Donald Trump fait monter les prix du pétrole, jusqu’où ?

Donald Trump fait monter les prix du pétrole, jusqu’où ?

Scrutés par les professionnels du secteur, mais aussi par les consommateurs du monde entier, les prix du pétrole repartent singulièrement à la hausse depuis le 22 avril 2019. Donald Trump, le président américain n’est pas étranger à cette hausse. Depuis qu’il a assuré que tout pays important du pétrole iranien s’exposerait à des sanctions américaines, l’or noir coûte plus cher. Les cours des hydrocarbures sont portés à la hausse et ce ne pourrait être qu’un début… Un pas vers un retour du baril de Brent au dessus de la barre des 100 dollars ?

Trump fait monter les enchères

Pays très critiqué depuis le début du mandat de Donald Trump, l’Iran est victime des sanctions américaines. Première ressource de l’Iran, le pétrole est dans l’œil du cyclone. Jusqu’à aujourd’hui, huit pays bénéficiaient d’exemptions, afin d’importer du pétrole venu d’Iran. Seulement le 22 avril 2019, le président a annoncé que ces exemptions ne seraient pas renouvelées. Ainsi, à compter du 2 mai 2019, l’Iran n’aura plus aucun débouché. L’économie du pays – déjà en souffrance – risque de pâtir gravement de cette impossibilité d’exporter, le pétrole représente en effet 40% de ses revenus.

Mais ce qui inquiète le plus – ou plutôt le plus de monde – c’est l’effet de cette politique sur les prix du brut. Avant le régime d’exemptions, l’Iran exportait 4 millions de barils par jour. Depuis 6 mois, la production destinée à l’étranger est passée à 2,6 millions de barils/jour, ce qui a contribué à redresser les cours mondiaux. En mars 2019, l’Iran exportait encore 1,7 million de barils par jour (mbj), selon l’agence spécialisée S & P Global Platts, dont 600 000 vers la Chine. Facce a cette situation, les marchés mondiaux sont confrontés à un dilemne : ne rien faire et laisser les prix monter mécaniquement ou augmenter la production pour palier la différence. Une deuxième option sur laquelle compte Donald Trump, car s’il a pour objectif d’affaiblir Téhéran sur l’échiquier international, il souhaite également ne pas entraîner une hausse des cours néfaste pour le pouvoir d’achat des Américains.

Vers un baril à 100 dollars ?

Si plusieurs pays ont les capacités de suppléer un Iran mis au ban du jeu pétrolier international, il n’est pas certain qu’ils se plient aux désirs du président américain. L’allié saoudien est appelé à la rescousse et Trump se veut explicite : « L’Arabie saoudite et d’autres à l’OPEP feront plus que compenser la différence dans la production de pétrole dans le cadre de nos sanctions maintenant complètes contre le pétrole iranien ».  Or, le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al-Falih, ne semble pas sur la même longueur d’onde que Washington. « Les stocks (mondiaux) continuent d’augmenter malgré ce qui se passe au Venezuela et le durcissement des sanctions contre l’Iran. Je ne vois donc pas la nécessité de faire quoi que ce soit immédiatement (…) Mais nous ne laisserons pas nos clients dans la difficulté » a déclaré le ministre.

L’Arabie Saoudite travaille depuis de longs mois à un redressement des cours et ne pas intervenir sur le marché suite aux sanctions contre l’Iran pourrait bien faire envoler le prix du baril. Le Brent s’échange déjà juste en dessous de 75 dollars et certains analystes commencent à prophétiser un retour du baril à 100 dollars. Les difficultés de l’Iran, du Venezuela et de la Libye sont dans tous les esprits. Interviewé sur RMC ce mercredi, Philippe Chalmin, spécialiste des questions énergétiques explique que « la réaction iranienne pourrait nous faire flamber à 100 dollars le baril et au-delà ». En effet, l’Iran a promis une réponse à adresser à Washington. De quoi donner des sueurs froides aux millions de Français qui roulent et se chauffent au pétrole.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
mer 2 Jan 2019
Le 31 décembre est généralement l’occasion pour les hommes d’Etat de revenir sur l’année écoulée et de dresser la liste des succès rencontrés. Le Premier ministre arménien avait cette année une annonce bien plus importante et concrète à faire. En…
dim 31 Juil 2016
Le ministre algérien de l’Energie, Nouredine Bouterfa, veut résoudre le « différend contractuel » qui oppose Total à la société algérienne Sonatracht. Le groupe pétrolier français attend du gouvernement qu'il lui rembourse tout ou partie des taxes versées depuis 2006…
mar 20 Juin 2017
De plus en plus compétitives, les énergies éolienne et solaire devraient remplacer progressivement le charbon dans le mix énergétique mondial. Selon un nouveau rapport réalisé par Bloomberg New Energy Finance (BNEF) et publié jeudi 15 juin 2017, la baisse continue…
jeu 18 Mai 2017
Vous habitez dans une zone coupée du monde ou non interconnectée au réseau électrique national et vous souhaiteriez éviter le recours systématique à votre groupe électrogène énergivore et polluant ? La start-up française Powidian propose désormais une solution clé en…

COMMENTAIRES

  • On peut relever que les secteurs énergétiques qui soutiennent Trump sont entre autres ceux du charbon (frères Koch etc) et autres fossiles.

    Les mêmes qui ont soutenu le Brexit et Nigel Farage, entre autres, pour contrer la politique européenne de réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

    Que les soutiens financiers de Trump se trouvent aussi en Russie, notamment dans le secteur des énergies fossiles et l’ont aidé notamment lors de ses déboires financiers immobiliers.

    L’annulation des exemptions de Trump et donc la forte hausse du pétrole/gaz se fait étrangement à 1 mois des élections européennes (419 millions d’électeurs européens vont élire 700 députés)

    Parmi les pays exemptés de sanctions américaines et autorisés à importer du brut iranien on trouve la Chine et l’Inde, mais curieusement aussi l’Italie avec le gouvernement Salvini qui se veut fédérateur des nationalistes en Europe.

    Bannon, Trump, Poutine : chacun oeuvre à saper les fondations de l’Union européenne :

    http://www.leparisien.fr/international/bannon-poutine-trump-les-trois-parrains-des-europhobes-29-03-2019-8042808.php

    .

    Répondre
  • Il avait fallu à peine plus d’un an dès mai 2007 pour que le pétrole passe de 70 à 140 $ le baril et qui fut l’un des éléments déclencheurs de la crise de 2008

    Voir pour mémoire l’historique du pétrole en cliquant sur “tous” en bas de graphique

    https://prixdubaril.com/

    Les producteurs devraient avoir retenu la leçon et prévoyaient plutôt un prix moyen autour de 85 $ en 2020.

    Au delà c’est le risque d’une crise, chute des prix, pertes de parts de marché etc

    Se chauffer au gaz ou fuel et rouler en voiture thermique ou même hybride n’est vraiment pas l’avenir, comme tout le monde devrait le savoir depuis longtemps.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.