Peindre une seule pale en noir réduit de 70 % les collisions avec les oiseaux : les ornithologues n’en reviennent toujours pas

Peindre une pale d’éolienne en noir a réduit de plus de 70 % les collisions avec les oiseaux.

Publié le
Lecture : 2 min
Peindre une seule pale en noir réduit de 70 % les collisions avec les oiseaux : les ornithologues n'en reviennent toujours pas
Peindre une seule pale en noir réduit de 70 % les collisions avec les oiseaux : les ornithologues n’en reviennent toujours pas © L'EnerGeek

Présentées comme une source d’énergie écologique, les éoliennes sont aussi critiquées pour leurs effets sur les oiseaux. La crainte principale concerne les collisions entre les grands rapaces et les pales en rotation. R. May, T. Nygård et U. Falkdalen ont cherché des moyens de réduire cette mortalité.

Ce qu’ils ont essayé et ce que ça a donné

Le parc éolien de Smøla, en Norvège, et les parcs éoliens offshore de la baie d’Aberdeen ont servi de terrains d’essai. Le principe : peindre en noir une seule pale du rotor sur chaque turbine. Cette solution simple et peu coûteuse casse l’effet de flou que produisent les pales blanches en tournant. Le rotor devient plus visible, et les oiseaux repèrent mieux les turbines pour les éviter.

Les résultats sont nets. Sur les turbines à pale noire, la mortalité des oiseaux a baissé de plus de 70 % par rapport aux turbines non modifiées. À Aberdeen, aucune collision n’a été enregistrée. Le pygargue à queue blanche, une espèce vulnérable, fait partie des oiseaux qui en ont le plus profité.

L’étude scientifique et qui était impliqué

L’étude s’appuie sur un plan Avant-Après-Témoin (BACI) mené sur plusieurs années. Les chercheurs J. Åström et Ø. Hamre y ont participé, de même que des acteurs techniques comme Vattenfall et BioConsult SH GmbH & Co. KG.

Parue en 2020 dans la revue Ecology and Evolution, elle s’intitule « Paint it black: Efficacy of increased wind turbine rotor blade visibility to reduce avian fatalities ». Ses chiffres plaident pour faire de cette méthode un standard de protection des oiseaux.

Faire cohabiter énergies renouvelables et vie sauvage

Pour energieTEAM, chaque projets éoliens devrait être précédé d’études environnementales poussées. Au-delà de la peinture, d’autres dispositifs s’ajoutent, surtout autour des parcs offshore : systèmes de détection de l’avifaune (SDA) équipés de caméras intelligentes, effaroucheurs visuels et sonores. Ces systèmes portent jusqu’à 500 mètres et déclenchent un arrêt temporaire du rotor dès qu’un oiseau s’approche de trop près.

Sur le terrain, on pose aussi des perchoirs et des nichoirs pour éloigner les oiseaux des zones à risque et les abriter, et on protège les busards pendant la nidification. Toutes ces mesures montrent qu’on peut développer les énergies renouvelables sans sacrifier la faune.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.