Fessenheim : le nucléaire français sera-t-il sacrifié au nom d'un deal politique ? (Interview)

Fessenheim : le nucléaire français sera-t-il sacrifié au nom d’un deal politique ? (Interview)

Au moment où François de Rugy, le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire évoque un calendrier pour la fermeture des réacteurs nucléaires, L’Energeek est allé à la rencontre du Député de la circonscription de Fessenheim, Raphaël Schellenberger. L’élu du Haut-Rhin nous confie ses craintes pour une reconversion industrielle dont on distingue encore mal les contours…  

  • Avec l’arrivée de François de Rugy, pensez-vous que la centrale de Fessenheim sera fermée d’ici la fin de l’année ? Selon vous, doit-on s’attendre à un infléchissement de sa part sur la question du nucléaire ?

Je souhaite une prise de conscience sur l’apport du nucléaire à la politique énergétique de la France. Je ne veux pas entretenir de faux espoirs mais je me battrai toujours contre l’invraisemblable gâchis économique que constitue la fermeture de cette centrale.

Un choix écologique et énergétique fort serait d’inscrire Fessenheim dans un nouveau calendrier qui soit celui de la baisse des émissions de carbone plutôt que l’idéologie de la sortie du nucléaire qui est, pour le moment, un non-sens.

  • Que pensez-vous du projet de reconversion du site de Fessenheim présenté par Sébastien Lecornu le 13 avril 2018 ?

Mais quel est ce projet au juste ? En réalité, depuis le début du processus, nous les élus du territoire, nous avons posé plusieurs questions. D’abord une série de questions sur les conséquences fiscales de la fermeture de cette unité de production, ensuite sur les conséquences énergétiques et enfin sur les conséquences économiques et sociales. En attendant un vrai plan de reconversion pour relancer le dynamisme industriel du Haut-Rhin, on attend au moins du gouvernement qu’il assume ses choix politiques, car la fermeture de Fessenheim est évidemment une décision politique ! Sébastien Lecornu n’a formalisé aucun projet de reconversion pour le site de Fessenheim.

Les collectivités territoriales ont pourtant formulé une liste de propositions pour la reconversion. L’exécutif balbutie un dispositif fiscal pour gérer la disparition d’une activité, sans perspectives ni vision stratégique pour le territoire.

A mon sens, il aurait été préférable de commencer par se fixer un objectif de reconversion du territoire. L’objectif ne peut se limiter à la gestion de l’arrêt des réacteurs, il faut avoir davantage d’ambition et redonner au territoire la capacité de générer de la richesse fiscale et économique, avec de la création de valeur ajoutée. J’estime qu’il faut au moins 10 ans pour parvenir à ce résultat. C’est donc évidemment sur l’ensemble de cette période qu’il faudrait prévoir des outils de compensation financière ! Ce que je propose, c’est qu’on se dote de mécanismes qui permettent de lisser les ressources des collectivités. Aussi, les compensations pourraient être variables ; de telle sorte que si la première année aucune activité n’apporte des ressources aux administrations décentralisées, une fois les reconversions engagées l’aide pourrait être modulée en fonction des performances obtenues.

Concernant les conséquences énergétiques, l’exécutif a plus ou moins récupéré certaines des propositions des collectivités territoriales. Toutefois, cela reste insuffisant pour constituer un véritable projet de reconversion. Actuellement, nous savons qu’une usine disposant d’une capacité de production de 1800 MW d’électricité bas carbone va quitter le territoire. Or, se priver de 1800 MW (deux réacteurs de 900 MW) posera forcément des problèmes pour l’équilibre du réseau électrique. Qui plus est, cela impactera nécessairement les échanges transfrontaliers avec l’Allemagne et la Suisse, et fragilisera inévitablement l’approvisionnement des industries électro-intensives. Pour toutes ces raisons, il faut un projet de reconversion qui permette d’atteindre au moins le même niveau de production qu’aujourd’hui. Et ce projet il existe : c’est celui qui a été présenté par le conseil départemental du Haut-Rhin lors du comité de pilotage organisé en janvier dernier. Avec ce projet, nous serions capables d’atteindre un niveau de production à peu près équivalent, en remplaçant à 2/3 par des énergies renouvelables, car le territoire dispose notamment d’usines hydroélectriques, et un tiers de la production d’énergie centrale, c’est-à-dire une unité de gaz de 600 MW. En l’occurrence, il pourrait s’agir d’un système de gaz vert en circuit court, par la récupération d’hydrogène ultime, qui est disponible en quantité importante via les déchets d’une industrie des environs.

