Quelles différences peut-on faire entre les pics pétroliers ?

Quelles différences peut-on faire entre les pics pétroliers ?

Le fantasme du pic pétrolier fait couler beaucoup d’encre, depuis plus d’un demi-siècle. Concept souvent utilisé, le pic pétrolier se comprend d’abord comme le sommet de la production d’un puits de pétrole, c’est le début d’une production qui ira de manière décroissante sur un site. A l’échelle globale, le pic pétrolier est le moment au cours duquel les réserves de pétrole seront moins importantes que les ressources déjà exploitées. 

Qu’est-ce qu’un pic pétrolier ?

Théorisée par le géophysicien Marion King Hubbert en 1956, le pic pétrolier a d’abord été occulté par les producteurs de pétrole. Cette source d’énergie, exploitée depuis des siècles, n’est pas infinie et lorsqu’un puits de pétrole voit sa production décliner, il est déjà temps d’en forger un autre. Le passage d’une production en hausse à une production en baisse est un moment appelé pic pétrolier. Aux yeux du grand public, cette notion signifie le début de la fin d’une planète se reposant sur le pétrole.

Théorisé depuis plus de soixante ans, le pic pétrolier a été prédit à de très nombreuses reprises par des entités des moins sérieuses au plus au fait des réalités du marché du pétrole. Si Marion King Hubbert s’est trompé en annonçant un pic pétrolier aux Etats-Unis dans le courant des années 1970, ses conclusions finiront par s’avérer exactes. Pourtant, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’inquiète aujourd’hui du niveau des investissements. Au One Planet Summit, de grands investisseurs ont décidé de renoncer aux hydrocarbures. La plus grande banque multilatérale au monde, la Banque Mondiale, a confirmé son intention de stopper le financement de la production du gaz et du pétrole en 2019. Pour la secrétaire d’Etat Brune Poirson, “les énergies fossiles doivent rester dans le sol“.

Une date repoussée ad vitam aeternam ?

Des centaines de prévisions se bousculent depuis plus d’un demi-siècle pour donner la date du pic pétrolier. Des prévisions terriblement difficiles à faire puisque s’il est possible d’estimer la fin des ressources disponibles dans chaque champ pétrolifère en activité, il est bien plus hasardeux d’annoncer (et de prendre en compte) les nouveaux champs qui seront découverts et exploités. Cela est d’autant plus vrai que le pétrole n’est plus le seul sur le marché depuis l’arrivée du pétrole de schiste. Ce dernier est un pétrole léger contenu dans des formations géologiques poreuses qui est aujourd’hui exploitable grâce au procédé controversé de fracturation hydraulique. La survenue de ce pétrole dit « non conventionnel » a changé la donne d’autant que les Etats-Unis sont assis sur d’immenses ressources exploitées depuis dix ans. Certaines estimations soulignent également le potentiel du bassin parisien, ainsi que dans les pays d’Europe de l’Est.

En l’espace de quelques années, les hydrocarbures non conventionnels ont permis aux Etats-Unis de passer du statut de pays hautement dépendant aux importations de pétrole à celui de pays exportateur.  Avec l’arrivée sur le marché des pétroles de schiste et bitumeux, le pic pétrolier a semble-t-il été une nouvelle fois retardé et a eu pour effet de faire chuter les prix des marchés mondiaux au grand dam des producteurs historiques.

La demande de pétrole modifie les réserves de la planète

Les pétroles non conventionnels ont changé la donne notamment sur le plan géopolitique. Dans son rapport de 2018, l’AIE juge que “le risque de resserrement de l’offre est particulièrement prégnant pour le pétrole”. Et les tensions au Vénézuela, en Iran et en Russie n’améliorent pas la situation. Aussi, en raison d’une multitudes de paramètres, comme la demande ou les conflits géopolitiques, il reste difficile de prévoir la date du pic pétrolier. Et dans la bataille que se livrent les pays producteurs, certains pays ont tendance à surévaluer leurs réserves notamment afin d’attirer les investisseurs. Bref, il est fort possible que la date du pic pétrolier ne fasse l’unanimité que des années après son déclenchement.

Enfin, une autre possibilité émerge depuis plusieurs années : celle d’un pic pétrolier liée à la baisse de la demande au niveau mondial. Un mouvement directement engendré par la montée en puissance des énergies renouvelables et à la transition énergétique de certains secteurs comme les transports. Une baisse de la demande mondiale de pétrole ne se vérifie cependant pas encore dans les chiffres. L’inversion de la courbe devrait prendre au minimum une décennie.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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