Belgique : pour tout comprendre sur l'éventuel blackout hivernal - L'EnerGeek

Belgique : pour tout comprendre sur l’éventuel blackout hivernal

MichielverbeekLes interrogations sur l’éventualité d’un blackout cet hiver sont de plus en plus nombreuses en Belgique. Et pour cause, 4 réacteurs nucléaires seront bientôt aux abonnés absents dans le pays, et cette situation devrait durer plusieurs mois. Face aux pics de consommation hivernaux qui ne manqueront pas d’arriver, des solutions sont à l’étude pour éviter un éventuel blackout ou, dans le pire des cas, d’en limiter les conséquences.

 

 

 

[stextbox id=”info”]La cause : la moitié des réacteurs nucléaires belges seront à l’arrêt[/stextbox]

4 réacteurs seront bientôt à l’arrêt en Belgique : Tihange 1 et 2, Doel 3 et 4. Les causes sont diverses car, si Tihange 2 et Doel 3 ont été arrêtées à cause de microfissures et Doel 4 à cause de fuites (volontaires) d’huile, Tihange 1 doit « subir une révision décennale, prévue de longue date, à partir de septembre » selon Electrabel, la filiale de GDF Suez gérant les 7 centrales atomiques belges.

Le vrai problème reste la date de remise en marches des réacteurs, qui n’est fixée dans aucun des cas. En tout, ces réacteurs pèsent pour plus de la moitié du parc nucléaire du pays, parc qui représente environ 55% de la production électrique belge. Étrangement, les réacteurs atomiques les plus récents ont été les premiers à se révéler défaillants, ce qui a obligé les producteurs à rallonger la durée d’exploitation des plus vieux. En outre, un réaménagement du calendrier de sortie du nucléaire a été mis en place.

[stextbox id=”info”]L’élément aggravant : l’importation massive des pays voisins est compromise[/stextbox]

Là où le pays semble vraiment jouer de malchance, c’est que la solution classique qui se résume à importer de l’énergie des pays voisins a été limitée en mars 2014. En effet, avec l’explosion du transformateur-déphaseur de Monceau-sur-Sambre, la possibilité d’importer beaucoup d’énergie de France s’est réduite. Parallèlement, la piste de l’importation massive d’électricité des Pays-Bas a elle aussi pris du plomb dans l’aile, car le transformateur-déphaseur de Zandvliet aurait besoin d’un entretien cet hiver.

Ainsi, l’hiver s’annonce compliqué s’il n’y a pas de solution pour combler le trou potentiel de 3,5GW (Gigawatts) à importer pour le royaume en énergie. Alors qu’Elia (le gestionnaire du réseau) a déclaré que les travaux étaient « presque terminés », aucune date n’a encore été annoncée, ce qui laisse planer le doute quant aux solutions énergétique dont dispose le pays du roi Philippe.

[stextbox id=”info”]Les solutions hypothétiques : des possibilités à tous les niveaux[/stextbox]

Cela étant, des pistes sont envisagées pour pallier ce problème. Par exemple, le gestionnaire du réseau haute-tension, Elia, pourrait retarder certains entretiens pour optimiser le réseau pendant les périodes de froid que le groupe attend « à partir de la fin octobre, début novembre ». En revanche, un « surplus de production du parc de production belge n’est pas possible à court-terme ». La firme a toutefois évoqué la mise sur pied d’une « réserve stratégique » de 850MW. Electrabel, de son côté, songe à redémarrer certaines centrales à gaz mises sous cocon, ou à réduire les livraisons d’électricité des gros clients en cas de risque de blackout.

La sensibilisation est une autre arme qui pourrait être mise en œuvre, par le gouvernement cette fois-ci. Par exemple, l’action de sensibilisation pourrait prendre la forme d’une campagne nationale de communication ou de systèmes plus innovants, à l’instar de ceux qui ont vu le jour cet été au Japon. Dans un deuxième temps, les pouvoirs publics pourraient aussi obliger les Belges à moins consommer.

[stextbox id=”info”]Les conséquences potentielles[/stextbox]

Toujours est-il que, pendant que la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) parle d’un « risque réel » de blackout, il convient de se poser la question qui occupe tous les esprits : que se passe-t-il en cas de coupure généralisée de courant ? Et la réponse n’est pas rassurante. Au-delà des lumières qui s’éteignent, c’est aussi Internet, la téléphonie, les hôpitaux, le chauffage (même celui au gaz) ou la circulation routière qui sont touchés. En ce sens, le coût total pour les familles et les entreprises serait particulièrement élevé : selon certains calculs, la facture pourrait s’élever à 120 millions d’euros pour une seule heure de coupure pendant les heures de bureau.

Pour éviter ces scenarii catastrophes, il sera donc préférable pour les acteurs d’utiliser la technique du délestage. Cette dernière consiste à couper volontairement l’électricité dans certaines parties du pays pour éviter la surchauffe générale. Un mal pour un bien en quelque sorte, qui donnerait le droit au gouvernement d’éteindre des villes entières. Cette situation pourrait bien faire grincer des dents, dans un pays divisé depuis de nombreuses années. Les pouvoirs publics ont tout même tenu à se défendre de toute responsabilité par la voix de la secrétaire d’État à l’Énergie, Catherine Fonck, qui a déclaré : « la Belgique est privée d’un quart de sa capacité de production, n’importe quel pays serait en difficulté dans de telles circonstances »…  Reste à voir dans quelle mesure le pays pourra gérer ce risque cet hiver… Affaire à suivre.

Crédits photo : Michielverbeek

Rédigé par : La Rédaction

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