Face à cette réalité, quelle a été la réponse de Sébastien Lecornu pour le moment ? Pour résumer : « Ne vous en faites pas, nous allons lancer un appel à projet pour 300 MW de puissance installée de photovoltaïque, avec 100 MW en toiture et 200 MW en ferme solaire ». Autant dire qu’avec un taux de disponibilité de l’énergie solaire en Alsace de 15 à 18%, il ne s’agit absolument pas d’un plan de reconversion qui soit proportionné aux besoins.

Sur le plan social, nous avons là aussi, avec les élus du territoire et après avoir mené une large consultation, proposé des solutions concrètes, à l’image de l’aménagement de la zone de NHD sur le port de Colmar, ou encore de la construction d’une usine européenne du démantèlement nucléaire. Pour l’heure, seule la constitution d’une hypothétique zone franche franco-allemande ainsi que la pré-étude expectative d’une ligne ferroviaire entre Colmar et Fribourg sont envisagées.

  • Selon vous, l’Etat a-t-il bien mesuré la dimension du chantier à mettre en oeuvre ?

Sur ce sujet, comme sur tant d’autres, je pense qu’il y a une question d’échelle. Pour la réindustrialisation de Fessenheim, l’échelle est triple : c’est d’abord le territoire de Fessenheim qui est le premier impacté, le département du Haut-Rhin car il y a aussi des enjeux de filière, et l’Alsace dans la stratégie globale qui concerne aussi bien l’industrie que la formation, ou l’emploi. Et même si Jean Rottner organisait dernièrement un Comité de supervision du projet d’innovation et d’industrialisation du post Fessenheim, le Grand Est n’est pas pertinent en la matière. Que le Grand Est cherche à faire de l’attention gouvernementale portée à Fessenheim, une opportunité cela s’entend, mais ce n’est pas l’échelle pertinente pour la reconversion du territoire.

Ce qu’il faut comprendre c’est que l’Alsace, le Haut-Rhin et Fessenheim bénéficient d’une tradition industrielle, avec des infrastructures de qualité et un écosystème de TPE/PME qui n’attend qu’une impulsion de l’Etat pour attester de son dynamisme au coeur de l’Europe… Pour opérer ce rebond industriel, je considère que le travail des collectivités n’est pas loin d’être abouti, seulement il manque encore les éléments de déclenchement. L’Etat donne l’impression d’être frileux pour suivre le projet des collectivités. C’est le cas si on prend l’exemple de la zone NHD qui dispose d’une maîtrise foncière de 200 hectares et pour laquelle nous proposons un réaménagement de 100 hectares. Or nous avons besoin de l’autorité gouvernementale pour la distribution des autorisations nécessaires, et elle semble vouloir pour l’instant se limiter à une zone de 60 hectares. Évidemment, avec 40% de moins, le projet ne tient plus !

Pour installer des activités dans cette zone, il y a par ailleurs la question de l’Allemagne qui n’est manifestement pas neutre dans le choix de fermer Fessenheim. Et une fois encore, pour ces enjeux transfrontaliers l’Etat est incontournable. L’Etat doit s’engager avec détermination pour que des projets industriels ambitieux fassent demain le choix d’installer leur activité autour de Fessenheim. Cet engagement fort nous ne l’avons pas encore ! Pire, l’approche de Sébastien Lecornu est à l’heure actuelle complètement différente [NDLR : « Il ne faut pas compter sur moi pour annoncer l’arrivée d’une usine. Le développement économique ne se décrète pas » – Les Echos 19/01/18]. Selon lui, il revient aux collectivités territoriales de se battre pour créer des entreprises sur leur territoire. Pour ma part, j’estime qu’à un moment donné, l’Etat, le gouvernement, ne sont pas complètement irresponsables dans la nécessité d’implanter des entreprises dans les territoires.

