Impact climatique des bâtiments : l’Union Européenne encore loin du compte - L'EnerGeek

Impact climatique des bâtiments : l’Union Européenne encore loin du compte

impact climatique batiments union europeenne loin compte - L'Energeek.jpg

Le dernier rapport du Building Performance Institute Europe (BPIE) sur l’impact climatique des bâtiments dans l’Union Européenne, publié ce 18 janvier 2022, est sans ambigüité : les législations actuelles sont très nettement insuffisantes pour atteindre la neutralité carbone en 2050, tant sur les performances énergétiques que sur la transition vers les renouvelables.

Le bâtiment, point aveugle et talon d’Achille de la transition énergétique européenne

Les bâtiments demeurent décidément le point aveugle et la talon d’Achille de la transition énergétique européenne, le secteur qui accuse le plus de retard sur les objectifs fixés par la Commission Européenne, et aussi le moins de prise de conscience, notamment médiatique. Le bâtiment représente pourtant 36 % des émissions de gaz à effet de serre, et 40 % des émissions de CO2 de l’Union Européenne.

Mais il demeure le secteur où la transposition sur les terrains des objectifs de transition énergétique est la plus difficile, car chaque bâtiment est un cas d’espèce. Imposer de larges politiques de rénovation ou de conversion aux renouvelables se heurte à l’inertie des promoteurs immobiliers, des professionnels du bâtiment et des propriétaires. Les mesures incitatives peinent à avoir des effets à grande échelle. Et trop peu d’Etats de l’Union ont osé mettre en place des législations contraignantes en la matière.

Le dernier rapport du cabinet Building Performance Institute Europe (BPIE), publié ce 18 janvier 2022 et baptisé Prêt pour la neutralité carbone en 2050 ?, va également dans ce sens, en analysant notamment les mesures prises par six pays ou zones géographiques (la Flandre, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Pologne et la France) dans quatre domaines jugés prioritaires : sortie des énergies fossiles, limitation des émissions carbone, part minimum réservée aux renouvelables, et mise en place de normes contraignantes pour limiter la consommation énergétique.

L’Union Européenne doit urgemment améliorer l’impact climatique des bâtiments

Le résultat est sans appel : seuls la Flandre et la France ont pris des mesures suffisamment ambitieuses dans un de ces quatre points. La France se voit félicitée pour l’interdiction des chaudières au fioul, programmée pour janvier 2022, et le développement des renouvelables dans le bâtiment, mais critiquée sur le manque de détails concernant la fin des des chaudières au gaz et, plus généralement, sur son plan de sortie des combustibles fossiles.

« Les résultats contenus dans ce rapport suggèrent que la décarbonation des nouveaux bâtiments dans l’UE se fait trop lentement et de manière incohérente. Il existe des doutes réalistes quant à la capacité des cadres politiques actuels à faire évoluer les nouveaux bâtiments de manière cohérente vers la neutralité carbone d’ici 2050 », détaille le rapport.

Certes, la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments est en cours de révision. Mais, selon BPIE, le projet présenté par la Commission Européenne (qui peut encore être amendé par le Parlement et / ou le Conseil Européen) manque encore cruellement d’ambition, notamment sur les niveaux de performance énergétique exigés.

Le rapport conseille donc à la Commission de profiter de cette révision pour « actualiser les définitions, les critères de performance énergétique et les critères de référence en matière d’énergies renouvelables, les niveaux d’ambition des normes, et d’autres éléments importants ».

Pour BPIE, la révision de cette directive « devrait se concentrer davantage sur la réduction de la demande d’énergie et sur la mise en œuvre du principe de l’efficacité énergétique. Des paramètres permettant de mesurer les émissions de carbone opérationnelles et intégrées devraient également être inclus dans la révision de la directive ».

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
jeu 3 Mai 2018
A l'instar du groupe français Total, qui vient de mettre la main sur Direct Energie, le principal fournisseur alternatif d'électricité et de gaz en France, la grande majorité des groupes pétroliers internationaux ont entamé leur diversification. Le respect des objectifs…
ven 14 Avr 2017
Mis à contribution l'hiver dernier dans le secteur de la production d'électricité, le gaz constitue une énergie d'appoint rapidement mobilisable permettant de couvrir de manière efficiente les pics de consommation hivernaux. Mais encore faut-il disposer des réserves suffisantes. Selon Storengy,…
mar 10 Sep 2019
Grand acteur de la production et de l’exportation de pétrole, l’Arabie saoudite a entamé une nouvelle ère sans changer de politique, avec le retrait de Khaled al-Faleh. L'ancien dirigeant à la tête d’Aramco et du ministère de l’Energie a été…
lun 20 Juin 2016
Les nouvelles préoccupations liées à la biodiversité imposent aux producteurs d'énergie, comme EDF ou Engie, de repenser leur politique environnementale, afin d'harmoniser leurs moyens de production avec les territoires d'implantation. Le parc de production thermique français, par exemple, s'inscrit depuis…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.