OPEP : l’Arabie Saoudite veut baisser la production de pétrole

OPEP : l’Arabie Saoudite veut baisser la production de pétrole

Le 11 novembre 2018 n’aura pas été que le temps d’une commémoration de la Grande Guerre à Paris. Parallèlement, les pays de l’OPEP et les producteurs de pétrole non membres du cartel se sont retrouvés à Abu Dhabi. Alors que tous les analystes prédisaient une hausse des cours, c’est la crainte d’un crack qui occupe aujourd’hui tous les esprits. Aussi, l’Arabie Saoudite prévoit de baisser sa production de pétrole de 500.000 barils/jour dès décembre 2018.

Une baisse des cours non anticipée

Pas d’accord, mais une même vision. C’est ainsi que s’est conclue la réunion des producteurs de pétrole. En effet, le 11 novembre 2018, les membres de l’OPEP avaient rendez-vous avec de grands producteurs comme la Russie. La réunion d’Abu Dhabi (Emirats arabes unis) s’est donc tenue pour trouver une stratégie face à l’effondrement des cours du pétrole. En un mois, l’or noir a baissé de 20 %. Une évolution qui contraste avec les prévisions des analystes et le du prix du carburant à la pompe pour les consommateurs français.

Le décalage ressentit par les ménages s’explique par un report de deux à trois mois entre les cours du pétrole sur les marchés et leur répercussion à la pompe (le temps que les stocks soient écoulés). Ainsi, la forte baisse du mois d’octobre devrait être visible en janvier 2019.

De son côté, le ministre saoudien de l’Energie Khaled al-Faleh a reconnu que cela avait « surpris » dans un contexte qui était dominé par la crainte d’une pénurie de pétrole. Les nouvelles sanctions contre l’Iran devaient effectivement faire monter les cours mondiaux, mais plusieurs pays dont la Russie, ont tellement augmenté leur production que l’absence du pétrole iranien sur le marché a été effacée. Vendredi, le baril de Brent est passé sous la barre des 70 dollars – une première depuis avril tandis que le WTI (West Texas Intermediate) poursuit sa chute sous les 60 dollars.

L’Arabie Saoudite met le pied sur le frein

Le spectre d’un effondrement identique à celui de 2014 est désormais dans tous les esprits. D’autant plus que la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis reste élevée et que la croissance chinoise ralentit fortement. Le premier moteur de l’économie mondiale se grippe et les besoins en pétrole baissent. Afin de répondre à cette problématique, l’Arabie Saoudite a fait savoir qu’elle baisserait de 500 000 barils son niveau de production dès le mois de décembre. Le nombre de barils produits chaque jour passera de 10,7 millions à 9,9 millions en mai prochain. Les pays producteurs se disent prêts à des ajustements, mais aucune action concertée n’a pour le moment été arrêtée.

La réunion de l’OPEP prévue à Vienne en décembre prochain sera d’une importance cruciale sur les cours du pétrole dans les prochains mois. L’Arabie Saoudite semble avoir été entendue en ces premières heures du lundi 12 novembre 2018 puisque les cours du pétrole ont augmenté de près de 2 % à l’ouverture des marchés. Va-t-on assister à un nouveau changement de direction avec cette stratégie qui vise à « équilibrer » le marché ? Si tel était le cas, une question demeure : à quel niveau sera la colère des Français le 17 novembre 2018 ?

Entre temps, la hausse de la fiscalité et la hausse des cours du pétrole alimentent la grogne. Acceptée avec l’accord de Paris, la taxe carbone, devenue symbole de l’écologie punitive, est de moins en moins populaire. Interrogée sur France Inter le 9 novembre 2018, la députée Bénédicte Peyrol explique cependant que seul ce « signal prix » permettra de changer les comportements. Reste à convaincre les manifestants que « l’isofiscalité » marche…

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Les différents pays producteurs veulent un prix du pétrole d’au moins 80$ le brent car ils en ont besoin pour leurs économies respectives.

    Sauf récession importante notamment en Chine, il est donc assez probable qu’ils s’accordent de nouveau pour réduire leur offre pour que le prix du baril s’ajuste en moyenne autour de ce cours l’an prochain.

    Les perspectives étaient initialement de 85$ le baril de brent en moyenne pour 2019/2020.

    Les gilets jaunes et bonnets rouges seraient bien éclairés de voir plus loin, d’anticiper et de tenir compte des fondamentaux et qu’une baisse de taxe très relative ne changera rien car depuis les premières crises du pétrole du début des années 70 on a régulièrement rappelé qu’il fallait se passer impérativement du pétrole et du gaz sous forme combustible dont on importe en moyenne pour 435 milliards d’euros en Europe et 56 milliards d’euros en France.

    On fait énormément de choses plus intelligentes avec 56 milliards d’euros par an.

    Bloquer un pays çà défoule mais çà augmente chaque fois les frais en ralentissant ponctuellement l’activité économique et çà ne résout en rien le problème de fond que l’on ne peut pas ignorer depuis près d’1/2 siècle.

    Prix du pétrole en direct et autres informations assez clairement expliquées sur le pétrole :

    https://prixdubaril.com/

    .

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