Grève des transports : quel impact environnemental pour la France ?

Grève des transports : quel impact environnemental pour la France ?

Après déjà plusieurs jours de mobilisation très suivie, la grève des transports bat son plein en France. Une grève qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement. Alors que de nombreux usagers des transports en commun reprennent leurs voitures, la pollution risque de repartir à la hausse. Une mauvaise nouvelle alors que la COP25 doit se clôturer vendredi 13 décembre 2019.

Record de bouchons en Île-de-France

Le mouvement de grève qui perdure en France a rebattu les cartes en matière de mobilité. Avec des transports en commun à l’arrêt et des jours de mobilisation qui se suivent, les Français reprennent massivement la voiture pour se rendre au travail. Un élan qui n’est pas sans dommages sur l’état des routes. En Île-de-France, un record d’embouteillages a été battu. Dans la matinée du 9 décembre, le site Sytadin a enregistré 628 km de bouchons, avec 631 km de ralentissements cumulés. Un chiffre qui dépasse largement la moyenne habituelle (environ 250 km de bouchons pour une journée normale). Par ailleurs, les organismes d’observation des routes ont constaté un lissage des bouchons sur presque toute la journée. Plusieurs pics ont ainsi été constatés l’après-midi, dès 14 heures.

La qualité de l’air sauvée par les pluies récentes…

Pour l’instant, l’impact en matière de pollution reste limité grâce à une météo “propice” à la grève. En effet, Airparif, l’institut en charge de la surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France, a publié ses premières constatations. Et contre toute attente, la situation est pour l’instant jugulée. Le 5 décembre 2019, Airparif avait prévu une qualité de l’air “Médiocre” et un indice de pollution élevé avec des “niveaux importants en particules PM10”. Ironiquement, la très faible densité de trafic ce jour-là a désamorcé la situation, et le pic de pollution attendu n’a pas eu lieu.

Les jours suivants, Airparif a constaté des pics de pollution causés par la très forte augmentation du trafic dans la région. Mais la pluie et le vent ont dispersé cette pollution. Si le contexte météo est “favorable”, il souligne aussi à quel point l’Hexagone est dépendant du climat pour assurer la qualité de son air. En cas d’absence de pluie, les indices de pollution remonteraient aussitôt au seuil d’alerte. Et pour jeudi 12 décembre alors ?…

… et le covoiturage !

Seule bonne nouvelle : face à la grève, les Français plébiscitent le covoiturage. Lundi 9 décembre, le gouvernement a exceptionnellement autorisé les véhicules transportant au moins trois personnes à circuler dans les voies habituellement réservées aux bus et taxis. Du côté des plateformes spécialisées dans le covoiturage, le report du trafic est évident. L’application BlaBlaCar a enregistré dix fois plus d’inscriptions depuis le début de la grève, avec un nombre de trajets quotidiens multiplié par quatre.

4 ans après la COP21, les émissions de CO2 sont en hausse

Paralysie des transports en commun, explosion du trafic routier, pollution atmosphérique dépendante de la météo… La situation climatique de la France est à l’image de la tendance mondiale. Malgré la prise de conscience grandissante des enjeux climatiques, ceux-ci sont souvent mis de côté pendant les crises sociales. Malgré la tenue de la COP25 à Madrid, l’année 2019 se termine sur une mauvaise note en matière de défense du climat. D’après le Global Carbon Project, qui a publié une étude le 4 décembre dernier, les émissions de CO2 n’ont pas diminué depuis la COP21. Malgré l’Accord de Paris et les mesures prises par les gouvernements, les émissions de CO2 ont augmenté de 4% depuis 2015. Pour la seule année 2019, l’augmentation devrait être de 0,6% au niveau mondial. Une réalité qui prouve que les efforts consentis ces dernières années ne sont pas encore au niveau. L’ONU n’a pas hésité de qualifier la période 2009-2019 de “décennie perdue” pour la défense climatique.

Pour commenter les effets néfastes de la grève actuelle sur le climat, Fabrice Bonnifet, le directeur du développement durable au sein du groupe Bouygues, a résumé la situation en estimant que “la non prise en compte aujourd’hui du climat condamne toute espérance de financement des retraites demain.”

 

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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