Electricité verte aux Etats-Unis : les EnR dépassent le charbon

Electricité verte aux Etats-Unis : les EnR dépassent le charbon

Aux Etats-Unis, la production d’électricité verte a connu un tournant décisif en avril 2019. Les énergies renouvelables ont dépassé le charbon, pour la première fois, dans la production électrique domestique. Cette première souligne la montée en puissance des EnR dans le mix électrique américain, malgré le manque de soutien de l’administration fédérale.

23,2% d’électricité verte aux Etats-Unis en avril 2019

Au mois de juin, l’AIE a publié son rapport mensuel sur la production électrique des Etats-Unis en avril dernier. Pour la première fois de son histoire, la part d’électricité produite par les énergies renouvelables a dépassé celle du charbon. Alors que l’administration Trump s’est montrée ouvertement favorable au maintien de la filière charbon, qui reste la seconde source de production électrique du pays, les EnR remportent une victoire hautement symbolique.

En avril, les énergies renouvelables ont produit pour 68,5 TWh d’électricité. Elles ont ainsi dépassé le charbon : 60,1 TWh. L’électricité verte a donc représenté 23,2% de la production globale d’électricité aux Etats-Unis. C’est moins que le gaz naturel (34,9%) mais plus que le charbon (20,4%).

La filière éolienne confirme sa montée en puissance

Si les EnR ont pu détrôner temporairement le charbon au rang de seconde source d’électricité, c’est grâce aux excellentes performances à l’éolien. La filière éolienne américaine a battu son record de production mensuel en avril, avec 30,2 TWh d’électricité. Elle a ainsi dépassé la production issue de l’hydroélectrique (25,4 TWh) qui représentait pourtant la locomotive des EnR aux Etats-Unis depuis les années 1990. Le reste de l’électricité verte provient majoritairement de la filière solaire (6,9 TWh).

La surperformance de la filière éolienne n’a rien d’une surprise. Même si l’énergie éolienne est peu mise en avant, elle fait l’objet d’investissements massifs depuis le début des années 2000. Entre 2000 et 2010, la filière s’est développée rapidement : elle est passée de 5,7 TWh de production annuelle à 95,1 TWh. Et depuis 2010, la progression s’est encore accélérée. En 2018, la production électrique du parc éolien américain a même atteint les 275 TWh. Soit seulement 10 TWh de moins que le parc hydraulique, pourtant beaucoup plus ancien.

L’électricité verte bénéficie de facteurs saisonniers

Le rapport de l’AIE met en lumière plusieurs facteurs saisonniers pour expliquer le contexte favorable à l’électricité verte. Le printemps et l’automne, qui enregistrent la météo la plus clémente, sont traditionnellement les périodes de l’année pendant lesquelles le pays consomme le moins d’électricité. La météo d’avril a été particulièrement bénéfique au parc éolien, qui a connu un pic de production.

En parallèle, les experts de l’AIE font remarquer que la production électrique des centrales à charbon a été ralentie en avril. Les exploitants des centrales ont profité de la baisse de consommation nationale pour effectuer une série de travaux de maintenance dans plusieurs centrales.

Le charbon a-t-il encore un avenir dans le mix électrique américain ?

Dans son rapport, l’Agence se veut modérée. Si elle salue la performance de l’électricité verte, elle observe néanmoins qu’il s’agit d’un résultat mensuel, mais pas d’une tendance. Le rapport estime que le charbon devrait rapidement reprendre sa place en tant que seconde source de production électrique du pays. Dans sa projection du mix électrique américain pour l’horizon 2020, l’Agence estime que les énergies renouvelables devraient devenir la troisième source d’électricité du pays, détrônant ainsi le parc nucléaire. Le charbon devrait ainsi maintenir son rang sur le moyen terme.

