Plan climat : Nicolas Hulot tire un premier bilan un an après

Plan climat : Nicolas Hulot tire un premier bilan un an après

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Un an après l’annonce de son plan climat, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot tirait vendredi 6 juillet 2018 un premier bilan à l’occasion d’une journée de restitution, d’échanges et de réflexion sur les chantiers lancés. Si le ministre a souhaité mettre en exergue ici l’ensemble des mesures appliquées jusqu’à présent, il a surtout pointé du doigt la hausse des émissions de gaz à effet de serre en France en 2017 et la nécessité de s’engager davantage. Explications.

Fin de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels, développement d’aides financières pour inciter les Français à s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique et la précarité énergétique (prime à la conversion, aide pour le remplacement des chaudières à fioul, chèque énergie, etc.), lancement de plusieurs plans stratégiques de soutien aux énergies alternatives, à l’hydrogène ou à la rénovation énergétique, cette première année fut marquée par de nombreuses actions en direction de l’environnement et du climat. Fier des efforts menés en l’espace d’une année seulement, Nicolas Hulot présentait vendredi 6 juillet 2018, devant des entreprises, syndicats, chercheurs et associations, un premier bilan positif de son action sans toutefois se réjouir compte tenu de l’évolution défavorable des émissions de gaz à effet de serre.

Il faut « changer d’échelle » pour Nicolas Hulot

« Douze mois après le lancement du plan climat, j’ai voulu que l’on fasse un bilan sans concession de la lutte contre le changement climatique dans notre pays (…). Le Plan climat a été conçu pour créer une dynamique de long terme, avec l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à horizon 2050, et année après année, il faut que nous regardions avec honnêteté où nous en sommes ». Et « les nouvelles ne sont pas bonnes », a déclaré le ministre d’Etat. Les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en France en 2017 (466 millions de tonnes équivalent de CO2 contre 458 millions de tonnes en 2016) alors qu’elles étaient restées stables en 2016.

« On a avancé, on a accéléré », mais « il y a des domaines où on n’a pas assez fait », a poursuivi le ministre, qui a annoncé qu’un bilan d’étape serait fait chaque année afin de rester au plus près des objectifs fixés. Pour rappel, le plan climat du ministère de la Transition écologique et solidaire a été dévoilé en juillet 2017 et vise à faire de la France un pays neutre en carbone à l’horizon 2050.

Crédits photo : Ministère de la Transition écologique

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • N’y a-t-il pas quelque effet d’aubaine et d’effet rebond, par cause d’incompétence de nos ministres de l’environnement successifs, pour arriver à un si faible résultat en face des quelques milliards (voire même des dizaines de milliards) d’euros injectés dans les différents plans de réduction des émissions de CO2 ?

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  • Sans oublier la fameuse RT 2012 qui impose le chauffage au gaz des locaux privés et publics. Commet s’étonner après cela ?

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  • Comme dans tout, les progrès dépassent le cadre des seuls ministères et reposent sur la volonté de chacun (çà va ainsi plus vite)

    Le constat est partout le même. Exemple l’Australie, voir conclusions plus bas : politique durable, transparence, informations, éducation, formation, contrôles etc

    “Des normes énergétiques plus strictes pourraient réduire de 35 milliards de dollars australiens les factures d’énergie et les coûts de réseau, et permettre de réaliser au moins 78 millions de tonnes d’économies d’émissions cumulatives d’ici 2050.”

    Des normes plus strictes appuieraient également la transition de l’Australie vers une économie nette sans émissions d’ici 2050 et l’aideraient à respecter ses engagements de l’Accord de Paris sur le climat d’ici 2030.

    L’American Council for an Energy Efficient Economy a mal classé l’Australie en termes d’efficacité énergétique dans l’industrie et les transports par rapport à d’autres pays développés et en développement.

    Le secteur du bâtiment est quant à lui très bien placé pour atteindre ces objectifs à des coûts très minimes grâce à la technologie qui existe actuellement. Le secteur immobilier australien a également obtenu de bons résultats par rapport au Global Real Estate Sustainability Benchmark au cours des dernières années.

