L’Arabie Saoudite négocie avec la Russie et prépare l’après-pétrole

L’Arabie Saoudite négocie avec la Russie et prépare l’après-pétrole

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Sortir de la dépendance au pétrole est un enjeu pour de nombreux pays producteurs. L’Arabie Saoudite n’échappe pas à cette problématique. Le Royaume tente effectivement de préparer au mieux la transition vers un après-pétrole. Les grandes manœuvres de la transition énergétique se profilent, les autorités saoudiennes négocient avec la Russie. Une politique d’entente qui n’est toutefois pas certaine d’aboutir. Jeudi 28 mars 2019, Donald Trump a réaffirmé sa volonté de maintenir les prix du pétrole accessibles.

L’OPEP+ face à des incertitudes  

Comment influer sur les cours du pétrole ? Les pays de l’OPEP sont dans l’expectative depuis la chute des cours de 2014 et un nouveau format a vu le jour sous la forme OPEP+. Les pays membres de l’OPEP ont réussi à nouer des accords avec onze pays producteurs de pétrole non membres de l’Organisation. C’est ainsi que l’Arabie Saoudite et la Russie s’entendent depuis 2017. Cette alliance rencontre une réussite certaine puisque les cours de l’or noir remonte. Depuis le début de l’année 2019, le prix du Brent a augmenté de plus de 20 %. Les discussions ont duré de longues semaines afin de renouveler un accord qui a donc porté ses fruits.

Lors de la dernière réunion de Bakou mi-mars 2019, le ministre russe de l’Energie avait préféré rester prudent quant à la poursuite de cette entente. L’Arabie Saoudite, elle, militait pour institutionnaliser le format OPEP+ et continuer une baisse mondiale de la production devant soutenir les cours. Le ministre russe de l’Energie aurait fait comprendre à son homologue saoudien qu’une prolongation n’était pas certaine. Igor Setchine, patron de Rosneft a fait part de son peu d’enthousiasme pour un OPEP+ renouvelé. Sur Twitter, le président américain a lui ouvertement affiché son hostilité à de telles manoeuvres : « Il est très important que l’OPEP augmente la production de pétrole. Le marché mondial est fragile, le prix du pétrole est trop élevé ».

L’Arabie Saoudite veut sortir du tout-pétrole ?

Le Royaume saoudien est en position de relative faiblesse et cela conforte l’idée qu’il faut en finir avec la dépendance au pétrole. Prenant peut-être exemple sur le géant européen du pétrole – la Norvège – l’Arabie Saoudite entame une politique de diversification. Le groupe pétrolier d’Etat Saudi Aramco a donc racheté 70 % une autre entreprise de pétrochimie détenue par le Fonds public d’investissement de l’Arabie. En acquérant Sabic pour la somme de 69 milliards de dollars, Saudi Aramco s’implique dans la pétrochimie, et matérialise la rente pétrolière. Par ailleurs, le groupe infléchit son cœur de métier et s’ « offre de nouvelles opportunités de croître rapidement dans le secteur de la pétrochimie » explique la direction. Une stratégie qui rappelle la décision récente du fonds souverain norvégien.

En effet, avec cette opération le fonds saoudien qui détenait jusqu’alors Sabic dispose de moyens pour investir dans la transition énergétique. Aux côtés des pouvoirs publics et de la Saudi Aramco, il devrait donc à l’avenir s’imposer comme un des moteurs de la transformation du pays, afin de changer peu à peu le visage de l’économie saoudienne.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • On peut comprendre l’Arabie saoudite, parce que 96% des Réserve pétrolières du pays sont sous les pieds de la minorité Chiite de la Province Orientale, ce qui choque leurs frères Chiites de l’IRAN. C’est d’ailleurs dans la Province Orientale que sont utilisés 50% des blindés léger vendus par le Canada aux Saoudiens, l’autre 50% est utilisé au Yemen soutenu par l’IRAN.

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