Gaz en France : baisse de la demande et nouveaux usages

Consommation de gaz en France : baisse de la demande et nouveaux usages

gaz-consommation-stockage-france

Si la consommation de gaz (hors production d’électricité) va continuer de baisser en France d’ici 2035 grâce notamment aux progrès réalisés en matière d’efficacité énergétique, les nouveaux usages du gaz devraient quant à eux renforcer la filière dans les années à venir et soutenir le recours à cette énergie fossile dans le cadre de la transition énergétique. Selon une étude publiée mardi 21 novembre 2017 par les gestionnaires des réseaux de distribution et de transport, la demande gazière en France pourrait même augmenter de manière significative, boostée par l’exploitation du gaz dans la production l’électricité et les transports.

Bien que le nombre de logements et de bureaux chauffés au gaz ne cessera d’augmenter dans la prochaine décennie (on comptera en 2035 1,6 million de logements supplémentaires et 92 millions de m3 de surfaces de bureaux en plus), la consommation devrait tout de même continuer à diminuer de 1,2% par an, pour passer de 413 térawattheures aujourd’hui à 364 térawattheures en 2035, selon le bilan prévisionnel 2017-2035 élaboré par les gestionnaires des réseaux de distribution et de transport (Grdf, GRTgaz, TIGF, et 29 réseaux locaux de distribution).

Utilisation du gaz dans le transport, la production et le stockage d’électricité

Un recul progressif qui s’explique aisément par les « gains obtenus en matière d’efficacité énergétique » et le « déploiement d’équipements plus performants et plus sobres en énergie », mais qui reste toutefois incertain compte tenu du développement croissant des autres usages du gaz dans la transition énergétique et de l’évolution du parc nucléaire et des énergies renouvelables, qui joueront sur le recours au gaz pour produire de l’électricité. En effet, si le gaz naturel représente aujourd’hui en France, moins de 5% de la production électrique, et moins de 15% du bouquet énergétique global, ses qualités et ses nombreuses applications possibles dans la production comme dans le stockage de l’énergie en font un atout de premier ordre pour servir de base de stabilité aux côtés du nucléaire et permettre un développement harmonieux et prospère des énergies renouvelables intermittentes. Les acteurs majeurs du secteur en sont convaincus. L’industrie gazière apporte selon ces professionnels, des solutions à la fois sur le développement des énergies renouvelables, le transport et la mobilité, le résidentiel mais aussi les infrastructures et la sécurité de notre approvisionnement énergétique. La baisse de la production nucléaire l’hiver dernier et le recours accru au gaz (+5%) pour compenser en est le meilleur exemple.

Les gestionnaires des réseaux tablent également sur le développement du gaz renouvelable, produit à partir de déchets ou de résidus du traitement des eaux usées (et donc moins polluant), ainsi que sur l’essor du parc de véhicules roulant au gaz naturel. Grâce à des « mesures d’accompagnement ciblées », ils estiment que le gaz vert pourrait représenter 30% de la consommation finale de gaz en 2035 et qu’entre 300.000 et 1 million de véhicules pourraient rouler au gaz carburant.

Crédits photo : Storengy

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
jeu 27 Juin 2013
En 2011, le fossile représentait encore la très grande majorité de l’énergie produite en Pologne : 91,8%. Les 8% d’énergie renouvelable paraissent à coté bien marginaux dans ce mix électrique. La Pologne produit presque toute son électricité grâce à des centrales…
mer 5 Juil 2017
Le groupe pétrolier français Total a annoncé lundi 3 juillet sa participation au nouveau mégaprojet de gaz naturel liquéfié (GNL) du groupe russe Novatek, dont la construction est prévue dans le Grand Nord russe. Un projet prometteur compte tenu des…
jeu 11 Mai 2017
Selon la dernière estimation de l'association professionnelle Cedigaz rendue publique mercredi 10 mai 2017, la consommation de gaz naturel dans le monde aurait progressé de 1,6% en 2016. Bénéficiant de températures plus fraîches en fin d'année, la filière a toutefois dû…
lun 20 Mar 2017
Si l'engagement des pays membres de l'Opep (et de certains pays non membres) de réduire la production globale de pétrole a bien été respecté pour les mois de janvier et février 2017, les effets sur les cours du barils devront…

COMMENTAIRES

  • Beaucoup de points faibles dans ce « Bilan prévisionnel pluriannuel gaz 2017-2035 » qui est une demande de fournisseurs de gaz (et de subventions) dans le cadre du BAU (Business as usual) mais pas un scénario qui optimise au mieux l’énergie avec le meilleurs bilans possible en toute indépendance.

