Bernard Deboyser : "nous sommes à l’aube d’une véritable révolution photovoltaïque"

Bernard Deboyser : “nous sommes à l’aube d’une véritable révolution photovoltaïque”

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Selon l’Agence internationale de l’énergie, le monde devrait accueillir d’ici 2024 près de 50% de capacités d’énergies renouvelables supplémentaires. Quelles innovations majeures soutiennent cette croissance dans le photovoltaïque et l’éolien ? Comment les réseaux électriques pourront s’adapter à ce nouveau mix énergétique ? L’EnerGeek a interrogé Bernard Deboyser, ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable.

  • Quelles perspectives se dessinent en termes d’innovation dans le secteur éolien et photovoltaïque ?

C’est surtout dans le domaine photovoltaïque que des innovations disruptives apparaissent. Elles permettront dans les prochaines années de réduire encore fortement le coût des installations, et en parallèle leur « dette énergétique ». La dette énergétique, c’est la quantité d’énergie nécessaire pour fabriquer un panneau. Le nombre d’années nécessaire à la rembourser avec la production du panneau (qu’on appelle « energy pay-back time » en anglais), est une donnée importante. Actuellement, cette dette est « remboursée » en 2,5 ans à peine dans le nord de l’Europe, et en 1,5 à 1 an seulement dans le sud. Ensuite, pendant les 25 à 29 années qui suivent, les panneaux produiront de l’énergie sans en consommer puisqu’ils ne nécessitent aucun entretien, aucune rénovation…

Les chercheurs et fabricants créent des cellules photovoltaïques de plus en plus minces et légères. En 13 ans, on est passé de 16 à 4 grammes par Watt crête (g/Wc). L’industrie utilise donc 4 fois moins de matière et d’énergie qu’auparavant pour fabriquer les cellules. Or, c’est le poste le plus gourmand en énergie dans la fabrication des panneaux. D’où la chute des prix. La filière met aussi au point de nouvelles méthodes pour la fabrication des cellules, comme la technologie « kerfless » qui permet d’économiser de la matière et de l’énergie et de réduire le nombre d’étapes dans leur fabrication. L’espoir vient surtout d’un nouveau type de cellules à base de perovskites, à la place du silicium. Cette innovation permet d’imprimer des cellules avec une simple imprimante semblable à une imprimante à jet d’encre. La technologie est au point et elle apparaît déjà sur le marché. Elle permet de réduire encore le prix et la dette énergétique. On ne parlera bientôt plus de panneaux mais de simples « films » photovoltaïques, toujours plus minces, légers et souples. Ils pourront recouvrir les façades des bâtiments, les carrosseries des voitures, ou même être portés sur nos vêtements. Nous sommes à l’aube d’une véritable révolution photovoltaïque.

Je voudrais aussi signaler que l’on observe de nouveaux usages du photovoltaïque comme le BIPV (Building Integrated Photovoltaics) ou Photovoltaïque Intégré au Bâtiment, l’agrovoltaïque qui est un concept permettant la production d’énergie photovoltaïque sur des terres cultivables, sans en impacter la productivité agricole, et le photovoltaïque flottant, y compris en mer. Un premier projet de ferme photovoltaïque flottante se développe au large des côtes hollandaises. Enfin, il ne faut pas oublier qu’à côté du photovoltaïque, une autre technologie solaire se développe fortement : c’est le solaire à concentration ou CSP, surtout dans les pays à fort ensoleillement où le potentiel est important. Un des avantages de cette technologie est qu’elle permet un stockage pendant plusieurs heures de l’énergie produite, en restituant pendant la nuit l’énergie générée pendant la journée.

Dans le domaine éolien, les innovations sont moins spectaculaires, mais les constructeurs développent des modèles d’éoliennes moins bruyantes, plus grandes et plus puissantes qui disposent d’un meilleur rendement. Des technologies sont aussi mises au point pour réduire les impacts sur l’avifaune, par exemple en arrêtant automatiquement les éoliennes lorsque certaines conditions météo favorables aux sorties de chauve-souris sont remplies. Ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. Et puis, c’est évidemment dans l’éolien en mer que les développements sont les plus importants et les plus prometteurs, notamment avec l’arrivée des éoliennes flottantes qui permettent de s’éloigner davantage des côtes. Plusieurs pays européens sont en pointe dans l’éolien maritime : le Royaume-Uni, le Danemark, l’Allemagne, la Belgique… Malheureusement, la France a pris beaucoup de retard dans ce domaine.

