Cinquante-huit départements en alerte rouge, trente et un en orange lors du dernier pic : l’épisode de chaleur qui traverse la France a été qualifié d’« étendu, durable et intense » par Météo-France.
Face à cette chaleur qui s’installe jusque dans les logements fermés, volets et fenêtres compris, le ministère de la Santé a publié une série de recommandations, tandis que le gouvernement a débloqué une enveloppe pour les hôpitaux.
Fermer les volets, débrancher les veilles
La première consigne du ministère de la Santé tient en une phrase : fermer volets, stores et fenêtres dès que la chaleur pénètre, en particulier du côté ensoleillé de la façade en journée. À l’inverse, il faut ouvrir en grand tôt le matin, le soir ou la nuit, dès que l’air extérieur se rafraîchit, pour créer des courants d’air et renouveler l’atmosphère.
Autre point insisté par le ministère : limiter les sources de chaleur à l’intérieur du logement. Concrètement, cela veut dire éteindre les appareils électriques qui chauffent plutôt que les laisser branchés. Un écran ou un boîtier en veille agit comme un « radiateur invisible » ; couper l’alimentation via une multiprise suffit à s’en débarrasser.
Le ministère rappelle enfin une évidence trop souvent oubliée : ne jamais laisser une personne fragile ou un animal dans une voiture, où la température peut dépasser 50 °C en moins de quinze minutes. Un numéro vert, « Canicule info service », reste actif jusqu’à la fin de l’épisode.
100 millions d’euros pour les hôpitaux
Une première version du nouveau plan Orsec « Chaleurs extrêmes » vient d’être présentée à l’échelle nationale lors d’une commission. Le Premier ministre a débloqué 100 millions d’euros pour équiper les hôpitaux en systèmes de rafraîchissement d’urgence. L’enveloppe de rénovation énergétique associée au plan hospitalier a, elle, été doublée : elle atteint désormais 600 millions d’euros.
Le piège des volets entrouverts
Beaucoup pensent bien faire en laissant les volets entrebâillés dans la journée pour maintenir un léger courant d’air. Selon Futura Sciences, c’est une erreur : dès que les rayons du soleil traversent une fenêtre, ils chauffent murs, sols et meubles, et cette chaleur reste piégée à l’intérieur.
Le média parle d’un véritable « effet de serre domestique ». La règle est nette : quand la température extérieure dépasse celle de l’intérieur, il ne faut en aucun cas laisser les fentes des volets ouvertes en journée.
La méthode qui fonctionne repose sur deux temps forts. On repère les heures fraîches, au lever du jour ou après le coucher du soleil, et on ouvre en grand cinq à dix minutes, deux fois par jour, en croisant les fenêtres opposées pour un balayage d’air rapide.
Les volets, eux, s’ouvrent le matin pour la lumière et se ferment dès la nuit tombée pour limiter les infiltrations. Lina, locataire d’un T2 orienté est, applique cette routine à la lettre : volets ouverts dès 7 heures, sept minutes d’aération, puis rideaux et stores fermés dès que le soleil tape.
Résultat, moins d’odeurs de cuisine, une humidité stabilisée et moins de buée sur les vitres au réveil. Le soir, elle referme systématiquement pour éviter l’air humide nocturne et les particules du trafic tardif.
Ventilateur, drap mouillé et papier aluminium
Un ordinateur portable produit autant de chaleur qu’un radiateur de 150 watts. Les box internet chauffent elles aussi en continu, sans qu’on s’en aperçoive. Débrancher ce qui n’est pas indispensable pendant les pics de chaleur fait une différence sur la température ambiante, et fait baisser la facture d’électricité. Même logique pour l’éclairage : les ampoules halogènes transforment l’électricité en chaleur, alors que les LED modernes consomment dix fois moins et n’en dégagent quasiment pas.
Côté ventilation, un ventilateur placé devant une fenêtre ouverte le soir aspire l’air frais extérieur. Poser un récipient rempli d’eau très froide devant les pales le transforme en climatiseur artisanal grâce à l’évaporation. Sa consommation reste plus de dix fois inférieure à celle d’une climatisation mobile : un ventilateur consomme environ 50 watts contre 2 000 watts pour un climatiseur, une économie qui dépasse 200 euros sur trois mois d’utilisation intensive, ce qui remet en question l’efficacité des climatiseurs pendant les périodes de canicule.
Un brumisateur électrique à 35 euros combine ventilation et évaporation, mais ne rafraîchit que de petits espaces. Autre technique, héritée de l’architecture traditionnelle du Maghreb : tremper un vieux drap dans l’eau froide, l’essorer légèrement, puis le suspendre devant une fenêtre ouverte.
L’évaporation absorbe la chaleur de l’air entrant et peut faire baisser la température de 4 degrés. En dernier recours, du papier aluminium collé face brillante vers l’extérieur sur les vitres exposées transforme les fenêtres en miroirs réfléchissants, pour un coût dérisoire.
Manger froid et dormir léger
Le four transforme n’importe quel logement en étuve. Mieux vaut cuisiner tôt le matin et miser sur les plats froids, salades et gaspachos. Pastèque, concombre, tomate et courgette contiennent plus de 90 % d’eau et apportent les sels minéraux perdus par la transpiration.
Les populations méditerranéennes ont depuis des siècles un rythme adapté : lever à 6 heures pour profiter de la fraîcheur, sieste entre 14 et 16 heures au pic de chaleur, reprise d’activité en fin de journée. Au repos, le corps produit moins de chaleur et consomme moins d’énergie.
Le choix des tissus compte aussi. Le polyester emprisonne la transpiration, quand le lin, le coton ou le bambou laissent respirer la peau. Un t-shirt noir par 35 °C transforme son porteur en radiateur ambulant, contrairement aux teintes claires qui reflètent le soleil.
Passer draps et vêtements trente minutes au réfrigérateur procure un soulagement immédiat. La nuit, un simple drap en lin ou coton remplace avantageusement la couette, et un oreiller passé une heure au congélateur crée un îlot de fraîcheur qui dure plusieurs heures, même quand le thermomètre nocturne dépasse 25 °C.
Enfin, les boissons glacées hydratent moins bien que les liquides tièdes et provoquent des chocs thermiques. Les tisanes de menthe fraîche ou les eaux au concombre, prises à température ambiante, rafraîchissent plus durablement. Boire par petites gorgées régulières reste plus efficace qu’une consommation massive et ponctuelle.