    Mais dans l’ensemble, l’efficacité énergétique du secteur résidentiel ne s’est améliorée que de 5% au cours de la dernière décennie, alors que le secteur commercial n’a progressé que de 2% au cours de cette période.

    Si les concepteurs et les fabricants savent comment les exigences du code évolueront au cours des 15 prochaines années, l’industrie aura la certitude réglementaire dont elle a besoin pour planifier et investir dans de nouvelles technologies, ce qui permettra d’améliorer le rendement énergétique des bâtiments à moindre coût “, a déclaré le professeur Tony Arnel

    La première mesure consiste à s’engager en faveur d’un code du bâtiment ” zéro carbone ” en fixant des objectifs fermes d’efficacité énergétique.

    La deuxième est de modifier progressivement les exigences en matière d’énergie pour les bâtiments résidentiels et d’augmenter progressivement les normes pour les bâtiments non résidentiels.

    La troisième est d’exploiter les possibilités en matière de durabilité qui pourraient avoir une incidence sur les normes d’efficacité énergétique à l’avenir. Cela comprend les exigences en matière de santé et de sécurité, la gestion de la demande, la fourniture de véhicules électriques etc.

    D’autres améliorations pourraient provenir de mesures complémentaires, telles que l’amélioration des normes énergétiques des appareils ménagers, la modernisation des bâtiments existants et l’accélération de la décarbonisation du réseau électrique. L’ajout de panneaux solaires et d’accumulateurs sur place dans les bâtiments neufs et existants pourrait réduire davantage la consommation nette d’énergie.

    Toutefois, les progrès continueront d’accuser du retard, à moins d’être appuyés par des ressources et des lignes directrices supplémentaires pour mettre en pratique ces mesures.

    Le rapport indique que tout changement doit être soutenu par la transparence au cours du processus de planification et d’approbation des bâtiments, l’éducation et la formation des professionnels concernés en matière d’efficacité énergétique, les campagnes de sensibilisation des consommateurs, ainsi que la vérification de la performance énergétique après la construction.

    http://www.asbec.asn.au/wordpress/wp-content/uploads/2018/07/180703-ASBEC-CWA-Built-to-Perform-Zero-Carbon-Ready-Building-Code-web.pdf

    .

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  • Associer plus souvent Finances et rénovation/efficacité énergétique est également très pertinent avec de nombreuses retombées positives sur la santé et ses coûts, la baisse des importations coûteuses d’énergie, les entreprises et emplois etc mais pas assez employé (on a environ 1500 milliards d’euros en assurance-vie, çà vaudrait la peine d’y consacrer 1% par an dans ce type d’investissements comme çà se fait plus souvent dans les pays anglo-saxons)

    La banque Triodos aux Pays-bas est un assez bon exemple parmi bien d’autres.

    On fait de “l’énergie citoyenne” mais pas assez “d’efficacité énergétique citoyenne” alors que toutes les copropriétés sont en mesure de faire des travaux et de rembourser sur les gains réalisés.

    Le Financement participatif a un large créneau sur ce thème tout comme l’épargne qui pourrait rapporter un peu plus tout en étant plus efficace.

    Parmi plein d’exemples :

    Une bonne mesure de la part d’un maire (pas besoin d’être ministre pour agir, chacun peut le faire à son niveau au quotidien)

    “Le maire de Londres a dévoilé aujourd’hui un nouveau fonds de 500 millions de livres sterling pour aider les petites entreprises et les organisations du secteur public à investir dans des mesures à faible émission de carbone.”

    Objectif : réduire les émissions de Londres de 60 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2025 avant d’atteindre l’objectif de zéro émission nette de carbone d’ici 2050.

    Cette décision fait suite aux récentes conclusions du groupe de travail sur le financement vert nommé par le gouvernement, selon lesquelles de nombreuses entreprises et organisations du secteur public – hôpitaux, musées, bureaux, bibliothèques, logements sociaux et universités – sont souvent incapables d’accéder au financement nécessaire pour mettre en place des mesures visant à accroître l’efficacité énergétique de leurs bâtiments et à réaliser des économies à long terme.

