Haut conseil pour le climat : la France n'est pas à la hauteur

Haut conseil pour le climat : la France n’est pas à la hauteur

Mercredi 26 juin 2019, le Haut Conseil pour le climat a remis son rapport au gouvernement français. Les experts dressent un bilan sévère des actions engagées par la France en matière d’action climatique. En cause : des dispositifs insuffisants face aux enjeux actuels.

Il n’a été créé qu’en novembre 2018, mais le Haut Conseil pour le climat fait déjà parler de lui. L’organe consultatif, qui regroupe une douzaine d’experts de la question climatique, a été mis en place par Emmanuel Macron. Il doit notamment rendre un rapport annuel au premier ministre. Une tâche dont il s’est acquitté le 26 juin dernier. Mais les conclusions sont loin d’être élogieuses pour la politique climatique engagée par le gouvernement d’Edouard Philippe.

Une action insuffisante pour atteindre la neutralité carbone

La France n’est pas sur une trajectoire d’émission de gaz à effet de serre compatible avec ses engagements internationaux. Les premiers efforts fournis sont réels, mais ils sont nettement insuffisants et n’ont pas produit les résultats attendus. Ils n’engagent pas les transformations socio-économiques profondes nécessaires pour aller vers la neutralité carbone.” Voilà comment Corinne Le Quéré, la présidente du Haut Conseil pour le climat, résume l’action gouvernementale dans l’avant-propos du rapport.

Malgré les engagements pris par la France lors de la COP21, le pays n’a pas encore entamé les changements structurels nécessaires pour abaisser son taux d’émissions de CO2. Le résultat : un retard important sur les objectifs fixés. Sur la période 2015-2018, la France a ainsi diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 1,1% par an en moyenne. Or, selon la SNBC, ce rythme doit atteindre 3,3% d’ici 2025, si elle veut atteindre la neutralité carbone en 2050.

Les transports et le bâtiment pointés du doigt

Le rapport du Haut Conseil observe que l’objectif de neutralité carbone visé par la France pour 2050 est “techniquement réalisable“. Toutefois, il se heurte à la réalité d’une société dans laquelle le changement est trop lent. Dans le secteur des transports, qui pèse pour 31% des émissions françaises, la transition est en retard. L’électrification du parc automobile progresse trop lentement. Les voitures électriques ont péniblement atteint 2,1% de parts de marché en 2018, alors que le gouvernement espérait atteindre 9%.

Même chose pour la filière du bâtiment, qui représente 19% des émissions françaises. Ainsi, le rapport observe : “la rénovation énergétique des bâtiments nécessite des changements structurels importants dans l’industrie ou encore la formation.

Les recommandations du Haut Conseil pour le climat

Dans leur rapport, les experts du Haut Conseil pour le climat proposent sept mesures pour améliorer les performances de la France en matière climatique. L’un des axes majeurs de ces propositions concerne la cohérence de l’action gouvernementale. Les experts soulignent que la France doit articuler sa Stratégie nationale bas carbone (SNBC) en s’appuyant sur les régions et les collectivités locales.

Le Haut Conseil se positionne aussi en faveur d’un meilleur reporting des émissions de CO2. Il souhaite notamment que l’impact en émissions de gaz à effet de serre des nouvelles mesures soit systématiquement mesuré. Dans la même logique, le rapport propose que des budgets carbone soient inscrits dans le cadre de la loi.

Pour une transition plus juste

L’aspect social de la transition énergétique n’est pas non plus oublié. Plus de six mois après le début du mouvement des Gilets Jaunes, le rapport du Haut Conseil ne pouvait pas faire l’impasse sur cette question. Le rapport demande donc au gouvernement, à travers l’une de ses recommandations, d’assurer aux Français une transition plus juste. Il précise que “le gouvernement devra veiller à l’équité de la transition et au caractère soutenable des solutions mises en place“. Une proposition qui fait ouvertement référence à la fiscalité verte, abondamment remise en question ces derniers mois.

Le Haut Conseil pour le climat estime d’ailleurs, dans une autre recommandation, qu’il faut davantage tenir compte de la mondialisation. Car même si la problématique est peu mise en avant, les émissions importées pèsent lourd sur l’empreinte carbone du pays.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • L’Empa (Suisse), entre autres, a plutôt bien résumé dans le seul schéma ci-dessous une bonne part des approches à viser pour les bâtiments et l’aspect énergétique décentralisé (production par bâtiment et/ou échanges locaux tout à la fois de chaud, froid, chaleur, électricité,mobilité, recyclage eau, voire déchets organiques). On peut le compléter avec ceux classés “Advanced triple zero energy” (donc usage de matériaux généralement locaux peu émissifs, l’usage d’impression 3D etc)

    https://www.empa.ch/web/s313

    .

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  • Comme pour plusieurs programmes européens, ils ont publié de nombreux travaux scientifiques pour transfert de technologies finalisées au secteur du bâtiment.

    Et quand on voit qu’en France une société comme Helioclim risque de déposer le bilan sous peu car on ne soutient pas assez le secteur chaleur et tous les aspects solaires thermique/hybride alors qu’elle est sur un secteur d’avenir très porteur déjà dans beaucoup de pays et que :

    – on sait que la demande de climatiseurs explose : 10 à 17 climatiseurs vendus par seconde dans le monde jusqu’au moins 2030 soit plusieurs milliards = gaz souvent très réchauffants climatiques, recyclage déplorable, fonctionnement rarement optimal, hausse de consommation énergétique redoutable etc

    – alors que le couplage de toutes les formes de chaleur et solaires thermique/hybride/CSP etc font à la fois stockage, production de chauffage et climatisation dans une très large gamme de températures et froid (habitat, industries etc), sans bruit et avec une consommation nulle à quasi nulle et des Cop très largement supérieurs aux pompes à chaleur, parfois 80 contre 5 !

