PPE : Emmanuel Macron veut sortir avant tout des énergies fossiles

PPE : Emmanuel Macron veut sortir avant tout des énergies fossiles

PPE macron nucléaire

A l’Élysée, Emmanuel Macron a créé le Haut comité pour le climat le 27 novembre 2018. Pour le président, son objectif est clair : organiser la sortie des énergies fossiles. Ainsi, afin de respecter l’Accord de Paris, l’exécutif prépare la sortie du charbon dès 2022, tandis que l’atome reste une technologie « prometteuse » selon le chef de l’Etat… 

Le champion de la Terre expose son ambition pour la planète

A l’issue du conseil des ministres du 26 novembre 2018, Benjamin Griveaux explique qu’il faut concilier le long terme avec le court terme. Ou pour paraphraser Nicolas Hulot dans L’Emission Politique, « s’occuper de la fin du monde et des fins de mois ». Afin de répondre à ce double impératif, le Haut conseil pour le climat a désormais pour mission de rationaliser le débat sur les changements climatiques ; tandis qu’à plus brève échéance, Emmanuel Macron souhaite défendre l’indépendance et la souveraineté énergétique, préserver les prix de l’énergie, et mener la lutte contre les dérèglements climatiques.

Le nucléaire, une solution pour la sortie des énergies fossiles

À l’instar des membres du GIEC, les 13 experts – Katheline Schubert, Céline Guivarch, Pierre Larrouturou, Jean-François Soussana, Corinne Le Quéré, Laurence Tubiana, Alain Grandjean, Michel Colombier, Pascal Canfin, Marion Guillou, Jean-Marc Jancovici et Benoît Leguet ; du Haut comité pour le climat devront rétablir la vérité scientifique sur le climat, pour ne pas occulter « l’alarme environnementale ». La priorité de la stratégie énergétique française est donc claire : « il faut sortir des énergies fossiles » ! Et pour cause, on estime qu’à l’heure actuelle, toutes les 10 minutes, un Français meurt du fait de la pollution atmosphérique.

De plus, « il est faux de dire que l’on peut remplacer une capacité de production d’énergie nucléaire par une capacité de production renouvelable, [car] la seconde est intermittente ». Selon le président, « la cohérence d’une stratégie européenne de transition, consisterait à ce que tous les pays qui ont encore de nombreuses centrales à charbon les ferment, et qu’ensuite on ferme plus rapidement le gaz, et que tout le monde converge d’abord vers le nucléaire, puis vers le renouvelable ». C’est pourquoi, à l’exception de Fessenheim aucun réacteur nucléaire ne fermera pendant le quinquennat. Au total, 14 unités seront néanmoins arrêtées à l’horizon 2035, entre 4 et 6 réacteurs d’ici 2030, et les suivants entre 2030 et 2035. Pour compenser cette perte d’énergie bas-carbone, EDF doit préparer un programme pour le nouveau nucléaire à l’horizon 2021. En effet, « réduire la part du nucléaire ce n’est pas renoncer au nucléaire. Il reste une piste prometteuse » !

PPE : quelles conséquences pour notre réseau électrique ?

Sur les perspectives de l’équilibre offre-demande d’électricité en France, le Réseau de Transport d’Électricité indiquait déjà dans son bilan prévisionnel 2018  : « La fermeture des dernières centrales au charbon a été présentée par le Gouvernement comme devant intervenir d’ici à 2022. Le parc charbon est actuellement composé de cinq tranches réparties sur quatre sites distincts (Cordemais, Le Havre, Saint-Avold et Gardanne), représentant une capacité totale d’environ 3 GW. Sa fermeture, alors que le système électrique ne contient plus aucune surcapacité, constitue un enjeu de premier plan pour les années à venir ». Le 26 novembre 2018, les syndicats du secteur de l’énergie tiraient même la sonnette d’alarme en publiant un communiqué commun. FO, la CGT, la CFDT et CFE-CGC, estiment effectivement nécessaire de « sensibiliser au risque de coupures pendant un hiver très froid ».