  • La part d’énergies renouvelables dans la production électrique augmente de façon constante. Compte tenu de l’intermittence de l’éolien et du photovoltaïque, peuvent-elles s’insérer de façon harmonieuse dans le réseau électrique ?

L’éolien et le photovoltaïque sont des énergies intermittentes, mais les renouvelables ne se limitent pas à ces deux énergies-là, dont la part dans la production renouvelable est minoritaire. En France, comme dans quasi tous les pays, c’est la biomasse qui fournit la majorité de l’énergie renouvelable produite : plus de la moitié. Vient ensuite l’hydroélectricité. Ces deux énergies-là ne sont pas intermittentes, comme ne le sont pas non plus la géothermie ou les énergies de la mer (hydroliennes, énergie houlomotrice, marémotrice, etc.).

L’Union européenne s’est donnée un objectif de neutralité carbone en 2050. Elle peut y arriver, comme de nombreuses études scientifiques l’ont démontré, en faisant appel à un mix de toutes les énergies renouvelables que je viens de citer, en y associant des capacités de stockage et en développant les interconnexions entre les pays et les régions d’Europe.

Concernant les réseaux électriques, l’affirmation selon laquelle ils ne pourraient pas supporter une part importante d’énergies intermittentes comme l’éolien et le solaire n’est pas fondée. C’est ce qu’a notamment démontré une étude rendue publique par le Conseil Européen des Régulateurs de l’Energie (CEER). Le CEER a établi un classement des Etats dont les réseaux électriques sont les plus stables.

L’Allemagne et le Danemark y occupent les 2e et 3e marches du podium, après la Suisse. Il s’agit pourtant de deux pays qui produisent une part importante de leur électricité par les énergies renouvelables intermittentes. Le Danemark est même le champion en la matière puisque 60 % de son électricité provient de sources renouvelables, dont plus de 42 % sont injectées dans le réseau par des éoliennes. Ce pays est aussi celui où la densité d’éoliennes sur le territoire est la plus élevée. Cette performance est rendue possible grâce à deux câbles sous-marins d’interconnexion qui relient le Danemark aux centrales hydroélectriques de la Norvège et de la Suède. Celles-ci permettent de réguler la production intermittente des éoliennes puisque le Danemark étant un pays plat, il ne dispose pas de capacité hydroélectrique. Des petites centrales locales à biomasse, alimentées notamment avec de la paille, fournissent 16 % de l’électricité et participent aussi à ce rôle régulateur, puisqu’elles peuvent être arrêtées lorsque les éoliennes tournent à pleine puissance et relancées dans le cas contraire.

En Allemagne, les énergies intermittentes que sont l’éolien et le solaire contribuent pour environ 25 % à la production d’électricité. Et le réseau électrique allemand est un des plus stables d’Europe.  L’agence fédérale allemande de contrôle et de régulation des réseaux publie chaque année un rapport. On peut y lire la confirmation que « la part croissante de la capacité de production décentralisée continue à n’avoir aucun impact négatif sur la performance des réseaux ». Entre 2006 et 2016, période pendant laquelle la part des énergies intermittentes a fortement progressé, le nombre et la durée des pannes du réseau allemand ont même été réduites d’un tiers.

  • Eurostat souligne le retard français dans la production d’énergies renouvelables. Comment faire pour être au rendez-vous des objectifs de la PPE ?

D’abord, il faut une volonté politique forte qui oriente les choix, comme le démontrent les pays où la part des renouvelables est déjà très importante. Je viens de parler du Danemark, qui est à 60 % de renouvelables dans son mix électrique. La Suède, qui n’est pourtant pas gâtée par le soleil, produit déjà, par les renouvelables, plus de la moitié de toute l’énergie consommée dans le pays.

Par sa géographie, la France a beaucoup d’atouts : elle a des régions montagneuses, ce qui est favorable à l’énergie hydraulique ; de grandes étendues forestières, où elle peut exploiter la biomasse ;  le midi ensoleillé permettrait un bon développement du solaire, y compris du solaire à concentration ; certaines régions, comme le bassin parisien, disposent d’un bon potentiel géothermique ; et elle est pourvue d’un littoral très étendu, où elle pourrait développer fortement les énergies marines, notamment l’éolien en mer. Malheureusement, les Français n’ont pas exploité ce potentiel comme ils auraient pu le faire. L’usine marémotrice de la Rance inaugurée en 1966 par Charles de Gaulle a été la première au monde, et elle fonctionne toujours aujourd’hui. Mais c’est toujours la seule, et les Français n’ont malheureusement pas développé ce know-how. Parce que le pays a ensuite fait le choix du nucléaire et a misé quasi tous ses investissements dans cette technologie. La France est le pays le plus nucléarisé au monde et elle est devenue accroc à cette énergie. Voilà son problème.

