Pétrole : les prix du carburant sont-ils orientés à la baisse ?

Pétrole : les prix du carburant sont-ils orientés à la baisse ?

Le pétrole connaît une fin d’année 2018 des plus difficiles avec des cours en baisse de 36 % depuis le mois d’octobre. La réunion de l’OPEP au début du mois de décembre a arrêté l’idée d’une baisse de la production afin de soutenir les prix. Les membres de l’OPEP se montrent donc confiants. Ils estiment être en mesure de rétablir l’équilibre sur les marchés « en ou deux mois ». Le premier trimestre 2019 sera le juge de paix de cette stratégie… Pendant ce temps là, en France, les consommateurs s’interrogent sur l’avenir des prix du carburant, tandis que l’UFIP souligne l’impact des gilets jaunes.

L’OPEP prévoit une hausse des cours au premier trimestre

« Je pense que nous pouvons facilement nous accommoder de cet excédent et atteindre un marché équilibré en un ou deux mois, soit au cours du premier trimestre de l’année prochaine ». Par cette déclaration, le ministre de l’Energie des Emirats arabes unis, Suhail al-Mazrouei, se veut rassurant alors que les cours du pétrole plongent depuis deux mois. Le ministre qui assure actuellement la présidence tournante de l’OPEP explique, chiffres à l’appui, que la baisse de plus de 30 % enregistré depuis le mois d’octobre est facilement corrigeable. « Selon les chiffres dont nous disposons, nous avons un excédent d’environ 26 millions de barils, contre 340 millions de barils au début de 2017 », souligne-t-il. C’est pourquoi, il a été décidé début décembre d’une diminution de 1,2 million de barils/jour qui permettra d’ « arrêter la chute des prix » lors de son entrée en vigueur a 1er janvier 2019.

L’année qui arrive doit être celle de la remontée des prix pour les pays producteurs. Ainsi, les Etats membres de l’OPEP et la Russie s’entendent désormais afin d’enrayer la spirale négative dans laquelle ils se trouvent. Suhail al-Mazrouei affirme que « si la diminution de 1,2 million de barils par jour n’est pas suffisante, nous nous reverrons pour voir ce qu’il faut faire et nous agirons en conséquence ». Il existe donc aujourd’hui un certain consensus quant à la marche à suivre pour retrouver un baril au-delà des 70 dollars. Lors de la prochaine réunion de l’OPEP en avril, un accord doit même être signé afin d’aligner les positions entre pays membres et non membres. Malgré ces annonces faites ce dimanche, les cours du pétrole n’ont pas vraiment repris des couleurs.

Des prix à la pompe qui ne suivent pas toujours

Les pays producteurs continuent néanmoins de faire grise mine en attendant. Pourtant, les consommateurs français n’en profitent pas ! Au contraire, certains d’entre eux, les gilets jaunes notamment, s’interrogent sur le décalage entre la baisse des cours mondiaux et l’évolution des prix à la pompe. Ce dernier n’a reculé que de 8 % depuis octobre contre 36 % pour le baril de brut. Il existe un décalage d’environ trois semaines pour répercuter les prix (à la hausse ou à la baisse). L’association de consommateurs CLCV avance une explication à ce décalage. Selon elle, nous assistons à une forte hausse des coûts de transports et de logistique. Qui plus est, d’après François Carlier, délégué général de l’association de consommateurs CLCV : « les marges brutes (…) n’ont même sans doute jamais été aussi élevées ».

De son côté, l’Union française des industries pétrolières (Ufip) explique que les prix sont notamment affectés par la mobilisation des gilets jaunes. « Dans le contexte de perturbation qu’a connu le pays ces deux derniers mois, avec notamment de nombreux blocages de dépôts de carburant, il n’est pas anormal que les coûts de transports et logistiques aient renchéri », explique l’Ufip. De plus, précise l’organisation, « les prix des carburants vendus dans les stations-service ne dépendent que pour un tiers de ceux du pétrole ». Il faut également tenir compte des taxes et du taux de change. Interrogé par France Info, Francis Duseux (président UFIP) indique néanmoins que la diminution des stocks influe positivement sur les prix des carburants depuis deux mois. Une explication qui risque de ne pas calmer tous ceux qui déplorent des prix à la pompe rarement orientés à la baisse…

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Un seul et unique mot :”Les taxes”, seule spirale “inflationniste” de course à l’échalote ou de la progression de l’âne visant la carotte ….Tant que budgétairement on ne verra ou ne proposera que des augmentations nous ne pourrons pas nous en sortir.

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