    Le bureau du maire a déclaré que le MEEF offrirait un large éventail d’options de financement par projet par le biais d’un consortium de bailleurs de fonds comprenant Lloyds Bank, NatWest, Santander UK, Sumitomo Mitsui Banking Corporation et Triodos Bank.

    “C’est un élément clé de la stratégie du maire visant à améliorer le parc immobilier existant de la capitale et à améliorer le rendement énergétique des nouveaux bâtiments – aider les maisons, les entreprises et les bâtiments publics à utiliser moins d’énergie et à économiser de l’argent sur les factures d’énergie “. Nous avons déjà mobilisé plus de 350 millions de livres sterling dans des projets à faible teneur en carbone pour réduire les émissions de CO2 de plus de 35 000 tonnes, ce qui équivaut à retirer 32 000 voitures de la circulation.”

    https://www.edie.net/news/6/London-Mayor-launches–500m-energy-efficiency-fund-for-businesses/

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  • Dan a parfaitement raison pour l’absurde “bascule” vers le gaz de 2009 à 2016.

    Les raisons sont assez bien expliquées page 5/6 de ce document et çà devrait être heureusement corrigé dans la PPE actuelle.

    http://www.annales.org/re/2018/re90/2018-04-11.pdf

    Le solaire thermique, hybride (et même solaire CSP pour une part majeure de régions en France avec les techniques actuelles et souvent un taux de couverture autour des 90%) ont encore plus été mis à l’écart par méconnaissance des techniques et couplages (solaire/pac etc), qui certes à l’époque de la RT2012 pour beaucoup démarraient seulement en France (solaire hybride, CSP, aérovoltaïque, couplage avec pompes à chaleur etc)

    Pourtant il est clairement démontré que le solaire thermique bat toutes les autres énergies dont le gaz, les pompes à chaleur etc en compétitivité, y compris dans toutes les gammes de logement collectif petits et grands dans toutes les régions, sauf un seul cas où il est à égalité dans le très grand collectif dans le Nord ! Mais depuis le gaz a augmenté donc le solaire sort vainqueur toutes catégories !

    Idem le solaire dans les réseaux de chaleur commence à tailler des croupières au gaz et ce sont les opérateurs de réseaux gaz en Allemagne (moins ensoleillée que la France) qui le confirment officiellement par les prix de marché. Une simple hausse du gaz et du prix du CO2 et c’est cuit pour le gaz en Europe du Nord, donc partout en Europe et pour la part où le solaire est utilisable dans les réseaux de chaleur puisqu’il y a une limite liée plus au stockage (qui n’a jamais été intégré au départ donc aspects techniques) plus qu’à la saison où l’on atteint des performances assez remarquables avec les meilleurs systèmes solaires actuels type Savosolar (Finlande) même en hiver.

    Des systèmes comme Drake Landing au Canada, aux Pays-Bas ou en Allemagne etc l’ont également démontré depuis plus de 10 ans. Il faut juste prévoir l’énergie solaire au départ d’une construction d’un immeuble ou quartier et avoir des entreprises formées à cela et çà manque toujours en France.

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  • Helioclim pour le solaire CSP (techniquement désormais dans la majorité des régions françaises) et chauffage et/ou le froid pour les immeubles, l’habitat individuel et les réseaux de chaleur :

    http://www.helioclim.fr/technologies/

    Il faudrait parler plus souvent de ces pionniers qui ont d’excellentes solutions et qui créent des emplois en France de même qu’ils exportent.

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  • Encore une étude qui confirme le grand intérêt du solaire thermique, trop laissé de côté en France

    (et qui n’est pas impacté par les raisonnements qui datent largement du lien ci-dessus posté par Dan de Pierre Yves Morvan qui n’a pas mis à jour ses connaissances et a de plus sous estimé entre autres les chinois ou les allemands, les progrès dans les batteries, les évolutions de la mobilité etc)

    Le Sonnenhaus-Institut e.V. (Allemagne) a étudié si l’énergie solaire thermique ou l’isolation est plus efficace et moins chère pour réduire les émissions de CO2.