Autre exemple sur lequel l’Etat doit avoir son mot à dire : l’industrialisation de l’activité de démantèlement des installations nucléaires. C’est typiquement un projet qui pourrait être porté par EDF, mais qui nécessite un point d’équilibre économique et un minimum d’organisation pour les différentes étapes du démantèlement, et j’entends par là, se mettre d’accord sur la création d’une usine européenne du démantèlement. Car la fermeture de Fessenheim ne suffira pas à justifier la création d’une usine dédiée au démantèlement, et pour que le projet soit viable il faut notamment que les Allemands acceptent de sous-traiter à EDF une partie du démantèlement qu’ils engagent avec l’arrêt de leur parc. Et cela relève évidemment des négociations inter-gouvernementales !

  • Croyez-vous vraiment que le calendrier sera cette fois respecté ? Craignez-vous des débordements avec la contestation sociale ?

Ce que l’on peut d’ores et déjà affirmer c’est que si le calendrier n’est pas respecté cela ne sera pas du fait de la contestation sociale… Pour moi c’est une certitude ; l’autre certitude c’est que depuis environ 7 ans, les habitants vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Revenons un peu sur l’histoire de cette fermeture. En réalité il s’agit plutôt de l’histoire d’une non décision. Qui plus est, lier la fermeture d’une centrale à l’ouverture d’une autre est une aberration, le principe même est incohérent. On dirait qu’on corrèle intentionnellement la fermeture à des critères absurdes afin d’éviter d’avoir à prendre cette décision. C’est simplement stupide, si la centrale est sûre et que l’on n’a pas l’intention de sortir du nucléaire – puisqu’on ouvre parallèlement une autre unité – pourquoi renoncer à exploiter cette installation ? Donc comme la décision est stupide, personne n’assume ; la logique aurait été de dire qu’on ne réalisera pas les travaux de carénage au moment de la cinquième visite décennale, que l’on poursuit l’exploitation jusqu’à la fin de l’autorisation délivrée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Une telle initiative aurait été comprise par l’ensemble de la population. Même si au regard des éléments qui sont à ma disposition, il me semble également tout à fait possible de prolonger son exploitation jusqu’à 60 ans.

Du fait de sa localisation sur la frontière franco-allemande, la contestation du nucléaire en France s’est cristallisée sur la centrale de Fessenheim. Or, si dans notre pays, le nucléaire est assez majoritairement défendu par la population, la situation n’est pas la même en Allemagne. Donc au lieu de contester le nucléaire, les opposants à l’atome s’appuient sur les forces allemandes en ciblant la centrale de Fessenheim.

Et début 2011, lorsqu’intervient la catastrophe de Fukushima, les Allemands décident de sortir du nucléaire parce qu’ils ont peur, non plus comme c’était le cas à l’origine de la contestation du nucléaire de la question des déchets, mais parce qu’on effraye l’opinion publique allemande en faisant croire à un risque d’explosion. A ce moment, la pression qui était déjà exercée sur Fessenheim augmente. Puis, arrivent les primaires socialistes et l’accord politique PS-Verts, le deal préparé par le négociateur Jacques Archimbaud, est finalement conclu à la condition de fermer Fessenheim. Au moment où François Hollande gagne l’élection présidentielle, le sort de Fessenheim est plié. Sauf que lorsque les socialistes arrivent au pouvoir, ils se rendent compte que leur idéologie est loin de la réalité. Finalement, les 5 années de gestion socialiste se solderont par une non-décision, incarnée par la loi de transition énergétique. Emmanuel Macron, en arrivant à l’Elysée, affirme qu’on ne reviendra pas sur ce texte, admettant du même coup que sa position sur le nucléaire reste floue. D’ailleurs, aujourd’hui on parle plus de la limitation à 50% du mix électrique que du plafond technique à 63,2 GW. Pourtant, ce n’est pas du tout la même chose, surtout si comme moi, on est convaincu que nous assisterons dans les prochaines années à un transfert d’usages des énergies fossiles vers l’électrique. Pour toutes ces raisons, le gouvernement d’Edouard Philippe ne décide pas, il refuse d’afficher sa propre vision de la stratégie énergétique, au nom d’un deal politicien passé par l’équipe précédente.

