La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié ce lundi 20 juillet une délibération chiffrant les charges de service public de l’énergie prévues pour 2027. D’après Cnews, le montant annoncé devrait atteindre 14,2 milliards d’euros en 2027, en hausse de 16,7 % par rapport aux 12,3 milliards d’euros constatés pour 2026.
Cette évaluation figure dans une délibération datée du 15 juillet 2026, première estimation formelle pour l’année 2027. Le régulateur y détaille poste par poste ce que l’État et les consommateurs devront débourser pour financer le rachat d’électricité renouvelable à prix garanti, le soutien au biométhane et la péréquation tarifaire outre-mer.
Deux financeurs, des montants très différents
Sur les 14,2 milliards d’euros, 10,67 milliards proviendront du budget de l’État, donc du contribuable. C’est 11,1 % de plus que les 9,06 milliards déboursés en 2026. Les 3,56 milliards restants seront couverts par une fraction de l’accise sur l’électricité, une taxe payée par chaque consommateur sur sa facture, destinée à compenser le coût plus élevé de la production dans les zones non interconnectées au réseau métropolitain, essentiellement l’Outre-mer et les territoires insulaires.
Le photovoltaïque reste, et de loin, le premier poste de dépense avec 4,6 milliards d’euros. Viennent ensuite l’électricité en Outre-mer (3,7 milliards), l’éolien terrestre et le biométhane injecté (1,4 milliard chacun), puis l’éolien en mer (1,3 milliard).
Ce ne sont pas les prix qui grimpent, mais les volumes
Selon la CRE, les charges liées aux renouvelables électriques et à la cogénération au gaz en France hexagonale progresseront d’un milliard d’euros en 2027, principalement parce que les volumes soutenus augmentent de 9,7 térawattheures. Le soutien au biométhane injecté ajoute, lui, 300 millions d’euros, porté par une hausse de 1,6 TWh des volumes couverts.
Le coût du soutien rapporté à chaque mégawattheure produit s’est en réalité stabilisé autour de 91,2 €/MWh prévus en 2027, un niveau comparable à celui d’avant la crise de l’énergie. La France soutiendra 98 TWh d’électricité renouvelable en 2027, contre 89 TWh en 2026, une trajectoire fixée par la programmation pluriannuelle de l’énergie.
Pour 2026, les charges sont finalement révisées à la baisse, à 12,3 milliards d’euros, soit 631 millions de moins que prévu un an plus tôt. Deux facteurs l’expliquent : une régularisation à la baisse des primes versées à certaines installations photovoltaïques, et la hausse des prix du gaz, qui réduit mécaniquement le soutien versé au biométhane.
Le mécanisme qui structure toute cette dépense repose sur des contrats pour différence : l’État garantit aux producteurs un prix fixé à l’avance, et compense l’écart quand le prix de marché est plus bas. Plus les capacités installées augmentent, plus les volumes couverts par ces garanties grossissent, exposant davantage les finances publiques quand les prix de gros baissent.
Le système fonctionne aussi à l’envers : pendant la crise énergétique de 2022 et 2023, quand les cours se sont envolés, les producteurs ont reversé environ 5,5 milliards d’euros à l’État. En isolant les seuls renouvelables électriques et le biométhane, le soutien approchera 9,8 milliards d’euros en 2027, contre 3,9 milliards en 2024. La dépense aura donc plus que doublé en trois ans.