C’est pourquoi, dans son intervention, Emmanuel Macron a souligné l’importance de préserver notre outil industriel. Au demeurant, « nous ne pouvons pas dire à quel moment à coup sûr nous pouvons fermer telle ou telle centrale » explique-t-il. C’est pourquoi, la PPE « va donner des scénarios de référence, avec des variations », qui dépendront des choix de nos partenaires européens et des innovations technologiques. La feuille de route pour la politique énergétique sur la période 2019-2023, puis 2024-2028 sera donc « pragmatique » et « adaptative ». Suite à sa prise de parole, une « grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale » sera d’ailleurs lancée sur tout le territoire !

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • @ Bachoubouzouc : ben voyons !

    Prix de marché de l’électricité :

    https://img.bfmtv.com/c/0/708/5a3/e276d333298370746b5ede66ff586.jpg

    Le mécanisme de régulation est victime de son succès. Il doit faire face à l’afflux des nombreux concurrents actifs dans l’Hexagone.

    La formule de calcul du tarif réglementé doit intégrer plusieurs facteurs, dont les prix de marché qui ont nettement augmenté depuis 2 ans (rien qu’en 1 an le prix du MWh a été multiplié par 1,5)

    Il faut tenir compte du vieillissement du parc nucléaire, de l’amélioration de la rémunération des centrales pour assurer la sécurité d’approvisionnement, du coût des certificats d’énergie, de la CSPE qui ne s’applique qu’en partie aux renouvelables etc

    On aura le détail de la CRE.

    Pour mémoire le prix de l’électricité en France avait baissé de 0,5% en août.

    Comme le précise Selectra : “Comment ne pas subir une augmentation de la facture d’électricité ?”

    80% des foyers français qui restent clients d’EDF au tarif réglementé seront impactés. Toutefois, il est possible de ne pas voir exploser sa facture et même de la faire baisser :

    – En optant pour une offre à prix fixes sur 1, 2 ou 3 ans. Dès lors, vous serez plus à même d’estimer le montant de votre facture d’électricité sur une durée donnée et vous vous éviterez des mauvaises surprises.

    – En optant pour une offre d’électricité verte et plus indépendante du nucléaire.

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  • @ Dan :

    Les renouvelables sont de plus en plus recyclables à 100%.

    Dans leur phase 2 de développement, du fait de leur intégration de plus en plus fréquente dans les bâtiments indépendants en énergie on va pouvoir de plus en plus se passer du réseau et donc de lourdes et coûteuses infrastructures. C’est beaucoup de matériaux en moins.

    De plus on améliore encore les quantités de matières employées (exemple dans le solaire avec les découpes laser, le recyclage des chutes etc) et on utilise fréquemment les produits de substitution les plus pertinents.

    Cà change notoirement le calcul au final en terme d’emploi de matières premières comparée à la production d’énergie sur plusieurs générations de renouvelables recyclées.

    Votre étude date un peu et n’a pas anticipé cette approche nettement plus pertinente.

    On applique ce type de démarche fréquemment désormais dans la conception de bâtiments, produits et technologies.

    C’est également le cas pour les batteries Li-ion que l’on recycle désormais à 100%, y compris autres composants cobalt, nickel, manganèse etc et ce à faible coût.

    De même on peut remplacer le Li-ion par le Na-ion (Tiamat, Faradion, Aquion Energy etc)

    Donc les études sur les bilans et matériaux ne sont pas à jour.

    Un véhicule électrique à batterie Na-ion a une excellent bilan par exemple mais beaucoup continuent à prétendre que les batteries polluent ou ne sont pas recyclables.

    Il y a un retard en France dans la connaissance des énergies et techniques et çà se traduit aussi dans nos parts de marchés dans le domaine.

    Par ailleurs résoudre le problème climatique plus rapidement passe aussi non plus par l’approche centralisée en amont mais aussi par le développement par tout le monde (particuliers, entreprises etc) des renouvelables en aval.

    Donc les offres électriques adossées à des producteurs et contrats renouvelables participent à la décarbonisation plus rapide.

