Approvisionnement électrique hivernal : RTE confiant mais vigilant

Approvisionnement électrique hivernal : RTE confiant mais vigilant

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Réseau Transport d’Electricité a présenté jeudi 15 novembre 2018 son bilan prévisionnel sur la sécurité d’approvisionnement électrique en France. Un bilan qui se veut confiant pour la prochaine période hivernale, mais qui souligne aussi que “le système électrique français est ajusté, jusqu’en 2020“…

Approvisionnement électrique : une confiance mesurée

Chaque automne, le bilan prévisionnel de Réseau Transport Electricité (RTE) est attendu par les professionnels du secteur de l’énergie. Cette année encore, RTE se montre confiant à l’approche de l’hiver grâce à la forte production électrique pilotable du parc nucléaire. Le directeur d’exploitation de RTE, Jean-Paul Roubin, assure que « cet hiver, si nous avons des températures correspondant aux normales de saison, il n’y a pas d’alerte particulière ».

La filiale d’EDF identifie cependant une période de « vigilance » allant de la mi-janvier à la fin février, qui sera particulièrement tendue. Les pics de consommation sont enregistrés à cette saison et Jean-Paul Roubin souligne que « cinq centrales nucléaires, sur les dix-neuf réparties dans tout le pays, se trouveront alors à l’arrêt, contre trois l’année dernière ». Une « attention toute particulière » est donc de mise ; surtout que la Belgique ne pourra pas venir en aide à son grand voisin en raison de l’arrêt momentané de cinq des sept réacteurs exploités par Electrabel.

Des moyens d’action en cas de surconsommation

RTE a toutefois d’autres cartes à faire valoir en cas de températures basses et de surconsommation. Par exemple, il est toujours possible de procéder à une baisse de tension de 5 % sur le réseau. Par ailleurs, l’interruptibilité des gros consommateurs industriels peut être enclenchée. Enfin, RTE peut faire appel aux citoyens pour réduire autant que faire se peut leur consommation en début de soirée (lors des pics) et dans les cas les plus extrêmes. En effet, « l’effacement de consommation représente une solution pour écrêter les pics de consommation et optimiser la consommation d’électricité ».

Pour rappel, le principal pic de consommation d’électricité en France a été enregistré à l’hiver 2012. A l’époque, « la puissance appelée avait atteint 102 000 MW ».  Pour cette année, les ingénieurs de RTE garderont un œil sur le thermomètre avec l’espoir que les températures ne soient pas 4°C inférieures aux normales saisonnières.

PPE : quel enseignement retenir ? 

Le communiqué de presse du jeudi 15 novembre 2018 explique qu’après 2020, les infrastructures électriques disposeront des marges nécessaires pour entamer leur mutation. Ainsi, selon les prévisions de l’entreprise, ces marges de sécurité « permettraient la fermeture, progressive, des cinq unités de production charbon situées sur les sites de Cordemais (Loire Atlantique), du Havre (Seine-Maritime), de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Avold (Moselle) ainsi que la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) ».

Néanmoins, beaucoup de questions entourent encore la prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Le même jour, le porte parole du gouvernement, Benjamin Griveaux était interviewé sur France Inter. A cette occasion, le représentant de l’exécutif a d’ailleurs précisé que la présentation de la PPE interviendrait après la loi Mobilités, elle même présentée fin novembre.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Que se passera-t-il lorsque des millions de véhicules électriques se rechargeront en fin de soirée comme on peut s’y attendre, et sans productions d’origine solaire ou éolienne ? Il serait temps que les pouvoirs publics s’en préoccupent !

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  • @ Dan : Pour avoir des millions de véhicules électriques ,en France, il faudra attendre au moins 10 ou 12 ou 15 ans et d’ici là l’EPR aura fait ses preuves ,d’autres EPR seront en construction; 2 EPR NM auront peut-être démarré et surtout le grand carénage aura prolongé jusqu’à 50 ou 60 ans certains réacteurs du parc historique ,ce qui permettra de recharger surtout en pleine nuit(au lieu que ce soit en fin de soirée) les véhicules électriques dont vous parlez. Evidemment ,il vaudrait mieux éviter que cette recharge nocturne soit due à des centrales gaz fossile CCG si on veut respecter les limitations CO2 selon les accords internationaux que la France a signée et beaucoup soutenus .Pour cela,conserver notre puissance électronucléaire, est absolument nécessaire.

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  • Les estimations de RTE à l’horizon 2035 pour un déploiement d’environ 10 millions de véhicules électriques tablent sur une consommation électrique supplémentaire de 40 TWh, soit 7 % de la consommation française.

    En mettant en regard ce chiffre et la tendance à la stagnation, voire à la baisse (-0,5 % par an), de la consommation électrique française, celle-ci ne sera impactée qu’à la marge par une arrivée massive de véhicules électriques.

    Le simple enjeu sera de gérer l’appel de puissance pour le réseau de cette recharge dans sa dimension spatiale (concentrée en ville) et temporelle (à 18h-19h, en rentrant du travail, lors de la pointe de consommation actuelle).

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  • @Energie+
    Vous semblez sous-estimer la difficulté de gérer la dimension temporelle des pointes de consommation ! Actuellement, les effacements lors des pointes de consommation ne représentent que 1600 MW et coûtent cher aux consommateurs, via la CSPE, car ce service n’est pas gratuit.

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