  • Suite au débat sur la PPE, la fourchette retenue pour le nombre de réacteurs à fermer (de 9 à 16 réacteurs) vous semble-t-elle logique ?

Plus je m’y intéresse, moins je comprends ce à quoi a servi ce débat public sur la révision de la PPE. Théoriquement, on est sensé avoir sensibilisé les Français aux grands enjeux énergétiques. Mais dans le même temps, on répète que la loi de transition énergétique a déjà été votée et que le cap est déjà fixé. Finalement, ce débat public sera surtout la continuation de la loi de transition énergétique. Est-ce que ça valait vraiment le coup de faire un grand débat public ?

Notre problème c’est qu’on ne parvient pas à hiérarchiser les objectifs qu’on poursuit. Le premier objectif poursuivi est-il oui ou non la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Il faut qu’on nous le dise, car sans avoir tranché cette question, nous serons forcément dans un entre-deux. Si tel est le cas, il devient urgent se mettre en ordre de marche.

Faisons un parallèle, quand on parle du nucléaire, on nous demande de prendre en compte le cycle global. A l’inverse, on n’a pas le droit de demander la même chose pour les énergies renouvelables, il y a un grand déséquilibre du débat public sur ces sujets. En Allemagne, le système de production d’électricité émet 10 fois plus de CO2 qu’en France.

  • Plus largement, quel regard portez-vous sur l’avenir de la filière nucléaire française ; les parlementaires des Républicains sont-ils mobilisés pour défendre les crédits initialement prévus pour Astrid ?

De mon point de vue, il faut qu’on obtienne un débat qui porte prioritairement sur le choix du mix énergétique global. Car ces questions ne sont pas d’ordre technique mais bien politique. Or si on souhaite réduire largement les émissions de gaz à effet de serre, la solution la plus simple et la plus efficace pour que cette transition bénéficie à l’industrie française, c’est d’effectuer des transferts d’usage vers l’énergie électrique.

Seulement à l’heure actuelle, on ne parvient que difficilement à stocker proprement de l’électricité. Les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), doivent être développées mais elles ne suffiront pas. C’est pourquoi on s’aperçoit que finalement, le plus efficace pour stocker l’électricité c’est de faire ce que nous faisons jusqu’à présent, c’est-à-dire de stocker l’énergie primaire nécessaire à la production d’électricité. Cela serait aussi la solution la moins polluante, car avec des batteries au lithium, si on tente de faire l’analyse du cycle global carbone, je pense qu’on obtiendrait quelques surprises.

Sauf qu’on ne peut pas stocker le vent, ni le soleil, on peut en revanche un peu stocker l’eau, et surtout on peut stocker le combustible nucléaire. D’autant que le nucléaire est une énergie qui est largement modulable, ce n’est pas forcément le cas de Fessenheim, mais les dernières centrales peuvent faire varier de 20 à 100% leur niveau de production. C’est pourquoi, sincèrement, je suis convaincu que le nucléaire a encore un bel avenir. Personnellement, je crois beaucoup aux nouvelles générations de centrales sans déchets, et avec le groupe Les Républicains nous défendrons cette technologie.

 

Rédigé par : Raphaël Schellenberger

Raphaël Schellenberger
Raphaël Schellenberger est député de la 4e circonscription du Haut-Rhin et membre de la commission des lois.
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COMMENTAIRES

  • C’est inquiétant de lire autant d’erreurs sur l’énergie de la part d’un député et sur un seul article d’à peine une courte page.

    Pendant ce temps et qui n’a pas été évoqué alors que çà va impacter durablement l’avenir :

    (A noter que cette réunion s’est appuyée sur une conférence approfondie sur différentes avancées dans le domaine de l’hydrogène et du stockage notamment et n’ont pas été oubliées les plus importantes dont on ne parle quasiment pas en France).

    “Les ministres de l’énergie de 25 pays de l’Union européenne se sont mis d’accord mardi dans le cadre de l’Initiative Hydrogène pour accroître l’utilisation de l’hydrogène pour le stockage, les transports, l’électricité et le chauffage dans le cadre de l’objectif de l’Union européenne de réduire ses émissions de carbone de 40 % d’ici 2030.”

    “L’accélération de la mise en œuvre rapide et de l’application plus large de la technologie de l’hydrogène durable peut également contribuer à la compétitivité économique de l’Union de l’énergie”.