  • Compte tenu de l’objectif de neutralité carbone, y’a-t-il encore un sens à opposer énergies renouvelables et nucléaire ?

Oui, très certainement, je viens de l’expliquer. Vous ne pouvez dépenser un euro qu’une seule fois. L’urgence climatique est telle que les investissements doivent être consacrés aux solutions énergétiques les plus efficaces, les plus économiques et les plus rapides. Or, aujourd’hui ce n’est certainement plus le cas du nucléaire.  Au cours de la dernière décennie, les coûts actualisés d’une unité de production électrique ont baissé de 88% pour le solaire et de 69% pour l’éolien, alors qu’ils ont augmenté, en moyenne de 23% pour le nucléaire. Ces dernières années, la poussée des coûts de sécurité dans le nucléaire a contribué à creuser l’écart. Par MWh produit sur la durée de vie d’une installation, le coût total (construction + exploitation) du solaire photovoltaïque varie entre 33 et 40 €/MWh et celui de l’éolien, entre 26 et 51 €. Pour le nucléaire, la fourchette est de 102 à 172 € soit, en moyenne, 3 à 4 fois plus cher que les renouvelables. En plus la durée moyenne de construction d’une nouvelle centrale est de 10 ans, sans compter la durée de toutes les études préalables au projet.

L’exemple du seul réacteur actuellement en construction en France, celui de l’EPR de Flamanville est significatif. Commencé en 2007, le chantier n’est toujours pas terminé, 12 ans plus tard. De retards en déboires nombreux et divers, sa mise en service prévue au départ en 2012, est actuellement programmée à fin 2022, soit après 10 ans de retard, au moins. Son coût, établi initialement à 3 milliards d’euros a déjà plus que triplé, la dernière estimation étant de 10,5 milliards. Mais le prix pour EDF pourrait s’élever au final à 15 milliards selon certains experts.

Un autre EPR de fabrication française se construit à Olkiluoto, en Finlande, et cela ne se passe pas beaucoup mieux. Débuté en septembre 2005 pour une mise en service initialement prévue à mi-2009, les travaux s’éternisent aussi. Aujourd’hui, l’exploitant TVO estime ne pas pouvoir disposer de l’installation avant mi-2020. Vous comptez bien : plus de 10 ans de retard également ! Côté coût, le montant forfaitaire de 3 milliards d’euros initialement convenu par contrat a explosé lui aussi suite aux indemnités de retard exigées par TVO. Le constructeur, Areva, étant une entreprise détenue majoritairement par l’État et par le Commissariat à l’énergie atomique (un établissement public), une grande partie des surcoûts liés à ces retards sera donc à la charge du contribuable français.

Pendant que le nucléaire français s’enlise dans ce bourbier, les nouvelles installations solaires et éoliennes accroissent leurs capacités de production plus rapidement que tout autre type d’énergie. Depuis 2000, les énergies vertes se développent dans le monde 25 fois plus vite que le nucléaire. Pour moi c’est clair, le nucléaire est trop cher et trop lent, il ne sauvera pas le climat. Si la France veut atteindre rapidement la neutralité carbone elle ne doit plus miser sur le nucléaire et orienter tous ses investissements dans les renouvelables… Et par là je n’entends pas seulement le solaire et l’éolien.

Rédigé par : Bernard Deboyser

Bernard Deboyser
Ingénieur polytechnicien et chargé d'enseignement à l'université de Mons (Belgique) Bernard Deboyser est aussi expert en énergie. Il conseille plusieurs grandes entreprises industrielles et participe au développement de parcs éoliens et projets hydroélectriques.
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COMMENTAIRES

