Centrale nucléaire de Brennilis : fin du démantèlement prévu pour 2038

Centrale nucléaire de Brennilis : fin du démantèlement prévu pour 2038

En cours depuis plusieurs années maintenant, le chantier de démantèlement du petit réacteur nucléaire de la centrale de Brennilis dans le Finistère devrait arriver à son terme à l’horizon 2038. Un délai qui s’explique, selon un communiqué du département publié mercredi 18 juillet, par la mise en œuvre d’une « approche prudente et sécurisée » opérée sous le strict contrôle de l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN).

Processus long et complexe, la déconstruction progressive d’une installation nucléaire nécessite de décontaminer les équipements, de déconstruire éventuellement les bâtiments et d’assainir les sols. Elle est régie en France par des normes réglementaires très strictes répondant au principe d’immédiateté et imposant à l’exploitant de procéder à la déconstruction « dans un délai aussi court que possible dans les conditions économiquement acceptables ». Dans les faits, ces chantiers s’accompagnent de nombreux contrôles en matière de sûreté et de sécurité nucléaire, et nécessitent généralement plusieurs années d’études et d’analyses préalables durant lesquelles les exploitants effectuent l’inventaire des installations et des déchets, et envisagent les différents scénarios d’interventions possibles.

Plusieurs installations construites dans les années 1960 sont d’ores et déjà arrivées en fin de vie dans l’Hexagone, et leur exploitation à des fins de production ou de recherche a cessé. On peut citer ici les sites de Chinon, du Bugey, de Saint-Laurent-des-Eaux, de Brennilis ou le réacteur Superphénix dans l’ex-centrale nucléaire de Creys-Malville. Au total, neuf réacteurs de quatre technologies différentes sont aujourd’hui en cours de déconstruction en France.

Démantèlement: un processus long pour des conditions de sûreté optimales

Définitivement arrêtée le 31 juillet 1985, la centrale de Bennilis dans le Finistère constitue un bon exemple du processus de démantèlement mis en place. Selon un communiqué du département basé sur la dernière commission locale d’information (CLI) des Monts d’Arrée, ce petit réacteur à eau lourde devrait être totalement démantelé à l’horizon 2038, soit plus de 50 ans après sa mise à l’arrêt.

Un délai qui peut paraître long de prime abord, mais qui permet surtout selon la collectivité, d’assurer la déconstruction du site dans des conditions de sûreté, de sécurité et de radioprotection optimales. « EDF a construit une approche prudente et sécurisée avec un démantèlement étape par étape, des techniques et matériels éprouvés et des opérations en série pour éviter les imprévus », explique le département dans son communiqué. « EDF prévoit une durée totale des travaux de 17 ans. En préalable, l’instruction du dossier s’étalera sur 3 ans afin d’aboutir à la sortie du décret d’autorisation du démantèlement complet et comportera une phase d’enquête publique », ajoute le département.

Actuellement en cours, le démantèlement de la dalle de béton de la station de traitement des effluents devrait s’achever en fin d’année. La dernière phase du démantèlement s’attaquera par la suite au bâtiment réacteur, avant la réhabilitation du site, qui pourra alors être affecté à un autre usage industriel. EDF a jusqu’au 31 juillet 2018 pour soumettre un dossier de démantèlement complet à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Crédits photo : EDF

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • A surveiller :

    EDF vient de mettre à jour le décompte des défauts affectant ses réacteurs.

    Au 17 juillet, l’entreprise dénombre 1.775 “anomalies” et 449 “non-conformités” sur les équipements de 46 de ses réacteurs nucléaires en fonctionnement. Ces résultats sont issus des vérifications réalisées par l’entreprise sur l’ensemble des dossiers de fabrication des équipements installés sur ses réacteurs et réalisés à l’usine du Creusot (Saône-et-Loire).

    https://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-edf-anomalies-non-conformites-reacteurs-creusot-31729.php4?xtor=AL-33

    .

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  • Les anomalies ou les non-conformités font partie des faits inhérents à tout système industriel normé; Après , il faut approfondir l’étude de ces anomalies pour savoir (entre autres)
    1) Ces anomalies sont-elles génériques (donc défaut de conception) ou accidentelles (erreur de câblage dans une armoire électrique par exemple)
    2) Résultent-elles de modifications d’une autre partie du système (génération de cartes-commandes par exemple qui peut entraîner des bugs informatiques)
    3) En quoi sont-elles sont impactantes pour le fonctionnement du système (l’augmentation des taux de carbone dans l’extrémité des lingots destinés à être forgés pour les fonds de GV n’a pas rendu ceux-ci inaptes à tenir les épreuves d’essai qui sont 1.5 fois plus élevées que les valeurs maximales de service)
    4) Quelles sont les incidences réelles au niveau de la politique de sûreté. Faut-il abattre à vue les militants de GreenPeace pour démontrer que le gardiennage des centrales est efficace ?

    Or 58 tranches nucléaires dans lesquelles tous les systèmes de sécurité sont au minimum triplés (Pompes primaires ou refroidissement des GV ou systèmes de capteurs pour la conduite des installations) + l’ensemble des sites maniant des objets radio-actifs tels la Hague ou l’institut Curie ou l’accélérateur de Saclay présentent forcément des anomalies. Qui plus est, aucune industrie n’est plus surveillée (mais cela se comprend) que l’industrie nucléaire via l’ASN et l’IRSN qui intervient pour rendre les contrôles de l’ASN encore plus précis et plus pertinents.
    Donc se référer uniquement au nombre d’anomalies pour faire croire que l’industrie nucléaire en France est anarchique ou chaotique est une méthode qui relève du buzz médiatique mais non d’une démarche technique rationnelle.

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  • @ Malpensant : ne pas s’informer et faire un enfûmage hâtif hors-sujet pour tenter de cacher des réalités beaucoup plus problématiques et en nombre anormalement élevé auxquelles est confronté EDF et que souligne depuis des années l’ASN et qui ne se limitent pas à la France, relève par contre assurément d’une approche qui n’a rien de technique, ni de sérieux, ni d’objectif alors que ce dossier est lourd depuis des années et vous devriez en être informé au moins à minima, ce qui ne semble pas être le cas puisque vous l’abordez comme s’il s’agissait d’une situation industrielle courante alors qu’EDF est embarassé par ce sujet et que l’ASN n’a jamais prétendu être une garantie absolue, loin s’en faut.

    Il y a en effet un réel problème avec les équipements réalisés à l’usine du Creusot pour des raisons brièvement abordées, vu l’ampleur du dossier, par exemple dans ce lien et bien d’autres que vous pourrez trouver sur le sujet :

    https://www.franceculture.fr/economie/scandale-de-la-forge-du-creusot-areva-et-edf-alertees-des-2005

    .

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  • @ Malpensant : je suppose que vous êtes mieux placé pour juger que par exemple et entre autres le président d’EDF lui-même, pourtant par position très modéré à l’égard de son secteur et qui tenait sans doute à faire du “buzz médiatique” quand il déclarait :

    “La filière rencontre des problèmes techniques liés à la qualité des fabrications de plusieurs acteurs industriels en France et à l’étranger”.

    https://www.lesechos.fr/22/11/2016/lesechos.fr/0211517137928_areva—au-creusot–les-failles-du-forgeron.htm

    Je vous laisse également vous informer des réactions et faits en Afrique du Sud, en Chine, au Japon, en Grande-Bretagne etc et c’est ce que vous appelez “des faits inhérents à tout système industriel normé”

    Vous avez de drôles de conception des normes !

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  • @ Energie+.
    1) Je n’ai jamais prétendu qu’il n’y avait aucune anomalie dans le secteur nucléaire puisque qu’au contraire je dis que, comme pour tous les secteurs industriels le nucléaire présente des non-conformités ou des anomalies mais qu’il faut savoir les analyser et en tirer les conséquences. Si je suis un spécialiste de l’enfumage (selon vous) j’ai l’impression que vous êtes un expert de la fumette quand vous écrivez le contraire de l’évidence.
    2) L’article de l’alerte sur le Creusot fait état d’une notification de l’ASN, organisme que vous discréditez. Curieux quand même ! Au fait savez-vous ce qu’est une virole d’un générateur de vapeur (GV) et à quelles épreuves cette pièce est soumise avant d’être montée sur le fond de cuve du GV ?
    3) On voit bien que vous n’avez jamais eu de responsabilité dans le secteur industriel car vous écririez avec un peu plus de pondération sur des sujets que vous ne connaissez que par le biais d’une lecture superficielle.
    4) Apprenez un peu de physique, de mécanique, de thermodynamique et de chimie, et dès lors, vos écrits pourront être un peu plus solides sur le plan technique.
    Bon courage !

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  • L’éventualité d’une rupture de cuve, après sabotage, agression externe ou accident interne, n’est jamais prise en compte. La construction en souterrain des réacteurs n’est pas examinée malgré des avantages évidents en matière de sûreté et d’économie de démantèlement. Des options sont à examiner.
    On attend des justifications et des discussions publiques sur les options prises par le CEA pour EPR et Astrid.

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  • @ Malpensant : vous vous égarez de plus en plus comme d’habitude faute d’argument et ne connaissez rien aux problèmes d’énergie comme vous l’avez maintes fois démontré puisque je vous communique des liens précis, simples à lire, clairs et non contestables pour confirmer, comme l’ASN que je ne discrédite en aucun cas bien au contraire, qu’il y a plus qu’un “problème industriel courant” dans la filière nucléaire française qu’EDF reconnaît également comme bien d’autres et vous gesticulez et sortez des balivernes de votre imaginaire pour tenter de manière parfaitement ridicule de démentir sans avoir approfondi le sujet puisque c’est parfaitement connu et que personne ne le conteste.

    Vous n’avez sans doute pas non plus relevé que la Chine a ouvert son EPR avant nous et je vous laisse le soin d’analyser ce sujet aux nombreuses implications et conséquences avant que vous ne sortiez une fois de plus des âneries pour le justifier car c’est un problème également très bien analysé mais je ne vais pas perdre mon temps à le développer puisque les faits et la réalité sont chez vous toujours “complètement démentis par votre opinion ” !

    http://xaviergorce.blog.lemonde.fr/files/2017/02/IND_17_07_05.png

    .

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