Pollution de l'air intérieur : l'impact sur l’environnement n'est pas anodin

Pollution de l’air intérieur : l’impact sur l’environnement n’est pas anodin

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Si la circulation est souvent montrée du doigt pour expliquer les épisodes de forte pollution atmosphérique dans les agglomérations françaises, le secteur résidentiel n’est pas dénué de toute responsabilité, bien au contraire. La consommation d’énergie dans l’habitat joue même un rôle prépondérant dans la pollution de l’air de manière générale, et chacun est en mesure d’agir pour préserver la qualité de l’air de son logement et limiter ainsi les sources de pollution locales, fréquentes et répétées, comme le chauffage.

Habitat et émissions de gaz à effet de serre

Selon l’édition 2017 du dossier « Ménages et environnement » publiée en octobre par le Commissariat général au développement durable (CGDD), la consommation finale d’énergie du secteur résidentiel s’est élevée en 2014 à 37 467 ktep et a généré l’émission de 81,8 Mt CO2, en incluant les émissions de la consommation d’électricité. Le niveau de ces émissions, à l’instar de la consommation finale d’énergie, a été particulièrement bas cette année-là en raison d’un climat très doux. Plus généralement, entre 1990 et 2014, les émissions de CO2 du secteur résidentiel ont diminué de 20 %, avec cependant de fortes fluctuations en fonction de la rigueur climatique, entraînant un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de – 1 % par an.

Si l’augmentation de la population et de la surface moyenne des logements a dans un premier temps contribué à accroître les émissions de CO2, la consommation d’énergie par m2 de logement a diminué depuis 1990 et permis de compenser. Cette tendance résulte notamment de plusieurs facteurs comme le comportement des ménages, les équipements techniques  (installation de thermostat d’ambiance, panneaux solaires thermiques) et l’amélioration de lisolation thermique des logements. La tendance baissière du contenu en CO2 s’explique quant à elle par les évolutions du mix énergétique (développement des ENR, substitution de combustibles dans les centrales électriques thermiques), et l’amélioration des appareils de chauffe des ménages (remplacement de chaudières à fioul par des chaudières au gaz).

Le chauffage, première cause de pollution dans le secteur domestique

Avec près de 60% de foyers équipés de systèmes de chauffage au fioul, au gaz ou au bois, le chauffage des bâtiments est toujours à l’origine de rejets polluants importants dans l’Hexagone. Les polluants chimiques sont en effet très abondants et très courants dans l’air intérieur d’un logement chauffé au gaz ou au fioul, et le monoxyde de carbone ou CO (gaz incolore, inodore et mortel à forte concentration) se dégage en quantité importante quand des appareils de chauffage ou de production d’eau chaude à combustion sont mal entretenus ou fonctionnent dans une atmosphère confinée, appauvrie en oxygène.

Pour améliorer cette situation, l’Ademe recommande dans les bâtiments neufs soumis à la RT 2012, de développer des systèmes de chauffage de petite puissance, multi-usages (chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation…) et multi-énergies. Ces technologies permettent notamment de s’adapter à des besoins de plus en plus faibles au cours de l’année. Dans les bâtiments existants, il est conseillé de favoriser le remplacement d’appareils de chauffage anciens (au bois en particulier) et de promouvoir des équipements performants, utilisant les énergies renouvelables (pompes à chaleur et chauffage au bois moderne), et/ou modulables (s’adaptant à une diminution des besoins de chauffage en cas de réalisation de travaux progressifs d’isolation). Mais également de travailler à la baisse des coûts de production des systèmes utilisant les énergies renouvelables, ou d’encourager la micro-cogénération qui réduit la demande d’électricité des logements en période de pointe de consommation (grands froids).

Le comportement des particuliers, un enjeu majeur

Sur le plan individuel, plusieurs bonnes habitudes facilement applicables vous permettront de limiter la pollution de votre intérieur et de participer ainsi à l’amélioration de la qualité de l’air de manière générale. Évitez tout d’abord d’utiliser une cheminée à foyer ouvert qui n’est pas à proprement parlé un mode de chauffage (c’est une source de pollution de l’air intérieur et extérieur, et son rendement est dérisoire). Privilégiez plutôt un insert ou un foyer fermé, plus efficaces et moins polluants. Si votre chaudière, votre poêle à bois, votre insert datent de plus de 10 ans, songez également à les remplacer. Les performances des matériels ont fait des progrès importants ces dernières années et ont permis une amélioration des rendements, une baisse de la consommation de combustible (chaudière gaz à condensation ou à micro-cogénération…), une baisse des émissions polluantes, en particulier pour les particules, une utilisation plus simple (chaudières et poêle à bois automatiques), et un confort accru.

Crédits photo : JM Foulon

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Quand une toiture, un mûr ou autre emplacement le permet le solaire thermique ou en tubes sous vide (parois verticales et autres) et hybrides ont les meilleurs bilans et le solde d’énergie reste alors simple à compléter. Cà dure en pratique souvent plus de 30 ans pour le thermique plan et pas beaucoup moins pour les tubes sous vide.

    D’autant que les problèmes de surchauffe sont résolus (voir Viessmann etc)

    Cà ne demande quasiment pas d’entretien et en aucun cas chaque année comparé à d’autres énergies (bois, gaz, fuel) qui sont obligatoires pour l’assurance et finalement très coûteux.

    Ensuite les pompes à chaleur qui atteignent désormais des Cop de 5 et fonctionnent sous toutes températures (évidemment avec une baisse du Cop à moins 25°C et au delà !) ne demandent pas non plus une visite annuelle, donc là aussi des coûts d’entretien réduits et en pratique selon les lieux et usages elles durent entre 15 et 25 ans.

    C’est assurément les 2 meilleures solutions en termes de bilan énergétique, d’absence de pollution, de coûts d’entretien réduits, de simplicité d’usage et souvent de coûts d’achat à présent.

    Exemple de Pac avec Cop de 4,9 (Toshiba)

    http://www.batipresse.com/2017/11/17/pompe-a-chaleur-air-eau-toshiba-lance-la-derniere-nee-de-la-gamme-la-pac-estia-45-kw/

    Enfin si on couple solaire et pompe à chaleur on peut monter à des Cop de 6 voire plus mais ces produits couplés sont malheureusement encore assez rares sur le marché français et plus fréquents notamment en Allemagne.

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  • ou encore Daikin ECH2O Sun, association panneau solaire hybride Dualsun et pompe à chaleur Daikin avec ballon (ex Rotex) en polypropylène donc poids léger, très isolés donc meilleur bilan et plus longue durée de vie que les ballons classiques :

    – autonomie énergétique pour la production d’électricité, du chauffage et eau chaude sanitaire et du rafraîchissement

    https://dualsun.fr/votre-projet/ech2o-sun-une-offre-multi-energie/

    .

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