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L’autoconsommation d’électricité est-elle vraiment avantageuse pour les particuliers ?

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Si la majeure partie de l’électricité produite par les particuliers est toujours réinjectée dans le réseau électrique, l’électricité renouvelable (photovoltaïque principalement) est de plus en plus compétitive, et l’autoconsommation représente aujourd’hui une alternative de poids dans le développement des énergies propres. Conscient de son rôle au sein de la transition énergétique, le gouvernement cherche à encourager l’autoconsommation et vient pour cela d’adopter un projet de loi visant à favoriser son développement. Reste néanmoins à savoir si autoconsommer son électricité est vraiment intéressant financièrement pour les particuliers en 2017…

Les différentes façons d’autoconsommer son électricité

L’autoconsommation d’électricité permet à un particulier ou une entreprise de consommer le courant qu’il produit, souvent via des panneaux solaires, plutôt que de l’injecter dans le réseau. Il existe à ce jour trois solutions d’autoconsommation d’électricité. La première est une solution d’autoconsommation totale ou partielle de la production en temps réel. Elle dépend de la consommation d’électricité du foyer et prévoit la vente du surplus d’électricité. Pour que cette solution soit rentable, l’installation doit donc être pensée au plus proche des besoins du consommateur.

Lire aussi : Energie solaire : la France se tourne vers l’autoconsommation

La deuxième solution consiste à associer le dispositif de production d’électricité à une solution de stockage modulable. Cette dernière permet d’alimenter un foyer en électricité en fonction de ses besoins. Là encore, l’éventuel surplus d’électricité peut être revendu à EDF. Mais, cette solution nécessite un investissement financier important. Enfin, la dernière solution est dédiée aux sites isolés, qui ne sont pas raccordés au réseau électrique. Dans ce cas, le dispositif de production est également associé à une solution de stockage mais l’électricité est consommée dans sa totalité puisqu’elle ne peut être injectée dans le réseau.

Une pratique encouragée par le gouvernement

Quelque soit la formule appliquée, l’autoconsommation d’électricité laisse présager de fortes perspectives de développement dans les années à venir. Le projet de loi, approuvé la semaine dernière par le Sénat, oblige les gestionnaires du réseau électrique à faciliter les opérations d’autoconsommation, donne une définition des opérations d’autoconsommation collective et prévoie un tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité spécifique.

« Le projet de loi sera très rapidement promulgué afin que ses dispositions en faveur de l’accélération de la transition énergétique entrent en vigueur », a annoncé la ministre de l’Environnement Ségolène Royal qui avait déjà lancé ces derniers mois un appel d’offres sur l’autoconsommation à destination des professionnels. Ces derniers peuvent d’ores et déjà bénéficier d’un soutien financier, pour les installations de taille intermédiaire (entre 100 et 500 kilowatts) développées par des entreprises industrielles, tertiaires et les bâtiments commerciaux, afin de réduire le temps de retour sur investissement. Cet avantage se traduit chez les particuliers par l’obtention de crédits d’impôts pouvant aller jusqu’à 30% du montant du coût des équipements de l’installation.

Un prix d’achat moins avantageux

Mais ces aides sont-elles vraiment suffisantes pour rendre l’autoconsommation plus attractive ? Cette pratique restait jusqu’ici très minoritaire du fait de l’absence de règles claires et d’un intérêt économique limité. Les prix bas de l’électricité et les tarifs attractifs de rachat par EDF du courant produit par les énergies renouvelables n’incitaient pas vraiment les particuliers à se lancer. 2017 pourrait toutefois constituer un tournant en la matière.

Si le prix d’achat de l’électricité photovoltaïque par EDF est encore aujourd’hui supérieur au prix de vente (23,93 cts€/kWh au quatrième troisième trimestre 2016), ce dernier ne cesse de croître et le rapport pourrait bien s’inverser au cours de l’année. De manière générale, le prix d’achat de la production d’électricité photovoltaïque par EDF n’a fait que diminuer depuis le début des installations de panneaux photovoltaïques ou d’éoliennes, tandis que le prix de vente de l’énergie n’a fait qu’augmenter. Résultat, il sera bientôt beaucoup plus intéressant d’autoconsommer sa production que de la revendre à EDF.

