A Cordemais, EDF ferme sa dernière tranche au fioul

A Cordemais, EDF ferme sa dernière tranche au fioul

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Engagé dans un vaste plan de transformation de son parc de production thermique, le groupe EDF a procédé, samedi 31 mars 2018, à l’arrêt définitif de sa dernière tranche de production au fioul encore en activité sur le site de Cordemais en Loire-Atlantique. Cette unité ne fonctionnait plus que de manière épisodique lors des pics soudains de consommation d’électricité et sera remplacée sur le réseau par de nouvelles installations au gaz plus durables.

L’unité 3 de Cordemais stoppe sa production

Selon les dernières données publiées sur le site de RTE et consultées par l’AFP, le groupe français EDF a bien arrêté comme prévu la tranche numéro 3 de la centrale thermique de Cordemais samedi 31 mars 2018 dans le cadre de son programme de transformation vers des activités essentiellement bas-carbone. Cette centrale, appelée sur le réseau quelques dizaines d’heures par an, en période de pointe, afin de répondre sporadiquement aux pics de consommation hivernaux, ne tournait quasiment plus depuis plusieurs années, si ce n’est pour des tests et des opérations de maintenance.

Mise en service en 1976, elle disposait d’une capacité de production de 700 MW, et constituait depuis mai 2017 la dernière grande unité de production d’électricité au fioul dans le pays. EDF a en effet accéléré ces dernières années la fermeture de ses centrales au fioul à la fois vieillissantes, inadaptées aux nouvelles normes européennes sur les émissions industrielles, et coûteuses à entretenir. Avec cette nouvelle fermeture, ajoutée aux sept tranches fermées en 2017 à Aramon dans le Gard (deux tranches), à Porcheville en Ile-de-France (quatre tranches) et à Cordemais (l’unité 2), le groupe EDF aura donc fermé en l’espace d’une année seulement, près de 6 GW de capacités de production, soit la moitié de son parc thermique (gaz, charbon…).

Réduire les coûts et les émissions de CO2

Si les raisons économiques de ces fermetures successives sont évidentes dans un contexte de surcapacité des moyens de production en France et en Europe, la volonté du groupe EDF de se passer progressivement de ses centrales au fioul s’inscrit surtout dans un programme plus vaste de transformation de son parc de production thermique, destiné à remplacer ses tranches les plus polluantes par de nouvelles installations au gaz plus durables comme les centrales CCG (cycles combiné gaz).

Ces unités de production thermique dernière génération, comme celle de Bouchain dans le Nord par exemple, offrent une production d’électricité plus faible en carbone et permettent d’assurer en lieu et place des centrales de production thermique traditionnelles, la sécurité d’approvisionnement du réseau lors des pics de consommation. A production égale par exemple, les émissions de CO2 d’une centrale CCG (environ 400 grammes par MWh) diminuent de moitié par rapport à une centrale fioul classique (800 et 900 grammes par MWh), les émissions de dioxyde de souffre (SO2) sont divisées par trois et celles d’oxydes d’azote (NOX) par 20.

La biomasse, une alternative possible pour la centrale de Cordemais ?

Mais le gaz ne constitue pas la seule alternative pour l’avenir de l’industrie thermique française et le groupe EDF travaille désormais sur différents moyens lui permettant de moderniser et d’adapter sa production aux nouvelles exigences environnementales et climatiques. La centrale de Cordemais, qui exploite toujours à l’heure actuelle deux unités de production au charbon de 600 MW chacune, explore pour cela depuis 2016 une solution expérimentale basée sur la co-combustion de charbon et de biomasse. Ce procédé consiste à brûler un mélange de deux combustibles différents (du charbon et des granulés de sciure de bois neutres en carbone ou des déchets verts ligneux par exemple) et permettrait d’augmenter facilement la production d’énergie renouvelable dans des limites de coûts raisonnables.

Destinées elles aussi à fermer leurs portes d’ici 2022, comme les trois autres centrales au charbon encore en activité en France, les deux dernières tranches de Cordemais comptent sur ce nouveau procédé et leur transformation progressive en centrale biomasse pour convaincre le gouvernement de leur utilité dans le cadre de la transition énergétique. Une mission ministérielle a été mandatée sur ce sujet au mois de mars afin d’évaluer l’impact économique de ces fermetures éventuelles et d’étudier les alternatives envisageables dans ce cadre.

Rédigé par : La Rédaction

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