Réacteur nucléaire : à quoi sert un arrêt de tranche ?

Réacteur nucléaire : à quoi sert un arrêt de tranche ?

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Garantir le bon fonctionnement des 58 réacteurs répartis dans l’Hexagone impose à l’exploitant du parc national EDF la programmation d’arrêts de tranche afin de renouveler le combustible et de procéder à des opérations de contrôle et de maintenance. Ces opérations réalisées à intervalles réguliers ont pour but d’assurer la sûreté et la disponibilité des centres de production nucléaire, et sont organisées de telle sorte à n’avoir aucun impact sur l’approvisionnement en électricité des usagers. Explications.

Rechargement, sûreté et maintenance

Un arrêt de tranche est un arrêt de la production d’un réacteur nucléaire organisé tous les 12 ou 18 mois environ (selon le taux de fonctionnement du réacteur) dans le but de remplacer le combustible nucléaire usé et de procéder à des opérations de contrôle et de maintenance sur des parties de l’installation qui ne sont normalement pas accessibles pendant son fonctionnement normal. Les arrêts de tranche ont donc trois objectifs majeurs : recharger le réacteur avec du combustible neuf, inspecter dans les moindres détails l’installation pour garantir la sûreté et réaliser la maintenance nécessaire.

Les trois types d’arrêts programmés

Il existe trois types d’arrêts de tranche, assurés par les équipes d’EDF et des entreprises prestataires : les arrêts « pour simple rechargement » du combustible, avec peu ou pas de maintenance ; les « visites partielles » avec rechargement du combustible et maintenance ; et les visites « décennales », durant lesquelles sont réalisés le rechargement du combustible, la maintenance et les actions d’amélioration de la sûreté de la centrale ainsi que les grands contrôles des différents composants. Grâce à ce suivi régulier des matériels, les arrêts de tranche permettent d’identifier au plus tôt les éventuelles dégradations du matériel et de mettre en place les solutions appropriées.

Les sept étapes d’un arrêt de tranche

Concrètement, l’arrêt d’une unité de production nucléaire pour maintenance ou rechargement de combustible respecte une procédure bien définie organisée autour de sept étapes clés : la mise à l’arrêt du réacteur tout d’abord, c’est à dire son refroidissement progressif (l’eau est à plus de 300°C) ; l’ouverture de la cuve à l’aide d’une machine spécifique permettant de dévisser le couvercle de la cuve et d’accéder au combustible ; le déchargement du combustible et son transfert dans une piscine installée dans le bâtiment combustible réservé à cet effet ; la maintenance du réacteur lui-même ; le rechargement du combustible transféré en sens inverse de la piscine du bâtiment combustible vers la piscine du bâtiment réacteur ; la fermeture de la cuve et la mise sous vide du circuit primaire qui permet d’extraire l’air emprisonné dans les tubes des générateurs vapeurs et de remplir complètement l’ensemble du circuit primaire avant chauffage ; et enfin, le redémarrage du réacteur après avoir effectué les nombreux essais de fonctionnement et obtenu l’accord de l’ASN.

Un enjeu de sûreté et de disponibilité

Le respect de ces procédures est indispensable pour garantir le niveau de sûreté et de disponibilité nécessaires des réacteurs. La sûreté tout d’abord est garantie par un contrôle strict de toute l’installation. Après réalisation des travaux, lors des essais avant redémarrage, plus de 700 critères sont passés en revue. Les équipes vérifient tout, de la « tuyauterie » aux alternateurs en passant par les 3 000 tubes des générateurs de vapeur (pour cela plus de 1000 personnes travaillent sur l’installation pendant un arrêt de tranche). Ces contrôles réguliers permettent en parallèle de réduire le taux de panne des unités de production de manière significative en fiabilisant les matériels, et donc d’assurer un taux de disponibilité des équipements optimal.

Des opérations menées sous le strict contrôle de l’ASN

EDF travaille en étroite relation avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) durant toutes les étapes des arrêts de tranche. L’électricien lui communique le programme de chaque arrêt et l’ASN peut effectuer des inspections de sûreté et de sécurité à tous moments. L’ASN a pour mission dans ce cadre de veiller à la qualité de la réalisation des travaux, à la sécurité, à la radioprotection, à la qualité du tri ou de la gestion des déchets. Une fois les opérations de contrôle et de maintenance terminées, EDF transmet les résultats obtenus ainsi qu’un bilan à l’Autorité de sûreté seule compétente pour autoriser le redémarrage du réacteur.

© Photo : EDF – LA MISSION COMMUNICATION DE GOLFECH

Rédigé par : La Rédaction

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