  • L’usine marémotrice de la Rance a bien été la 1ère monde. Mais s’il n’y en a pas d’autres ça n’est pas à cause du nucléaire, sinon les nombreux pays qui n’ont pas ou peu développé le nucléaire en aurait installé; hors il n’y en a que 2 au monde.
    Idem pour les autres renouvelables : ouvrons les yeux, les pays qui produisent leur électricité en ayant le moins recours aux énergies fossiles sont ceux qui ont soit développé le nucléaire, soit disposent d’une géographie favorable à l’hydroélectricité.
    Il s’agit d’un problème de physique avant d’être un problème d’argent : le stockage de l’énergie est trop complexe si bien qu’on a toujours besoin de centrales pilotables pour produire les soirs sans vent. Certes les centrales pilotables sont moins utilisés, mais elles doivent exister, d’où des surcouts rendant la simple comparaison au kWh peu pertinente. Comparer le prix de l’électricité dont on choisit la production, au prix d’une électricité dont la production est décidée par la meteo, a peu de sens. L’hydroélectricité pilotable étant exploitée quasiment au maximum, le pilotable ne peut être que fossile ou nucléaire. Et à partir du moment où on décide que la priorité est de sortir des fossiles, l’intérêt d’associer des renouvelables intermittentes au nucléaire est faible.

    Bertrand Cassoret
    Maître de conférence à l’Université d’Artois
    Auteur du livre “Transition énergétique, ces vérités qui dérangent”, éditions Deboeck.

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  • Analyse partiale occultant les indécisions des choix sur l’avenir énergétique de la France. Tout en voulant l’arrêt du nucleaire nous décidons de construire des EPR. Le nucléaire nécessaire à notre indépendance économique demande une gestion des savoir faire permanente pour en maintenir la maîtrise. Les antinucléaires sont dangereux car ils créent un désintérêt des techniciens des générations avenir qui de toute façon aurons la charge de faire fonctionner les unités qui nous est impossible d’arrêter.

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  • Encore une fois la question du CO2 nous ramène au nucléaire. AUCUN RAPPORT. On est en train de se faire avoir par des éoliennes qui produisent pas cher quand il y a du vent, mais ont besoin d’un backup quand on a plus de vent. L’état Français s’est déjà engagé pour 120 MILLIARDS là dedans, et nos émissions de CO2 n’ont pas bougées. Quelqu’un va il enfin prendre ce sujet au sérieux, parce que là tout ce qu’on a c’est du gros business rien de plus !

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  • En conséquence de ce qui précède, le meilleur service que pourrait nous rendre nos gouvernements pour nous éviter des choses fort désagréables à l’avenir, et en particulier aux ménages modestes, qui sont aussi ceux dont les capacités d’adaptation face à l’adversité sont les plus limitées, serait justement de monter progressivement (3%/an) les prix des énergies non renouvelables par le biais des taxes, pour nous déshabituer progressivement d’un pétrole et du nucléaire dont la baisse de consommation est de toute façon inscrite dans la géologie (réserves au taux de consommation actuel estimé à maximum 50 ans, 30 à 40 ans depuis que la Chine a adopté les faux pas de notre développement économique)
    La croissance économique générant une croissance de la consommation énergétique, (1 point de CE=1/2 point de croissance énergétique), avec 2 à 3 % de croissance en Belgique, 4 à 5 % au niveau de la planète et 9 % en Chine, il ne faut certainement pas être extralucide pour se rendre compte que la croissance prêchée par les responsables politiques poussés dans le dos par les dirigeants de la libre économie, est aujourd’hui un discours tout à fait irresponsable.

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  • Désolé, mais dire qu’il n’y a ni vent ni Soleil partout sur le territoire est une fake news. Cela arrive bien moins souvent que deux ou 32 réacteurs nucléaires en panne pour une raison ou pour une autre avec des délais de redémarrage de plusieurs jours.
    La seule réalité concernant la France c’est que nous avons un retard considérable dans les nouveaux ENR.
    Si ce que vous dites était vrai, l’Allemagne ou le Danemark serait presque en permanence en rupture d’énergie.

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  • Monsieur Cassoret, vous reconnaissez que les réacteurs nucléaires ne sont pratiquement pas utilisés pour assurer le suivi de charge, et en effet, non seulement ils sont une véritable galère faute de réactivité, mais surtout, plus de la moitié du parc est incapable de participer au suivi de charge.
    Alors en quoi sont-ils nécessaires ?