    Adopté par les ministres de l’énergie lors d’une réunion à Linz, en Autriche, le document souligne l’importance de l’hydrogène pour réduire la dépendance de l’Europe à l’égard des importations d’énergies fossiles de Russie notamment.

    L’Allemagne est actuellement en tête dans les efforts de l’UE pour déployer les moyens d’utiliser et de stocker l’énergie renouvelable dans un certain nombre de sites de production d’électricité via l’hydrogène et le Power to Gas (P2G). Le potentiel et rendement très élevé de l’électrométhanogénèse ont également été évoqués.

    Des dizaines de pays européens ont engagé des programmes visant à accroître l’utilisation de l’hydrogène comme alternative aux combustibles fossiles pour réduire les émissions de carbone sur le continent.

    Parmi les accords signés à Linz, l’utilisation des réseaux de gaz existants pour distribuer l’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables.

    L’idée d’une “économie de l’hydrogène”, où les combustibles qui libèrent des gaz à effet de serre sont remplacés par l’hydrogène, existe depuis des décennies.

    Les transports peuvent également utiliser l’hydrogène. Ainsi lundi, le premier train au monde alimenté à l’hydrogène a commencé à circuler dans le nord de l’Allemagne.

    Le plus haut responsable du climat et de l’énergie de l’Union européenne a déclaré que l’hydrogène pourrait aider l’UE à remplir ses obligations en matière de réduction des émissions de carbone dans le cadre de l’accord de Paris de 2015. Miguel Arias Canete a déclaré aux journalistes qu’il pourrait également contribuer à la sécurité énergétique du continent en réduisant les importations de gaz naturel, dont une grande partie provient actuellement de Russie et de pays non européens.

    Kirsten Westphal, spécialiste de l’énergie à l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité, a déclaré qu’il était logique d’encourager l’utilisation de l’hydrogène comme moyen de stockage et de transport de l’énergie, mais a ajouté que l’objectif global devrait être de réduire les combustibles fossiles plutôt que de promouvoir une alternative énergétique particulière.

    http://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?sitelang=en&ref=I160469

    .

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  • De toute façon, cette centrale finara par fermer que ce soit maintenant ou dans 10 ou 20ans. Et je doute fort qu’elle soit remplacée par une autre au même endroit (trop prés de la frontière…), donc la reconversion de la région est de toute façon à envisager.

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  • Ce député pose clairement le problème. Soit, pour remédier aux irrégularités de production solaire et éoliennes, ont fait des centrales au charbon ou la lignite comme en Allemagne et au Danemark, soit on maintient un parc nucléaire. Autre solution, diminuer de façon drastique la consommation d’électricité et les puissances appelées par une formidable augmentation des prix et une diminution du PIB. A chacun ses choix

    Répondre
  • Le territoire de Fessenheim n’a évidemment pas grand chose à espérer en matière de reconversion : Que peut-il apporter de plus que n’importe quelle campagne environnante ?

    Tout ce que le politique leur propose, c’est de subventionner une activité de (maigre) remplacement, qui n’aura donc que la pérennité de cette subvention.

    Et tout ça pour faciliter un gâchis phénoménal de ressources naturelles réalisé pour de basses considérations politiciennes (ces tranches qu’on ferme alors qu’elles sont encore en parfait état de marche, il va falloir utiliser des ressources naturelles pour les remplacer par autre chose).

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  • @ Dan ce n’est pas de la compétence des sénateurs ou députés dont je n’ai de plus pas l’impression qu’il y en ait qui soient spécialisés en énergie et nucléaire (sinon on l’aurait perçu assez vite), de donner leur avis et encore moins leur “croyances” sur la sécurité de Fessenheim. Il y a pour çà l’Asn mais pas seulement et loin s’en faut.

    Pour autant la décision n’est jamais certaine comme l’Asn le rappelle régulièrement et çà pèse lourd sur les épaules de son président en particulier, mais surtout évidemment quand cet organisme émet un avis de prolongation puisque c’est la sécurité le principal problème et cet organisme vous rappelle régulièrement que son avis ne peut être sûr à 100% et autrement dit que le risque zéro n’existe pas. C’est honnête de leur part de le préciser.