    Parmi les points faibles :

    – Pas assez de réduction de gaz naturel qui pollue et qui est importé (si c’est pour réduire une part de nucléaire pour augmenter une part de gaz et de prétendre comme pour le nucléaire que ces énergies participent à la transition c’est du commerce mais pas un scénario énergétique satisfaisant)
    – part trop grande accordée aux véhicules légers (le bilan électro-solaire est bien meilleur et le sera d’autant plus à l’horizon 2035, les batteries notamment ne cessent d’évoluer favorablement tout comme les véhicules et le solaire). Le BioGNV lui dans les véhicules lourds à un intérêt malgré le rendement modeste des moteurs concernés.
    – Part trop grande accordée à la gazéification (faire du bois de construction etc se comprend mais prélever autant toutes sources confondues sur la forêt pour toutes les forme d’énergie à partir du bois (gazéification, pyrolyse, granulés etc) diminue le potentiel de fixation du C02 et le prélèvement total est trop élevé si l’on additionne tous les chiffres de ces filières. C’est également méconnaître les forêts et leurs multiples apports, ressources etc et qui semble échapper aux marchands de gaz.
    – à l’inverse la part accordée au biométhane (méthanation etc) pas assez importante et on peut sans doute faire un peu mieux pour le biogaz à terme.

    Le solaire thermique en remplacement du gaz est à peine évoqué alors qu’il a un potentiel particulièrement élevé et offre différentes solutions technologiques (en hybride, ventilation, couplage pompe à chaleur, appui de réseaux de chaleur, stockage ponctuel ou estival etc) et s’avère très compétitif à peu de choses près désormais avec le gaz dont les prix repartent à la hausse rendant le solaire thermique et hybride encore plus pertinents.

    Voir pour mémoire les types de stockage estivaux comme Drake Landings dans l’Alberta et d’autres (couverture minimale 97% les hivers les plus froids dans l’Alberta au Canada), mais c’est sûr çà ne fait pas marcher le commerce des marchands de gaz !

    Nous allons faire combien de transitions pour satisfaire des rentiers et commerciaux avant d’aller directement au but avec les meilleures technologies et solutions dont on dispose de la plupart et qui ne cessent d’évoluer favorablement à force d’y travailler quasiment partout dans le monde ?

    https://www.youtube.com/embed/puTKaE15W14

    .

    Répondre
  • Un autre rapport annoncé hier qui va dans le sens que j’indiquais où le gaz naturel importé est à proscrire au plus vite :

    « Les renouvelables peu chères et la demande flexible pourraient remplacer plus de la moitié de l’électricité au gaz et au charbon d’ici 2030 ».

    « L’UE pourrait sans aucun problème choisir de rehausser la part de ses renouvelables pour 2030. Au lieu de la prévision actuelle de 49 %, elle pourrait facilement viser 61 % »

    « Même si le charbon est largement abandonné, la génération de gaz pourrait encore être réduite de moitié d’ici 2030, selon les chercheurs, grâce à des réseaux électriques améliorés et des solutions à la demande flexible. Ces progrès technologies devraient en effet permettre de stabiliser le système, éliminant donc la nécessité de recourir au gaz comme « énergie de transition »

    « Les gestionnaires d’infrastructures doivent voir la réalité en face s’ils ne veulent pas continuer à gaspiller de l’argent sur des gazoducs complètement inutiles ou à contracter une dépendance vis-à-vis du gaz. »

    « Le potentiel de réductions de CO2 des réseaux électriques a été confirmé par REGRT-E, le Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité. Le plan de développement sur dix ans publié par le réseau en 2016 évalue ce potentiel entre 50 et 80 %, en fonction des paramètres, dont le partage de ressources entre pays. »

    « Il n’y aurait donc plus besoin de construire « davantage de centrales électriques, souvent très polluantes » pour assurer la stabilité des réseaux quand le vent ne souffle pas ou que le soleil ne brille pas, explique Claire Camus, directrice de communication pour REGRT-E. »

    https://www.euractiv.fr/section/energie/news/rise-of-cheap-renewables-disrupts-eu-energy-plans-for-2030/

    .

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *