Eclairage public français : l'AFE pointe l'urgence de la rénovation

Eclairage public français : l’AFE pointe l’urgence de la rénovation

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La rénovation énergétique passe aussi par l’éclairage public. Dans son étude sur le parc luminaire français, l’Association Française de l’Eclairage pointe du doigt le vieillissement de l’éclairage public. Parallèlement, il s’inquiète aussi du manque de moyens mobilisés par les communes pour le rénover. Le problème ? Ce parc vieillissant, qui n’est parfois plus aux normes, engendre une forte consommation d’énergie pour les mairies… Heureusement, des solutions existent et l’EnerGeek vous en présente quelques unes. 

L’éclairage public français représente au total 5,6 TWh d’électricité consommée chaque année. Les collectivités locales, représentent 23% de la consommation d’éclairage. Et si le parc luminaire français coûte cher, c’est d’abord parce qu’il est obsolète, ce qui engendre une surconsommation d’énergie. L’AFE estime que 80% des lampes d’éclairage public auraient dû être remplacées depuis 2012 pour être en accord avec la réglementation européenne. L’Association pointe notamment du doigt la durée de vie excessive des luminaires : 40% d’entre eux ont été mis en service il y a plus de 25 ans.
Rénover, mais à quel prix ?

Pour l’AFE, la rénovation de l’éclairage public est devenue une urgence, non seulement d’un point de vue énergétique, mais aussi du point de vue économique. Selon elle, le potentiel d’économies est important. Les communes peuvent espérer économiser entre 40% et 70% de leur facture d’énergie. Mais le projet a un coût : la rénovation du seul éclairage public extérieur est estimée à 9 milliards d’euros. Une somme qui a tendance à décourager les collectivités locales.

Le département de la Manche, par exemple, est l’un des départements dans lequel la modernisation de l’éclairage public est la plus en retard. D’après les chiffres publiés par le Syndicat Départemental d’Energies de la Manche (SDEM), le taux de renouvellement des lampadaires se situe entre 2,5% et 3% ; il devrait être de 5%. Ce retard ralentit la modernisation du parc de 21 900 lampadaires gérés par le SDEM dans la Manche. En cause ? Dans la majorité des cas, les lampadaires fonctionnent encore, et les communes ne souhaitent donc pas investir pour les changer. Pourtant, cet équipement fait grimper la facture énergétique des communes.

Un éclairage autonome et intelligent

Si le SDEM s’intéresse tout particulièrement au parc des lampadaires, c’est d’abord parce ce qu’il l’envisage un véritable levier pour faire des économies d’énergie. Depuis quelques années, les entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables ont été nombreuses à investir dans le développement de mobilier urbain autonome. Plusieurs entreprises ont développé des lampadaires solaires munis de panneaux photovoltaïques, capables de fonctionner de manière autonome. Certains peuvent même intégrer une prise pour recharger des véhicules électriques.

Autre piste d’amélioration pour le parc tricolore, plusieurs villes s’intéressent à l’éclairage intelligent. La ville d’Oslo fait figure de pionnière en la matière : elle a remplacé 10 000 de ses 62 000 lampadaires par des modèles intelligents. Ceux-ci ne se mettent en marche que s’ils détectent la présence d’un usager (piéton ou véhicule). L’investissement de 6 millions d’euros a entraîné une économie de 70% sur la consommation électrique des lampadaires. Le projet devrait donc être amorti au bout de cinq ans.

Une plateforme expérimentale inaugurée par EDF

En France, EDF a décidé d’investir dans la recherche. L’énergéticien a inauguré, en février 2017, la première plateforme expérimentale dédiée à l’éclairage public. Citelum, la filiale d’EDF dédiée à l’éclairage et aux services connectés, met au point un éclairage connecté pour accompagner les collectivités dans leur projet de rénovation des luminaires. L’idée : développer un réseau urbain connecté pour optimiser la consommation d’énergie.

Par ailleurs, EDF compte aussi utiliser les futurs lampadaires pour suivre en temps réel les mouvements des usagers pour adapter l’éclairage à leurs besoins. A l’avenir, l’éclairage pourra donc se moduler de façon autonome en fonction de la densité de la circulation des usagers. Une optimisation qui pourrait alléger significativement la facture énergétique des collectivités.

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Il me semble que cet article commence sur une coquille :
    56 TWh, ça correspond à la consommation française pour l’éclairage en général, pas pour l’éclairage public… De tête on est autour de 5 TWh pour l’EP (~1% de la consommation d’électricité française).
    Pour le reste, l’AFE, qui regroupe les producteurs de luminaires (et qui ont donc vendus toutes ces lanternes boules, etc…), alerte sur l’impérieuse urgence à remplacer ces systèmes…
    Avant, ils avaient fait du lobbying pour tout éclairer, et avaient écrit la norme encadrant les niveaux d’éclairement de façon à forcer les collectivités à avoir un éclairage le plus régulier possible, sans taches plus sombres, de telle manière que toucher à son éclairage public coute extrêmement cher.
    Dans le même temps, ces brillants conseilleurs oublient la méthode la plus simple :
    – Choisir vraiment les surfaces éclairées, et arrêter d’éclairer chaque hameau ou lotissement comme un centre ville.
    – Éteindre l’éclairage en milieu de nuit.

    En plus de faire de grosses économies d’énergie (à un coût nul), ça réduirait vraiment l’impact de la pollution lumineuse sur la biodiversité et la qualité du ciel.

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