    Mon commentaire ne concernait pas cet aspect mais le fait que beaucoup d’erreurs sont dites par ce député qui a 28 ans et a l’air bien gentil mais malheureusement semble répéter mot pour mot les arguties des députés apparentés nucléaires plus anciens qui non seulement n’ont jamais maîtrisé la technologie nucléaire (et ce n’est pas une critique de ma part mais encore faut-il qu’ils n’affirment pas parfois haut et fort des énormités comme on a pu le voir dans les nombreux débats sur la transition énergétique ces dernières années ou leurs questions étaient parfois lamentables au plan de leurs connaissances), mais ils n’ont pas non plus compris grand chose aux évolutions des technologies renouvelables qui n’est pas de leur génération. Et là çà commence à faire trop.

    Le problème est qu’actuellement les choses avancent très vite dans plusieurs aspects à la fois du secteur de l’énergie car le nombre de personnes qui travaillent dans le monde dans ce secteur est très important et notamment en Chine.

    Alors que nous étions bien placés dans les années 80 dans plusieurs domaines, nous avons déjà perdu de très nombreux marchés.

    Les perspectives du nucléaire on les connaît vous pouvez lire toutes les études y compris de l’Agence internationale de l’énergie atomique et autres, elle sont réduites. Par ailleurs Rosatom détient 60% du marché, la Chine quasiment le complément. Le nucléaire français va finir un peu comme nos TGV ou comme Alstom donc inutile de faire les autruches.

    Vous remarquerez que 198 pays au monde font des renouvelables (même la Russie) et que tous nos groupes énergétiques s’y impliquent, rachètent y compris des start-up ans différents domaines liés aux différents modèles de l’énergie qui ont changé.

    Comme je l’ai cité plus haut 25 pays européens viennent de s’engager à développer l’hydrogène, la méthanation etc et plus d’une douzaine ont des programmes en cours d’injection d’hydrogène et biométhane.

    On m’a souvent dit ici que le stockage massif n’existait pas (comme le dit d’ailleurs aussi ce député, le vent et le soleil ne se stockerait pas : c’est faux)

    C’est donc grave quand on est député et que l’on s’exprime sur un sujet de ne as s’informer plus largement de manière indépendante des possibilités et évolutions dans le monde car on ne peut pas tout le temps se permettre de faire des erreurs comme dans les années 80

    – Observez que les bus à hydrogène chinois qui se vendent par milliers sont désormais compétitifs (nous n’en sommes loin et même les ventes européennes sont insignifiantes actuellement comparativement). Cà ouvre les marchés, fait baisser les prix du secteur, accroît le demande etc comme pour le solaire entre autres.

    – nous n’étions pas en retard dans les navettes autonomes et pourtant les chinois sont arrivés à nous dépasser récemment

    – plus d’une douzaine de pays rien qu’en Europe sont en phase d’injection d’hydrogène dans les réseaux et la méthanation (P2G) est considérée comme compétitive dans de plus en plus de pays.

    – de nombreux pays ensoleillés se préparent à exporter de l’hydrogène et produit à partir de solaire CSP il arrive déjà à être à moins de 30 euros le MWh et le transport ne représente qu’au plus 2% du coût. Pourquoi par exemple croyez vous que l’Algérie après l’Australie etc va ouvrir la plus grande solaire du monde et produire au delà de ses besoins.

    Donc mettez vous à la place d’opérateurs et d’entreprises qui peuvent produire de l’électricité autour de ce prix tout comme faire du biométhane, tout comme alimenter des camions et bus à pile à combustible aux prix de bus chinois etc et vous aurez compris qu’une fois encore à cause de raisonnements de paresseux et attardés qui nous ont fait rater de très importants marchés et de nombreux emplois, ils vont récidiver de nouveau et il sera plus intéressant d’importer encore car de jeunes députés répètent sans réfléchir ni se documenter les inepties que leur ont appris une poignées d’anciens députés apparentés nucléaire ne maîtrisant pas le domaine certes complexe de l’énergie et qui commettent erreurs sur erreurs et c’est un fait puisque nous avons bien perdu une bonne part du marché mondial des renouvelables, nous sommes en retard et peu compétitifs en France donc on importe le plus souvent (solaire, éolien, biogaz etc) et que nous ne détenons plus guère de marché nucléaire malgré toutes les pubs si vous regardez les chiffres et leurs évolutions.

