Comment convertir un véhicule au bioéthanol ? - L'EnerGeek

Comment convertir un véhicule au bioéthanol ?

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La mobilité douce progresse lentement en France. Même si les voitures thermiques sont encore largement majoritaires dans le parc automobile français, les véhicules alternatifs tentent de se faire une place sur les routes de l’Hexagone. Dans plusieurs grandes métropoles comme Paris, les voitures thermiques sont appelées à laisser la place, dans quelques années, aux véhicules propres. Pour les automobilistes qui ne souhaitent pas changer de véhicules, il existe désormais une alternative pour rouler au vert : convertir son véhicule au bioéthanol.

Le bioéthanol, qu’est-ce que c’est ?

Le bioéthanol est un carburant alternatif. Ce carburant vert est fabriqué à partir de différents produits végétaux : des céréales comme le maïs et le blé, ou d’autres ressources comme la betterave. On y ajoute ensuite de l’essence, ou du gazole dans le cas du biodiesel. Une production verte en amont qui offre aussi un avantage écologique en aval : le bioéthanol génère moins d’émissions de CO2 que l’essence et le diesel.

A l’heure actuelle, le bioéthanol connait un regain d’intérêt. En effet, l’augmentation des prix de l’essence et du diesel à la pompe souligne le décalage avec le prix de l’E85, le carburant proposé à la pompe et composé à base de bioéthanol (entre 65% et 85%). En moyenne, il s’est vendu à un prix deux fois inférieur à celui de l’essence. Tandis que les carburants dérivés du pétrole ont dépassé les 1,6 euro par litre, l’E85 était affiché au prix de 70 centimes d’euro par litre.

Un kit de conversion suffit pour rouler au bioéthanol

Tous les automobilistes ne l’ont pas forcément remarqué, et pourtant le bioéthanol fait déjà partie de leur quotidien. Depuis 2017, les stations service proposent du SP95-E10, une essence qui contient 10% de bioéthanol dans sa composition. De fait, de nombreux véhicules essence peuvent être rendus compatibles au bioéthanol E85, à condition d’installer un kit de conversion. Ce kit contient un boîtier électronique que le garagiste installe sous le capot du véhicule. Ce boîtier permet de modifier l’injection du moteur en fonction du carburant qui l’alimente. Un véhicule équipé d’un boîtier E85 homologué peut donc encore rouler avec les autres carburants à base d’essence, tels que le SP95, le SP98 et bien sûr le SP95-E85.

Les kits homologués coûtent en moyenne entre 600 et 1 000 euros. Le prix d’un boîtier E85 dépend du type de véhicule sur lequel il est installé, et en particulier du nombre de cylindres et du type d’injection. Le tarif d’un boîtier E85 pour une voiture de 4 cylindres à injection directe (catégorie des petites citadines) est ainsi de 700 euros. Ce tarif moyen comprend le boîtier mais aussi la pause et le réglage des paramètres selon le moteur.

Une fois le kit posé sur le véhicule, ce dernier peut être alimenté en bioéthanol. La durée d’amortissement dépend ensuite de la consommation de carburant et de la variation des prix de l’essence à la pompe. Seul point noir : la consommation d’un véhicule roulant au bioéthanol est en moyenne 20% supérieure à celle d’un véhicule roulant à l’essence.

Pour l’instant, deux entreprises ont été homologuées en France pour vendre des kits de conversion au bioéthanol : BioMotors et FlexFuel. Un troisième fabricant, ARM Engineering, est en cours d’homologation, et ses kits pourraient être disponibles à la vente dès le printemps 2019.

Comment s’approvisionner ?

La filière a déjà commencé à se structurer sur le territoire français. En ce qui concerne la production, 90% du bioéthanol consommé par les véhicules français est produit dans l’Hexagone. Reste la question du réseau des stations service qui distribuent de l’E85 : en octobre 2018, on en dénombrait 1 072 en France. C’est peu au regard des 11 000 stations service que compte le pays. Mais ce chiffre est en progression, et il devrait continuer à augmenter à mesure que le parc automobile se convertira au bioéthanol. En effet, pour donner un coup de pouce aux automobilistes séduits par le bioéthanol, deux régions ont déjà prévu des primes de conversion. La région Grand-Est et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont annoncé qu’elles comptaient mettre en place, d’ici 2020, une prime de 250 euros pour aider les automobilistes qui convertissent leurs voitures au bioéthanol. Cette incitation devrait donc augmenter les ventes de kit E85.

