Orano : oublier le passé, place au renouveau d'un acteur clé du nucléaire

Orano : oublier le passé, place au renouveau d’un acteur clé du nucléaire

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Depuis la restructuration de la filière nucléaire française, Areva devenue Orano se repositionne sur le cycle du combustible nucléaire. Après avoir cédé son activité réacteur à EDF sous le nom de Framatome, l’entreprise dirigée par Philippe Knoche se tourne vers l’avenir en capitalisant sur son expertise dans l’uranium. Au moment de la présentation de ses résultats annuels 2017, le groupe a détaillé 3 axes stratégiques à l’horizon 2020…

Orano, symbole du Made in France en reconstruction ?

L’entreprise Orano, en se plaçant sous les auspices d’Uranus, le dieu du Ciel pour les Romains, affiche ses nouvelles ambitions. Symbole d’excellence et d’innovation, l’ex-Areva part à la conquête des marchés internationaux.

Récemment l’industriel a été conforté par une augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros de l’Etat, et il est désormais détenu à hauteur de 5% par MHI et par JNFL (5%), pour un montant total déboursé de 500 millions d’euros. Au demeurant, lors de la publication des résultats annuels au 31 décembre 2017, le Directeur Général, Philippe Knoche a commencé par expliquer : « les résultats de l’année 2017 restent impactés par la restructuration du groupe, dans un marché difficile ».

Objectif n°1 : enclencher un nouveau cycle avec le plan performance Value 2020

Confronté à des défis de taille, le dirigeant martèle d’abord : « le nucléaire reste une industrie d’avenir, compétitive, pourvoyeuse d’emplois et permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique ». En effet, en plein débat pour la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le nucléaire reste un atout de taille dans le mix énergétique français. Et ce même si une diminution de son apport semble inévitable. Une diminution certes mais qui ne devra pas avoir pour objectif d’augmenter les gaz à effet de serre et le prix de l’électricité. Le tout en ne perdant pas de vue la question essentielle de la sécurité d’approvisionnement. A cette occasion, Orano participera à ce débat de manière constructive.

Aussi, des objectifs très ambitieux ont été posés, avec d’une part la volonté d’obtenir un cash-flow net positif dès 2018, mais surtout celle d’obtenir une hausse de son chiffre d’affaires à partir de 2020. Le directeur financier, Stéphane Lhopiteau constate : nos « résultats sont moins bons (…) que ceux de 2016, mais ils sont néanmoins satisfaisants, compte tenu du contexte de marché ». Et si les résultats sont « en ligne avec les attentes » d’après la direction générale, Stéphane Lhopiteau rappelle cependant que « depuis deux ans, les index (de prix de marché, NDLR) ont perdu 30 à 40 % de leur valeur ». Afin de redresser immédiatement la situation, le plan Value 2020 propose une réduction de charges de 250 millions d’euros en l’espace de deux ans.

L’Asie : un continent plein de ressources ?

A moyen terme, Orano espère aussi graviter sous d’autres cieux. Dans cette perspective, « un plan de développement d’affaires ambitieux en Asie, notamment en Chine, au Japon et en Corée du Sud » serait en cours d’élaboration. D’ailleurs, les résultats présentés ne tiennent pas compte des récentes commandes chinoises, puisqu’un « contrat [devrait être] signé et levé des conditions d’approbation » d’ici la fin de l’année. Orano espère réaliser 30% de son chiffre d’affaires en Asie dès 2020.

A titre de rappel, lors de son déplacement en Chine, le président Emmanuel Macron avait évoqué un contrat pour une usine de combustibles usés, estimé entre 10 et 12 milliards d’euros. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, déclarant même : « nous avons l’assurance du contrat et cela sauvera la filière ».

Orano et son nouveau cœur de métier

Enfin, en guise de troisième objectif, Orano souhaite parallèlement développer ses « activités dans les services notamment en ingénierie, logistique et démantèlement ». Le tout dans un objectif de sûreté des installations. Un choix stratégique si l’on en croit les chiffres avancés par le pôle national pour le démantèlement nucléaire (PVSI). En effet, le marché mondial du démantèlement d’ici 2030 est estimé à 220 milliards d’euros, tandis que le marché mondial de traitement des sites pollués est estimé à 43 milliards d’euros par an.

Avec son expertise technique et son savoir-faire historique, Orano possède donc tous les atouts pour s’imposer comme un acteur de référence pour la gestion du combustible, et apporter ainsi une réelle plus-value à l’ensemble de la filière tricolore. Pour Philippe Knoche « l’année 1 d’Orano est véritablement 2018 et elle s’annonce positive ! »

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Les démantèlements de réacteurs par les russes : Photo P36/267 du World Nuclear Industry Status Report 2017… !

    https://www.worldnuclearreport.org/-2017-.html

    Début 2017, 448 réacteurs fonctionnaient dans 31 pays. La plupart ont été construits dans les deux décennies qui ont suivi 1970, donnant à la flotte mondiale un âge moyen de 30 ans. Avec alors 61 réacteurs en construction dans 16 pays, dont 24 en Chine.

    Capacité totale de production mondiale d’énergie nucléaire : 345 GW, en baisse par rapport au sommet de 378GW en 2005.

    La part de nucléaire dans la production mondiale d’électricité est restée stable au cours des récentes dernières années, avec 10,7% en 2015 après une baisse constante depuis un sommet historique de 17,6% en 1996.

    En 2020 le nombre d’unités opérationnelles sera inférieur de 22 au total à la fin de 2015, même si tous les réacteurs actuellement en cours de construction étaient achevés, la capacité installée diminuant de 1,7 GW.

    Les cinq grands pays producteurs de nucléaire dans l’ordre étant les États-Unis, la France, la Russie, la Chine et la Corée du Sud qui ont généré jusqu’à présent à eux seuls environ les deux tiers annuels (69% en 2014) de l’électricité nucléaire mondiale.

    Le pôle national pour le démantèlement nucléaire (PVSI) estime le marché mondial du démantèlement d’ici 2030 à 220 milliards d’euros et celui des sites pollués à 43 milliards d’euros par an.

    Ce serait intéressant de savoir sur quel nombre de réacteurs à démanteler le PVSI se base.

    Il devrait en effet y avoir à priori environ 205 réacteurs à démanteler dans le monde d’ici 2030, soit (sans compter les autres frais annuels dont les sites pollués etc) environ 1,07 milliard d’euros par réacteur.

    Les exploitants européens de centrales nucléaires provisionnent en général entre 900 millions et 1,3 milliard d’euros par réacteur à démanteler.

    Selon le rapport de la “Mission d’information relative à la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires”, EDF ne provisionne qu’environ 350 millions par réacteur en extrapolant sur la base des 4 réacteurs de Dampierre dans le Loiret. Non inclus le coût de la remise en état des sols qui est une exigence légale, les taxes et assurances, le coût du retraitement du combustible usagé, celui du reclassement des employés licenciés (80 à 90% du personnel d’une centrale) etc.

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