    Après des comparaisons exhaustives, le résultat est clair : les systèmes de chauffage solaire thermique sont plus efficaces sur le plan énergétique que les maisons avec une isolation maximale du bâtiment.

    https://www.forschung-und-wissen.de/nachrichten/solarthermie-ist-guenstiger-als-eine-gebaeudedaemmung-13372575

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  • Pas d’emballement avec ce qui est dit juste au-dessus par Energie+. Tout ceci reste à prouver, comme d’habitude, avec ces effets d’annonces un peu miraculeuses !

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  • @ Dan : C’est amplement prouvé et pas seulement en Allemagne mais par ailleurs en Scandinavie si vous preniez la peine d’ouvrir les études scientifiques et économiques pourtant jointes.

    Et pour mémoire c’est en Allemagne qui a moins de soleil que nous, donc c’est d’autant plus pertinent en France et notamment dans la moitié Sud de l’Europe ou en Europe de l’Est entre autres.

    https://www.sonnenhaus-institut.de/wp-content/uploads/1-Studie-Balance-Solarthermie-D%C3%A4mmung.pdf

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  • Toujours des sites de promotion d’énergies “renouvelables”. Si j’avais proposé ce genre de site, vous auriez, encore une fois, parlé de lobby. De plus, à coup de subventions publiques, il est facile de proposer ce genre de solution. Proposez, au moins, des sites plus objectifs, et avec des études sur tout le cycle du process !

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  • L’étude a été réalisée par des ingénieurs indépendants et on ne peut pas dire qu’Econsult qui est un consultant économique sur divers sujets soit un lobbyiste.

    Aucun des intervenants n’est en outre opposé à l’isolation bien au contraire. C’est juste une étude comparative pour démontrer, si l’on n’a pas les moyens de tout faire immédiatement, comment aller au plus efficace et moins coûteux le plus rapidement. Donc aucun lobbying dans tout cela.

    Il n’est pas tenu compte des subventions éventuelles tant au solaire que par ailleurs à l’isolation dans les comparaisons si vous aviez lu cette étude.

    On connait les données sur tout le cycle du process solaire thermique, il est très peu émissif et dans le chauffage et l’eau chaude d’un habitat il est particulièrement efficace puisqu’il capte sans émission la majeure partie de l’énergie solaire et ce pour des durées de plus de 25 ans.

    Plusieurs autres études notamment en France, comme j’en ai publié, confirment l’avantage très clair du solaire thermique dans tous les types d’habitats, de toutes tailles et dans toutes régions.

    Il en est de même de la part des gestionnaires des réseaux gaz (que vous ne pouvez prétendre là aussi lobbyistes du solaire) qui déclarent officiellement compétitif et plus avantageux (prix fixes, pas de variation de prix etc) de faire passer les réseaux de chaleur (autant qu’il est possible) au solaire thermique plutôt qu’au gaz et ce au Nord de l’Europe, alors je vous laisse imaginer en France et dans tous les pays du Sud plus ensoleillés.

    C’est d’ailleurs bien en pratique ce que font par exemple les danois et même finlandais et Helsinki n’est pas Saint Tropez.

    Vous avez isolé chez vous. Vous n’avez jamais précisé votre dépense énergétique totale. Donc impossible de vous donner une comparaison par rapport à du solaire thermique. Mais j’ai pour ma part quelques exemples concrets dans mon entourage et entre le coût d’une isolation et le temps de retour sur investissement, parfois jamais atteint du vivant de la personne qui a fait isoler, et le bilan du solaire thermique, l’avantage va au solaire thermique et hybride.

    Il y a également des études dans l’industrie ou des ingénieurs de polytechnique ont fait le même constat. Je publierai des données à ce sujet quand j’aurai le temps et que l’occasion (à savoir un article concerné) se présentera.

    C’est vraiment une grossière erreur de sous estimer les avantages clairs du solaire thermique et hybride. Et c’est pareil pour tout l’apsect récupération de chaleur en Europe notamment, c’est considérable et pas si complexe, sauf pour les centrales nucléaires comme toujours.

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