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  • Monsieur Escalard,
    Quand on a pris la décision de construire les EPR on n’avait pas décidé de limiter le nucléaire, et surtout, on ne savait pas encore que le budget allait être multiplié par 4, ni qu’ils démarreraient avec plus de 10 ans de retard, ni que l’on devrait payer des sommes astronomiques d’indemnités de retard à la Finlande, ni que le prix du MWH sorti de cette machine serait à hauteur de 110 € alors que l’on ne parlait que de pris de l’ordre de 50 €.
    Voilà pourquoi aujourd’hui tout cela parait incohérent.
    Maintenant, le vrai problème du stockage, c’est le nucléaire qui l’a !!! Incapable d’arréter la moitié des réacteurs la nuit lorsque l’activité économique est au plus bas, vous êtes des millions à chauffer votre eau sanitaire lorsque vous n’en n’avez pas besoin par ce que cela rend service au nucléaire…. Faites donc quelques essai, relevez vos compteurs en tarif nuit avec et sans la connexion du ballon, vous constaterez qu’il est la cause des 2/3 au 3/4 de votre consommation nocturne. le nucléaire nous coute beaucoup beaucoup plus cher que ce que vous croyez….. Mais savez vous de combien augmenterait le prix du KWh produit par une source variable pour être disponible 24/24/7/7 en utilisant un système de stockage parmi les plus cher qui soit (batterie Li-Ion) ?
    Faite un petit calcul : aujourd’hui le KWh Li-ion revient à 150 € en coût de production et peut être utilisé au moins durant 5000 cycles. soit 0,03 € le KWh ou 30€ le MWh, ajoutez le au coût de production de ce que vous appelez abusivement intermittent au lieu de variable et le nucléaire est doublement dans les choux ! Doublement car en cas de besoin d’un supplément d’énergie un réacteur de 900 MW n’en fournira pas 1200, il ne peut AU MIEUX assuré qu’un suivi à la baisse. Alors que ponctuellement le stockage prévu pour les jours maigres en ressources naturelles peut aussi venir s’ajouter à la production normale pour répondre au besoin exceptionnel ! L’avenir est aux variables + stockage, tant pour le coût que pour la souplesse du suivi.
    Serge Rochain

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  • S’il est encore possible de rectifier ce post, il ne s’agit pas de”playback” time mais de pay-back time.
    Par, ailleurs, le BIPV existe en France depuis 2007 avec un “feed in tariff” ou FIT très intéressant, dont je suis l’un des très heureux bénéficiaire.

    Aujourd’hui je “remets le couvert”, mais avec un FIT 6 fois plus faible.
    C’est toujours rentable, sauf qu’il faut faire 6 opérations au lieu d’une seule.

    Bon Week-end, voire bon “Pont”. Je ne sais pas si nos amis belges fêtent aussi le 11 novembre. Je vais de ce pas vérifier.
    En po

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    • Bonjour PappyDi, merci d’avoir repéré cette erreur de frappe concernant “l’energy pay-back time”. C’est corrigé.

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  • Personnellement je partage plus le point de vue de Yves Bréchet qui recommande de concentrer les investissements sur la performance énergétique et l’électrification. Si en 2050 toute l’électricité française est renouvelable on aura pas beaucoup avancé sur la neutralité carbone si on a pas changé nos autres besoins énergétiques. S’obstiner à vouloir a tout pris remplacer le nucléaire par le renouvelable est dommageable à court terme. A la limite remplacer au fil de fermeture des centrales actuels si les réacteurs de 3/4eme génération ne tienne pas leur promesse. Pour le rapport du CEER le lien de cause à effet est trop rapidement exprimé je trouve, mettez en parallèle le budget de gestion de réseau etc et on aura une autre interprétation. Ah et regardez le prix payé au kWh par les pays cité en exemple….. Pour au final un électricité plus carboné que la France pour l’Allemagne (je ne sais pas pour le Danemark).

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  • Mr Rochain devrait regarder vers l’Allemagne, pays en tête en matière d’équipements pour produire de l’électricité d’origine “renouvelable” . Ce pays dispose en plus de plus de 9 GW de nucléaire et de 90 GW de thermique pilotables (on ne sait jamais avec les énergies intermittentes !). Les émissions de CO2 des centrales charbon sont du niveau de 2007 (qu’en sera-t-il avec la nouvelle qui va démarrer en 2020 à Dattein de 1100 MW ?). https://www.energy-charts.de/emissions.htm?source=lignite&view=absolute&emission=co2&year=all.
    Les centrales au gaz sont en expansion et l’Allemagne a besoin de plus en plus de gaz : nouveau projet de gazoduc depuis la Russie : Nord stream 2
    Et lorsque les dernières centrales nucléaires (7) fermeront, qu’en sera-t-il du parc thermique ? Probablement à la hausse !
    Pour rappel : Allemagne 472 g/kwh en 2018
    France 40 g/kwh en 2018

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  • Erreur : ce sont les émissions de lignite (pire que le charbon) qui sont, en 2017, du même niveau que 2007 en Allemagne. Les émissions de charbon (maintenant en provenance d’Australie et Etats Unis) ont baissé mais compensées par le gaz.