    La Californie 5e puissance économique mondiale va passer à 100% d’énergies renouvelables (sans nucléaire puisque la centrale nucléaire de Diablo Canyon ferme définitivement avant 2025 et Duke Energy l’un des principaux opérateurs américain déclarait encore récemment qu’il n’ajouterait aucune centrale nucléaire aux Etats-Unis ni ailleurs car c’est impossible de lutter face aux renouvelables en séries, y compris avec stockage).

    L’Australie au rythme actuel sera à 100 de renouvelables au début des années 2030 et 20 pays déjà suivent pour cette époque et plus encore ensuite.

    Et ce tout en fermant des centrales au charbon et gaz contrairement aux attardés incompétents qui pensent encore que ce qu’ils appellent à tort intermittence et qui est en réalité variabilité pose problème ou que le stockage massif n’existe pas (en Australie ils disposent de 35 fois leurs besoins en stockage, en Allemagne 6 mois, en France 2 mois etc voir encore entre autres rapport GRDF sur le sujet)

    Il y a donc plus qu’urgence à comprendre l’évolution actuelle et ne plus raisonner avec 40 ans de retard mais faire preuve de réalisme car le nucléaire sans déchets çà n’existe pas et lorsque l’on veut réduire ces déchets à des durées plus raisonnables que plus de 100.000 ans çà coûte beaucoup trop cher désormais par rapport à la concurrence donc l’impasse est totale.

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  • Le document de Raphaël Schellenberger est excellent. Mais on peut améliorer le nucléaire au point de faire changer d’avis les actuels anti-nucléaires dont le précédent commentateur – Pour ma part :
    – Les réacteurs rapides, donnant une énergie considérable par kg d’uranium retiré du sol ou de la mer, peuvent avoir une cuve à sodium posée et non suspendue comme l’accepte ou le requiert l’ASN.
    – Les réacteurs peuvent être construits en souterrain, où les sollicitations sismiques sont plus faibles, les agressions de surface impossibles, les conséquences en surface des accidents annulées. Le CEA ne considère pas actuellement cette construction, qui peut être moins onéreuse que celle avec de fortes enceintes en surface.
    Le démantèlement d’un réacteur souterrain est considérablement simplifié, l’essentiel restant en place.

    Répondre
  • @ Didier Costes : évitez d’être binaire pro ou anti, çà n’apporte rien et le sujet n’est pas là.

    Comme le constatent entre multiples autres le World Nuclear Status report ou même l’Agence internationale de l’énergie atomique etc le nucléaire n’arrive plus à être assez compétitif.

    Par ailleurs le modèle énergétique change complètement.

    Vous proposez des solutions qui ont déjà été étudiées. Non seulement elles ne résolvent pas tous les problèmes comme vous le prétendez mais on ne voit pas comment elles pourraient être compétitives et de plus correspondre à un modèle énergétique qui change assez complètement et apporte par ailleurs de très nombreuses possibilités technologiques et d’intégrations et ce à des prix souvent de plus en plus imbattables.

    Constatez les évolutions dans le monde dans les domaines de l’énergie, de la mobilité, des transports dont aérien etc et la rapidité à laquelle doivent s’adapter les opérateurs concernés.

    Vous évoquez un modèle qui a été pensé dans les années 50, des solutions qui ne sont pas encore abouties, ne seront manifestement pas compétitives, de moins en moins adaptées et dans un contexte où vous avez des entreprises étrangères comme Rosatom qui détiennent 60% du marché nucléaire mondial et la Chine quasiment le reste.

    De plus nous avons des lourds engagements financiers sur Iter, un réseau électrique et d’infrastructures généralement anciens et avons 58 réacteurs sur les bras qu’il faudra démanteler dans pas si longtemps ainsi qu’une dette de quelques 2200 milliards d’euros pour couronner le tout.

    Nous sommes de plus entourés de pays qui ont tous fait majoritairement d’autres choix.

    Je crains qu’il y ait des paramètres techniques, économiques et de contexte, donc des réalités que vous n’avez pas intégralement pris en compte.

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