PPE : les conclusions du débat public présentées officiellement

PPE : les conclusions du débat public présentées officiellement

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Deux semaines après avoir publié le bilan du débat public sur la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, la Commission particulière du débat public (CPDP) et son président Jacques Archimbaud présentait officiellement mercredi 12 septembre 2018 les enseignements clés de cette expérience de démocratie participative. Consultable en ligne, ce document présente une synthèse des contributions citoyennes apportées tout au long de cette consultation publique et propose au maître d’ouvrage (l’Etat) des pistes de réflexion sur la politique énergétique à mettre en oeuvre dans la prochaine décennie.

Organisé du 19 mars au 30 juin dernier, le débat public sur la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a rassemblé au total près de 8 000 personnes participants physiques et plus de 47 500 visiteurs sur internet. Pendant plus de trois mois, 86 rencontres publiques ont été organisées, et 11 150 questionnaires ont été renseignés. Un véritable succès pour la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) Chantal Jouanno, qui présentait ses conclusions mercredi 12 septembre 2018 aux côtés de Jacques Archimbaud et salua à cette occasion « l’expression d’un large spectre d’opinions ». Qu’ils soient partisans de l’énergie nucléaire, professionnels de l’énergie, élus de terrain, membre d’associations ou simples citoyens non spécialistes, le profil des participants aux réunions publiques dénote d’une véritable diversité des opinions exprimés, a-t-elle expliqué.

Quels enseignements tirés de la PPE pour le maître d’ouvrage ?

Sur le fond, cette consultation a permis de mettre en exergue plusieurs points centraux prioritaires pour les citoyens français. Le consensus apparaît général tout d’abord sur la priorité absolue à donner à la lutte contre le changement climatique et les émissions de gaz à effet de serre. Pour y parvenir, une majorité de participants estime que la PPE doit respecter l’équilibre global prévu par la loi de transition énergétique de 2015, et que la réduction des consommations d’énergie devrait être prioritaire dans les secteurs du bâtiment et des transports. L’offre énergétique à venir en matière d’électricité, de chauffage et de transports doit quant à elle s’adapter à la ressource des territoires et à la diversité des usages. L’objectif d’augmentation de la part des énergies électriques renouvelables, de la biomasse et du biogaz est soutenu par le public qui manifeste également son intérêt pour le développement de l’innovation en matière de stockage et d’hydrogène. Ce soutien global aux énergies renouvelables est néanmoins tempéré par certaines craintes liées à leurs éventuels « impacts environnementaux, locaux ou globaux, à la répercussion de la baisse de leur coût sur le soutien public, ou aux conditions et à la transparence des décisions d’implantation locale », précise le bilan.

Compte tenu de ces observations, la CNDP formule dans ce rapport officiel plusieurs recommandations à destination du maître d’ouvrage concernant les grandes orientations à tenir en matière de politique énergétique. Le gouvernement devrait tout d’abord selon Chantal Jouanno, insister davantage sur la mise en œuvre de politiques d’économie d’énergie plus efficaces, et « tenir compte des souhaits formulés dans le débat public quant à une place plus importante pour l’hydroélectricité, le biogaz, le solaire thermique, la géothermie et un renforcement du fonds chaleur ». Il est demandé également à l’Etat de préciser plus explicitement ses intentions en matière d’énergie nucléaire, et de maintenir dans la PPE plusieurs scénarios prospectifs de consommation et de production respectant les objectifs de la loi, « portant sur l’ensemble du système énergétique et pas seulement sur l’électricité, et tenant compte des incertitudes liées à l’environnement des politiques énergétiques ». Enfin, sur le plan régional, l’Etat devrait tenter de mieux mettre en cohérence la PPE avec les documents de programmation en cours d’élaboration à l’échelle locale.

Crédits photo : CNDP (Twitter)

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Accenta est une entreprise qui a plutôt bien compris, entre autres, la nécessité d’utiliser la chaleur estivale et de la stocker pour l’usage notamment dans les bâtiments et qui mérite que l’on en parle car elles ne sont pas encore très nombreuses en France :

    https://www.accenta.ai/solution

    On peut évidemment faire du 100% chauffage et eau chaude solaire en plus du 100% électricité pour un bâtiment ou un quartier et se passer des frais et grosses infrastructures de réseau et une bonne partie pour un réseau de chaleur avec du stockage.

    C’est préférable que ce soit prévu avant et çà commence à l’être un peu en France avec l’arrivée d’ingénieurs et d’architectes plus au courant des possibilités et potentiel des renouvelables.

    Accenta a également bien compris la décarbonisation des bâtiments. Par exemple le secteur cimentier mondial est bien plus émetteur qu’un grand pays et nécessite d’employer de meilleur technologies dans la production de béton et substituts, ce qui serait directement très efficace et c’est en cours de changement. La hausse du prix du C02 y joue son rôle positif.