    On a des bonds en avant à faire dans le bâtiment alors que nos grands-parents connaissaient déjà le principe présenté et fonctionnant lors d’une exposition universelle du 19e siècle.

    La Suisse, la Chine etc ont ainsi répertorié les meilleurs composants suivant les besoins de chaleur, climatisation et froid pour les systèmes de sorption.

    L’Empa parmi d’autre a publié sur ce sujet et aborde 3 aspects de stockage répondant à une majeure part de bâtiments, à savoir :

    – Sorption-based long-term thermal energy storage (stockage, chaleur, froid)

    – Borehole Thermal Energy Storage (BTES) (idem)

    – Catalytic hydrogen burner/stove development (idem + électricité)

    https://www.empa.ch/web/s313/best-group

    .

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  • Cet article n’est pas exhaustif car le sujet est long et a encore récemment évolué favorablement

    Solaire thermique pour la climatisation, le refroidissement le stockage et la chaleur :

    La technologie de refroidissement solaire est une alternative écologique aux systèmes de réfrigération à compression. Il fonctionne avec un potentiel d’appauvrissement de la couche d’ozone (PAO) et un potentiel de réchauffement planétaire (PRG) nuls. La consommation électrique des systèmes conventionnels peut être réduite de 70-80% à 100%.

    Les refroidisseurs à adsorption (CDA) utilisant l’eau comme fluide de travail et l’énergie perdue à basse température pour la régénération sont une alternative écologique aux dispositifs de refroidissement actuellement utilisés et peuvent en même temps aider à réduire considérablement la consommation d’énergie. La dynamique d’adsorption rapide conduit à une puissance de sortie élevée et à une bonne densité de puissance. Une température de régénération basse de seulement 70 °C permet l’utilisation de sources à basse température comme la chaleur perdue et les capteurs solaires thermiques.

    Les absorbants utilisés dans les systèmes de refroidissement sont généralement des zéolithes cristallines, des gels de silice, des structures organiques métalliques (MOF), etc. qui peuvent facilement absorber l’eau en raison de leur structure.

    Les refroidisseurs à adsorption alimentés par la chaleur solaire (ou la chaleur perdue, par exemple des unités de cogénération, des compresseurs d’air et des processus de production industriels) conviennent aussi bien aux bâtiments résidentiels qu’aux bureaux, aux centres de données, à l’industrie, aux entreprises agro-alimentaires et agricoles, par exemple.

    Les refroidisseurs génèrent du froid et utilisent la chaleur comme énergie motrice. Dès que la chaleur produite par une installation solaire, une unité de cogénération ou un réseau de chauffage urbain, par exemple, est disponible, elle peut être utilisée comme moyen de refroidissement efficace et économe en énergie.

    Le froid est fourni sous forme d’eau froide, ce qui signifie qu’il peut être utilisé, par exemple, pour la climatisation de bâtiments, pour le refroidissement de processus ou pour d’autres applications très diverses.

    Les retombées sont particulièrement intéressantes en été, lorsque la demande de climatisation est élevée et que le soleil produit de la chaleur en abondance. Grâce à la technique de réfrigération par adsorption, les composants d’une unité solaire (ballon et capteurs) peuvent désormais être mieux utilisés et protégés contre la surchauffe et la surcharge. La durée de vie du système s’en trouve prolongée, ce qui augmente son efficacité économique. Un autre avantage de la technologie des refroidisseurs à adsorption est la très basse température d’alimentation qu’un système solaire devrait fournir pour maintenir le processus de refroidissement et maximiser l’utilisation de la chaleur solaire. Enfin et surtout, cette technologie intelligente peut fonctionner comme une pompe à chaleur pendant la période de chauffage hivernal. Avec cette option alternative, même les basses températures des capteurs solaires peuvent générer une chaleur thermique supplémentaire utilisable.

    Vidéo assez simple, incomplète et de technologies assez moches dévelopées par un groupe indien, mais çà montre en partie la diversité possible et déjà largement employée :

    https://www.youtube.com/embed/uO5lNrrHa1o

    .

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  • Pour les consommateurs importants de chaleur et froid (hôpitaux, Ephad, bâtments, entreprises, commerces, industries, serres, alimenter les réseaux de chaleur en chaud et froid etc) avec compte tenu des performances des taux de couvertures jusqu’à environ 90% le solaire CSP + systèmes de sorption est une des approches avec ici un Cop de 79 :

    Exemple : Rackam (Québec)

    https://www.youtube.com/embed/wnMEvL0ZAEs

    .

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  • Helioclim fait la même chose en France avec un système qui s’amortit en environ 7 ans mais se heurte au bas prix du gaz actuel et manque de connaissances de la technologie pourtant éprouvée, alors que le marché mondial est en croissance durable.

    Très dommage de le voir en difficulté et s’orienter peut-être vers un dépôt de bilan pour un motif non fondamental mais temporaire et de devoir, comme pour les pompes à chaleur, acheter plus tard ailleurs en ayant perdu les emplois et savoir-faire en France :

    https://www.youtube.com/embed/uzJ1Nup9Mbc

    .

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