Adieu le haut fourneau traditionnel : ArcelorMittal installe à Dunkerque un four électrique record, le plus gros jamais construit en Europe

ArcelorMittal s’apprête à révolutionner l’industrie de l’acier avec le plus grand four électrique d’Europe à Dunkerque.

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Adieu le haut fourneau traditionnel : ArcelorMittal installe à Dunkerque un four électrique record, le plus gros jamais construit en Europe
Adieu le haut fourneau traditionnel : ArcelorMittal installe à Dunkerque un four électrique record, le plus gros jamais construit en Europe © L'EnerGeek

Le grand groupe sidérurgique ArcelorMittal a confirmé un projet majeur qui pourrait transformer l’industrie de l’acier en Europe. Lors d’une annonce très suivie, le président français Emmanuel Macron a indiqué que le site d’ArcelorMittal à Dunkerque accueillera le plus gros four électrique d’Europe, rapporte Le Monde. Cette annonce, faite un mardi 10 février, entraîne des conséquences importantes pour la production d’acier décarbonée et le paysage industriel européen.

Un gros projet pour verdir la production

Le projet d’ArcelorMittal met l’accent sur la transition vers une production d’acier plus respectueuse de l’environnement. Le futur four électrique, un four à arc électrique d’une capacité de 2 millions de tonnes d’acier par an, doit remplacer l’un des deux hauts‑fourneaux actuellement sur le site. L’objectif est de réduire les émissions de CO2, ce qui prend tout son sens quand on sait que la combustion du charbon dégage de grandes quantités de gaz à effet de serre. Cette innovation pourrait aussi repositionner Dunkerque parmi les sites industriels engagés dans la transition écologique, alors qu’il figure aujourd’hui parmi les 50 installations les plus émettrices en France.

Sur le plan financier, le montant de l’investissement est de 1,3 milliard d’euros, montrant l’ampleur de l’opération. La mise en service du four est prévue pour 2029, avec des travaux qui pourraient démarrer dès avril. Ce calendrier ambitieux illustre la volonté d’ArcelorMittal de faire évoluer les méthodes de production d’acier en Europe.

Les défis et comment on y répond

L’entreprise évolue dans un environnement très concurrentiel, notamment à cause de la forte concurrence de l’acier en provenance de Chine et de la méthode 3 600 fois plus productive. La situation énergétique joue un rôle déterminant dans la viabilité de projets de cette taille. Le financement du projet par le mécanisme de certificats d’économie d’énergie (CEE), qui couvre 50 % des coûts, montre le rôle du soutien public et la mise en place de politiques favorisant la transition énergétique.

Le CEE, supervisé par l’État, oblige les fournisseurs d’énergie à financer des opérations visant à réduire la consommation énergétique. Ces mesures cherchent à soulager les entreprises face aux coûts énergétiques élevés. Par ailleurs, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, entré en vigueur depuis le 1er janvier, a été introduit pour protéger les industries européennes de l’acier et garantir une certaine équité sur le marché international.

Réactions et perspectives

Les réactions ont été variées. Reiner Blaschek, PDG d’ArcelorMittal Europe, a qualifié cet investissement de « stratégique », soulignant l’ancrage durable de l’entreprise en France et en Europe. Emmanuel Macron a encouragé à aller plus loin, évoquant même la possibilité de construire un second four. À l’inverse, le syndicat CFDT a exprimé son scepticisme, qualifiant l’annonce de « mascarade », tandis que le délégué local CGT Gaétan Lecocq attend des faits concrets en déclarant « c’est un verre à moitié plein ».

Sur le plan de l’emploi et de l’organisation sociale, ArcelorMittal devra également gérer les conséquences possibles sur ses effectifs, déjà soumis à des suppressions de postes. Le site de Dunkerque emploie actuellement 3 200 salariés, sur les 15 400 employés en France du groupe.

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