Quand l’OPEP minimise les tensions (pétrolières) au Moyen-Orient

Quand l’OPEP minimise les tensions (pétrolières) au Moyen-Orient

Jeddah a accueilli la dernière réunion de l'OPEP

Les pays producteurs de pétrole ne sont pas épargnés par les événements (géo)politiques au cours de ces dernières semaines. Le Venezuela a vu sa production plonger avec la grave crise politique qui le paralyse, tandis que l’Iran est victime des sanctions américaines, avec l’interdiction d’exporter ses hydrocarbures. La tension croit dans cette même région du monde , alors qu’une réunion de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) avait lieu le 19 mai 2019 à Jeddah.

Une production qui va rester stable…

L’Organisation mondiale des pays producteurs de pétrole (OPEP) s’est réunie ce week-end à Jeddah (Arabie Saoudite), en compagnie de plusieurs pays associés au premier rang desquels se trouve la Russie. Une réunion importante qui s’est déroulée dans un contexte régional tendu. En effet, bien qu’absente, l’Iran était au centre des attentions. Un pays considéré comme l’un des piliers de l’OPEP, mais qui n’a pourtant pas pris part à cette réunion, en raison des fortes tensions avec l’Arabie Saoudite. La rencontre a toutefois permis aux acteurs présents d’arrêter une stratégie, au moins à court terme, qui se veut dans la droite ligne de la politique suivie depuis plusieurs mois.

Les pays membres de l’OPEP ont ainsi décidé de maintenir leur production à 1,2 million de barils/jour. Malgré la hausse importante des prix depuis le début de l’année, les pays du Moyen-Orient (Arabie Saoudite et Emirats arabes unis en tête) estiment qu’il existe un risque à augmenter la production. Khaled al-Fale, le ministre saoudien de l’Energie évoque ainsi la menace qui pèse selon lui : « Nous voyons que les stocks (de pétrole) augmentent  (…) Aucun de nous ne veut voir les stocks enfler de nouveau, nous devons être prudents ».

…Mais un contexte qui fait craindre une augmentation des cours

Finalement, la ligne de conduite de l’OPEP ne change pas, alors que le contexte régional continue d’accroître les tensions sur le marché de l’énergie. La production iranienne ne peut plus s’écouler depuis la fin du régime des exemptions et la tension est montée d’un cran ce dimanche 19 mai 2019 avec un nouveau tweet signé du président Trump : « Si l’Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l’Iran. Plus jamais de menaces à l’encontre des Etats-Unis ». Parallèlement, ExxonMobil a décidé d’évacuer son personnel de la plateforme irakienne de West Qurna 1, en raison de la crainte d’une attaque du site par des milices chiites pro-iraniennes.

La décision de la firme américaine a été qualifiée d’« inacceptable et injustifiée » par les autorités irakiennes. Et s’il est difficile d’évaluer le degré de la menace, il est certain que le pétrole est un moyen de pression dans cet Orient compliqué. Le 12 mai dernier, trois navires pétroliers ont été sabotés au large des Emirats arabes unis. Deux jours plus tard, une attaque revendiquée par les yéménites Houthis a endommagé un oléoduc en Arabie Saoudite. Le ministre Saoudien de l’Energie a tenu à rassurer ses partenaires en affirmant que « la sécurité de notre industrie pétrolière est solide (…) et que tout le monde est vulnérable à des actes extrêmes de sabotage ». Des actes qui pourraient néanmoins participer à une remontée des prix sur les marchés pétroliers…

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • “Manifeste pour le développement de l’énergie solaire thermique/hybride en Europe”

    (ils ont amplement raison !)

    Le marché du chauffage est 2 fois plus important que celui de l’électricité, mais le secteur manque de l’attention nécessaire et des actions concrètes de la part des décideurs politiques au niveau européen, national et local.

    Le chauffage et la climatisation représentent près de 50 % de la demande totale d’énergie de l’UE et la majeure partie de la demande de chauffage est saisonnière, donc la puissance de pointe peut être 4 fois supérieure à la fourniture actuelle. Afin d’établir une stratégie européenne commune, l’UE doit concevoir un paquet législatif sur le chauffage et le refroidissement renouvelable qui se concentre sur la création de systèmes de chauffage durables pour tous les Européens.

    Les systèmes solaires thermiques à grande échelle peuvent produire de la chaleur à un coût d’environ 20 à 30 EUR/MWh. En comparaison, le coût total de la production de chaleur par des chaudières à gaz (polluantes et émettrices de CO2) se situe entre 28 et 35 EUR/MWh et, contrairement à l’énergie solaire, les prix du gaz sont susceptibles d’augmenter dans le futur et sont difficiles à prévoir.

    La technologie du chauffage solaire est extrêmement évolutive et le stockage thermique peut fournir les capacités pour d’autres technologies de chauffage (chauffage urbain, bioénergie, pompes à chaleur, géothermie etc) et pour des solutions de production d’énergie thermique, facilitant l’intégration des systèmes.

    Le chauffage renouvelable présente des avantages évidents pour les économies locales.

    Avec 90% de la production d’origine européenne, le solaire thermique permet de remplacer les importations énergétiques de combustibles ou d’électricité par de l’énergie propre produite localement, créant de nouvelles activités et permettant la création de nouveaux emplois ou la reconversion d’emplois.

    Par exemple l’Allemagne à elle seule a exporté pour 5,2 milliards d’euros de produits et de composants de solaire thermique entre 2000 et 2015, tandis que les fabricants grecs exportent plus de 60 % de leur production.

    Les énergies renouvelables dans le domaine du chauffage et de la réfrigération devraient augmenter de 1,3 % par an, conformément aux objectifs fixés dans le cadre de la directive actualisée de l’UE sur les énergies renouvelables. Il s’agira d’un défi de taille étant donné que les combustibles fossiles couvrent encore environ 75 % de la demande dans le secteur du chauffage.

    https://www.euractiv.com/section/energy/infographic/a-fast-and-just-energy-transition-in-the-heating-and-cooling-sector/

    .

    Répondre
  • 50% de la consommation mondiale d’énergie est perdue sous forme de chaleur. En termes d’efficacité énergétique, la récupération de cette chaleur perdue est une opportunité.

    HEVATECH (France) convertit cette chaleur en électricité pour la consommation des clients ou pour l’injection réseau, en utilisant son procédé TURBOSOL applicable, entre autres exemples, aux incinérateurs de déchets, pour la cogénération biomasse, les industries, les groupes électrogènes etc) avec un temps de retour sur investissement qu’il estime divisé par 2 comparé aux solution conventionnelles

    https://www.hevatech.fr/fr/technologie-turbosol-convertisseur-chaleur

    .

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