    Je n’ai pas trouvé de vidéo assez simple sur Accenta mais je pense que çà viendra car la société présente encore assez mal de manière concrète, pour qui ne connaît pas, sa technologie et elle peut également viser le 100% renouvelable au lieu de s’en tenir à des niveaux intermédiaires, actuellement pour des raisons économiques mais si la modélisation des mérthodes est massif elle pourrait permettre la compétitivité des coûts.

    Les britanniques notamment y arrivent pour des bâtiments avec des systèmes de géothermie tri-sources air-sol + air-air + solaire qui optent pour la meilleure source d’énergie de l’instant donc il n’y a pas de raison de ne pas pouvoir y arriver également si les projets sont prévus à l’avance ou en rénovation.

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  • A noter que “Construction 21” France, Europe et Monde, qui vise à accélérer la transition énergétique dans le bâtiment et mérite aussi que l’on en parle cite également Accenta si çà peut être un peu pluis explicite :

    “La décarbonation des bâtiments, deuxièmes émetteurs nationaux de CO2 derrière la mobilité*, est devenue une priorité dans la lutte contre le réchauffement climatique et l’un des objectifs majeurs de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC). En effet, chaque m2 de bâtiment construit émet 1 tonne de CO2 dont 40% à 60% lors de son exploitation, en particulier pour son chauffage et sa climatisation.

    C’est dans ce contexte qu’ACCENTA annonce le lancement d’un système de chaufferie et climatisation bas carbone intelligent, capable de stocker la chaleur l’été pour la restituer l’hiver. Une technologie qui diminue jusqu’à 90 % l’empreinte carbone et jusqu’à 50% la consommation énergétique des fonctions thermiques du bâtiment. Cette technologie est développée en partenariat avec les équipes de recherche du CES (Centre Efficacité énergétique des Systèmes) de Mines ParisTech (Armines) et du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières)”

    https://www.construction21.org/france/articles/fr/accenta-associe-l-intelligence-artificielle-au-stockage-de-l-energie-pour-decarboner-les-batiments.html

    Quand Accenta proposera du stockage 100% solaire thermique estival, ce sera parfait car d’autres font déjà du 90% avec du solaire CSP et qui concerne désormais beaucoup de régions potentielles, pas seulement en Provence Côte d’Azur Paca !

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  • On en sait plus dans la version anglaise d’Accenta et c’est nettement mieux on passe à 100% de couverture solaire !

    “Dans les bâtiments résidentiels et tertiaires, ACCENTA STORAGE® couvre 100% des besoins en énergie thermique tout en utilisant 100% de l’énergie solaire produite par le bâtiment, soit 100% d’autoproduction et 100% d’autoconsommation.

    Ce haut niveau d’autonomie énergétique permis par ACCENTA STORAGE© réduit considérablement l’empreinte carbone du bâtiment : mesurée en CO2 / m2 de surface au sol, selon le référentiel français ENERGIE-CARBONE, cette réduction atteint 66% sur un bâtiment de référence conforme au RT21012, avec chauffage traditionnel (chaudière gaz).

    ACCENTA STORAGE© convient aussi bien aux bâtiments neufs qu’aux projets de réhabilitation. Il est géré par un logiciel appelé ACCENTA NZEB OPTIMIZER, qui optimise le rendement de l’unité ETS et les processus d’auto-production / autoconsommation en fonction des prévisions météorologiques, des habitudes de consommation énergétique des utilisateurs et de l’inertie thermique du bâtiment.

    ACCENTA STORAGE© est basé sur une technologie de stockage thermique électrique (ETS) permettant le stockage intersaisonnier, sous forme de chaleur, de l’énergie solaire produite par les bâtiments. Une usine ACCENTA STORAGE© comprend une unité de stockage d’énergie thermique en forage (BTES), avec des profondeurs de forage allant de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de mètres, et des pompes à chaleur réversibles. Grâce aux pompes à chaleur, ACCENTA STORAGE© fournit l’énergie thermique dont le bâtiment a besoin pour le refroidissement ou le chauffage ; en général, l’installation refroidit le bâtiment et injecte de la chaleur dans l’unité BTES en été, et l’extrait en hiver pour produire du chauffage et/ou de l’eau chaude sanitaire.

    L’efficacité de l’installation provient des innovations techniques développées et brevetées par ACCENTA, et du système de gestion ETS associé. Cette efficacité permet de maîtriser les dépenses d’investissement et d’obtenir un coût de l’énergie nivelé compétitif, similaire à celui des solutions traditionnelles (CO2 élevé).”

    https://www.accenta.ai/copie-de-produits-services

    .

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  • “Pour y parvenir, une majorité de participants estime que la PPE doit respecter l’équilibre global prévu par la loi de transition énergétique de 2015”

    C’est normal qu’ils aient obtenu ce résultat, le QCM proposé à tous dans le cadre de ce débat n’offrait pas la possibilité de remettre complètement en cause la LTECV.

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  • @Bachoubouzouc
    Tout à fait, on peut par ailleur se poser la question de l’utilité même de ce questionnaire, à moins que le but soit de mesurer l’efficacité de l’action des different lobbys….

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