Focus sur les stocks stratégiques de pétrole en France

Focus sur les stocks stratégiques de pétrole en France

pétrole carburant

Mercredi 28 novembre 2018, l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA) nous apprenait que les stocks de pétrole brut aux États-Unis avaient augmentés pour la dixième semaine consécutive. Qu’en est-il en France ? Risque-t-on un jour de manquer d’essence ? En théorie non puisque le pays dispose de 90 jours de réserves stratégiques d’essence. Mais en quoi consistent ces réserves ? Et dans quelles circonstances ces réserves peuvent-elles être mises à la disposition des consommateurs ? Focus sur ces stocks stratégiques qui mettent la France à l’abri d’un risque de pénurie.

Comme tous les pays membres de l’Agence Internationale de l’Energie, la France s’est engagée à garder en réserve des stocks stratégiques de pétrole. Le but est d’éviter tout risque de pénurie en cas de rupture des approvisionnements. L’AIE fixe la quantité des réserves pétrolières nécessaires aux pays. Les stocks stratégiques doivent être équivalents à au moins 90 jours des importations nettes de l’année passée. Seuls les rares pays à être des exportateurs nets de pétrole sont dispensés de cette obligation. L’AIE n’oblige pas les états à s’occuper eux-mêmes de leurs stocks stratégiques. Ils peuvent par exemple les déléguer à des entreprises privées. C’est ce modèle qu’a choisi l’Italie. En effet, l’Etat ne possède aucune réserve en propre, et ce sont les compagnies privées qui disposent des stocks de pétrole.

Les stocks stratégiques français, une mission confiée à la SAGESS

La France a fait le choix d’un système mixte. En 2017, 74,5% de la réserve était gérée par une société anonyme, la Société Anonyme de Gestion des Stocks de Sécurité (SAGESS). C’est elle qui procède à l’achat des produits pétroliers, en lien avec le Comité Professionnel des Stocks Stratégiques Pétroliers (CPSSP). Par ailleurs, elle pilote aussi l’entreposage des carburants avec les opérateurs privés. Et si c’est bien elle qui propose les lieux de stockage, elle doit toutefois soumettre ses sites à l’approbation des pouvoirs publics français.

Ainsi, c’est la Commission Interministérielle des dépôts d’hydrocarbures qui est responsable du choix des lieux de stockage. Actuellement, la Sagess gère 91 sites de stockage en France métropolitaine : 8 raffineries, 82 dépôts commerciaux ainsi que le site de cavités salines de Manosque. En 2017, la Sagess disposait d’une réserve globale de 13,9 tonnes de carburants sur l’ensemble du territoire français. Au quotidien, la SAGESS doit fonc faire face tant à des contraintes logistiques que financières…

235 stocks stratégiques répartis sur toute la France

Concrètement, la France dispose de 235 sites de réserve de pétrole sur son territoire. Cette stratégie de dissémination des réserves a été choisie pour offrir une meilleure couverture du territoire en cas de pénurie. D’autres pays, comme les Etats-Unis, ont au contraire fait le choix de réduire le nombre de lieux de stockage, mais de privilégier des dépôts de taille plus importante.

Les réserves sont réparties en sept grandes zones géographiques : l’Ile-de-France, le Nord, l’Ouest, l’Est, le Sud-Ouest, le Sud-Est et enfin le Sud. C’est dans cette dernière région que les stocks stratégiques sont les plus importants. D’après la Sagess, les réserves de gasoil et de fuel domestiques peuvent couvrir 171 jours. La réserve d’essence doit quant à elle l’équivalent de 92 jours de consommation. La région la plus sensible est la région Ile-de-France, qui est aussi celle où les besoins d’énergie sont les plus élevés. Elle ne peut compter que sur 28 jours de réserve de gasoil et fuel, et sur 18 jours de réserve d’essence.

Comment les stocks sont-ils gérés ?

Pour chaque stock stratégique, le volume de réserve est fixé à l’année. L’estimation des besoins prend en compte la consommation de l’année passée. En cas de pénurie de carburant, seuls les pouvoirs publics peuvent décider d’utiliser les stocks stratégiques. Les autorités décident alors des quantités utilisables et elles dressent la liste des attributaires. Les réserves peuvent être libérées en cas de difficultés d’approvisionnement, à l’échelle nationale comme à l’échelle locale.

En mai 2016 par exemple, plusieurs raffineries et dépôts de carburants avaient été bloqués par des manifestants dans le cadre de la mobilisation contre la loi Travail. L’état a alors puisé dans ses réserves pour alimenter les pompes. Il avait alors été prélevé l’équivalent de quinze jours de consommation, alors que les réserves disponibles couvraient 115 jours.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
mer 12 Juil 2017
Alors que la tendance actuelle, pro-climatique et énergies vertes, laisse peu de place au développement de l’industrie pétrolière et gazière à long terme, les grands groupes internationaux spécialisés dans l’exploitation des hydrocarbures entendent bien défendre leur gagne-pain en redorant le…
jeu 19 Déc 2013
Les industriels japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Hitachi ont déclaré, en novembre 2012, vouloir regrouper dans une société commune leurs activités d'équipement de centrales thermiques. Cette société conjointe, baptisée Mitsubishi Hitachi Power Systems (MHPS), verra le jour le 1er…
mer 23 Mai 2018
Si les Pays-Bas accusent toujours un certain retard (à l’instar de la France) sur leurs objectifs en matière d’énergie renouvelable, ils ne prévoient pas pour autant de prolonger plus en avant l’exploitation du charbon. Le gouvernement néerlandais a annoncé vendredi…
mer 18 Oct 2017
Le Syndicat national du chauffage urbain (SNCU), soutenu par l'association Amorce (regroupant notamment collectivités et entreprises), a interpellé le gouvernement dans le cadre d’un communiqué publié vendredi 13 octobre dernier. Inquiets des nouvelles orientations budgétaires de l’Etat présentées dans le…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.