Quelle croissance pour le parc nucléaire mondial d'ici 2030 ? - L'EnerGeek

Quelle croissance pour le parc nucléaire mondial d’ici 2030 ?

Sequoyah_nuclear_plant_photo_PhotorushL’énergie nucléaire va continuer à croître à l’échelle mondiale au cours des prochaines années. C’est en tout cas ce que soutient l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) dans sa dernière étude en date, « Énergie, Électricité et Nucléaire : estimations jusqu’en 2050 ». Les membres de cette organisation chapeautée par l’ONU estiment en effet que les revers subis par l’atome au cours des dernières années (concurrence des énergies renouvelables subventionnées, catastrophe de Fukushima, baisse des prix du gaz…) ont simplement ralenti le rythme de sa croissance. Elle devrait être soutenue dans les années à venir par le besoin d’une énergie stable et non émettrice de CO2.

 

Une croissance assurée, quel que soit le scénario

Dans la 35ème édition de son étude centrée sur la production du parc nucléaire mondial, publiée mardi 8 septembre, l’AIEA s’est basée sur les statistiques de l’agence Power Reactor Information System ainsi que sur les projections nationales (pays par pays) de l’OCDE. L’objectif étant de calculer la future croissance du parc nucléaire mondial. Quel que soit le scénario envisagé, l’AIEA affirme que la capacité nucléaire mondiale augmentera au cours des prochaines décennies.

Dans sa projection basse, un scénario « conservateur mais plausible », l’AIEA estime que l’énergie nucléaire devrait atteindre 385,3 GW de puissance d’ici l’horizon 2030. Soit une croissance de 2,4% à par rapport à l’année 2014 (et ses 376,2 GW). Si le taux de croissance de la demande en électricité se maintient à ses niveaux actuels (caractéristique principale du scénario de la projection haute), la capacité nucléaire pourrait même atteindre une puissance de 631,8 GW en 2030. Soit une croissance de 88%!

Si leur fourchette de prévisions est donc très large, les auteurs de cette étude arrivent dans tous les cas à la conclusion que l’énergie nucléaire maintiendra, à l’échelle internationale et sur le long terme, son rôle dans le mix énergétique à faible émission carbone. Les incertitudes politiques (sortie du nucléaire liée à la période post-Fukushima, évolution des subventions aux renouvelables) et économiques (faibles prix du gaz, crise financière…) sont des facteurs qui auront toutefois une influence déterminante sur le taux de croissance de l’atome.

« Nos projections basses montrent que pour chaque unité de production nucléaire qui prendra sa retraite, une autre unité sera construite quelque part, dans le monde, d’ici 2030. Et dans le cas de notre hypothèse haute, le parc nucléaire mondial se développera à environ 1,7 fois sa capacité actuelle », explique David Shropshire, directeur de la section des recherches économiques de l’IAEA.

 

Une croissance tournée vers l’Est

À l’échelle régionale, l’AIEA estime que c’est en Extrême-Orient (et notamment en Chine et en Corée du Sud) que l’atome va voir sa place croître de la manière la plus importante. La puissance nucléaire y atteindra entre 131,8 GW (hypothèse basse) et 219 GW (hypothèse haute) de puissance d’ici 2030.

Le Moyen-Orient (avec la concrétisation d’un premier projet aux Émirats Arabes Unis), l’Asie du Sud (6 réacteurs en cours de construction en Inde) et l’Europe de l’Est (Russie et Biélorussie notamment) sont également des régions où l’atome devrait connaître une forte croissance au cours des prochaines décennies.

A contrario, la plus forte baisse est projetée en Europe Occidentale, avec une réduction comprise entre 62,7 GW (hypothèse basse) et 112 GW (hypothèse haute) de la capacité nucléaire du Vieux Continent. Cette tendance est tirée par la sortie progressive du nucléaire en Allemagne, décidée après l’accident de Fukushima.

Enfin, du côté du continent nord-américain, il est plus difficile de dégager une tendance, l’énergie nucléaire est encouragée par l’administration Obama en tant que source d’énergie décarbonée, mais les exploitants font face à des difficultés économiques en raison, notamment, de l’abondance de gaz et de pétrole de schiste bon marché.  L’hypothèse basse prévoit une diminution de 92 GW de la puissance du parc nucléaire nord-américain, alors que l’hypothèse haute table sur une augmentation de 139,7 GW.

L’AIEA a toutefois tenu à souligner que ses projections n’ont pas vocation à être des prédictions. « Ces estimations doivent être considérées comme des tendances générales de croissance, dont la validité doit être constamment soumis à un examen critique », a rappelé Andrii Gritsevskyi, analyste à l’AIEA

Crédit photo : Photorush

Rédigé par : guy-belcourt

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