Crise en Ukraine : l'Allemagne revoit sa stratégie énergétique - L'EnerGeek

Conflit en Ukraine : l’Allemagne veut repenser sa stratégie énergétique

Conflit en Ukraine : l’Allemagne veut repenser sa stratégie énergétique

Dimanche 27 février, le chancelier allemand Olaf Scholz a abordé les enjeux énergétiques liés au conflit en Ukraine. L’Allemagne, très dépendante du gaz russe, envisage plusieurs options pour reprendre en main son indépendance énergétique. Parmi les scénarios évoqués par le chancelier : le recours prolongé au charbon. Berlin n’exclut pas non plus d’investir dans le nucléaire.

Le gaz russe au cœur des inquiétudes allemandes

La semaine dernière, le pays a suspendu la certification du gazoduc Nord Stream 2, qui devait augmenter significativement les importations de gaz russe sur le sol allemand. Dans le cadre de sa transition énergétique, l’Allemagne a parié sur les énergies renouvelables mais aussi sur le gaz. Ainsi, entre 2000 et 2020, sa consommation d’énergie a évolué vers une plus forte dépendance au gaz. De 21% de part dans la consommation d’énergie allemande, le gaz est passé à 26% en 2020. Dans le même temps, la part du charbon a baissé de 25% à 15% Et la part du nucléaire a été réduite de moitié.

Le gaz joue un rôle crucial dans la stratégie énergétique de l’Allemagne. Si le pays parie sur les énergies renouvelables, il souhaite pallier leur intermittence en ayant recours au gaz pour lisser sa production d’énergie. Or, 55% du gaz consommé par l’Allemagne est importé de Russie. Bien plus que la Norvège et les Pays-Bas, deux autres pays fournisseurs de gaz pour l’Allemagne. Ils représentent respectivement 30,6% et 12,7% des importations de gaz.

Stratégie énergétique : l’Allemagne veut « changer de cap »

“Les événements de ces derniers jours ont montré qu’une politique énergétique responsable et tournée vers l’avenir est décisive non seulement pour notre économie et l’environnement, mais également pour notre sécurité. Le constat d’Olaf Scholz est amer. Et pour cause : devant le Bundestag, réuni en session extraordinaire le dimanche 27 février, le chancelier d’Allemagne a évoqué la nécessité de repenser la stratégie énergétique nationale.

Quelle stratégie énergétique pour l’Allemagne ? Le chancelier allemand a été clair. “Nous devons changer de cap pour surmonter notre dépendance à l’égard des importations de fournisseurs d’énergie individuels.” Concrètement, Berlin envisage d’augmenter sa capacité de stockage de gaz naturel sur son territoire. Et cette nouvelle stratégie passe aussi par la construction de deux nouveaux terminaux de GNL dans le nord de l’Allemagne.

Charbon et nucléaire à nouveau à l’ordre du jour

Mais la réponse sur le long terme ne passera pas seulement par le gaz. Le chancelier Scholz a annoncé la remise à plat de la stratégie énergétique de l’Allemagne sur deux sujets d’importance : le charbon et le nucléaire. L’Allemagne devait sortir du nucléaire d’ici la fin d’année 2022. Actuellement, le pays ne dispose plus que de trois centrales nucléaires encore en activité. Et elle ambitionnait de sortir du charbon à l’horizon 2030. Le maintien de cette feuille de route n’est désormais plus acquis. Et Berlin souhaite revenir à un mix énergétique plus diversifié pour limiter la dépendance aux ressources gazières.

D’après Robert Habeck, le vice-chancelier et ministre allemand de l’économie et membre du parti écologiste, le gouvernement considère actuellement le charbon et le nucléaire comme des options sérieuses. “Il n’y a pas de tabou sur les délibérations” a-t-il déclaré. Le gouvernement devra rapidement trancher sur le prolongement d’activité pour les centrales à charbon allemandes. Elles sont encore 63 sur le territoire. Sur le sujet du nucléaire, Robert Habeck a confirmé que des discussions allaient avoir lieu pour envisager un prolongement de l’activité de ses trois derniers réacteurs. S’agissant de la prolongation d’activité nucléaire, le ministre a déclaré : “Je ne la rejetterais pas pour des raisons idéologiques.”