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  • Bonjour. l’Allemagne produit son énergie avec une part charbon et biomasse considérable, brûlant ainsi le C et O capté par la nature, et le renvoyant sous forme de CO2 dans l’atmosphère. Si l’Allemagne et le Danemark produisent aussi une part de leur énergie avec des énergies propres, la Pologne, auto-suffisante énergiquement, produit son énergie en majeure partie a l’aide de chaudières charbon, qui a dû migrer vers la biomasse ces dernières années malheureusement.
    Et dire qu’on présente le biomasse comme une énergie verte alors qu’en brûlant les biomasses (bois, paille, etc), on les re-transforme en CO2…Rogntudjuuuu dirait quelqu’un de connu 😉

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  • M. Deboyser,
    Pouvez vous me dire d’où vient votre cout du mwh nucléaire à plus de 100 euros ?
    La sfen dans son rapport de septembre 2017 indique qu’aujourd’hui les centrales nucléaires francaises produisent à un coût de 33 mwh et qu’elles sont les moyens de production les plus compétitifs jusqu’à 2025 au moins.
    Le parc éolien en construction dans la Manche et l’atlantique produira à 150 € du mwh.
    Comparer les coûts du mwh n’a de toute façon pas de sens car ce dont on a besoin, c’est un système qui puisse produire l’électricité quand on a besoin.
    Il m’est très utile de savoir que le mwh éolien n’est pas cher mais qu’il n’est pas disponible quand j’en ai besoin…..
    Par ailleurs, la cour des comptes a indiqué dans l’un de ses rapports que le bilan de renouvelable était désastreux.
    Les 25 GW de solaire-eolien installé en France pour la modique somme de 120 milliards d’euros ont produit 28 Twh sur l’année dernière soit seulement 7 % du total quand nos vieillies centrales amorties depuis longtemps ont produit plus des 2/3.
    Si la même somme avait été engagée pour construire des EPR, même au tarif flamanville, on aurait pu en construire une dizaine qui produiraient 1/3 de notre électricité.
    Le même constat a été dressé par la cour des comptes allemandes.
    Après 500 milliards d’euros dépensés pour un parc de solaire / éolien de 100 Gw, les émissions de co2, n’ont pas baissé car ce gigantesque parc hors de prix a remplacé 10 GW de nucléaire qui produisait déjà une électricité decarbonnée.
    Le solaire n’est pas adapté en France car nos pics de consommation d’électricité sont de nuit en hiver.
    Il est plus adapté pour l’Europe du sud ou l’Afrique du Nord quand les pics de consommation de courants coïncident avec les pics d’ensoleillement.
    Néanmoins, même chez eux, le solaire n’est pas compétitif, je vois mal comment il le serait chez nous….

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  • Eh bien on investit dans recherche dans du stockage à coût économiquement rentable.
    Au début on aura pas de résultats probants mais cela viendra.
    Regardez les resultats des requetes dans les moteurs de recherches ici ou sur internet en général concernant les stockages d’énergie. Je dis énergie et pas électricité volontairement. En effet pour moi les pointes de consommation d’électricité du soir sont dues en partie au fait que l’on utilise mal l’isolation des bâtiments et la récupération d’énergie thermique ambiante (naturelle ou celle des processus domestiques et industriels).
    Le coût du stockage ne peut que baisser car on en est au tout début des recherches. Les technologies de stockages de demain seront sûrement différentes de celles d’aujourd’hui.
    A mon avis elles ne sont pas encore inventėes.
    Regardez les capacités de production des centrales solaires et éoliennes il y a ne serait ce qu 20 ans et celles d’aujourd’hui.
    Regardez les capacités de production des centrales nucléaires il y a 50 ans et celles d’aujourd’hui.
    Pour ce qui est de l’électricité si on veut que le stockage se développe, il faut que dans les appels d’offre pour la production il y aie un bonus important aux projets avec stockage et un malus important à ceux qui sont sans stockage (que ces derniers soient d’ailleurs solaires nucléaires thermiques, hydrauliques ou éoliens… ).

    In fine cela pourrait servir aussi pour le nucléaire…

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  • C est la France grace surtout au nucléaire qui a le kwh le moins carboné. Le kwh danois est 2 fois plus carboné et le kwh allemand 4 fois plus.

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