    Des opérateurs comme Akuo Energy, Enercoop, Compagnie Nationale du Rhône/CNR, Planète Oui, ekWateur, Ohm Energie, Energie d’ici, Ilek etc permettent d’accélérer le mouvement.

    Tout comme les constructeurs de bâtiments “positifs” en énergie les plus en pointe sur tous les plans (autonomie énergétique et production énergétique, recyclage de l’eau, déchets etc)

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  • La création du Haut conseil pour le climat le 27/11/2018 devra, espérons le, fournir des synthèses, analyses et avis plus objectifs et constructifs que ce qui est diffusé dans les médias/réseaux qui attisent les peurs (du nucléaire notamment) et les colères.

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  • @ Dan : je vous ai au contraire précisé que l’on tient compte au plus haut point de la plus grande efficacité possible de l’utilisation de l’énergie, des ressources, des meilleurs substituts possible et de leur recyclage.

    Beaucoup des liens que je poste sont sur ces sujets.

    Vous aimez donc vous répéter et tourner en rond pour ne rien dire.

    De plus vous ne lisez toujours pas les études dont vous mettez les liens :

    Aussi je le fais pour vous une fois de plus et je cite votre étude page 58 et suivantes :

    “Cette étude est un premier pas relativement modeste vers l’identification des tendances futures”

    “The actual metals that will experience dramatic increases is unclear and extremely difficult to predict.”

    “Furthermore, the form in which metal demand will increase depends on both inter-technology choices, such as the balance between wind and solar power, and intra-technology choices within particular technologies.”

    However, it is in the area of transportation that the impacts on particular metals’ future markets is probably most pronounced. The current three options of electric (lithium), hybrid (lead), and hydrogen (platinum) each have their own particular metal needs.”

    Allégement des véhicules. Les véhicules plus légers sont plus éconergétiques. Le remplacement de l’acier par l’aluminium, ou le remplacement des métaux dans les général avec fibre de carbone. Ces substitutions peuvent avoir une incidence importante sur la demande de métaux”

    Réponse : Que l’énergie soit nucléaire ou renouvelables vous notez que selon votre étude c’est dans “les transports que les répercussions sur les marchés futurs de certains métaux sont probablement les plus prononcées”.

    On sait que les énergies renouvelables consomment plus de matières premières que les autres d’où l’impérieuse nécessité d’améliorer le bilan à tous les niveaux et sur beaucoup d’aspects on y arrive.

    Par exemple qui est le seul sur ce site à souligner entre autres le remplacement du Li-ion par le Na-ion et à parler de l’intégration du solaire dans les transports dont les véhicules ou encore le recyclage complet des batteries Li-ion sans oublier les navettes et véhicules autonomes ?

    Je le fais justement à cause :

    – de la nécessité de réduire drastiquement le nombre de véhicules

    – de même que la taille des batteries (au mieux d’un facteur 8) et donc l’usage des ressources

    – de remplacer le lithium et cobalt par un élément bien plus courant qui est excédentaire dans la dessalinisation et qui autrement pollue l’océan proche où il est rejeté : le sodium

    – de permettre des véhicules moins coûteux, plus légers, entièrement recyclables, plus durables et utilisant le minimum de ressources.

    Par ailleurs quand j’évoque, multiples liens à l’appui, que l’on a déjà développé plusieurs dizaines de milliers de bâtiments qui sont autonomes en énergie entre minimum 60% et plus de 150% et peuvent au delà de 100% se couper du réseau donc supprimer des infrastructures lourdes et coûteuses en ressources cela va exactement dans le même sens de réduction des matériaux comme de la meilleure efficacité énergétique, en plus de la sécurité réseau.

    Vous avez plus de 15 ans de retard dans votre approche du secteur de l’énergie et votre lien est une fois de plus une étude très approximative qui n’intègre pas les avancées les plus pertinentes. Et votre étude elle-même reconnaît ses importantes failles alors nous voilà bien avancés de raisonner à partir d’un document de travail très incomplet, très généraliste et bien souvent inexact.

