Allemagne : la nouvelle coalition tourne résolument le dos au charbon - L'EnerGeek

Allemagne : la nouvelle coalition tourne résolument le dos au charbon

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Ce 8 décembre 2021, la nouvelle coalition au pouvoir en Allemagne, avec le social-démocrate Olaf Scholz à sa tête, a démarré son mandat. Sur l’énergie, le contrat de coalition qui lui sert de feuille de route prévoit une sortie du charbon huit ans plus tôt que prévu, en 2030, et une accélération inédite de l’éolien et du photovoltaïque. Le texte, en revanche, n’évoque pas la question du gaz naturel ni les transports.

En Allemagne, la coalition « feu tricolore » indique un « feu rouge » pour le charbon

L’Allemagne est entré dans le règne du « feu tricolore » (« Ampel » en VO), le surnom donné à la nouvelle coalition au pouvoir, composée des socio-démocrates du SPD (rouge) du nouveau chancelier Olaf Scholz, des libéraux du FDP (jaune) et des écologistes des Verts.

Les trois partis ont négocié un programme, le contrat de coalition, qui leur servira de feuille de route pour les quatre prochaines années, même s’il n’a rien de contraignant. En terme énergétique, le texte prévoit une sortie du charbon à marche forcée, bien plus rapide que prévue précédemment, dès 2030 (au lieu de 2038 dans les précédents prévisionnels).

Pour favoriser cette sortie par des orientations de marché (les libéraux sont au gouvernement !), le contrat se montre favorable à l’augmentation de la taxe carbone. Il propose même d’instaurer une taxe carbone aux frontières, une mesure défendue par la France depuis des mois, mais que le gouvernement Merkel refusait obstinément.

De ce point de vue, la donne semble avoir changé : « Nous utiliserons l’Union européenne et les instances internationales, en collaboration avec des partenaires européens, pour lancer une initiative visant à créer un club climatique international ouvert à tous les États, avec un prix minimum unique pour le CO2 et un mécanisme de compensation à la frontière », précise dans le contrat.

« Ce nouvel accord signifie échec et mat pour le charbon en Allemagne. Désormais, le nouveau gouvernement allemand ne devrait pas gaspiller davantage d’argent public pour dédommager les opérateurs de lignite pour qu’ils se retirent d’une entreprise non rentable et nuisible, mais plutôt utiliser cet argent pour une énergie durable et renouvelable et pour assurer une transition juste », se félicite Riccardo Nigro, coordinateur de la campagne contre la combustion du charbon au Bureau européen de l’environnement.

Un plan de déploiement des renouvelables très (trop ?) ambitieux

Mais fermer les centrales au charbon en 2030, après avoir fermé les dernières centrales nucléaires fin 2022, impose un changement de rythme soutenu sur l’installation des renouvelables.

C’est justement l’ambition du nouveau gouvernement, qui peut sembler démesurée : la coalition vise les 80% d’EnR dans le mix électrique en 2030, soit un doublement de la production électrique renouvelable (de 300 à 600 TWh) à cette date, avec 200 GW de puissance photovoltaïque installée (contre 54 GW aujourd’hui), et 2% du territoire allemand conscrée à l’éolien terrestre.

Pour tenir ce pari, l’Allemagne devra installer en huit ans autant de renouvelables que sur les 20 dernières années, et donc tripler le rythme d’installation de l’éolien terrestre et du photovoltaïque, dans un contexte où l’acceptabilité de l’éolien est en chute libre, et où des errements réglementaires ont provoqué un ralentissement des installations. Qui plus est, l’installation d’éolienne est de la compétences des Länder, ce qui promet quelques passes d’arme.

En revanche, le document ne mentionne pas la décarbonation des transports (qui sont intégré au ministères du numérique, confié aux libéraux, et donc hors du champ du super-ministère de l’Environnement), ni le gaz naturel. La part du gaz dans le mix électrique allemand devrait donc se maintenir, voire augmenter, ce qui semble inévitable pour assurer un minimum de stabilité à un réseau électrique allemand qui risque de souffrir avec autant de renouvelables intermittents.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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