordement (400 millions). Aux étrangers la rente et les profits ; à nous les nuisances et les coûts. Bravo et merci !

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  • On sait qu’un grand nombre d’adversaires des énergies renouvelables ne sont que des adorateurs du nucléaire qui sentent le vent tourner et leur fétiche mis à mal.

    Le nucléaire, “ça eu payé”, surtout avec le soutien financier discret mais efficace de l’Etat dans les années 1970-80 et la confusion des genres, à l’origine, avec le nucléaire militaire. Le nucléaire nouveau n’est plus compétitif, il suffit de voir les coûts de production de l’électricité qui sortira des EPR en Finlande, en France et en Angleterre. Dans ce pays, le tarif d’achat de l’électricité de l’EPR a été fixé à un coût très supérieur à celui du marché, ce qui revient à subventionner chaque kWh.

    D’autres se sont fait un fonds de commerce dans l’opposition aux éoliennes en multipliant les trucages et fausses données trompeuses.

    Le coût du solaire photovoltaïque et de l’éolien, surtout en mer, a considérablement baissé au cours des dernières années, grâce aux évolutions techniques et surtout à la fabrication en grandes séries.

    Ainsi, lors des appels d’offres pour l’éolien en mer en Grande-Bretagne, le coût de production est passé de 120£/MWh à 75£/MWh et 40£/MWh en seulement cinq ans, de début 2015 à fin 2019. Ceci est donné en monnaie de 2012 pour comparer avec le nucléaire EPR à 92,5£/MWh. De plus, les contrats ne sont que de 15 ans contre 35 pour le nucléaire.

    La différence aussi, c’est qu’il faut 4-5 ans pour construire un grand parc éolien en mer contre plus de 15 ans pour l’EPR en Finlande et plus de 15 ans de même pour celui de Flamanville.

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  • En ce qui concerne les éoliennes dans la baie de saint Brieuc, vous avez une réaction naïve; S’il faut de faire un max de blé à 155 €/MWh (et bien sûr le consommateur via le TURPE paiera le raccordement au réseau) c’est merveilleux au nom de la sauvegarde écologique. Et d’ailleurs je suis sûr que tous les partisans de l’éolien qui vilipendent toute autre pensée que la leur et s’expriment longuement sur ce site seraient ravis d’avoir dans leur jardin les derniers prototypes de Vestas de 12 MW pour (environ) 300 m de haut au sommet des pales; D’ailleurs parmi les propositions d’implantation on pourrait suggérer :
    La Baule
    L’île de Bréhat
    Beg Meil
    Perros-Guirrec

    Au lieu des villages picards où ne vient que des pauvres et/ou des paysans âgés.

    Et ces pêcheurs déjà mis au ban de la société par les écolos bobos qui leur reprochent à la fois de pêcher et aussi de s’inquiéter des conséquences des éoliennes marines. Ne faudrait-il pas qu’ils cessent leur activités et ouvrent un musée des métiers d’autrefois pour organiser le spectacle touristique à destination des ces mêmes écolos bobos ?

    Le green bussiness n’est que la vente des indulgences (13 ème / 15 ème siècle) modernisée.

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  • Quelques éléments factuels

    Pour la France, l’éolien terrestre coûte en moyenne 95 €/ MWh compte tenu des contrats en cours (voir les chiffres de la CRE). La différence entre ce prix et le prix de gros de l’électricité est supportée par le consommateur (CSPE) et par le contribuable (taxe carbone), cette deuxième taxe servant à masquer l’envolée de la CSPE.
    Pour l’éolien marin, suite aux négociations avec l’Etat, les consortiums des 6 projets en cours ont obtenu un prix d’environ 140 / 155 €/ MWh mais pour compenser cette diminution du prix,(220 €/MWh au départ) le coût du raccordement (22 km de câble sous-marin + le postes de transformation+ le raccordement du poste au réseau HTA (20 kV)) est pris en charge par le consommateur dans le TURPE (tarif d’Utilisation du réseau Public d’Electricité). Un truc marrant quand même. Nombreux sont les partisans de l’éolien qui font de “l’EDF bashing”. Or dans ces consortiums EDF a des participations importantes sinon majoritaires, signe d’ailleurs qu’EDF a compris l’intérêt financier du “greenwashing”.
    Il est difficile de comparer ces prix avec ceux des fermes éoliennes marines britanniques, car au Royaume-Uni, le système de subventionnement est très différent. Ceci dit , dans le Northumberland, ( une des régions les plus pauvres d’Angleterre) les éoliennes sont très proches du rivage et donc les coûts de raccordement moins élevés. Mais il n’y a pas de ferme éolienne au large de Brighton ou de Torquay. Etonnant non ?

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  • Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le tarif d’achat pour l’éolien en mer, en France, a pu être renégocié, c’est que les obstacles mis par les anti-éoliens, les mal-pensants, ont retardé les projets de plusieurs années.

    Si d’un côté cela a augmenté les coûts de la partie études et assimilé, la technologie éolienne a rapidement évolué entre temps et les coûts de construction ont baissé. La commande aux constructeurs ne se faisant qu’une fois tous les permis accordés, les nouvelles machine au coût plus faible sont utilisées.

    En plus de l’effet de grandes séries, à travers différents pays, l’augmentation de capacité des éoliennes marines et entraîne un plus faible coût par MW de puissance.

    Les éoliennes de 12 MW sont uniquement destinées aux parcs éolien en mer. Sur terre, la puissance se situe le plus souvent entre 2 et 3 MW. Mais certains se permettent de raconter n’importe quoi pour affoler les gens – ou de prendre des photos avec un zoom de paparazzi pour faire croire qu’une éolienne surplombe un village.

    Que ce soit en Grande-Bretagne ou ailleurs, le choix d’un site pour l’éolien marin est déterminé par la qualité et la puissance des vents en premier, puis par la profondeur de l’eau, enfin la distance à la côte. Pas par la richesse des habitants de la région.

    Que ce soit pour l’éolien, terrestre ou en mer, ou pour le photovoltaïque, les coûts élevés du passé ont conduit à une production en grandes séries permettant de faire baisser les coûts et aux constructeurs de financer leurs recherches pour des produits plus performants.

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