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • L’Allemagne a déclaré après examen préliminaire que la prolongation d’Isar 2, Emsland et Neckarwestheim, ses 3 unités nucléaires restantes ne lui serait aucunement utile durant l’hiver 2022/2023.

    Les préparatifs des arrêts sont déjà si avancés en effet que les centrales nucléaires ne pourraient continuer à fonctionner dans les conditions de sécurité les plus élevées et avec des approvisionnements en combustible qui n’ont pas encore été sécurisés en plus d’un manque de personnel formé.

    Le ministère allemand de l’économie souhaite désormais accélérer l’adoption de la loi sur les sources d’énergie renouvelables (EEG) par le Parlement afin qu’elle puisse entrer en vigueur le 1er juillet 2022.

    Le pays suspendrait cette année la réduction des subventions accordées aux nouveaux panneaux solaires installés sur les toits et augmenterait le nombre d’appels d’offres pour l’énergie solaire, qui passerait de 5 GW à l’heure actuelle à 20 GW d’ici 2028, puis serait maintenu à ce niveau jusqu’en 2035.

    Elle augmenterait également le volume des appels d’offres pour l’énergie éolienne terrestre à 10 GW par an d’ici 2027, contre environ 2 GW actuellement, et les maintiendrait à ce niveau jusqu’en 2035.

    Ces mesures permettraient aux sources renouvelables de couvrir 80 % des besoins en électricité d’ici 2030 et la totalité d’ici 2035, alors que l’objectif précédent était d’abandonner les combustibles fossiles “bien avant 2040.

    D’ici 2035, la capacité d’énergie éolienne terrestre de l’Allemagne devrait doubler pour atteindre 110 GW, l’énergie éolienne en mer devrait atteindre 30 GW et l’énergie solaire devrait plus que tripler pour atteindre 200 GW.

    Pour promouvoir l’énergie éolienne en mer, l’Allemagne autoriserait un nouveau type de contrat permettant aux opérateurs de réaliser des bénéfices supplémentaires si les prix de l’électricité sont élevés.

    https://www.euractiv.com/section/energy/news/germany-considers-keeping-nuclear-power-plants-online/

    .

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  • Un site de déchets nucléaires ukrainien touché par des missiles lors d’un assaut russe sur Kiev

    Deux installations ukrainiennes contenant des déchets nucléaires ont subi des dommages au cours de l’invasion russe.

    Des missiles ont touché un site de stockage de déchets radioactifs à Kiev et un transformateur électrique a été endommagé dans un dépôt similaire à Kharkiv, selon un e-mail de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Les inspecteurs attendent toujours les mesures de rayonnement des autorités locales pour déterminer l’étendue des dégâts.

    “Ces deux incidents mettent en évidence le risque très réel que les installations contenant des matières radioactives subissent des dommages pendant le conflit, avec des conséquences potentiellement graves pour la santé humaine et l’environnement”, a déclaré le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi.

    Le conseil des gouverneurs de l’AIEA tiendra une réunion extraordinaire mercredi à Vienne pour discuter de la situation actuelle en Ukraine.

    L’Ukraine est le deuxième producteur européen d’énergie nucléaire après la France. Energoatom, le service public qui gère ses réacteurs, a continué à exploiter ses quatre centrales abritant 15 réacteurs alors même que l’incursion militaire russe se déroulait. L’énergie atomique génère environ la moitié de l’électricité du pays.

    La Russie s’est également emparée de la zone autour de la centrale nucléaire fermée de Tchernobyl lors de son avancée

    L’Agence internationale de l’énergie atomique a déclaré : “Nous n’avons jamais vu de guerre à grande échelle dans un pays qui exploite des installations nucléaires”

    Six des 15 réacteurs ont été déconnectés du réseau électrique pour réduire les besoins de refroidissement, selon l’Inspection nationale de la réglementation nucléaire d’Ukraine. Les 15 réacteurs de l’ère soviétique avaient fourni la moitié de l’électricité du pays en temps normal.