Sur le long terme en revanche, c’est une autre histoire. L’Agence n’a pas fait d’estimation, mais le charbon perd effectivement du terrain dans le mix électrique américain. Une tendance qui n’a rien de nouveau. En 2006, la production mensuelle moyenne d’électricité à partir du charbon dépassait les 180 TWh. Elle a été divisée par trois en presque quinze ans. Le nombre de centrales à charbon est passé de 616 en 2006 à 381 en 2016. Le charbon était la première source de production électrique dans 28 états en 2007. Il ne l’est plus que dans 18 états à l’heure actuelle. Autant de handicaps qui rendent hautement improbable un retour en grâce du charbon dans le mix électrique américain.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Et dire que les USA sont, au moins pour un temps (les Chinois vont les dépasser) le 1er pays en matière d’énergie nucléaire, laquelle émet encore moins de CO2 que l’éolien !
    Dans ce pays, l’économie règne de manière absolue, donc tant que le charbon bon marché ne sera pas taxé ou que sa raréfaction jointe à celle des hydrocarbures de schiste ne sera pas une réalité, l’électricité continuera de se faire avec des combustibles fossiles, gaz en tête, au détriment de la planète dont Trump se fout… Mais il n’est pas éternel et l’Amérique ce n’est pas Trump.
    Quoiqu’il en soit, l’idéologie Verte antinucléaire n’a pas cours dans ce pays comme en Europe, et le pragmatisme y domine : les “environnementalistes” ne sont pas (plus) antinucléaires.
    Quand les fossiles finiront par disparaître, par choix écologique ou par épuisement naturel, l’éolien et le solaire, de par leur intermittence, ne pourront satisfaire les consommateurs particuliers et industriels : l’hydraulique étant limitée, il ne restera plus que le nucléaire comme énergie décarbonée pour assurer l’équilibre offre-demande d’électricité.
    En sachant qu’au delà de 30 % de sources intermittentes cet équilibre est précaire et qu’en période de pointe de consommation (hiver et été) on ne peut compter que sur des énergies pilotables comme l’hydraulique et le nucléaire, cette dernière source finira par reprendre le dessus, pour des raisons tant techniques qu’économiques. Réclamée même par les environnementalistes ! (voir le film “Pandora’s promise”).

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  • L’éolien (et d’autant plus qu’il est entièrement recyclable désormais) émet moins de C02 que le nucléaire (qui n’est pas compétitif aux Etats-Unis, entre autres, sinon il s’y développerait) et les scientifiques, économistes et opérateurs de réseaux contredisent plus que largement Studer alias Student et ses autres pseudos de trolls, qui n’a aucune compétence en énergie et continue d’écrire des âneries bien plus grosses que lui !

    “Nous n’avons pas beaucoup de temps pour une transition vers les énergies renouvelables avant que les contraintes énergétiques ne deviennent une préoccupation” :

    Une nouvelle étude, coécrite par des scientifiques du Sustainability Research Institute de l’Université de Leeds, a calculé l’EROI pour les combustibles fossiles sur une période de 16 ans et a constaté qu’au stade du combustible fini, les ratios sont beaucoup plus proches de ceux des énergies renouvelables – environ 6:1, et potentiellement aussi bas que 3:1 pour l’électricité.

    L’étude prévient que l’augmentation des coûts énergétiques liés à l’extraction des combustibles fossiles entraînera la poursuite de la baisse des ratios, poussant les ressources énergétiques vers une ” falaise énergétique nette “. C’est à ce moment que l’énergie nette disponible pour la société diminue rapidement en raison des quantités croissantes d’énergie “parasitaire” nécessaires à la production d’énergie.

    Les chercheurs soulignent que ces résultats plaident fortement en faveur d’une augmentation rapide des investissements dans les sources d’énergie renouvelables et que la transition vers les énergies renouvelables pourrait en fait stopper – ou inverser – le déclin de l’EROI mondial au stade du combustible fini.

    https://techxplore.com/news/2019-07-fossil-fuels-increasingly-poor-energy.html

    .

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