Méthanisation : vers une industrie laitière bas carbone

Méthanisation : vers une industrie laitière bas carbone

Une industrie laitière bas carbone

L’interprofession laitière française a annoncé, le 20 novembre 2018, ses ambitions en matière de transition énergétique. La filière compte se muer en une industrie laitière bas carbone. Pour cela, elle doit déjà réduire ses émissions de CO2 de ses exploitations de 20% à l’horizon 2025. Il s’agit d’un effort considérable. Mais l’enjeu n’est pas seulement écologique ; il s’agit aussi de faire émerger un nouveau modèle économique, dans lequel la production d’énergie locale permettra de faire baisser les coûts de production du lait. Pourtant, avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie présentée le 25 janvier 2019, le gouvernement marque un coup d’arrêt à la filière du gaz vert… 

La filière du lait veut réduire ses émissions de CO2

Avec 29,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la filière laitière est la seconde industrie la plus puissante du secteur agroalimentaire français. Elle est le deuxième producteur de lait en Europe, juste derrière l’Allemagne. Et surtout, elle regroupe 58 462 exploitations laitières et 762 sites de transformation sur l’ensemble du territoire français. En pleine transition énergétique, la profession a décidé de se mobiliser pour donner jour à une industrie laitière bas-carbone. Elle souhaite piloter l’activité de la filière en adoptant des pratiques plus vertueuses.

D’après le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière (CNIEL), le lait représente 2,9 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. L’ambition du CNIEL est de faire baisser de 20% les émissions de CO2 de la filière d’ici 2025. Et ce but semble parfaitement atteignable : au niveau européen, les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole ont déjà baissé de 23% ces trente dernières années.

Une industrie laitière bas carbone grâce aux ENR

Le CNIEL compte atteindre son objectif en mettant en place des solutions concrètes et avantageuses pour les exploitants agricoles. Pour cela, la filière a mis en place son plan “Ferme laitière bas carbone“. Il a permis de faire passer, plus de 8 000 fermes laitières sur un modèle d’exploitation bas carbone. Les installations de biomasse, de solaire thermique ainsi que de pompes à chaleur ont permis de gagner rapidement en indépendance énergétique.

C’est par exemple le cas en Bretagne. La région compte à elle seule 81 unités de méthanisation sur les 646 installées sur le territoire français. Ces installations peuvent produire entre 50 000 et 2 500 MWh/an. Souvent, les éleveurs se regroupent en coopérative pour financer leur installation et assurer la production d’énergie. Ils peuvent bénéficient de subventions publiques, ainsi que d’un prix d’achat attractif (environ 18 centimes par kWh). En 2019, le CNIEL compte encore augmenter le nombre d’exploitations bas carbone. Il compte sur une conjoncture économique favorable à la filière pour dynamiser les investissements énergétiques. L’objectif vise à atteindre 100% de fermes laitières bas carbone.

La PPE revoit à la baisse ses ambitions pour le gaz vert

Le CNIEL peut compter sur un allié de poids pour soutenir l’émergence d’une industrie laitière bas carbone : l’ADEME. En effet, l’Agence est déjà très active auprès du monde agricole pour promouvoir les énergies renouvelables. Lors du Salon de l’Agriculture 2018, l’ADEME avait publié sa dernière étude sur le déploiement des énergies vertes en milieu agricole. A l’époque, l’agence alertait cependant sur le rythme trop peu soutenu du développement de ces installations.

Une réalité dont semble tenir compte la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). D’après le projet présenté le 25 janvier 2019, “le gaz produit à partir de déchets agricoles ou ménagers ne représentera que 7 % de la consommation en 2030“…

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Bonjour,
    Où vont les produits de méthanisation de l’industrie laitière ?
    sincèrement
    le CSNM

    Répondre
  • L’énergie produite dans une unité de méthanisation est utilisée sur place, pour ce qui est de la chaleur ( production ECS et chauffage des bâtiments, agricoles d’élevage et domestiques voisins) et transformée en électricité pour ce qui est du gaz produit ( grâce à un moteur couplé à une génératrice). La chaleur produite par le moteur est récupérée dans le système.

    Répondre

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