    Les deux parties se disputent le contrôle du plus grand complexe nucléaire d’Ukraine de Zaporijia.

    Les experts ont sonné l’alarme qu’une frappe par inadvertance par un missile ou une attaque aérienne pourrait déclencher une catastrophe.

    “Il est extrêmement important que les centrales nucléaires ne soient en aucun cas menacées”, a déclaré le directeur général de l’AIEA. Sans nommer l’accident catastrophique de Tchernobyl, qui s’est produit il y a quatre décennies, Grossi a déclaré qu'”un accident impliquant les installations nucléaires en Ukraine pourrait avoir de graves conséquences”.

    Le complexe de Zaporijia, à 140 miles en amont du Dniepr depuis la mer Noire, compte six réacteurs, plus que tout autre site de la flotte nationale ukrainienne. Trois d’entre eux font partie des réacteurs déconnectés du réseau.

    Déconnecter les réacteurs du réseau électrique ne garantit pas des conditions sûres et n’élimine pas le besoin d’électricité, ont averti les experts. Si le réseau est endommagé ou tombe en panne, les réacteurs doivent se tourner vers des générateurs diesel de secours. Mais la chaleur résiduelle reste énorme dans le noyau.

    Par ailleurs les piscines ouvertes, qui ressemblent à des piscines ordinaires, se trouvent à l’intérieur de bâtiments qui ne sont pas aussi robustes que d’autres structures

    https://time.com/6152144/ukrainian-nuclear-waste-sites-damaged/

    .

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  • C’est ça le débile de service….
    Les allemands vont remplacer les 40 milliards M3 de gaz qu’ils achètent chaque année à Gazprom par des panneaux solaires recouvert de neige en hiver et des éoliennes qui tournent 1 jour sur 3.

    On se demande pourquoi personne n’y a pensé plus tôt.

    Peut-être que si ils en mettent suffisamment des éoliennes, elle finiront par tourner 24 heures sur 24, non ?

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  • Sam Sam est aussi inculte dans le domaine de l’énergie qu’il est impoli, et c’est peu dire !

    Pas la peine de perdre son temps avec un gros connard incompétent qui vote Marine le Pen prise en photo lorsqu’elle était petite sur les genoux d’un responsable du KGB attestant de la proximité des le Pen en son temps avec les soviets et qui a toujours soutenu l’envahisseur et à présent malade Poutine dont les banques l’ont financée et qui a été reçue par Poutine lors des élections de 2017

    Le même Sam Sam chauffé au gaz et incapable malgré sa vantardise maladive chronique de proposer la moindre solution pour la transition de son seul immeuble et qui prétend donner son avis à propos de projets et de pays entiers.

    Sam Sam va payer cher son gaz et c’est tant mieux il ne fait que les mauvais choix énergétiques, politiques et autres c’est un gros pollueur et le plus débile des intervenants que j’ai pu croiser sur les différents sites !

    Enfin juste un détail que Sam Sam qui croit que les renouvelables se résument à l’éolien et au solaire et qui n’approfondit jamais aucun sujet :

    La Californie, 5e puissance économique mondiale, a accéléré son programme de passage aux 100% renouvelable d’ici 2050 et après de multiples modélisations, concertations etc avec tous les opérateurs et intervenants vise déjà 73% de renouvelables d’ici 2032, c’est à dire 10 ans.

    On connaît les quantités de gaz disponibles aux Etats-Unis de même que leur prix bas. Et pourtant la Californie souligne qu’elle n’en utilisera que très peu et accroît sa part de stockage.

    Je ne remets pas les documents concernés que j’ai publié pour preuve ici il y a peu, Sam Sam qui est un arriéré et total abruti n’a qu’à faire l’effort de chercher, çà le fera peut être progresser un peu, si c’est possible

    Pour info certaines modélisations que j’ai pris la peine de lire sur la Californie font plus de 1000 pages.

