Total relance l'exploration pétrolière au large de la Guyane

Total relance l’exploration pétrolière au large de la Guyane

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Total va reprendre sa campagne d’exploration pétrolière au large de la Guyane. Le communiqué de la Collectivité territoriale de Guyane, du mercredi 24 octobre 2018, indique en effet que le groupe pétrolier a obtenu l’autorisation préfectorale. Malgré plusieurs tentatives infructueuses et une opposition locale forte, Total souhaite creuser un premier puits exploratoire dès 2018. A la clé : peut-être un important gisement capable de redynamiser la production de pétrole français.

La Guyane et le pétrole, c’est une longue histoire. Depuis plusieurs décennies déjà, des études s’intéressent au potentiel pétrolier des côtes de cette région d’Outre-Mer. La raison est simple : la Guyane est au large de la côte Nord-Est de l’Amérique du Sud. Or, dans cette partie du monde, plusieurs importants gisements de pétrole sont déjà recensés et exploités. Le territoire compte notamment parmi ses voisins le Brésil, le Guyana et le Suriname, qui sont tous des producteurs de pétrole. Par ailleurs, c’est un autre pays de la région, le Venezuela, qui dispose des plus importantes réserves pétrolières du monde, devançant même l’Arabie Saoudite.

Depuis le début des années 2010, les investissements pétroliers se sont multipliés dans la région. Total a déjà investi dans le pétrole brésilien. Le groupe pétrolier américain Exxon Mobil est également très présent dans cette région du monde. Il exploite, conjointement avec Tullow Oil, un gisement offshore dans les eaux du Suriname. Mais surtout, Exxon Mobil a mené plusieurs gisements exploratoires au large du Guyana, qui ont révélé la présence d’un important gisement pétrolier. Situé en mer profonde, son potentiel est estimé par la compagnie à près de 3 milliards de barils de pétrole. Exxon Mobil a donc décidé d’investir 4,4 milliards de dollars dans ce gisement. Le pétrolier américain espère lancer la production de pétrole dès 2020.

Des forages exploratoires au large de la Guyane

Le permis d’exploitation Guyane Maritime a été accordé à un consortium pétrolier, avec Total, en 2011. Ce permis visait à lancer des puits de forage exploratoires. L’objectif était de déterminer l’emplacement d’éventuels gisements de pétrole et estimer leur potentiel de production. Total, convaincu de l’intérêt de ce gisement, a ensuite mené une première campagne d’exploration. Entre 2012 et 2013, le pétrolier français a réalisé cinq forages dans la partie Sud-Est de la zone d’exploration définie par le permis Guyane Maritime. Des forages qui n’ont pas été concluants malgré les études géologiques qui indiquaient un potentiel d’un milliard de barils de pétrole.

Mais Total ne compte pas rester sur cet échec. Par un arrêté préfectoral, le groupe vient de recevoir l’autorisation de lancer une seconde campagne exploratoire. L’arrêté autorise Total à forer un nouveau puits d’exploration, cette fois au centre de la zone autorisée. Total disposera de quatre mois pour effectuer son exploration. En contrepartie de cette autorisation, Total s’engage à respecter les conditions posées par la Commission d’Enquête. Le groupe devra par ailleurs investir 10 millions d’euros dans l’économie locale de la Guyane.

A noter, la demande pour cette seconde campagne exploratoire avait été déposée avant la fin d’année 2017. Le 20 décembre 2017, Nicolas Hulot, l’ex-ministre de la transition écologique, avait fait voter la loi dite Hydrocarbures, qui prévoit l’abandon progressif de la production de pétrole et de gaz sur le territoire français. La loi précise que la France n’attribuera plus de nouveaux permis d’exploration pour le pétrole ou le gaz, et que les concessions existantes ne seront pas prolongées après 2040. Toutefois, comme le précise la Chambre de Commerce et d’Industrie de Guyanne, l’amendement des sénateurs Antoine Karam et Georges Patient prévoit que dans les régions ultra-marines, en Guyane en particulier, la prospection et l’extraction du pétrole resteront possible au-delà de 2040.

Et si Total trouve du pétrole ?

Avec cette nouvelle phase d’exploration, la collectivité locale de Guyane espère bien que Total découvrira un gisement de pétrole. Mais la présence d’or noir au large des côtes ne suffit pas : il faut que la quantité de pétrole trouvé soit assez importante pour assurer la rentabilité d’une station de forage offshore. En entamant ses premiers forages avant la fin d’année 2018, Total peut espérer finir la phase exploratoire d’ici 2020. Il faudra ensuite trois à quatre années pour mettre en place une station de forage et commencer la production pétrolière.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Mieux vaudrait que Total n’utilise pas ce pétrole pour la “combustion” polluante mais pour ses autres applications le plus souvent recyclables et souvent à plus haute valeur ajoutée. Mais c’est une autre affaire.

    Pendant ce temps en Afrique et parmi d’autres, l’Institut marocain de recherche sur l’énergie solaire et les nouvelles énergies (IRESEN) installe des recharges solaires pour tous types de véhicules électrique en plus de fournir l’éclairage local.

    Le marché de la voiture électrique se développe progressivement au Maroc. Les constructeurs sont déjà présents comme la gamme Zoe de Renault. Le marché pourrait se développer davantage si le projet Darshal réussit en Egypte. La société a récemment signé un partenariat avec les sociétés chinoises Dongfeng Motor Corporation et Vasworld Power Cooporation Limited pour l’assemblage de véhicules électriques en Egypte. Ces voitures pourraient conquérir les marchés maghrébins et donc s’étendre au Maroc.

    La recharge rapide solaire est possible et à bas prix grâce entre autres à des volants d’inertie.

    Total installe des recharges électriques mais l’IRESEN opte pour les recharges solaires beaucoup plus propres et ce alors que Total est la maison-mère de Sunpower.

    L’IRESEN développe aussi des véhicules de livraisons réfrigérés électriques solaires qui pourraient soulager de nombreuses entreprises agroalimentaires, en particulier dans la livraison de produits frais.

    Les travaux sont soutenus par la société Inter-Africa, spécialisée dans la réfrigération et la climatisation. En partenariat avec la société française Schneider Electric, les Autoroutes marocaines (ADM) et plusieurs distributeurs de carburant, elle construit des bornes de recharge sur l’autoroute Tanger-Agadir.

    https://www.afrik21.africa/en/morocco-iresen-tests-solar-shade-for-recharging-electric-vehicles/

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