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A plus long terme, le tarif de l’électricité devrait également fortement augmenter et inciter de plus en plus de particuliers à se diriger vers l’autoconsommation. Le coût de revient du kWh produit est garanti quant à lui pour une durée de 25 à 30 ans, c’est-à-dire en fonction de la durée de vie de l’équipement installé, ce qui offre une véritable stabilité. Ce prix de revient est calculé par l’addition de tous les coûts liés aux panneaux solaires, que l’on divise par le montant de la production des 25 ans de durée d’exploitation, en tenant compte de la légère baisse de leur rendement dans le temps. Les coûts pris en compte incluent l’investissement initial, le coût de son financement et les dépenses de fonctionnement : assurance, maintenance et réparation pendant 25 ans.

Un investissement initial difficile à évaluer

Si le prix d’une installation photovoltaïque de 3 kW pour la vente à EDF est compris aujourd’hui entre 10 000 et 12 000 euros TTC (raccordement à EDF compris), il est beaucoup plus difficile d’établir un tarif moyen concernant les installations solaires photovoltaïques pour l’auto-consommation en 2017. Ce tarif dépendra avant tout de l’équipement, à savoir des besoins en puissance par rapport à la consommation du foyer, de la présence ou non de systèmes intelligents (pour mieux répartir votre besoin électrique), de la présence ou non de systèmes de stockage (batteries), d’une mise en place en surimposition (au-dessus du toit : avec des rails) ou d’une mise en place intégrée au bâti (dans le toit : IAB non obligatoire), etc…

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Les devis de plusieurs prestataires sont aisément comparables sur la base des éléments suivants : le matériel proposé, (panneaux, onduleur ou micro-onduleur, système intelligent, batterie, système de pose…), l’étude réalisée par rapport aux besoins, le prix de la pose par l’installateur, la marge réalisée, les autres dispositifs proposés pour diminuer la consommation électrique (chauffe-eau thermodynamique pour l’eau chaude sanitaire en remplacement d’un cumulus électrique par exemple…).

Crédits photo : Ankiewolff

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Cà nécessite d’être mieux étudié avant de foncer sur la seule base des prix car les batteries classiques ont des pertes et un cycle complet d’utilisation qui rendent leur bilan C02 complet moins favorable que la fourniture au réseau ou d’autres formes de stockages à l’échelon d’un quartier ou d’une ville et plus :

    https://psmag.com/are-home-solar-energy-storage-batteries-a-good-idea-ff66a6834057#.iqzs5p12t

    Les batteries n’ayant pas de perte de charge comme les batteries de flux, d’une certaine manière le stockage par air comprimé adiabatique etc peuvent résoudre ce problème, tout comme l’optimisation de l’utilisation de panneaux hybrides, avec usage cumulé de la chaleur, de l’électricité etc.

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  • Bonjour,

    Je prépare une information sur ce sujet à destination des employés de notre entreprise et malgré le fait que nous soyons en Bretagne (1000h d’ensoleillement), je trouve qu’il reste intéressant d’installer une petite capacité de panneaux PV (250 à 750 Wc) pour pallier à sa consommation de jour.

    Cela implique un changement des habitudes pour optimiser la consommation (fonctionnement du lave linge, chauffe-eau, lave vaisselle de jour), si l’on ne veut pas utiliser de batteries.

    Dans ce cas, l’investissement surtout si on est bricoleur est inférieur à 2000€ pour 1kWc ce qui donne un tarif d’énergie inférieur à celui d’achat des kWh sur le réseau.

    En résumé, si vous l’installez vous même c’est rentable. Si vous faites appel à un professionnel, vous payerez quasiment le même tarif qu’avec votre opérateur, aujourd’hui, mais vous assurez une partie de votre production à un prix fixe pour le futur.

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    • Pour 1 kWc vous disposez d’environ 1 000 kWh/an. (en Bretagne 11;5 % de facteur de charge à rapporter à 8 760 h/an) Tout dépend donc de la durée de vie technique de votre installation. Donc au delà de 15 ans (et à condition qu’il n’y ait aucun entretien ni réparation) si vous faites le montage pour 2 000 € c’est peut être jouable (le KWh moyen tarif réglementé est aux environs de 13 c/€. Mais à ce prix de 2 000 € ce n’est certainement pas intégré au bâti. Intéressant si on dispose d’un jardin suffisamment grand pour orienter les panneaux de manière optimale. Au fait quelle garantie pour le rendement des panneaux dans la durée ?

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