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • En pratique comment convertir une Cio Estate 2016. Cérémonie des 4 ans de la Cio 4 diesel en biodiesel (ou le nom que cela porte)et profiter aussi des aides énergie?? Oùvs’adresser??

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  • Les agrocarburants pour les véhicules sont l’option parmi les moins pertinentes que l’on puisse faire !

    En effet le rendement de la photosynthèse est dérisoire et le rendement des moteurs thermiques est très modeste.

    Le bilan des 2 est un énorme gaspillage y compris le plus souvent de surfaces agricoles avec des cultures spécifiques.

    Dans le cadre de la production de biogaz, certaines cultures complémentaires peuvent en effet être utiles à certaines périodes de l’année, c’est par exemple le cas des “Cipan” (Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates) et Cive (Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique) qui permettent notamment : de réduire la lixiviation de l’azote vers les aquifères aux périodes ou le sol est nu, fournir de l’azote à la culture suivante, limiter l’érosion du sol, améliorer sa structure, réduire le développement des adventices, la pression parasitaire etc

    Sous réserve bien entendu que les parts de ces cultures restent dans des proportions acceptables et ne dérivent pas comme parfois dans d’autres pays notamment en Allemagne où les lobbies agricoles ont dans certains Länder fait trop de zèle.

    Ce sont en outre des cultures que l’on réalise production de biogaz ou pas.

    C’est nettement moins le cas dans le cadre des agro-carburants où la production est bien plus centralisée en raison des raffineries donc on y consacre des cultures et surfaces spécifiques.

    Le bilan des agrocarburants est un peu meilleur lorsque l’on emploie des Cipan et qu’ils sont utilisés dans des chaufferies à très haut rendement donc très supérieurs à celui des véhicules thermiques.

    Pour autant ce n’est que très peu le cas comparé au biogaz car les agrocarburants ont un mode de production nettement plus centralisé et donc emploie des cultures essentiellement spécifiques.

    Pour ce qui concerne la part des sous-produits ligno-cellulosiques, là aussi on ne dispose pas d’excédents au point d’en faire n’importe quel usage.

    Il y a lieu de comparer le bilan complet selon les régions et donc ressources de la filière agrocarburants destiné au chauffage à très haut rendement, avec la gazéification et production de biométhane également pour le chauffage (ou l’industrie) à très haut rendement.

    Pour un particulier qui se chauffe au fioul il est plus facile d’utiliser ensuite un agrocarburant que du biométhane. Pour un réseau de chaleur les 2 peuvent être envisagés mais le biométhane est par nature de source locale alors que l’agrocarburant a souvent voyagé depuis sa raffinerie le plus souvent centralisée et nettement plus éloignée.

    Mais dans tous les cas les bilans sont meilleurs que pour les véhicules thermiques au rendement limité et où l’électro-solaire est à privilégier avec l’électrique pour les véhicules légers. Et l’hydrogène (léger) pour les véhicules lourds (camions, bus, trains etc)

    La filière agrocarburants été mise en place il y a plusieurs décennies pour accroître les revenus de lobbies agro-alimentaires, notamment betteraviers en perte de revenus face à la concurrence mondiale, mais n’est pas pertinente dans beaucoup trop de cas.

    Ils ont été acceptés dans le cadre d’une “transition” qui devait être provisoire pour aider des filières agricoles en difficulté mais actuellement le secteur tente de jouer les prolongations dans des options à stopper au plus vite car complètement inadéquates.

    Un moteur thermique est très largement dépassé au plan rendement par un moteur électrique donc les agrocarburants sont une voie de garage pour les véhicules thermiques et leurs utilisateurs seront à nouveau un jour des gilets jaunes qui n’ont pas compris qu’il fallait se passer du pétrole, du gaz mais aussi des agrocarburants pour rouler !

    Dès lors que l’on sait obtenir des bilans supérieurs à la photosynthèse et aux moteurs thermiques avec nettement moins de surfaces, le choix des agrocarburants pour rouler n’est absolument pas approprié et représente un gaspillage de plus à éliminer au plus vite.

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