Le monde de l'agriculture doit penser à sa transition énergétique - L'EnerGeek

Le monde de l’agriculture doit penser à sa transition énergétique

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En juillet 2017, les états généraux de l’alimentation, qui réunissent notamment l’ensemble des filières de l’agriculture et de l’élevage, se sont ouverts en France. L’occasion pour toutes les parties, des syndicats agricoles aux représentants des pouvoirs publics, de se pencher sur le cas des nouveaux modèles agricoles en pleine transition énergétique, avec en particulier l’objectif des fermes autonomes. Car si la méthanisation gagne péniblement du terrain dans l’agriculture moderne, c’est désormais l’énergie solaire qui veut s’imposer auprès des exploitations françaises comme une solution pour assurer leur indépendance énergétique.

L’agrovoltaïque : un premier pas vers l’autonomie énergétique

L’énergie est un pôle de dépense important pour la filière agricole. Et dans un contexte de transition énergétique, il devient impératif de repenser les modèles énergétiques des exploitations agricoles. En comparaison avec l’industrie, l’agriculture affiche des besoins énergétiques importants mais particuliers, souvent rythmés par la saisonnalité de leur activité.
En France, le projet Sun’Agri est développé par l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) en collaboration avec l’entreprise Sun’R. L’idée : mettre au point des solutions agrovoltaïques dynamiques grâce à des panneaux solaires mobiles qui permettent d’optimiser la production agricole. Né en 2009, le projet n’a cessé de grandir pour envelopper désormais plusieurs filières agricoles : les cultures céréalières, le maraîchage, la viticulture ainsi que l’arboriculture. Ce système doit permettre de produire de l’énergie sur les exploitations agricoles en respectant la croissance et les besoins des plantes. A terme, l’installation permet de produire localement l’énergie, et elle doit permettre de rationaliser les besoins pour éviter les dépenses énergétiques superflues. Plusieurs exploitations servent de sites expérimentaux, et l’installation définitive devrait être opérationnelle dès 2022.

Des fermes autonomes dans le monde

Si la France en est encore au début de sa réflexion sur les fermes autonomes, d’autres pays sont bien plus avancés que nous. Le Canada en particulier est un bon exemple. Dans plusieurs provinces, notamment le Manitoba et l’Ontario, on observe un boom du nombre d’exploitations qui basculent vers les énergies renouvelables. En juillet 2017, la plus grosse centrale photovoltaïque du Manitoba a ainsi été inaugurée… dans une ferme ! Une ferme laitière du sud de Winnipeg a subi d’importants travaux pour accueillir pas moins de 540 panneaux photovoltaïques. Il a fallu investir 500 000 dollars canadiens pour installer une puissance totale de 175 kW et ainsi permettre à l’exploitation d’atteindre l’indépendance énergétique.

Au Maroc aussi l’idée d’une agriculture qui investit dans les énergies renouvelables séduit les pouvoirs publics. Le 10 août dernier, Aziz Rebbah, le ministre de l’énergie marocain, a ainsi lancé un nouveau programme en faveur du développement de l’énergie solaire au sein de l’agriculture. Le Maroc ambitionne d’atteindre les 42% d’électricité verte en 2020 puis les 52% à l’horizon 2030. Afin de soutenir cette dynamique, le gouvernement veut donc que le secteur agricole fournisse sa part d’effort en déployant des unités de production d’énergie solaire. L’attention des pouvoirs publics vise notamment à subventionner des solutions de pompage solaire afin d’irriguer les cultures. Jusqu’à présent, le pompage s’effectuait en utilisant du gaz butane. Les énergies renouvelables permettraient de faire des économies d’énergie et d’encourager des initiatives locales pour permettre aux plus grandes exploitations de devenir auto-suffisantes.

Pour séduire les futures fermes autonomes, EDF a notamment développé la Smartflower, une unité solaire de taille modeste et facile à installer.

EDF veut séduire les agriculteurs

En matière de développement des énergies renouvelables dans la filière agricole, EDF a été l’un des tout premiers acteurs à initier de grands projets. Et pour séduire les agriculteurs, l’énergéticien met toutes les chances de son côté : étude gratuite, visite technique, recommandations personnalisées pour un projet 100% sur-mesure, gestion des démarches administratives, installation complète… Pour les agriculteurs qui souhaitent passer à l’énergie solaire, EDF s’occupe de tout. L’entreprise propose plusieurs offres pour attirer les exploitants agricoles : la rénovation photovoltaïque des bâtiments existants (reprise d’étanchéité, isolation, désamiantage et installation de panneaux solaires), construction clé en main d’un hangar photovoltaïque de fabrication française, ou même la possibilité pour les agriculteurs de se regrouper à plusieurs pour faire construire à plusieurs un bâtiment photovoltaïque. Et pour les budgets plus modestes, EDF propose de faire fleurir une smartflower, une unité de production photovoltaïque de taille moins importante, mais qui permet déjà d’injecter de l’électricité verte dans le mix énergétique de l’exploitation. Dans tous les cas, l’argument est le même : EDF propose aux agriculteurs une solution énergétique qui permet d’investir sur un modèle énergétique plus jeune, plus performant et financièrement attractif sur le long terme. Car les panneaux installés permettent de fonctionner en mode auto-consommation ainsi que de revendre le surplus d’énergie produite à EDF. Un argument de plus pour séduire les agriculteurs encore hésitants face à ce nouveau modèle énergétique.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Le thermovoltaïque est souvent intéressant pour l’agriculture (électricité + chauffage/séchage etc), reste à ce que soit proposé gratuitement aux agriculteurs comme le font de nombreuses firmes (Solarcity, Sunrun, Greenloc etc pour le PV) et certains groupes qui prennent en charge le coût d’un bâtiment agricole.

    Base (Cogen’Air) entre autres, fait du thermovoltaïque pour l’agriculture:

    http://www.base-innovation.com/sechage/bois/

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  • Plus largement, pour peu que le prix du C02 soit juste un peu revalorisé, le chauffage solaire devient très compétitif rapidement (2020) face au gaz (dont le prix est actuellement anormalement bas), avec un très net impact sur les émissions et importations de gaz ou fuel (ou utilisations de bois qui a de meilleures applications dans la construction etc) et il y a beaucoup à faire (on dépend à 49% des énergies fossiles)

    – en couplage pac + solaire et notamment dans le collectif où l’on couvre près de 70% des besoins en chauffage et ECS dans les systèmes actuels (le surcoûts est très vite amorti avec les gains et Cop qui passent couramment de 4,5 moyens à 6 voire plus avec couplage solaire.

    – pour l’apport solaire aux réseaux de chaleur comme le fait Cofely notamment à Balma (près de Toulouse) avec 45% d’apport solaire annuel, Châteaubriant (près de Nantes) etc

    – dans le préchauffage des ventilations VMC collectives (énormes pertes d’énergie) avec des capteurs thermovoltaïques (photovoltaïques+ thermiques)

    Le programme européen MacSheep – New Materials and Control for a next generation of compact combined Solar and heat pump systems with boosted energetic and exergetic performance, concernait les aspects de couplage pac et solaire.

    Quelques exemples dans cette newsletter qui de mémoire couvre aussi une part d’agriculture:

    https://cegibat.grdf.fr/pdf/5861/2213.

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