Guyane : un dispositif inédit de stockage à l’hydrogène bientôt lancé

Guyane : un dispositif inédit de stockage à l’hydrogène bientôt lancé

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La jeune société française HDF Energy, spécialisée dans les solutions de stockage massif d’énergie, a dévoilé lundi 28 mai 2018, les dessous de son projet de centrale solaire prévu à l’horizon 2020 près de Saint-Laurent du Maroni, au nord de la Guyane. Équipée d’un dispositif de stockage à l’hydrogène d’une capacité inédite au monde, cette installation permettra de réduire le recours aux énergies fossiles et contribuera directement à la réalisation des objectifs de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la Guyane dont elle sera l’une des premières réalisations.

Comme prévu par la loi sur la transition énergétique pour la Croissance verte, les territoires français isolés et non interconnectés au réseau continental font l’objet de Programmations pluriannuelles de l’énergie distinctes. La Corse, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte, La Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon, bénéficient tous d’un plan adapté à leurs particularités géographiques et énergétiques leur permettant d’atteindre à court terme l’autonomie énergétique dans le respect des objectifs climatiques. La Guyane ne déroge pas à la règle et prévoit dans le cadre de sa PPE, d’atteindre l’autonomie énergétique en 2030 en réduisant sa consommation et en passant la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à plus de 85% (contre seulement 32% pour la métropole à la même date). Un objectif largement à sa portée compte tenu de la forte production hydroélectrique dans la région et du dynamisme croissant des filières solaire et biomasse.

En Guyane, place au plus grand système de stockage au monde

Signe de cette volonté de développement croissante, la commune de Mana, près de Saint-Laurent du Maroni, au nord de la Guyane devrait accueillir d’ici 2020 une nouvelle installation solaire de 55 MW équipée d’un système de stockage de l’électricité à l’hydrogène d’une capacité de 140 MWh unique au monde (le stockage par batteries le plus important à l’heure actuelle est situé en Australie et affiche une capacité de 130 MWh). Mené par l’entreprise girondine HDF Energy pour un investissement de 90 millions d’euros, ce projet proposera d’ici 2020 un coût de production de l’électricité proche du coût moyen en Guyane (environ 250 euros par MWh) mais inférieur au coût de production des groupes électrogènes locaux (350 euros par MWh). « La centrale solaire, d’une capacité de 55 mégawatts, sera installée sur la commune de Mana (…) dans ce département d’outre-mer où l’électricité est encore assurée pour près de moitié par les énergies fossiles (fioul, etc.) », explique à l’AFP le PDG de HDF Energy, Damien Havard. L’objectif de cette future centrale guyanaise, qui doit être mise en service à l’automne 2020, est de « fournir du courant de manière stable, le jour et la nuit », poursuit M. Havard.

Pour rappel, la PPE de Guyane entend doter son réseau électrique de 200 MW de puissance de production renouvelable supplémentaire dans les prochaines années. Sur le littoral, une importante partie de sa demande sera couverte de manière locale et respectueuse de l’environnement grâce au déploiement de 40 MW de biomasse locale, 16,5 MW de petite hydraulique et de 20 MW d’éolien. Est également envisagée une puissance photovoltaïque de 51 MW, dont 25 MW associés à des systèmes de stockage de l’électricité afin d’assurer l’autoconsommation.

Crédits photo : HDF Energy

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Cet article omet beaucoup de choses :
    Pour 55 MWc, un stockage de 140 MWh c’est 2h 30′ d’autonomie. Je ne savais pas que les nuits ne duraient que 2h30′ en Guyane; Ignorant que je suis !
    Autre chose : il faut être dans la jungle guyanaise pour supporter le spectacle de 140 containers (la capacité est indiqué sur la photo joint à savoir 1 MW). Enfin 250 €/MWh c’est le prix de production. Mais à combien est le prix du stockage avec des catalyseurs à hydrogène ? Donc un article orienté qui minimise le vrai coût des énergies aléatoires en les comparant à un prix de revient “tout compris”.
    Du point de vue écologique, les catalyseurs à hydrogène avec des métaux rares dont l’extraction diminue largement les réserves mondiales sont une solution désastreuse alors qu’il serait facile de stocker l’énergie avec une STEP vu les ressources hydrauliques de la Guyane. C’est toujours dans les DOM-TOM que ces expériences sont menées car elles coûtent fort cher au contribuable ou au consommateur.
    Mais au titre de la solidarité territoriale et à petite échelle, cela se glisse dans la masse des subventions de tout poil accordées (et le plus souvent à juste titre) à ces territoires.
    Vive l’écologie avec des batteries au platine et miam-miam les bonnes subventions !!!

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  • Ne pas confondre une “capacité” de 140 MW, comme c’est le cas, et une “production” de 140 MWh. Avec cette capacité, la future centrale pourra bien fournir du courant jour et nuit.
    quant aux dimensions du stockage d’un MW, il est modeste.
    Il est vrai que cette solution de stockage d’hydrogène grâce aux énergies renouvelables, qui permet de pallier les intermittences, n’est pas appréciée par les nucléocrates…

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