Pour l’ASN, la prolongation des réacteurs nucléaires au-delà de 50 ans doit « être étayée » - L'EnerGeek

Pour l’ASN, la prolongation des réacteurs nucléaires au-delà de 50 ans doit « être étayée »

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Durant leur audition devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, ce 7 décembre 2022, Olivier Gupta et Christophe Quintin, respectivement directeur général et inspecteur en chef de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont indiqué qu’EDF devait encore apporter la preuve que ses réacteurs nucléaires pourront être prolongés au-delà de 50 ans.

L’ASN interroge : « jusqu’à quand les installations nucléaires pourront-elles fonctionner en toute sûreté ? »

Au-delà de la probable mise en chantier de nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 (mais dont le premier ne devrait pas être opérationnel avant 2035), la question cruciale pour l’approvisionnement électrique de la France grâce au nucléaire, sur le long terme, est bien la possibilité de prolonger (ou non) les réacteurs actuellement en service au-delà de 50 ans.

Et si l’ASN a jugé en 2021 que le prolongement au-delà de 40 ans (la durée d’exploitation prévue lors de leur conception) ne posait absolument aucun problème, elle se montre beaucoup plus prudente pour un allongement au-delà de 50 ans, en particulier à cause de l’usure des cuves de réacteurs.

C’est l’un des enseignements essentiels de l’audition d’Olivier Gupta et Christophe Quintin, respectivement directeur général et inspecteur en chef de l’ASN, devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, ce 7 décembre 2022.

« Nous souhaitons conduire avec les exploitants concernés des discussions techniques approfondies sur cette question: jusqu’à quand les installations nucléaires pourront-elles fonctionner en toute sûreté ? », a ainsi déclaré Olivier Gupta.

Les États-Unis ont acté le prolongement jusqu’à au moins 60 ans des réacteurs nucléaires REP

« Nous appelons EDF à constituer des démonstrations de sûreté sur la cuve des réacteurs, pour regarder, au-delà de 50 ans, combien de temps les cuves peuvent tenir. C’est le composant non remplaçable qui est susceptible d’influencer le plus la durée d’exploitation d’une centrale, car les cuves sont soumises à l’irradiation et se fragilisent au fur et à mesure », a détaillé le directeur général de l’ASN.

Or, les trois-quarts des centrales françaises ont été construites dans les années 1980, et approchent aujourd’hui les 40 ans d’exploitation. Olivier Gupta a demandé à EDF « de la visibilité » sur le sort du parc, relevant qu’un renouvellement ou un arrêt définitif cela ne « s’improvise pas », tant pour la sûreté que pour la gestion des déchets.

« Nous ne disons pas que c’est impossible, nous disons simplement qu’aujourd’hui ce n’est pas prouvé. Cela veut dire qu’il faut maintenant mettre les moyens, chez nous mais d’abord chez EDF, pour que ces preuves soient apportées ou, le cas échéant si on ne peut pas les apporter, qu’on le sache », indique le directeur général de l’ASN.

Aux États-Unis, la plupart des centrales nucléaires en fonctionnement ont vu leur durée de vie prolongée jusqu’à 60 ans, compte tenu d’un vieillissement plus lent que prévu de la cuve, et elles sont toutes équipées de réacteurs à eau pressurisée (REP), la technologie des 56 réacteurs nucléaires en service en France.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • La différence avec les Etats Unis, c’est qu’eux n’ont pas fait les malins en disant qu’un réacteur et pilotable et qu’ils ont durant plus de quarante ans déjà, pour la plupart, fonctionné en mode de base sans faire varier température et pression dans la cuve et le circuit primaire, contrairement à EDF qui a voulu démontrer la différence entre les renouvelables soumis aux conditions météorologiques et par définition non pilotables et un nucléaire supposé l’être. Nous payons le prix de cette vantadise. Un réacteur nucléaire est fait pour fonctionner en mode de base et le suivi de charge doit être fait par d’autres sources d’énergie, réellement pilotables. L’hydraulique qui a suffit durant 60 ans en raison de la cause unique de variation de la charge était devenu insuffisant avec l’introduction des renouvelables variables qui ajoutait une cause de variation de la production. La tentative de compenser cette nouvelle cause de déséquilibre du réseau avec le nucléaire a été un echec entrainant la tentative du lobby nucléaire de limiter la pénétration des renouvealbles variables. Ce coup de frein a au contraire entrainé un déséquilibre dans la production de variable parfaitement visible dans l’éolien où jusqu’à 60% des éoliennes du pays avait été dressées dans les seuls haut de France et grand Est, deux régions contigues ne totalisant que 16% de la surface du territoire métropolitain. Il s’en suit un effet antifoisonnement préjudiciable au lissage de la production éolienne qui a augmenté le recours au nucléaire pour rétablir l’équilibre du réseau. Il est donc urgent de remédier à ce déséquilibre éolien notamment en installant rapidement de nouveaux parcs de façon la plus atomisée possible, et surout de ne plus réaliser de nouvelles installations dans les deux régions du Nord-Est responsables de cette perturbation.

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