    De plus les commentaires ne sont jamais documentés et sont issus de son imaginaire, c’est donc un imposteur et il n’apporte strictement rien à un sujet pourtant essentiel comme on le voit dans le contexte actuel de l’invasion de l’Ukraine où la géopolitique de l’énergie est également concernée.

    Sam Sam retourne dans ta poubelle que tu n’aurais jamais du quitter !

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  • La Californie… vous parlez de l’Etat américain qui a connu des blackouts retentissants les étés derniers en raison d’un développement irréfléchi d’énergie solaire ?
    Pour autant la solution pour lutter contre l’intermittence du solaire n’est pas d’augmenter la capacité installée en turbines à gaz, émettrices de CO2 comme chacun sait.
    Il y a bien mieux à faire…

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  • @ Studer :

    Les pannes en Californie et Texas ont été largement documentées au plan scientifique donc pas la peine d’essayer de propager des fake news à l’encontre des renouvelables çà n’apporte strictement rien et montre une fois de plus votre méconnaissance des renouvelables

    Si vous aviez analysé sérieusement à partir de sources scientifiques le cas de la Californie et du Texas vous auriez eu la démonstration que les problème ne provenaient pas du solaire ou de l’éolien.

    La Californie confirme qu’elle ne fait pas le choix du gaz mais du stockage et des renouvelables et que c’est le choix le moins coûteux comme les multiples modélisations l’ont démontré (lien plus bas)

    Les coupures de courant ont été courtes et le bilan ne remet pas en cause le solaire mais des mécanismes de marché, un trop plein de fourniture à des Etats voisins alors qu’une vague de chaleur annoncée arrivait, et notamment un manque de stockage.

    Le solaire n’est pas en cause.

    Pour le Texas il y a eu au contraire accroissement du vent durant la période froid comme le plus souvent ailleurs dans ce cas. La climatologie n’est pas votre spécialité donc çà vous aura échappé. Les éoliennes n’étaient pas isolées et des connexions avec des Etats voisins manquantes

    Le gaz a été bien plus perturbé et le nucléaire l’a été lui-même. L’éolien ne l’aurait pas été mais aurait d’autant fourni puisque la ressource venteuse augmentait, si les éoliennes avaient été isolées.

    Par ailleurs le classement de la France en matière de sécurité d’approvisionnement électrique est plus mauvais que celui de l’Allemagne et du Danemark qui ont plus de renouvelables

    Quand on arrête un parc nucléaire l’intermittence est beaucoup plus longue.

    En cas de conflit vous pouvez constater que la sécurité énergétique nucléaire est voisine de zéro et que l’on n’est pas à l’abri de tirs lourds de conséquences sur des sites de stockage tout comme pire encore sur des réacteur, autrement dit vous avez plusieurs Tchernobyl en puissance et çà met durablement un pays à genoux en très peu de temps.

    Vous n’avez pas ces problèmes avec les renouvelables qui ne se résument d’ailleurs pas juste au solaire et à l’éolien, loin s’en faut

    Dès lors qu’il y a une guerre en Ukraine avec des conséquences qui vont durer, vous auriez intérêt à mettre sérieusement à jour vos connaissances dans l’énergie car ce n’est certainement pas avec le délai de constructions de réacteurs nucléaires et leurs risques dont les sites de stockage associés en cas de conflit que l’on va pouvoir faire face rapidement à la situation et de la manière la plus sûre.

    Lisez notamment les meilleures sources scientifiques spécialisées récentes au lieu des tribunes de retraités la plupart non spécialistes en énergie du Monde de l’énergie qui répètent les mêmes âneries à longueur de temps depuis des années ce qui ne règle absolument pas le problème.

    https://www.cpuc.ca.gov/news-and-updates/all-news/cpuc-approves-long-term-plans-to-meet-electricity-reliability-and-climate-goals

    .

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