Quel bilan carbone pour les conférences liées au développement durable ? - L'EnerGeek

Quel bilan carbone pour les conférences liées au développement durable ?

Plusieurs conférences internationales ont été organisées autour de la baisse des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et du développement des technologies environnementales. Afin de montrer l’exemple, elles se sont progressivement engagées à réduire au maximum leur consommation d’énergie et ainsi à atténuer leur impact environnemental.

La COP21 exemplaire

La COP21 et l’accord de Paris adopté le 12 décembre 2015 ont donné le “la” en matière de réduction des gaz à effet de serre dans l’époque moderne. Si la conférence internationale a promu les bonnes pratiques pour les Etats et entreprises du monde entier, elle a également saisi l’occasion de se montrer quasi-irréprochable en matière de développement durable. Son secrétaire général Pierre-Henri Guignard en témoigne : “Nous avions envisagé un bilan de 21 000 tonnes d’équivalent CO2, mais l’empreinte carbone finale de la COP21 est inférieure de plus de moitié, pour atteindre 9 200 tonnes”. Soit, à l’échelle individuelle, 9 kg de CO2 émis par jour et par participant, contre 48 lors de celle de Lima l’année précédente, en 2014.

Un tour de force qui ne doit rien au hasard. Comment l’expliquer ? Pour Le Monde, une combinaison de bonnes pratiques comme “le recours à des matériaux recyclables ou réutilisables, au réseau de transports en commun francilien, à une chaudière à gaz de haute performance plus économe en énergie, à une restauration privilégiant les produits locaux et saisonniers, a permis de réduire drastiquement cette “facture” carbone.” Notons que la valorisation des déchets était également au cœur des préoccupations de l’équipe organisatrice, puisque 94 % des 16 000 tonnes de matériel utilisées sur le site ont été réutilisées.

La COP22 de Marrakech plante 10 000 palmiers

Inspiré par l’exemple parisien, pour la COP 22, le Maroc a mis les bouchées doubles : 7,5 millions d’euros ont été investis pour des projets environnementaux. Cela a permis le déploiement de bus électriques, un éclairage public via des panneaux solaires, la réhabilitation d’espaces verts à l’abandon… La Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement a mis un outil Bilan Gaz à effet de serre à la disposition des organisations et territoires participants. Il permettait de compenser leur emprunte directement dans une opération de séquestration de carbone, via la plantation, à Marrakech, de 10 000 palmiers qui ont capté plus de 18.000 tonnes de CO2 pendant la durée de ce rendez-vous international – et continuent de le faire aujourd’hui. En outre, la conférence a principalement été alimentée par la centrale solaire Noor – “lumière” en arabe – qui s’étend sur 400 hectares dans le désert voisin.

Les Smart grids à l’honneur lors de l’Astana Expo 2017

Cette dynamique a également été faite sienne par l’Astana Expo 2017, qui se tiendra dans la capitale du Kazakhstan cet été (du 10 juin au 10 septembre). Le comité d’organisation s’est assuré de recourir aux technologies les plus innovantes dans le bâti afin de limiter la consommation d’énergie de l’événement – tout en assurant un confort optimal. Les efforts consentis vont d’une réduction des pertes d’énergie (notamment des pertes de chaleur) avec des matériaux d’isolation choisis parmi les plus performants à des systèmes réactifs permettant une économie d’énergie. Ainsi, la ventilation sur le site sera interactive, ce qui lui permettra de s’adapter au nombre de personnes présentes dans la pièce (et d’assurer un renouvellement du CO2 sur mesure). De même, l’éclairage s’adaptera au passage de voitures ou de piétons (avec 50% de baisse de luminosité hors trafic).

Ces mesures engendreront une baisse de la consommation énergétique de l’ordre de 30 % lors de l’exposition. Elles seront gérées grâce à un réseau intelligent (Smart grid) de pointe, permettant de mieux piloter la consommation en énergie, et d’activer ou d’orienter les différents moyens de production en direct. De quoi assurer, aussi, une meilleure intégration des énergies renouvelables (panneaux solaires intégrés aux structures des bâtiments, éoliennes rotatives pour capter les vents de toutes directions, géothermie pour le chauffage) ainsi qu’une baisse des pertes opérationnelles dues aux transmissions longues d’électricité de 50%. La tolérance aux pannes devrait également être augmentée de 90%. Les bienfaits de ce système devraient par ailleurs s’étendre au-delà du seul site de l’exposition : il a vocation à progressivement être installé dans toute la ville, Astana faisant figure de pionnière, dans la région, en matière de développement durable.

L’Exposition Universelle de Milan à l’avant-garde

Dans le passé, certains grands rendez-vous internationaux ont pavé la voie pour un bilan carbone rationalisé, à l’image de l’exposition universelle de Milan, en automne 2015. Cette 34ème Exposition Universelle avait mis la technologie des Smart grids à l’honneur, notamment grâce à un partenariat avec la compagnie Enel. Cela avait rendu possible une gestion détaillée des besoins en énergie, et une baisse des pertes fonctionnelles significative – à l’image de l’Astana Expo. De plus, une interface multilingue avait été installée dans chaque pavillon afin que tous les exposants puissent surveiller leur consommation en temps réel. Cela visait à aider les usagers à prendre conscience de leur empreinte et à les aider à identifier les gestes gourmands en énergie. Le comité avait également fait construire 60% des bâtiments et installations de l’Exposition en bois labellisé PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification Schemes), qui provient de forêts gérées durablement.

Reste un point épineux, celui des voyages en avion des participants à ces événements. Là encore, le volontarisme est de mise. Ainsi, pour compenser les émissions de CO2 associées à ces déplacements, le gouvernement français a-t-il promis de financer des projets liés au développement durable dans des pays en développement. “Une part importante des voyages des délégués a déjà été compensée” par les pays concernés, affirme M. Guignard, secrétaire général chargé de l’organisation de la COP21.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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