Un cargo de gaz naturel liquéfié a quitté jeudi les côtes mexicaines pour l’Asie. Dans un communiqué daté du 9 juillet 2026, TotalEnergies a annoncé l’expédition de la première cargaison produite par le site ECA LNG Phase 1, en Basse-Californie, rapporte BFMTV. C’est le tout premier point d’exportation de GNL installé sur la façade Pacifique du Mexique.
L’usine a commencé à produire début juin. Sa montée en puissance doit se poursuivre tout au long de l’été 2026, avant le démarrage effectif des contrats de long terme. TotalEnergies détient 16,6 % du site, aux côtés de Sempra Infrastructure, l’entreprise américaine qui opère l’installation. Le gaz provient du bassin permien, aux États-Unis, acheminé par gazoduc jusqu’au terminal mexicain.
La localisation n’a rien d’anodin : depuis la côte ouest du Mexique, la route maritime vers l’Asie est plus courte que celle empruntée par les terminaux du golfe du Mexique. Un accès direct aux marchés asiatiques, sans détour par le canal de Panama ni par les zones de tension du Moyen-Orient.
Un engagement de 20 ans sur 1,7 million de tonnes annuelles
TotalEnergies s’est engagé à enlever 1,7 million de tonnes de GNL par an (Mtpa) pendant vingt ans, soit l’équivalent de 24 cargaisons annuelles. Durant toute la phase de démarrage progressif, l’entreprise sera l’unique acheteur du gaz produit sur le site. Cet engagement prendra pleinement effet dès le lancement des opérations commerciales.
Une alternative au détroit d’Ormuz
L’expédition tombe à un moment où l’approvisionnement asiatique en gaz reste fragilisé. En temps normal, 20 % du GNL mondial transite par le détroit d’Ormuz. L’Asie, très dépendante du GNL qatari, a particulièrement souffert des épisodes de fermeture de ce passage.
Des analystes du secteur jugent que les tensions persistantes dans le Golfe, conjuguées à l’incertitude qui pèse sur le marché mondial du GNL, renforcent l’intérêt d’ouvrir des routes alternatives. Celle qui passe par ECA LNG est présentée comme bien moins risquée que celle du détroit d’Ormuz.
Cette expédition confirme la stratégie nord-américaine de TotalEnergies dans le GNL. L’entreprise est le premier exportateur de GNL américain, avec 19 millions de tonnes exportées en 2025, et le troisième acteur mondial du secteur, avec 44 millions de tonnes vendues la même année grâce à ses participations dans des usines de liquéfaction réparties dans le monde entier.
Le groupe vise une hausse de 50 % de sa production et de ses achats de long terme de GNL d’ici 2030, tout en affirmant vouloir réduire les émissions de carbone et supprimer les émissions de méthane liées à la chaîne de valeur du gaz.
Le PDG Patrick Pouyanné a évoqué un « portefeuille intégré de GNL en Amérique du Nord ». Aucun impact chiffré n’a été communiqué sur les résultats à court terme du groupe.