    Concernant l’article de la Tribune et pour ce qui est du coût LCOE des énergies Stefan Ambec et Claude Crampes auraient dû relever que le groupe Lazard publie dans la même étude annuelle les coûts de plusieurs types de stockages.

    Il n’y a donc pas lieu de faire comme si les chiffres étaient séparés.

    Par ailleurs ils ne connaissent pas les besoins en stockage puisque ce n’est pas leur spécialité mais s’ils les connaissaient ils s’apercevraient que cela correspond à une part très relative. Donc un % correspondant de leur coût.

    De plus Stefan Ambec et Claude Crampes parlent de l’énergie livrée. Les renouvelables permettent des bâtiments non émissifs et autonomes en énergie donc se couper du réseau et en conséquence supprimer plus de 33% des coûts de transport. Compte tenu du coût de stockage de chaleur qui est déjà compétitif et de celui de l’électricité qui l’est de plus en plus souvent, les 33% en moins de coûts de transport moyens d’énergie vont à l’avantage des renouvelables et bâtiments à énergie positive.

    Jacques Percebois avait souligné quelques bonnes questions à ce sujet qui évolue beaucoup plus vite qu’il ne le prévoyait et c’est une très bonne chose :

    https://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/les-reseaux-electriques-vont-ils-disparaitre

    Sur le réseau global et la part de stockage envisagée, vous pouvez-vous référez à l’Europe et aux analyses d’Entso-e sur le sujet que j’ai maintes fois rappelé :

    – leur but est d’optimiser le réseau (gain énergétique de plus de 500 TWh/an et amortissement des coûts sur 12 ans), après quoi le stockage n’interviendra qu’en complément pour sa part minimale.

    Pour l’Allemagne par exemple, en éolien terrestre entre 2010 et 2016 on a enregistré environ 160 épisodes de 5 jours avec une production inférieure à 5 GW et pour chaque année un épisode de 10 à 14 jours de vents faibles. Au plan du stockage çà n’a rien d’excessif.

    – concernant le coût du stockage et des rendements, les études type Lazard donnent des moyennes mais on a déjà des données pratiques et beaucoup d’opérateurs s’estiment compétitifs et ce pour l’hydrogène et méthanation notamment.

    En terme de coûts je note que dans votre article ne sont pas intégrés totalement ceux du démantèlement nucléaire, des déchets, des risques, du stockage de plus de 100.000 ans et sinon de coûts très élevés d’une combinaison de réacteurs pour réduire les déchets à quelques 300 ans.

    Et les constats pratique démontrent que les renouvelables font nettement reculer les centrales charbon dans le monde qui ne sont comparativement plus compétitives comme plusieurs études récentes le démontrent encore et de facto le nucléaire qui est la plupart du temps moins compétitif que le charbon.

    Sur 95% des centrales charbon analysées dans le monde, 42% des centrales au charbon mondiales fonctionnent déjà à perte et d’ici 2040 ce chiffre pourrait atteindre 72 %.

    D’ici 2030, les nouvelles énergies éolienne et solaire seront moins chères que 96 % de l’énergie au charbon existante.

    Donc les analyses superficielles et incomplètes, quand elle ne datent pas, dont vous vous faîtes une spécialité ne permettent pas de faire des choix pertinents.

    Je pourrais rentrer dans les détails avec des analyses précises mais vous ne les lisez jamais alors à quoi bon, vous me faîtes perdre déjà assez de temps comme çà à devoir répondre à des sujets intégrés par tous les professionnels compétents du secteur depuis longtemps et heureusement.

    Ce n’est pas par hasard si tous les pays du monde, toutes tendances politiques confondues, font des renouvelables et que le nucléaire selon toutes les prévisions ne correspondra qu’à environ 10% du mix électrique mondial et moins en terme d’énergies primaires au cours des prochaines décennies, soit dans tous les cas des % très inférieures aux renouvelables pourtant nettement plus récentes. L’aspect économique et compétitivité est bien moteur.

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