Le 28 février 2026 marque un tournant pour les marchés énergétiques mondiaux. Six mois après les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, les importateurs de combustibles fossiles ont déboursé 330 milliards de dollars supplémentaires, soit 55 milliards par mois. Ce chiffre impressionnant dissimule une réalité variée : le diesel a grimpé de 59% au-delà des prévisions, le pétrole brut de 35%, tandis que le gaz naturel liquéfié (GNL) a connu une hausse de 75% en Asie, alors qu’il a diminué de 9% aux États-Unis. Trois produits, trois dynamiques distinctes.
Impact différencié de la crise d’Ormuz sur les prix énergétiques
Entre mars et août 2026, le Brent, référence mondiale du pétrole brut, s’est négocié en moyenne à 93 dollars le baril, selon le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA). Ce niveau, inédit depuis décembre 2022, a dépassé les prix d’avant la crise durant 94% du temps. Le 27 février, les marchés à terme prévoyaient une année 2026 relativement stable, mais dès le 2 mars, sept des huit principaux indices de prix ont flambé. Le pic a été atteint le 23 juillet avec 105 dollars, avant une stabilisation à 84 dollars. Cet écart de 35% par rapport aux prévisions souligne la difficulté des modèles financiers à intégrer le risque géopolitique du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 à 25% du pétrole mondial.
Le diesel a explosé tous les records, enregistrant une hausse de 59% par rapport aux attentes et surpassant le pétrole brut en termes d’impact. Sur 170 pays étudiés, 134 voient leurs coûts de carburant professionnel augmenter considérablement, affectant le transport routier, l’agriculture, l’industrie et la logistique. Luke Wickenden, analyste au CREA, cité par Euronews, souligne que la meilleure façon de contrer cette flambée est de réduire la dépendance au pétrole. Le diesel montre la vulnérabilité structurelle des économies face aux produits pétroliers raffinés, plus sensibles aux perturbations d’approvisionnement que le brut.
Le GNL a subi une fragmentation géographique sans précédent. En Asie, les prix ont bondi de 75%, tandis qu’en Europe, ils ont augmenté de 60%, alors que les États-Unis ont connu une baisse de 9%. L’écart de 85 points de pourcentage entre les marchés asiatiques et américains reflète une déconnexion totale, l’Asie dépendant fortement des importations maritimes via Ormuz, tandis que les États-Unis bénéficient de leur production intérieure de gaz de schiste.
Les prévisions du 27 février et leur échec face à la réalité
Le CREA a comparé les prix à terme du 27 février 2026 aux prix réels observés entre mars et août. Les traders prévoyaient une stabilité, mais la crise a révélé la dépendance des importateurs aux combustibles fossiles maritimes. Les produits raffinés et le GNL ont tous dépassé les attentes, mettant en évidence les faiblesses spécifiques de chaque secteur. Selon l’AJOT Newsroom, ce choc de 330 milliards est le plus important depuis la guerre du Golfe de 1990.
La volatilité des marchés était à son comble avec le Brent atteignant 105 dollars le 23 juillet, avant de redescendre à 84 dollars. Des facteurs tels que la reconstitution partielle des flux maritimes, la libération de réserves stratégiques et le ralentissement de la demande chinoise ont contribué à cette baisse. Cependant, la nervosité reste élevée, chaque événement diplomatique ou incident naval pouvant provoquer des fluctuations brutales.
Conséquences sur les économies majeures et stratégies d’approvisionnement
L’Union européenne a absorbé 78 milliards de dollars de surcoûts, suivie par la Chine avec 35 milliards et l’Inde avec 22 milliards. Les Pays-Bas, l’Italie, la France et l’Espagne ont dépensé 41 milliards d’euros de plus sans augmenter leurs importations. Selon Down to Earth, les pays à revenu faible ou moyen supportent une charge proportionnellement deux fois plus lourde que les économies riches. L’Inde, malgré sa taille économique, voit sa facture énergétique exploser, compliquant ses ambitions industrielles.
Le détroit d’Ormuz, passage stratégique, voit transiter un cinquième à un quart des flux pétroliers mondiaux. La fermeture de cette voie, même temporaire, paralyse l’approvisionnement énergétique mondial. Les événements de février 2026 ont mis en lumière cette vulnérabilité. Toutefois, les investissements en énergies renouvelables ont permis des économies de 36 milliards de dollars durant les cinq premiers mois de crise. Luke Wickenden souligne que le pétrole et le gaz représentent un talon d’Achille pour l’économie mondiale, plaidant pour une transition énergétique accélérée.
La crise d’Ormuz de 2026 a exposé les failles du système énergétique mondial. Les pays pauvres payent proportionnellement plus que les riches, tandis que les investissements dans les énergies renouvelables deviennent des boucliers économiques. La facture de 330 milliards en six mois pose une question cruciale : combien coûtera la prochaine crise et combien auraient pu être économisés grâce à des investissements massifs dans l’électrification et les renouvelables ?






