Moyen-Orient : y a-t-il un risque de choc pétrolier ?

Moyen-Orient : y a-t-il un risque de choc pétrolier ?

L’économie mondiale d’aujourd’hui, bien que mieux armée qu’elle ne l’était dans les années 1970, fait face à un risque accru de choc pétrolier. La Banque mondiale, dans son dernier rapport “Commodity Markets Outlook” dévoilé le 30 octobre 2023, met en lumière les conséquences potentielles de l’escalade du conflit au Moyen-Orient

Un choc pétrolier guette-t-il le monde ?

Selon le rapport, en l’absence d’une extension du conflit entre Israël et le Hamas, les prix du pétrole devraient s’établir en moyenne à 90 dollars le baril ce dernier trimestre 2023, avant de retomber à 81 dollars l’an prochain.

Cependant, le rapport décrit trois scénarios de risque basés sur l’expérience historique : une « perturbation limitée » pourrait voir les prix augmenter de 3 à 13 %, une « perturbation moyenne » équivaudrait à une hausse de 21 à 35 %, et une « perturbation majeure » pourrait entraîner une augmentation de 56 à 75 % des prix.

Dans ce dernier scénario, les prix du pétrole en Bourse pourraient exploser et même franchir le record absolu établi en 2008, lorsque le baril a dépassé les 145 dollars.

Une menace mondiale et quasiment inédite

Le rapport de la Banque mondiale indique que, depuis la crise énergétique des années 1970, les pays ont renforcé leurs défenses contre de tels chocs. La réduction de la dépendance au pétrole, la diversification des fournisseurs et l’expansion des ressources énergétiques, y compris renouvelables, sont des mesures clés. Les gouvernements sont encouragés à éviter les restrictions commerciales et à améliorer les filets de protection sociale. À plus long terme, la transition vers les énergies renouvelables est essentielle pour atténuer les effets des chocs pétroliers.

Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale, souligne que l’actuel conflit au Moyen-Orient, ajouté à la guerre en Ukraine, pourrait soumettre l’économie mondiale à un double choc énergétique, une situation inédite depuis des décennies. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint, met en garde contre les répercussions d’un choc pétrolier sévère sur l’inflation des prix alimentaires, exacerbant l’insécurité alimentaire mondiale. Fin 2022, plus de 700 millions de personnes étaient sous-alimentées, et une escalade du conflit ne ferait qu’intensifier cette crise.

Rédigé par : Jean-Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud
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